LES EXPERIENCES EN 1905 A ROME ET A PARIS
En février 1905 M. Henrico Carreras a eu avec Eusapia, à Rome, deux séances dont il a publié le compte rendu dans la Revue scientifique et ynorale du spiritisme (année 1904-1903, pp. o8S-o91). On y trouvera le récit de matérialisations incomplètes qui ont pu néanmoins se faire entendre, comme cela avait eu lieu dans les séances de Gênes que nous n'avons pas décrites mais auxquelles le professeur Porro a fait allusion dans ses conclusions.
Au moment où j'écris ces lignes (juillet 1903) Eusapia est à Paris où, sous la protection du comte Arnaud de Gramont en qui elle a pleine confiance, elle s'est soumise aux investigations d'un groupe de savants dont la plupart sont membres de l'Académie des sciences.
Bien que je sache que les résultats déjà obtenus par eux confirment entièrement ceux qui ont été obtenus par leurs prédécesseurs, je crois devoir leur laisser le soin et l'honneur d'exposer eux-mêmes les précautions qu'ils ont prises pour s'assurer de la réalité des faits et les faire entrer définitivement dans la science sous le couvert de leur juste renommée.
Il est à peu près certain, qu'ils se borneront à enregistrer les phénomènes qui peuvent s'expliquer par Vanimisme sans avoir recours au spiritisme. Il faut, en effet habituer peu à peu les esprits à des manifestations qu'ils se refuseraient à admettre si elles ne leur étaient pas présentées progressivement.
C'est du reste la méthode que nous avons suivie dans ce livre où, tenant à rester dans le domaine de la physique physiologique, j'ai, presque toujours, volontairement négligé les faits transcendants qui ne pouvaient s'expliquer que par l'intervention d'intelligences (1) distinctes de celle du méduim et des spectateurs.
Nous ferons de même dans les récits qui vont suivre et où l'on retrouvera, chez d'autres sujets qu'Eusapia, des manifestations physiques sinon identiques du moins tout à fait analogues consignées depuis près d'un demisiècle par des observateurs dont l'accord ne saurait laisser subsister des doutes sur la réalité de ce que nous avons appelé l^ extériorisation de la motricité.
(1) Le lecteur verra un certain nombre de ces faits décrits dans la relation d'une séance qui eût lieu à Rome, le ô janvier 1893, chez le prince Ruspoli, et où se trouvaient seulement trois spectateurs : le maître de maison, Enrico Carreras directeur de la revue La Medianita et le major F. 0. Cette relation fort Lien faite, a été publiée d'abord par M. Carreras dans sa revue ; puis traduite en français par le D'" Dusart et publiée dans la Revue scientifique et Morale du spiritisme (N" de mai 1903).
FIN DE LA l'REMIERE PARTIE