RAPPORT DE LA SOCIÉTÉ DIAL. DE LONDRES. 18G
3" Que ces sons et ces mouvements ont souvent lieu au moment et de la manière demandés par les personnes présentes, et au moyen d'un code de signaux répondant aux questions et donnant des communications cohérentes.
■i*' Que les réponses et communications ainsi obtenues sont, pour la plupart, d'un caractère banal, mais donnent parfois des renseignements connus d'une seule personne présente.
S*^ Que les circonstances dans lesquelles les phénomènes se produisent sont variables, mais qu'on remarque pourtant surtout que la présence de certaines personnes semble nécessaire et celle d'autres personnes généralement nuisible ; toutefois cette différence ne paraît pas venir de la croyance ou de l'incrédulité relative aux phénomènes.
6« Que cependant la production des phénomènes n'est pas assurée par la présence ou l'absence de certaines personnes. Les témoignages oraux ou écrits, reçus par votre comité, ne se rapportent pas seulement à des faits semblables à ceux constatés par les sous-comités, mais à d'autres faits d'une espèce plus variée et plus extraordinaire, dont nous pouA^ons donner l'aperçu sommaire suivant.
1 " Treize témoins affirment avoir vu des corps lourds quelquefois des hommes — sélever lentement dans l'air et rester ainsi quelque temps sans support visible ou palpable.
2° Quatorze témoins certifient avoir vu des mains ou des figures n'appartenant pas à des êtres humains, mais qui semblaient vivantes et mobiles et qu'ils ont quelquefois touchées ou même serrées, ce qui les a convaincus qu'ils n'étaient pas les jouets d'une illusion ou d'une imposture.
3^ Cinq témoins disent avoir été touchés par quelque être invisible, en différents endroits du corps et souvent à l'endroit demandé, alors que les mains de toutes les personnes présentes étaient visibles.
4*^ Treize témoins déclarent avoir entendu des morceaux
de musique tien joués sur des instruments sur lesquels n'agissait aucune influence déterminable.
o° Cinq témoins affirment avoir vu des charbons rouges appliqués sur les mains ou les têtes de plusieurs personnes sans produire ni souffrance, ni plaie ; et trois témoins disent que la même expérience a été faite sur eux-mêmes avec le même résultat.
6» Huit témoins déclarent aAoireu, par le moyen de frappements, d'écritures ou d'autres procédés, des renseignements précis dont eux ou toute autre personne ignoraient alors l'exactitude et qui ont été vérifiés par des recherches postérieures.
~° Un témoin déclare avoir eu une information précise et détaillée qui cependant fut trouvée ensuite entièrement erronée.
8" Trois témoins disent avoir été présents lorsque des dessins, faits au crayon et colorés, ont été produits en si peu de temps et dans de telles conditions qu'ils ne pouvaient être les œuvres d'êtres humains.
9° Six témoins déclarent qu'ils ont été informés d'événements futurs et que, dans quelques cas, l'heure et la minute de leur réalisation avaient été indiquées exactement, plusieurs jours ou même plusieurs mois à l'avance.
Enfin il a été donné des preuves de médlumnité parlante, de la faculté de guérir, de l'écriture automatique, d'introduction de fleurs et de fruits dans des chambx'cs fermées, de la production de voix dans l'air, de vision (au moyen d'ol)jets en cristal ou de verres) et d'allongement de corps humain.
Plusieurs témoins ont exposé leurs idées sur les causes de ces phénomènes. Quelques-uns les attribuent a l'influence d'êtres humains désincarnés, quelques-uns à une influence satanlque, quelques-uns à des causes psychologiques, et d'autres à l'imposture ou à l'illusion.
Votre Comité s'est aussi occupé de savoir ce qui a déjà été
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écrit sur le sujet et do dresser une liste de ces ouvrages pour aider ceux qui voudraient pousser leurs recherches plus loin.
En vous présentant ces divers rapports, votre Comité, — couoidérant le caraclôre élevé et la grande intelligence de beaucoup des personnes témoins des faits les plus extraordinaires, considérant l'appui qu'apportent à ces témoignages les rapports des sous-comités, et l'absence d'aucune preuve d'imposture ou d'illusion relativement à une grande partie des phénomènes ; considérant aussi le caractère exceptionnel des phénomènes et dans toutes les classes de la société, dans les différents pays civilisés, le nombre considérable de personnes plus ou moins persuadées de l'origine surnaturelle de ces faits ; considérant enfin le fait qu'aucune explication philosopbiquenenaencorc été donnée, — croit devoir exprimer la conviclion que le sujet est digne d'être plus sérieusement étudié, plus soigneusement approfondi quil ne l'a été jusqu'à présent.
Votre Comité exprime le désir que le présent rapport et ceux des sous-comités, ainsi que les témoignages et la correspondance qui s'y rattachent soient imprimés et publiés.
RAPPORT DU PHEMIEU SOLS-COMlTÉ
Depuis sa création, c'esl-à-dire depuis le M février 18()9, votre Sous-Comité a tenu quarante séances, dans le but de faire des expériences et des épreuves rigoureuses.
Toutes ces réunions ont eu lieu dans les demeures privées des memljres du Comité, afin d'exchire toute possibilité de mécanisme disposé d'avance ou d'artifice quelconque.
L'ameublement des pièces dans lesquelles on a fait l'expérience a été, dans chaque circonstance, leur ameublement ordinaire.
Les tables dont on s'est servi ont toujours été des tables à manger pesantes, qui demandaient un effort considérable pour être mises en mouvement. La plus petite avait cinq pieds neuf pouces de long sur quatre pieds de large, et la plus grande neuf pieds trois pouces de long sur quatre pieds et demi de large : la pesanteur était en proportion.
Les chambres, les tables et tous les meubles en général, ont été soigneusement examinés à plusieurs reprises, avant, pendant et après les expériences, pour obtenir la certitude qu'il n'existait aucun truc, instrument ou appareil quelconque, à Laide duquel les mouvements ci-après mentionnés eussent pu être produits.
Les expériences ont été faites à la lumière du gaz, excepté dans un petit nombre d'expériences spécialement notées dans les Minutes.
Votre Comité a évité de se servir de médiums de profession ou médiums payés, le médium étant l'un des membres de votre Sous-Comité, personne placée dans une bonne position sociale et dune intégrité parfaite, qui n'a aucun objectif pécuniaire en vue et ne pourrait tirer aucun profit d'une supercherie.
A'otre Comité a tenu quelques réunions sans la présence d'aucun médium (il est bien entendu que, dans ce rapport, le mot médium est simplement employé pour désigner un individu sans la présence duquel les phénomènes décrits, ou n'ont pas lieu, ou se produisent avec moins d'intensité et de fréquence), pour essayer d'obtenir par quelque moyen, des effets semblables à ceux que l'on observe lorsqu'un médium est présent. Aucun effort ne fut capable de produire quelque chose d'entièrement semblable aux manifestations qui ont lieu en présence du médium.
Chacune des épreuves que l'intelligence combinée des membres de votre Comité pouvait imaginer, a été faite avec patience et persévércince. Les expériences ont été dirigées avec une grande variété de conditions, et toute l'ingéniosité
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possible a été mise en essai pour inventer les moyens qui permissent à votre Comité tle vérifier ses observations et d'écarter toute possibilité d'imposture ou l'illusion.
Votre Comité a restreint son rapport aux faits dont ses membres ont été collectivement témoins, faits qui ont été palpables aux sens et dont la réalité est susceptible dune preuve démonstrative.
Environ les quatre cinquièmes des membres de votre Sous-Comité ont débuté dans la voie des investigations par le scepticisme le plus complet touchant la réalité des phénomènes annoncés, avec la ferme croyance qu'ils étaient le résultat, soit de l'imposture, soit de l'illusion, soit d'une action involontaire des muscles. Ce fut seulement après une irrésistible évidence, dans des conditions qui excluaient l'une ou l'autre de ces hypothèses et après des expériences et des épreuves rigoureuses, souvent répétées, que les membres les plus sceptiques de votre Sous-Comité furent, à la longue et malgré eux, convaincus que les phénomènes qui s'étaient manifestés pendant cette enquête prolongée étaient de véritables faits.
Le résultat de leurs expériences longtemps poursuivies et dirigées avec soin, a été, après des épreuves contrôlées sous toute forme, d'établir les conclusions suivantes :
Premièremext. — Dans certaines dispositions de corps ou d'esprit, où se trouvent une ou plusieurs personnes présentes, il se produit une force suffisante pour mettre en mouvement des objets pesants, sans l'emploi d'aucun effort musculaire, sans contact ou connexion matérielle d'aucune nature entre ces objets et le corps de quelques personnes présentes.
Deuxièmement. — Cette force peut faire rendre des sons, qne chacun peut entendre distinctement, à des objets matériels qui n'ont aucun contact ni aucune connexion visible ou matérielle avec le corps de quelque personne présente : et il est prouvé que ces sons proviennent de ces objets
par des vibrations qui sont parfaitement distinctes au toucher. Troisièmement. — Cette force est fréquemment dirigée avec intelligence ; quelques-uns de ces phénomènes se sont produits dans trente-quatre séances, sur quarante que votre Comité a tenues. La description d'une de ces expériences, et la manière dont elle a été conduite, montreront mieux le soin et la circonspection avec lesquels votre Comité a poursuivi ses investigations.
Tant qu'il y avait contact ou simplement possibilité de contact par les mains ou par les pieds, ou même par les vêtements de l'une des personnes qui étaient dans la chambre, avec l'objet mis en mouvement ou émettant des sons, on ne pouvait être assuré que ces mouvements ou ces sons n'étaient pas produits par la personne ainsi mise en contact. L'expérience suivante a donc été '.entée.
Dans une circonstance où onze membres de votre Sous- Comité étaient assis depuis quarante minutes autour de l'une des tables de la salle à manger, décrites précédemment, et lorsque déjà des mouvements et des sons variés s'étaient produils, ils tournèrent (dans un but d'expérimentation plus rigoureuse), les dossiers des chaises vers la table, à neuf pouces environ de celle-ci ; puis ils s'agenouillèrent sur les chaises, en plaçant leurs bras sur les dossiers.
Dans cette position leurs pieds étaient nécessairement tournés en arrière, loin de la table, et par conséquent ne pouvaient être placés dessous, ni toucher le parquet. Les mains de chaque personne étaient étendues au-dessus de la table à environ quatre pouces de sa surface. Aucun contact avec une partie quelconque de la table ne pouvait donc avoir lieu sans qu'on s'en aperçut.
En moins d'une minute, la table, sans avoir été touchée, se déplaça quatre fois ; la première fois d'environ cinq pouces d'un côté ; puis de douze pouces du côté opposé; ensuite de la même manière et respectivement de quatre et de six pouces.