II. — Phénomènes divers
M. Crookes relate, dans le livre précité (2), les observations qu'il a faites de divers autres phénomènes ; je rapporterai seulement ici celles qui ont trait à des phénomènes également observés avec Eusapia par la Commission de l'Agnélas,
a) MOUVEMENTS d'oBJETS PESANTS PLACÉS A UNE CERTAINE DISTANCE DU MÉDIUM
Les exemples où des corps lourds, tels que des tables, des chaises, des canapés, etc.. ont été mis en mouvement, sans
(1) Voir, au sujet do ces petits mouvements, l'ouvrage de Reicuenbach intitulé : Les effluves odiques, Paris, Flammarion.
(2) Recherches, pp. 150 à 173.
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le contact du médium, sont très nombreux. J'en indiquerai brièvement quelques-uns des plus frappants. Ma propre chaise a en partie décrit un cercle, mes pieds ne reposant pas sur le parquet. Sous les yeux de tous les assistants, une chaise est venue lentement, d'un coin éloigné de la chambre, et toutes les personnes présentes l'ont constaté ; dans une autre circonstance, un fauteuil vint jusqu'à l'endroit où nous étions assis, et, sur ma demande, il s'en retourna lentement à la distance d'environ trois pieds (1).
Pendant trois soirées consécutives, une petite table se mût lentement à travers la chambre, dans les conditions que j'avais tout exprès préparées à l'avance, afin de répondre à toute objection qu'on aurait pu élever contre ce fait. J'ai obtenu plusieurs fois la répétition d'une expérience que le Comité de la Société de Dialectique a considérée comme concluante, savoir : le mouvement d'une lourde table en pleine lumière, le dos des chaises étant tourné vers la table, et chaque personne étant agenouillée sur sa chaise, les mains appuyées sur le dossier, mais ne touchant pas la talde. Une fois, ce fait se produisit pendant que j'allais et venais, cherchant à voir comment chacun était placé.
b) TABLES ET CHAISES ENLEVÉES DE TERRE SANS l'aTTOUCHEMENT DE PERSONNE
(Juand des manifestations de ce genre sont exposées, on fait généralement cette remarque : « Pourquoi n'y a-t-il que
Cl) Ce [)assage rappelle ces vers d'Homère [Iliade, chant XVIIIJ.
« Cependant Thélis aux pieds d'argent arrive au palais de Vulcain. demeure d'airain, impérissable, étincelante, superbe parmi celles des immortels, œuvre du Dieu difforme. Thétis le trouve actif, couvert de sueur, tournant autour de ses soufflets; car il a fabriqua' vingt trépieds posés autour du mur de son solide palais; il en a mis le fond sur des roues d"or afin que
les tables et les chaises qui produisent ces eflets ? Pourquoi cette propriété est-elle particulière aux meubles? »
Je pourrais répondre que je ne fais qu'observer et rapporter les faits et que je n'ai pas à entrer dans les pourquoi et les parce que ; mais cependant il est clair que si, dans une salle à manger ordinaire, un corps pesant, inanimé, doit s'élever au-dessus du plancher, ce ne peut être autre chose qu'une table ou une chaise. J'ai de nombreuses preuves que cette propriété n'est pas particulière aux meubles seuls ; mais, comme pour les autres démonstrations expérimentales, l'intelligence ou la force (quelle qu'elle soit) qui produit ces phénomènes ne peut se servir que des objets qu'elle trouve appropriés à son but.
En cinq occasions différentes, une lourde table de salle à manger s'éleva de quelques pouces à un pied et demi audessus du parquet et dans des conditions spéciales qui rendaient la fraude impossible.
Dans une autre circonstance, une table pesante s'éleva audessus du plancher, en pleine lumière, pendant que je tenais les pieds et les mains du médium.
Une autre fois la table s'éleva du sol, non seulement sans que personne la touchât, mais encore dans des conditions que j'avais arrangées à l'avance, de manière à mettre hors de doute la preuve de ce fait (1).
d'eux-mêmes, chose merveilleuse, ils se rendent à V Assemblée des Dieux et reviennent eux-mêmes à leur place. »
(i) Le baron de Guldenstubbé [Pneumatologiejiositive, p. 83). raconte qu'il a fait beaucoup d'expériences de tables avec son amphitryon le comte d'Ourches. * Nous sommes parvenus, ditil, à mettre les tables en mouvement sans attouchement quelconque. M. le comte d'Ourches les a fait soulever même sans attouchement. L'auleur (M. de Guldenstubbé) a fait courir les tables avec une grande vitesse, également sans attouchement et sans le secours d'un cercle magnétique. Il en est de même des vibrations des cordes d'un piano, phénomènes obtenus déjà le 20 janvier 1856, en présence des comtes de Szapary et d'Ourches. »
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