‹ L'Extériorisation de la sensibilité étude expérimentale et historique: étudeChapitre 15 sur 26 · LES TRANSFERTS · texte numérisé non relu

LES TRANSFERTS

€'est sons ce mm qse V^m désigne de nos jours les teotalives de guérison de certames maladies par la transplan* tatlon.

En I880, le D*" Babînski, chef de clinique de M. Charcot à la Salpétrière, communiqua à la Société de psycholcigie {diyuologique (Séance du 25 octobre) «me note résuraamt une série d'expériences quil divisait en deux catégories.

Les premières ont porté sur deux jeunes filles hystéroépileptiques ayant chacune une héml-anesthésie sensilive gensorielle et toutes deux facilement hypnolisables. On les plaçafeit aftfiftses dos à dos, mais sans que le coBlact îùi ttéccesaire, et on «p^pochait un aimant de Tune d'elles. «0» observmt alors qu'une des deux malades, d'hcmî-anesthésique qu'elle était, devenait au bout de quelques instants axie&thésique totale, tandis que l'autre malade recourrait ]SL sefisîlMlité dans son côté aoesthésié, tout en la coasêfnaat éams le côté ofjposé. Puis «m aouveM transfert s'opérait, même quand on éloignait l'aimant, c'est-à-dire qae te première malade devenue anesthésique totale recouvrait

yée pour les femmes. Quel()ues-utis découyrirenl l'acide pru&si^fue daas deux millions de parties d'eaiu Dans une autre expérience, les (MleiiTS furent diluées et disséminées dans 4ine chambre contenant neuf mille pieds cubes d'air. 11 y ej^t des si^ets qui perçurent na trois cent millionième de chloropbéool et la millième partie de cette qmmlité de mercaptan.

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la sensibilité dans toiUe retendue de son corpg^ et que Ja seconde malade devenait à son tour anesthésique iotale. Il se produisait ainsi une série d'oscillations consécutives, dues probablement à ce que J'on faisait agir simultaném£nt et sans jnélhode les deux pôles de Taimant. Quand ^n éloignait j£s 4eux malades, elles redevenaient très rapidement à rétaC qu'elles présentaient avant Texpérience, c'est-à-dire toutes deux hémi-anesthésiques- Ces phénomènes avaient lieu aussi bien lorsque les deux malades étaient à Veut de ¥eiUe que lorsqu'elles étaic^ en état de ^nmambulisma.

On a ensuite prodinX par suggestion, chez l'une de ces malades, des monopl^gles brachiales, des monoplégies crurales, des hémiplégies, des paraplégies, les unes flasques, les autres spa&modiques ; des coxalgies etmémele nuitlsme. Cette malade était alors mise à côté de sa compagne, près de laquelle on plaçait Vàimant, Au bout de quelques instants le transfert se produisait ; l'infirmité quittait la première et, comme attirée par l'aimant, se portait sur la seconde avec ses caractères et sa localisation exacts. Puis survejQtaient des oscillations analogues à celles que nous avons iodiquées plus haut. Quand on éloignait les malades l'une de l'autre, la malade sur laquelle l'infirmité se trouvait à oa moment-là la gardait, et il fallait la lui enlever par sug-

Le somnambulisme s'est transféré de même d'un sujet endormi sur un sujet éveillé sous l'influence de l'aimant.

Dans la seconde série des expériences, dit le jyBabinski, c nous %xKGïi% pj'is des malades hystériques, hommes ou femmes, présentant des manifestations hystériques telles que paralysies flasques ou spasmodiques, jion |dus artificielles, mais naturelles, c'est-à-dire survenues indépendant

ment de toute suggestion de notre part, et qui ont motivé radmission de ces malades à Thospice. Ces malades, pour la plupart, n'ont jamais été hypnotisés, et, dans les expériences suivantes, ils ont été laissés à Tétat de veille. Nous avons placé les malades en rapport avec l'un ou TautFe des deux sujets dont nous avons parlé plus haut que nous plongions dans la période somnambulique du grand hypnotisme et à côté duquel nous mettions Taimant.

€ Nous avons observé que le sujet hypnotisé ne tarde pas, sous cette influence, à présenter les mêmes accidents que l'hystérique à côté duquel il se trouve. Pourtant la transmission de ces paralysies se fait avec moins de pureté que dans les expériences de la première catégorie. Mais une différence beaucoup plus grande sépare les expériences •de la première catégorie de celles de la seconde. En effet, dans ces dernières, il n'y a pas à proprement parler de transfert. Les accidents hystériques se transmettent au sujet hypnotisé, mais persistent avec tous leurs caractères chez les malades qui en sont primitivement atteints. Toutefois, en répétant un certain nombre de fois ces expériences, on arriverait peut-être à faire disparaître ces paralysies, et il aurait là une méthode de traitement. Nous avons observé, en effet, dans un cas, à la suite de deux expériences consécutives, une contracture spontanée d'un membre inférieur s'atténuer notablement. Nous nous proposons, du reste, de poursuivre ces recherches. »

C'est M. le D'' Luys qui les a reprises à l'hôpital de la Charité et leur a donné un grand retentissement. Comme il a l'intention de publier prochainement, avec l'aide de son ancien chef de clinique, le D' Encausse, le résultat de ses travaux, je me bornerai à en donner ici un aperçu ■sommaire.

Sa première méthode consistait à mettre le malade eu communication par les mains avec le sujet en face ducfuel il était assis. Ce sujet était amené par un procédé quelconque dans la première phase de léthargie de Thypnose, puis un opérateur déterminait la fusion pour ainsi dire des deux étals nerveux en promenant le pôle nord d'un ^ros aimant toujours dans le même sens le long du cercle forïiié par les bras et les épaules des deux patients.

Au bout de quelques passes on poussait le sujet jusqu'cui somnambulisme et on constatait alors qu'il avait pris la personnalité nerveuse et psychique du malade, se plaignunl des mêmes malaises, présentant les mêmes infirmités, (hi guérissait ensuite le sujet par suggestion et on le réveilî:iji ; puis on recommençait, un certain nombre de jours, la même opération, et, dans beaucoup de cas, on araeimit ainsi, au bout d'une douzaine de séances, une amélioration notable dans l'état du malade.

J'ai vu ainsi guérir, ou du moins modifier d'une faron très heureuse, des paralysies, des vertiges, des céphalalgies et même des battements de cœur et des nœvi.

Plus tard le D^ Luys s'est borné à placer un aimant vu fer à cheval d'abord sur la tête du malade (les pôles veis le front, le pôle nord sur la tempe droite), pendant cin([ à six minutes, puis sur celle du sujet mis préalablement en état de léthargie hypnotique. Voici comment il rendait compte, le 10 février 1894, à la Société de Biologie, du quelques-unes de ses expériences :

M. d'Ârsonvala eijtretenu la Société de Biologie dans lad<^ruière séance, d'après la communication d'un physicien anglai^^ delà persistance dans un barreau aimanté de l'action du fluide magnétique ayant, en quelque sorte, conservé le souvenir de son état antérieur. — Mes recherches dans cet ordre d'idées

158 l'extériorisation de la SEWSIBrLITÉ

m*ont amené à constaler depuis lon^çtemps des phénomènes analogues à Taide des couronnes asaiantëes placées sur la^ tète d'un sujet en état hypnotique, — U s'agit dans ce cas, noE plus de lemmagasinement des vibrations de nature magnétique, mais bien des vibrations de nature vivante, des véritables vibrations cérébrales, propagées à travers la paroi crânienne, et emmagasinées dans une couronne aimantée, dans laquelle elle» persistent pendant un temps ^us on moin^lon^.

Pour constater ce phénomène, je me sers non pas d'un instrument physique impuissant à répondre, mais bien d'un réactif vivant, d'un sujet hypnotisé et devenu, par le fait, ultra sensible aux vibrations magnétiques vivantes.

Je présente à la Société la courofïne aimantée dont je lui at déjà fait voir différents modèks. A l'aide d'ua système de courroies elle s'adapte sur la tête, rembrasse citeulai rement et laisse libre la région frontale.

Elle constitue ainsi un aimant courbe avec un pôle positif et un pôle négatif. — Cette couronne a été placée, il y a plus d'un an, sur la tête d^uue femme, atteinte de mélancolie avec des idées de persécution, agitation et d'une tendance de sui^ eide^ etc.. L'application de eette eouff^nne sur la tête de cette malade amena , au bout de cinq ou six séances, un amendement progressif dans son état et, au bout de dix jours, j'ai cru pouvoir la renvoyer de l'hôpital sans danger. Au Bout d^une quinzaine de jours, cette couronne ayant été isolée à part, j'eus ridée purement empirique de la placer sur la tète &a sujet ici présent.

C'est un sujet mâle hypnotisable, hystéri<(ue, atteint de crises fréq^uentes de léthargie. Quelle ne fut pas ma surprise de voir ce sujet, mis en état de somnambulisme, proférer des plaintes, tout à feit les mêmes que celles proférées, quinze jours auparavant, par la malade guérie r

// avait pris d'abord le sexe de la malade; il parlait au fémini» ; U aceusait» de vioients maux de tête : il disait qu'il allait devenir /bil», que ses veèsiops s'iirtrodttisaient dans sa chambre pour l«i faire du mai», etc. Ea ua ««ot, le sujet hypnotique 9vait, grâce à la couronne- aimantée, pris l'évat cérébral de 1» anlade mëlaneolii|ue. Lacanronne aimantée avait d^ne sufA^

LA GUÊRISON MAGTTÉTrQUE ïfES PLAIES iSd

sarament agi pour soutirer nnfltix céréliral morbide de !a malade (qui avait guéri) et pour se perpétuer, comme un »#«venir persistant^ dans la texture intime de la lame magnétique. (Test là un phénomène qcrc nous avons reproduif maintes et maintes fois, depuis plusieors- anoëes, aoa seulement chez le sujet pré seul ici, mais chez, d'autres s«jtets.

Cette communication est, dans Tordre des phénomènes physiologiques, parallèle à celles de M. d'Arsonval sur la durée de certains états antérieurs dans les corps inorganiques : elle va susciter (je n'en doute pas), bien des étonnements et des accès de scepticisme chez des persesnes qui ne sont pas habi^ tuées aux recherches d'hypnologie-

On va mettre en doute la sincérité du sujet, sa disposition à produire le merveilleux, sa tendance à rentrainement et peut-être aussi Tacquiescement trop facile de Popératfeur.

A tous ces sous- entendus, je ne repondrai ^'iine ch)(is«: que ce phénomène de la transmission des états psychique» d'un sujet, à l'aide d'une couronae aimantée qui garde les impressions perçues, rentre déj.à dans Tordre des phénomènes précédemment communiqués par M. d'Arsonval — Et, d^une autre part, la première fois que Je l'ai faite, cette expérience, elle a été faite à mon insu, (f\ine façoo tout enrpirique. L» couronne impcégnée a éié po^ëe sur la têle ém aajet hypnotique environ quinze ji^urs apirès- qja'elle a^vaU été placée sur La tète de la malade, il y a eu fatalement une première opération, dont f ignorais absolument les résultats ; mais, pas plus que le sujet hypnotisé, nous ne savions ce qui allait se passer, et Te sujet impressionné a réagi, mota proprio, sans excitation autre que la couronne magnétiq^ue»

Oa peut donc dire, sans chercher à en déduire des coaséquences ultérieures autres,, que certains états vibratoires du cerveau, et probablement du système nerveux, sont susceptibles de s''emmagasiner dans une lame conrbe aimantée, comme le fluide magnétique dans un barreau de fer doux, et d'y laisser des traces persistantes ;. bien plus^ comme dans les expériences de M. d'Ârsoaval pour détruire cette propriété magnétique persistante, il faut la tuer par le feu.^ Genane il éàt.

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la couronne a besoin d*êlre portée au rouge pour cesser d'agir (1).

Le 19 avril 1892, j*ai assisté moi-même, dans le service du D' Luys, au fait suivant, que je retrouve sonunairement consigné dans mes notes et qui est peut-être celui auquel M. Luys fait allusion dans la citation précédente.

« Une couronne aimantée avait servi, quinze jours auparavant, au traitement d'un malade. Depiiis ce moment le malade était sorti de Thôpital guéri ou à peu près guéri et la couronne enfermée dans un placard. On la mit sur la tête d'un sujet en léthargie hypnotique et le sujet prit les symptômes de la maladie et les dispositions psychiques que le sujet avait il y a quinze jours ; la couronne les avait enregistrés et reproduits comme le phonographe enregistre et reproduit la voix.

<( Le même phénomène se serait certainement produit si le malade était mort, de telle sorte qu'on aurait pu, par ce procédé, avoir ime sorte d'évocation d'une personnalité qui ne serait plus de ce monde. »

Le 25 décembre de la même année et au même lieu, jai vu mettre une couronne aimantée d'abord sur la tête d'un chat, puis d'un sujet en état de réceptivité ; puis d'un coq et d'un autre sujet également préparé. Dans les deux cas, les sujets ont pris les allures et le cri des animaux dont on leur avait transféré ainsi l'état psychique.

Dans le cas du coq, j'ai prié le D"" Luys de presser le point de la mémoire somnambulique du sujet réveillé (ayant perdu le souvenir de ce qui s'était passé dans son sommeil),.

(1) On peut également détruire les propriétés mumiques de la couronne en faisant tremper les deux pôles dans l'eau et j*ai constaté que Peau se chargeait alors aux dépens de l'aimant et devenait ainsi active pour les sujets (voir p. 219).

LA GUÉRISON MAGNÉTIQUE pES PLAIES 161

et de lui demander à quoi il pensait lorsqu'il dormait ; le sujet a répondu qu'il pensait à des poules* •

L'aimant serait donc une substance particulièrement propre à servir de mumie dans les maladies du système nerveux.

En tenant compte de nos idées modernes sur la constitution de la matière et des expériences rapportées dans le premier chapitre de cet ouvrage, on pourrait supposer que l'état vibratoire spécial aux effluves du malade modifie rétat vibratoire normal de Taimant (1) ; piîis que Taimant^ ainsi mis à l'unisson du malade, agit à son tour sur le sujet pour faire vibrer de la même manière son système nerveux.

On pourrait également supposer que Taimant est un condensateur du fluide nerveux humain sur lequel il agit en l'absorbant ou le dissolvant pour le dégager ensuite quand les conditions ne sont plus les mêmes ; c'est ainsi que, d'après les expériences et suivant l'expression de Graham, le fer et le palladium occlusent l'hydrogène et que les colloïdes occlusent les gaz facilement liquéfiables. .

Dans ces conditions, la guérison se ferait en soutirant peu à peu à chaque opération le fluide vicié, qui serai remplacé par du fluide pur fourni par le milieu ambiant.

Dans tous les cas, au point de vue curatif, il semble inutile d'opérer le transfert sur une autre personne ; il suffirait de «lodifier l'état nerveux du malade soit par

(1) Je fis placer un jour la couronne aimantée sur la tête d'un enfant affligé de la danse de Saint-Guy. Albert L. prétendit que les effluves de la couronne qui, avant l'imposition, présentaient l'apparence de flammes régulières, avaient pris, après l'imposition, des mouvements saccadés*

Taimant, soit par tonte autre substance capable d'agir comme mumie. Cest en effet ce qui a lieu.

e J'ai enlevé, dit M. Ochorowics [Suggestidn mentale^ p. 182), le mal de tête à quelques centaines de personnes par une simple imposition des mains. Par ce moyen, vieux comme le monde, j'enlève un mal de tête 80 fois sur 100 dans l'espace de quelques minutes (1). »

Dans le cas des nœvi ou taches de vin notablement diminuées par les passes d'aimant, il entrait probablement de la suggestion, et il est assez vraisemblable que la suggestibilité du malade pouvait être le résultat de l'équilibre nerveux qu'on établissait avec le sujet éminemment suggestible avec lequel on l'accouplait.

Du reste, tous ces phénomènes ont besoin d'être réétudiés avec méthode et dans le silence du cabinet au lieu d'être simplement constatés plus ou moins hâtivement dans une consultation d'hôpital, au milieu des causes d'erreur provenant des relations entre les sujets et des explications fournies au public par l'opérateur.

(1) Si cette manière de voir est juste, on pourrait revivifier la couronne chaque fois qu'on s'en est servi, ainsi que je l'ai indiqué dans la note de la page 160 ; ou, plus simplement, chercher la mumie spéciale à chaque personne, ce qui constitue le principe de la métallothérapie ; ou enfin se borner à envelopper la tête du malade de linge» mouillés qu'on changerait fréquemment, l'eau étant une mumie pour presque tout le monde.

Ce sont là de simples déductions que je n'ai pas eu l'occasion de vérifier.

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