CHAPITRE VI
Maxwell, dont on ne connaît que ce qu'il dit de luimême dans le seul ouvrage qu'il ait laissé, peut être considéré comme le père du magnétisme animal : le D^ Thourei a montré, en effet, que les théories de Mesmer avaient éié en partie puisées dans celles de Maxwell (1).
Où ce dernier avait-il pris les siennes? C'est ce qu'il esi plus difficile de déterminer. Ses idées sur la matière première, sur la formalité des êtres et l'influence des astres, dérivent nettement de la doctrine thomiste qui régnait dans l'école au moment où il écrivait ; mais, pour tout ce qui regarde la théorie des mumiesy il est allé plus loin que Paracelse (1493-1541) et Van Helmont (1577-1634) qui Tûiit précédé de quelques années. On peut supposer qu'en dehors de ses observations propres, il s'est aidé des révélations de quelques-uns de ces sujets lucides qui ont existé de tout temps; malheureusement, il a érigé en
(1) Recherches et doutes sur le magnétisme animal, Paris, iVSi.
aphorismes de simples déductions plus ou moins logiques de faits réellement observés (1); de plus, il nous a présenté comme générales des lois qui, fussent-elles justes, ne pourraient s'appliquer qu'à des natures tout à fait exceptionnelles ; aussi les expériences les plus simples (2) n'ont-
(1) Maxwell a certainement été un expérimentateur en magnétisme car il dit dans le chapitre xiii, développement de la conclusion XII : « Non satis tutum de his agere propter pericula. Ansam praebere potest luxuriosae libidinis explendae, vel maximam. Imo, si hîec conclusio clare explicaretur (quod avertatDeus), patres de flliabus, mariti de uxoribus, imo feminae de semetipsis cerlae esse nequirent. » — Et ailleurs : « Tibi animum ad nefanda non addam ; si quidquam ex meis scriptis damnanda sequentia erueris, non propalabis (cap. xi)... cum enim hujus artis mirabilia viderim maximasque utilitates, tum etiam innumera mala ex debito usu vel incauto abusu... » (prœfat,)
(2) Telles sonl par exemple celles qu'il relate dans les chapitres xiv et XV du livre II : " Intestinorum fecibus, ut capite superiore dictum est, curantur omnes intestinorum morbi ; purgatur etiam corpus, et fluxus inducïtur, excitantur et curantur ani vitia et multa alia perficiuntur, quae tu proprio ex periculo, si sedulus es, invenies. Quando applicantur ulcéra antiqua, carcinomata, fistulasque curare possunt. Imo, quod pro secreto magno apud quosdam conservatur, unguenti armarii vires sine omni praeparatione eleganter subplent. Tum vero ex homine sano, robustique corporis eligendae sunt, ne imbecillioribus nocumentum ille apparatus inférât. Fecibus hisce herbis salutaribus adhibiiis, multa commoda transplantationelnferri possunt.
« Hanc ex multis causam unam puto, cur rustici et qui rure^ habitant, salubriores longioresque nobilibus et civibus dies degant : hi enim capsulis fèces reconditas vel putrescere sinunt, vel in loco insalubri projiciunt : illi autem terrae eosdem mandantes, herbis salubri. bus, transplantatione mediante a languoribus immunes maxima pro parte vitam agunt.
« Amorbidorum excrementis in génère supra cavere jussimus ; hic vero particulatum consilium darè libet, nempe, ut in locis, ubi aegrota alvum exonaverint, fèces non deponas tuas: sic enim multa mala nonnunquam inferuntur; cognovimus enim quosdam tetro odore laesos ; alios, licet odorem non perpiperint, cum in eodem loco fèces deposuerint, in quo prius fluxu correptus idem fecerat, statim fluxu correptos, nulla alia caussa procatarctica prsecedente. ^ « Caussa vero hujus tam mirabilis rei ex superioribus satis patet» ai) iisque petenda, nec hic repetenda.
« Praeterea'cavendum est ne fèces super herbas malignas exubérantes sive violenter purgantes deponamus ; hisce enim saepius, caussa latent^i dysenleriapericulosa inducitur, quœ vixnisi herbis, putrefactis
elles poiat tardé à faire considérer comme un tissu de rêveries un livre qui cependant contient des vues très remarquables. J'ai pensé qu'il ne serait pas sans intérêt de Tanalyser ici, d'autant plus qu'il est extrêmement rare et qu'il n'a jamais encore été traduit en français.
Le livre de Maxwell est intitulé : De medicina magnetica lihri III ^ inquihus tam Theoria quam Praxis continetur auciori Guillelmo Maocvello^ D. D. Scoto-Britano, Francofurii, MDCLXXIX.
Il se compose de plusieurs parties :
Un Avant- Propos de l'éditeur Georgius Francus, daté de Heidelberg le 17 septembre 1678. Il débute par cette
uUis medicamentis cedit. Denique in locis immicis perviis hsec excrementa deponere inconsultum est. Quem dolorem carbo accensus cum spiritu vini sale mixto in hisce excrementis immissus causset, nulli non notum est... Urina... habet cum hepate, renibus et vesica magnam affinitatem ; per has namque partes transit ; propterea de horum partium morbis per urinam judicant medici...
« Unum tamen mirum experimentum iiic addam quod taie est. Si in vesica suilia cujuscumque urina ponatur, alque vesica orificium diligenter claudatur, et in camino suspendatur, lotium iUius, cujus urina inibi est, tam valide retinet, ut nuUo modo, nullisque remediis auxiliis mingerein seternum poterit, nisi ex vesica suilia suspensa lotium, quod impositum erat, dematur...
« Gavendum ergo inprimis est, ne pueri in ignem mingant: saepe enim, illa mictione (nutricum constans afQrmatio est) dolorem nephreticum sibi pariunt, alioque plurima mala hinc oriuntur. Nec equidem super herbas venenosas acres et violenter urinam venenosa qualitate cientes mingere convenit ; hoc enim modo exulceratio renum et vesica acquiretur. Nec ergo quidem in matula ubi quis, fœtido harum partium morbo laborans primo minxerit. urinam redderem, et lotium meum, mixta ejus urina, fermentationi darem. »
166 L*EXTÉRI0RISAT10N DE LA SENSIBILITÉ
belle pensée de Sénèque : Nobilis et inquiéta mens homini data est. Nunquam se tenet: spargitur, et cogitationes suas in omnia nota atque ignola dimittity vaga et qtiietis impatiens et nomtate rerum lœtissima; quod non mirabervi^ si primam ejus originem adspeoceris : non solum terreno et gravi concreta corpore. Ex illo cœlesti spiritus descendit. Cœlestium enim natura semper in motu est. (Consolatio ad Helviam, cap. vi.)
Le D*" Francus ajoute qu'il a été vivement sollicité depuis plusieurs années de publier les œuvres de Maxwell, qu'il s'était mis pour cela en rapport avec Henricus Oldenburgius, secrétaire de la Société royale d'Angleterre, mais que des maladies et des occupations professionnelles ne lui avaient encore permis de mettre au jour que ce petit volume.
Vient ensuite une préface où Maxwell lui-même explique que l'amour de la vérité et le désir du bien public ont seuls pu le décider* à exposer des opinions si contraires à celles qui ont cours et à produire une œuvre qui, à sa connaissance, n'avait jamais été tentée avant lui. Pauvre et très occupé, ce n'est que grâce au très noble, très illustre et très docte chevalier Edmond Stuflford qu'il a pu faire imprimer ce premier ouvrage, mais il espère que la générosité d'un Mécène et ses propres travaux lui permettront de faire connaître un jour, pour le bien public, des choses encore plus admirables.
c Si, dit-il en terminant, tu ne sais que la philosophie vulgaire enseignée dans les écoles, et si^ médecin, tu ne connais que Galîen, je te prie de t'abstenîr de la lecture de ce traité. Les sophismes te suffisent-ils, la philologie te plaît-elle, te réjouis-tu à te discuter sur les impossibilités et les chimères ? Je me suis abstenu de tout cela. Ne m'occu-
pant que des choses utiles et nécessaires, je n'ai rien de commun avec tes habitudes, je n'ai pas entrepris ce trav^ pour toi et je ne me suis pas proposé de révéler les arcanes à toi et aux tiens; que ces pages soient dédiées à des Muses plus indépendantes...
Le LIVRE !•'• se compose de douze Conclusions que je reproduirai plus loin avec quelques explications en notes.
Le LIVRE II est consacré à l'application pratique de ces conclusions et composé de 20 chapitres dont voici les titres.
Chap P"" — Des choses qui sont nécessaires au médecin pour aborder la pratique de la médecine magnétique.
Chap. II. — Des choses qui purgent et de la purgation.
Chap. III. — De la phlébotomie.
Chap. IV. — Des cautères.
Chap. V. — Des médicaments réconfortants.
Chap. VI. — Du choix des remèdes qui doivent être employés dans cet art.
Chap. VII. — Du temps où il faut choisir et appliquer ces remèdes,
Chap. VIII. — De la manière dont il faut appliquer ces remèdes pour amener la santé dans un corps malade.
Chap. IX. — Dans lequel on traite de la transplanta^ tion et des diverses manières dont elle s'accomplit.
Chap. X. — Des manières dont se fait V application à nud.
Chap. XI. — Dans lequel on traite du magnes (de Magnete) nécessaire dans cet art et oîi Von en publie plusieurs descriptions jusqu'ici très peu connues,
Chap. XII. — De Vusage de V aimant dans cet art.
Chap. XIII. — Des médiums (De Mediis) avec lesquels on
effectue des cures dans cet art sans avoir recours au magnes.
Chap. XIV. — Des excréments rendues par Vanus.
Chap. XV. — De V urine.
Chap. XVI. — Delà sueur et de la transpiration insensible.
Chap. XVII. — Des poils.
Chap. XVIII. — Des rognures d'ongle et des dents.
Chap. XIX. — De la salive et de la mucosité nasale.
Chap. XX. — Du sang et du pus.
Ce deuxième livre se termine par cent aphorismes dont beaucoup sont encore des énigmes pour nous.
Le livre III devait se composer de l'application de la méthode, dans tous ses détails magnétiques et astrologiques, aux diverses maladies ; mais Maxwell dit que, distrait par des soucis privés, il ne peut en donner qu'un seul exemple qui porte sur le mal de tête ; et cet exemple comporte neuf pages dont la lecture, fort peu compréhensible, est tout à fait propre à donner le mal que l'auteur veut guérir.
les conclusions de MAXWELL
I. — L'âme (1) n'est pas seulement dans son propre corps visible, mais elle est aussi en dehors du corps et n'est pas circonscrite par le corps organique.
(1) « Le monde animé est Tâmé première et suprême par l'intelligence qui possède en elle les raisons séminales de toutes choses. Ces raisons qui proviennent de la splendeur des idées du premier intellect sont comme les instruments par lesquels ce ^rand corps est
II. — L'âme opère en dehors de ce qu'on appelle son propre corps.
III. — De tout corps s'échappent des rayons corporels dans lesquels l'âme opère par sa présence et auxquels elle donne l'énergie et la puissance d'agir. Ces rayons ne sont pas seulement spéciaux au corps, mais encore aux diver^^es parties du corps. (<S'un^ vero radii hi nonsolum corporrtft's^ sed et diversarum partium.)
IV. — Ces rayons qui sont émis par les corps des [uiimaux ont de l'affinité avec I'esprit vital (1) {spirUu
gouveraé et comme les chaînons de la chaîne d'or de la Providi^EKe.
« Pendant que les opérations de l'âme poursuivent leur cours, le corps est engendré, c'est-à-dire qu'il est produit par la puissante flv l'âme et formé d'une façon diverse suivant son imagination.. C'e<l lU* là que vient la puissance dominatrice qu'elle a sur le cor(j^ t^t qu'elle ne pourrait avoir si celui-ci n'en dépendait enlièremejii et pleinement. » {Aphorismes I et II.)
Maxwel définit ailleurs l'imagination du monde: « la force qnj inspire dans la matière les raisons séminales. »
(1) « Pendant que l'âme se fabrique un corps, il se produit en oiure un troisième quelque chose qui sert de milieu (médium) entre tes deux, qui unit plus intimement l'âme au corps et au moyen dui|Licl se répartissent toutes les opérations des choses naturelles* (le quelque chose est appelé VEsprit vital,
« Les opérations naturelles des choses sont réparties par cet e^^prU dans leurs propres organes, suivant la disposition de l'organe.
« La disposition de l'organe dépend d'abord et principalemeru dr? l'intelligence qui dispose de tout; deuxièmement, de l'âme du mrniili» qui s'est formé un corps suivant les raisons séminales des chiv^i == ; troisièmement, de Fesprit universel qui maintient les choses Iiks l'état où elles sont. » {Aphorismes III à V.)
« L'esprit vital universel, descendant du ciel pur, clair et sans latln\ est le père de l'esprit vital particulier existant dans chaque clinse: c'est lui qui le procrée et multiplie dans le corps; c'est de lui qn*' le> corps tiennent le pouvoir de se propager.
« Cet esprit découle perpétuellement du ciel et y remonte, elj ihiny ce flux perpétuel, il reste sans tache; c'est pour cela qu'il peut \k\v un artifice habile, et en modes admirables, être uni à une chose i[w\- Gonque et en augmenter la vertu. » {Aphorismes XVIII -et XXIX.:
Ailleurs Maxwell revient sur cette idée en ces termes: « Ceiie matière si subtile s'échappe successivement et continuellemeiii ^le
vitali gatident) par lequel s'effectuent les opérations de l'âme (1).
tout mixte soas forme d'un efQuve on de rayons projetés» et ime autre substance semblable, mais nouvelle, arrive frapper ces mêmes mixtes ; de là résultent nécessairement, par ce flux et ce reflux, des régénérations et des destructions. »
« Les emplâtres et les onguents, dit Agrippa qui font ensemble les vertus des choses naturelles et des choses célestes sur notre esprit, peuvent multiplier, changer, transformer notre esprit autrement, et attirer sa transposition, par la forme de celles dont ils sont composés, de manière qu*il ne puisse pas seulement agir sur son propre corps, mais sur celui qui est proche de lui, et lui donner cette qualité par les rayons visuels,, par les sortilèges et par les attouchements. Or notre esprit étant une vapeur de sang subtile^ pure, brillante j aérée et onctueuse, c'est pour cela qu'il est bon de composer ces emplâtres et ces onguents de semblables vapeurs qui aient plus de rapport en substance avec notre esprit, l'attirent plus par leur ressemblance et le transforment. » {La Philosophie occulte , liv. I,
Ch. XLl).
(1) Maxwell, dans son deuxième livre, développe ainsi qu'il suit ses conclusions V, VI et VU :
Aucun médecin ne niera, je suppose, que les excrétions des animaux retiennent une portion de Tesprit vital. En efl'et les choses qui séjournent longtemps dans le corps s'imprègnent de cet espril et s'y unissent à tel point qu'ils interceptent les rayons émis par les parties les plus nobles du corps ; bien phis ces excrétions, ayant subi une sorte de coction, deviennent plus semblables aux corps dans lesquels elles ont été digérées, et c'est pour cela qu'elles attirent les rayons avec les esprits plus évidemment que quoi que ce soit participant moins à une telle digestion ou ressemblance, et l'esprit s'y insinue bien phis volontiers.
« Du reste, nous voyons une expérience commune qui prouve cela même.
« Est-ce qu'un trop grand flux d'un excrément quelconque n'entraîne pas de pénibles symptômes, la faiblesse et enfin la mort, non pas tant parce qu'il retranche la nourriture que parce qu'il épuise l'esprit? Et encore comment l'écoulement de l'eau des hydropiques par une blessure entrainerait-il la faiblesse et la mort si ce n'est parce que l'eau s'échappant chargée de ces esprits entraine avec elle une trop grande quantité d'esprits et en un temps trop court pour que le corps puisse le supporter. De même pour les abcès intérieurs où la grande quantité de pus remplit la cavité du thorax; si le pus, par l'incurie des chirurgiens, s'écoule à la foia tout entier, on voit survenir la mort ou tout au moins une dangereuse débilité précisément pour la même cause.
« Le corps en effet ne peut subsister longtemps, s'il n'est rempli
V. — Les excrétions des corps des animaux retiennent une portion de Tesprit vital; aussi ne peut-on leur refuser une vie. Et cette vie est de même espèce que la vie de l'animal, c'est-à-dire qu'elle provient de la même âme.
de toute part, de cet esprit dans les proportions requises. Cet esprit est nourri par le ciel, grâce à l'intermédiaire de l'air et par Fesprit vital de Faliment, aussi longtemps que le corps persiste dans la symétrie qui lui convient.
c» Donc, toutes les choses qui sortent, de quelque façon que ce soit, du corps des hommes ou des bétes, soit naturellement, soit par la force de la maladie, sont imprégnées de l'esprit vital et ont une vie commune avec le corps, comme il sera dit plus tard.
« De là résulte qu'étant plus semblables aux corps dont elles sortent, qu'à des choses qui n'ont jamais été dans un corps, elles impriment rapidement à un corps semblable les qualités qu'elles ont empruntées au corps. C'est pourquoi il faut prendre grand soin que les excréments, ou le pus, ou le sang corrompu ou toutes choses semblables qui se produisent pendant les maladies contagieuses restent sans être brûlées ; elles pourraient en effet servir à produire de grands maux si elles tombaient par hasard entre les mains d'initiés malhonnêtes. Mais, si la crémation des corps, à la mode antique, n'est pas permise, les magistrats doivent au moins veiller à ce que les sépultures se fassent très profondément dans des' lieux éloignés du pâturage des troupeaux et aussi humides que possible, car les maux les plus graves sont la conséquence de sépultures superficielles et faites avec négligence. Pour moi j'attribue surtout à cette cause les ravages extraordinaires causés par les pestes à Londres dans ces dernières années; je crains en efletque ceux à qui le soin des sépultures était confié n'aient accompli trop négligemment l'inhumation au commencement. Je pourrais louer ici les rites funèbres des anciens et apporter des raisons probantes pour cette louange, mais il s'est établi d'autres usages que ma raison ne ferait pas changer. Cependant il convient que les magistrats ne montrent point de négligence dans une affaire de cette importance.
- « Il n'est pas douteux que les excrétions sont reliées par des rayons réciproques au corps et principalemeat aux parties dont ils sont sortis le plus immédiatement. De là des conclusions nombreuses et variées que nous exposerons dans le cours de l'ouvrage ; ici j'ai pensé qu'il sufQrait de dire en peu de mots que c'était de cette liaison que dépendait toute la médecine magnétique... Nous avons dit que celte liaison n'était pas rompuepar une séparation même très lointaine... car, comme cette liaison dépend de l'âme, elle s'étend selon la puissance de l'âme... Ces rayons s'étendent très loin et agissent sur nous de bien des manières sans que nous le sachions;
VI. — Entre le corps et les excrétions du corps, U ya un certain lien (concatenatio quœdam) d'esprits ou de rayons, même quand les excrétions sont fort éloignées du corps (1). 11 en est de même pour les parties séparées du corps et pour le sang.
Vil. — Cette vitalité ne dure que tant que les excrétions ou les parties séparées ou le sang ne sont pas changés en autre chose.
VIIÏ. — Il suffit qu'une partie du corps soit affectée, c'est-à-diro que son esprit soit lésé, pour que les autres deviennent malades (2) .
IX, — Si Tesprit vital est fortifié dans quelque partie, il est fortifié par la même action dans toute le corps (3).
nous sommes affeetés de différentes façons par leur lésion, ignorant la cause de nos maladies. C'est pourquoi, dans toutes les maladies, il faut rectifier, reconforter et multiplier cet esprit ; c'est ainsi que toutes les maladies seront facilement guéries ; c'est ce que nous livrons surtout aux réflexions des médecins. Personne ne niera que ce que nous avons déjà dit des excrétions et des parties séparées du corps ne convienne aussi au sang... dans lequel la sainte écriture place le siège de l'àme, -— car c'est lui qui possède la plus grande quantité d'esprit vital et qui nuit le plus facilement par un trop grand écoulement.
(1) « Qu'est-ce que ce lien (hœe concatenatio) ? C'est une émission perpétuelle de rayons qui sortent d'un corps pour entrer dans l'autre et réciproquement ; je dois dire ici en peu de mots que c'est de ce'^lien que dépend toute la médecine magnétique. >» (Chap. vu).
(2) « Les maladies n'appartiennent point essentiellement au corps ; mais il n'en est aucune qui ne dépende de l'affaiblissement ou de l'expulsion de l'esprit vital, il n'est point aussi d'indisposition qui puisse subsister longtemps lorsque cet esprit est dans toute sa vigueur; c'est lui qui dissipe tous les maux; c'est lui qui constitue la nature dont les médecins ne sont ou du moins ne doivent être que les aides. De là on doit conclure à la possibilité d'une médecine universelle. » {Développement de la Conclusion VIII,)
(3) Dans le développement de la Conclusion IX (p. 42), Maxwell dit que si l'esprit vital de l'homme se fortifie en un point, il se fortifie tout entier parce qu'il est d'une nature ignée et céleste. « Cette réconfortation, ajoute-t-il, se répand aussitôt sur toute l'étendue de L'esprit, car il est impossible qu'une chose si agile, si spirituelle, si
X. — Là OÙ l'esprit est plus à nu, là il est plus rapidement affecté (1).
lumineuse, si éthérée, éprouve quelque chose en uni' dt? ses parties qu'elle ne réprouve aussitôt partout.» Et plus loin {|k 45), à propos de la Conclusion X : «Bien que Tesprit vital cocsiclpre en luimême n'ait pas de parties hétérogènes et soit tout entier et partout comme la lumière très semblable à lui-même, cepeadïuii, qwànâ Jl est uni à un corps, il varie suivant les parties du corp^^ ïà euii^ti de certaines adjonctions... C'est pourquoi les rayons qui |>rovieinierit d'une tête malade contiennent un esprit modifié comme iielui de \u tête par cette disposition. Aussi faut-il prendre l'espi it nu LiiTecLé par les dispositions de la tête, quand la racine de h fmihidié e^l dans la tête et lui appliquer des remèdes.
(1) « Rien de ce qui est matériel n'a en lui d'énergie, k mtfim qu'il ne serve en quelque sorte d'instrument ou de forme ;i cet esprit; ce qui est complètement matériel est complètement pasi^if,
« Si tu veux produire de grands etiets, enlève le plu- [KSssib'e de la matière aux choses, ou ajoute de l'esprit à la malkne, nii exdle l'esprit assoupi. A moins que tu ne fasses quelqu'une de ees choses ou que tu ne saches unir C imagination de l'àme du ïiiuiido a une imagination qui s'efforce déjà de se transformer, tu ne IV ra januiis rien de grand.
« Il est impossible d'enlever cet esprit tout entier h quoi que ve soit, car c'est le lien qui retient les choses pour qu'elles ne retombent pas dans la matière première ou dans le néant . . u Cet esprit se trouve quelque part, ou plutôt parttuii, pie^quï^ libre de corps, et celui qui sait l'unir avec le corps luiiviMitible possède un trésor qui doit être préféré à toutes les lii'hr^ses do monde.
« Cet esprit se sépare, autant qu'il est possible, du rni|>^ au moyen de la fermentation ou encore par l'attraction pui u(i litTi» libre (un autre esprit libre) .
(Aphorismes VI à X.)
« Un esprit est évoqué par un esprit frère quand il es! irop ex[J0âé à son action {eidem nimium expositxM).
« Dans certaines choses il ne peut être évoqué par un frère i\ cause de son étroite union avec le corps, mais il attire ce frrre ei !^e fortifie ainsi étonnamment.
« La fermentation est l'action de la chaleur sur rhuniuK^ \\av laquelle l'humeur s'échaufife et est soumise à l'esprit; ou hien encore i'eflfet de l'esprit circulant dans le corps parce qu'il ne pcul rester immobile à cause de la propriété effluvante (fluxiùiiiitiicm de la matière (les vibration des molécules du corps?)
« Celui qui en, se servant de l'esprit universel, jn-ut excîler l'esprit particulier d'une chose quelconque jusqu'à lu lenùenLaliûii
XI. — Dans les excrétions, dans le sang, etc.,resprit n*est point aussi immergé que dans le corps ; c'est pour cela qu'il y est plus rapidement affecté.
XII. — Le mélange des esprits produit la sympathie, et de cette sympathie naît Tamour (1).
Datorelle et ensuite calmer les tumaltes naturels en répétant Topération, celui-là peut faire croître les choses en puissance jusqu'au miracle. C'est le plus grand secret des philosophes.
« Qui ne sait, avec l'aide de la fermentation, faire jaillir de toutes les choses l'esprit aussi pur que cela peut se faire par l'art ? Mais presque tous le font sans fruit de multiplication parce qu'ils ne savent pas unir le frère au père.
« Tout ce qui est fermenté agit plus fortement parce que, dans les choses fermentées, les esprits se trouvent plus libres.
(( Les choses restent dans cet état de nature tant qu'elles possèdent assez d'esprit pour accomplir ces opérations qui leur sont assignées :
« On voit clairement par là quelle est la cause naturelle de la fin des choses. Toutes tendent à leur naturation comme à leur perfection ; et à peine sont-elles mûres que déjà l'esprit commence à extérioriser [exserere) ses forces et qu'en agissant il se dissipe et s'évanouit, ce qui finit par causer la mort.
« Celui qui pourrait s'emparer de cet esprit qui s'évanouit et l'appliquer soit au corps dont il sort, soit à un corps de même espèce, ferait des choses admirables.
« C'est de cette source que sont sortis tous les philtres naturels. En effet, un esprit imbu des qualités d'un autre corps produit facilement dans les corps de même espèce une ressemblance réelle qui est une violente cause d'amour.
« Les choses les plus aptes à saisir au passage cet esprit particulier sont celles qui ont la plus grande ressemblance avec les parties de l'union la plus naturelle, ou qui, appliquées à un corps vigoureux, deviennent plus florissantes par un tel contact. Cela doit s'entendre de corps des animaux et surtout du corps humain où les philtres sont surtout appliqués.
(c Là ou l'esprit d'un corps marié aux qualités de ce corps se communique à un autre corps, il se crée une certaine sympathie à cause du flux et du reflux mutuel des esprits vers leur propre corps.
{Aphorismes XLIXà LX.)
(1) Voir la note M (Le philtre de Marie de Clèves).
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