‹ L'Extériorisation de la sensibilité étude expérimentale et historique: étudeChapitre 18 sur 26 · LODGE · texte numérisé non relu

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Je le soutiens, sans crainte de contradiction, chaque fois que les hommes de science, de quelque époque que ce soit, ont nié diaprés des bases à priori, les faits signalés par des investigations de hasard, ils ont toujours été convaincus de tort,

11 n'est pas nécessaire de faire plus que de rappeler les noms universellement connus de Galilée, de Hervey, de Jenner. Les grandes découvertes qu'ils firent étaient, comme nous le savons, violemment contestées par tous leurs contemporains scientifiques, à qui elles semblaient absurdes et incroyables. Mais nous avons beaucoup plus près de notre temps même des exemples non moins frappants. Lorsque Benjamin Franklin présenta devant la Société royale le sujet des paratonnerres, il fut regardé comme un rêveur et son mémoire ne fut pas admis dans les Transactions philosophiques. Lorsque Young apporta ses merveilleuses preuves de la théorie des ondulations lumineuses, il fut également hué comme inepte par les écrivains scientifiques vulgarisateurs de l'époque. La Revue d'Edimbourg somma le public de mettre Thomas Gray dans une camisole de force, parce qu'il soutenait la praticabilité des chemins de fer. Sir Humphry Davy pouffait à l'idée que Londres fât éclairée au gaz. Lorsque Stéphenson proposa d'employer les locomotives sur la voie ferrée de Liverpool à Manchester, des hommes instruits se mirent à * prouver qu'il

était impossible que ces machines pussent donner même 12 milles à l'heure. Une autre grande autorité scientifique déclara non moins impossible, pour les steamers de l'Océan, de jamais traverser TAtlantique. L'Académie des sciences de France bafoua le grand Arago, lorsqu'il voulut rien que discuter le sujet du télégraphe électrique (1). Des médecins ridiculisèrent le stéthoscope qdand il fut découvert. Les opérations, exécutées sans douleur durant le coma mesmérique, furent déclarées impossibles et partant impostures. Mais l'un des cas les plus frappants, parce qu'il est un des plus récents de cette opposition (ou plutôt de ce refus de croire à des faits en contradiction avec la foi courante du jour, parmi des hommes qui peuvent généralement être accusés d'aller trop loin dans Tautre sens) est celui de la doctrine de TAntiquilé de l'homme... En celle occasion les observateurs humbles et souvent inconnus avaient raison, et les hommes de science qui rejetaient leurs observations avaient tort. Les observateurs modernes de certains phénomènes, habituellement qualifiés de surnaturels ou d'incroyables, sont-ils moins dignes d'atlention que ceux plus haut cités ? »

SiR Alfred Russel Wallace.

(1) Arago rapporte, dans V Histoire de ma Jeunesse, l'anecdote suivante :

« L'Empereur... passa à un autre membre de l'Inslilut. Celui-ci n'était pas un nouveau venu : c'était un naturaliste connu par de belles et importantes découvertes, c'était M. Lamarck. Le vieillard présente im livre à Napoléon.

« — Qu'est-ce que cela ? dit celui-ci. C'est votre absurde Météorologie, c'est un ouvrage dans lequel vous faites concurrence à Mathieu Laensberg, cet annuaire qui déshonore vos vieux jours ; faites-donc de l'histoire naturelle, et je recevrai vos productions avec plaisir. Ce volume, je ne le prends que par considération pour vos cheveux blancs, — Tenez ! » Et il passe le livre à un aide de camp.

« Le pauvre M. Lamarck, qui, à la fin de chacune des paroles brusques et offensantes de l'Empereur, essayait inutilement de dire : tt C'est un ouvrage d'histoire naturelle, que je vous présente, » eut la faiblesse de fondre en larmes. »

Si jamais j'écris mes mémoires je raconterai une scène à peu près semblable qui me fut faite par un général inspecteur m'engageant à donner ma démission parce qu'il « ne pouvait tolérer qu'on s'occupât de sciences occultes dans une école militaire ».

A chaque phase de son progrès, la science a coupe court aux questions par des solutions superficielles.

Spencer.

Avant que rexpérimentation elle-même puisse être employée avec fruit, il y a un stade préliminaire à franchir, lequel dépend purement de nous-méme : c'est de dépouiller et laver sa pensée absolument de tout préjugé, et de prendre la détermination de rester debout ou de succomber devant le résultat d'un appel direct aux faits en première instance, et d'embrasser les déductions strictement logiques de leurs conséquences.

Sir John Herschell.

Une bonne expérience est plus précieuse que Tingéniosité d'un cerveau, fût-ce celui de Newton. Les faits sont plus utiles, même quand on les conteste, que les théories reçues, même quand on les soutient.

Sir Humphry Davv.

Pour ce qui est de la question du Miracle, je puis seulement dire que le mot € impossible » n'est pas, à mon sens, applicable en matière de philosophie ; que les possibilités de la Nature sont infinies. C'est là un aphorisme avec lequel j'ai coutume de harceler mes amis.

Le professeur Huxley.

Le présomptueux scepticisme, qui rejette les faits sans les examiner s'ils sont réels, est, à quelques égards, plus blâmable qu'une crédulité irraisonnée.

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