L4 RADIATION CÉRÉBRALE
Discours prononcé, le i^^ mars i892^ devant la Section d'électri* cité de V Institut Franklin , par M. Edwin Houston.
J'ai pensé qu'il ne serait pas sans intérêt pour le public d'examiner ici les recherches presque extravagantes auxquelles
je me suis livré pendant ces dernières années, mais que je n*ai pas voulu jusqu'ici publier. En suivant l'idée qui m'avait été suggérée par un ami, je me suis efforcé d'établir une certaine corrélation entre les phénomènes de la pensée et les phénomènes physiques plus matériels. ^îen que les renseignements que je puis fournir pour appuyer une hypothèse du mécanisme des opérations cérébrales soient, je l'avoue, incomplets et peut-être improbables, je me suis cependant déterminé à les exposer en public, dans la pensée qu'ils intéresseraient peutêtre le monde scientifique.
Je n'ignore pas, bien entendu, que les opérations psychiques du cerveau ont défié jusqu'ici toute explication. On est généralement convaincu que le siège de l'activité psychique est le cerveau. Toutefois la manière dont cet organe agit pour produire, pour conserver et reproduire la pensée, est inconnue et le restera probablement toujours.
En partant de celte seule considération, que l'opération cérébrale ou pensée, quel qu'en puisse être le mécanisme exact, est accompagnée de vibrations moléculaires ou atomiques de la matière grise ou de toute autre matière de cette partie du cerveau qu'on nomme la cervelle, je me permets de proposer l'hypothèse suivante, pour rendre compte de la télépathie (action à distance), du mesmérisme, de la transmission de la pensée, de l'hypnotisme et autres phénomènes connexes.
Après vous avoir demandé de m'accorder comme « postulatum » l'existence de l'éther universel qui est généralement acceptée aujourd'hui par tous les savants, et en songeant que cet éther traverse la matière, même la plus dense, aussi facilement que l'eau passe dans un tamis, il s'ensuit que les atomes ou molécules du cerveau, qui sont la cause de l'opération cérébrale, baignent complètement dans l'éther. Or, puisque l'éther est un milieu de haute élasticité et très mobile, la pensée ou opération cérébrale^ si elle est accompagnée de vibrations, doit nécessairement donner naissance, au sein de l'éther, à des mouvements ondulatoires ayant pour centre les atomes ou molécules du cerveau. En d'autres termes, l'acte de la pensée ou opération cérébrale exige une dépense d'énergie, parce qu'il suppose nécessairement la mise en mouvement de ces particules ato-
miques ou moléculaires du cerveau dont nous avons admis Texislence.
La nature ejtacle des mouvements qui, par hypothèse, accompagnent un état actif du cerveau doit nécessairement demeurer inconnu, tant que nous ignorons la nature exacte du mécanisme qui est mis en mouvement. Mais si un cerveau en activité développe de la pensée, parce que quelque chose est mis en mouvement, il s'ensuit naturellement qu'un cerveau absolument affranchi de produire (te la pensée doit être en repos en xe qui regarde ce genre de mouvement. Un affranchissement absolu de penser^ dans un cerveau sain, est très probablement un état qui existe rarement. Au contraire, le repos relatif doit être très commun.
Il semble résulter de la facilité avec laquelle cette curieuse fonction du cerveau appelée mémoire le met en état de rappeler facilement les particularités passées, que les cellules de matière grise ou autre du cerveau, qui concourent à la production de la pensée, peuvent être amenées à entrer dans certains groupements ou dans certains rapports les unes avec les autres. Grâce à la répétition continuelle de certains ordres de pensées, comme dans Tétude ou dans des observations répétées, les mouvements particuliers nécessaires pour reproduire cette pensée reçoivent probablement un pli ou une tendance à former des groupements plus ou moins permanents. Ainsi donc, lorsque le cerveau est mis en mouvement et, en quelque manière, frappé comme un instrument, ces mouvements se reproduisent et certains souvenirs se réveillent.
Comment ces mouvements peuvent-ils se produire ? La réponse certaine paraît être qu'ils se manifestent sous la double influence du dedans et du dehors. Il peut bien se faire que l'afflux du sang dans un cerveau en activité, qui, le fait est bien notoire, accompagne toute opération cérébrale active, jd'est pas seulement destiné à nourrir et à reconstituer cet organe, mais aussi à lui fournir la force purement mécanique qui n'a qu'à agir sur cet instrument si merveilleusement accordé pour éveiller les pensées dont il a déjà reçu l'empreinte, ou pour faire juger les combinaisons nouvelles qui ne lui avaient jamais été présentées auparavant.
Je soumellrai plus tard une explication sur la manière dont ces impressions sOnt peut-être excitées du dehors, .
Quelle que soit Torigine de ces vibrations ou de quelque manière qu'elles soient excitées, il faut une dépense de force pour les produire et, comme le reconnaîtra volontiers la personne qui pense, cette dépense de force entraine souvent un effort nerveux considérable.
L'énergie cérébrale ou énergie dépensée, comme nous venoits de le dire, pour produire la pensée, est dissipée lorsque l'an communique des mouvements ondulatoires à l'élher ambiant, et ces mouvements se répandent dans toutes les directions parlant du cerveau, par exemple, par les yeux.
Sans doute il n'y a pas de preuves absolues de l'existence des vibrations moléculaires ou atomiques des particules du cerveau dont j'ai admis l'existence. Cependant, ce mouvemcixt n'est pas improbable et même certains faits, connus des médecins, sont loin d'être en désaccord avec cette hypothèse. Le cerveau, pour fonctionner normalement^ doit recevoir une certaine pression due à celle du sang. Lorsque cette pressinu augmente au delà d'une certaine limite, comme, par exemple, dans les cas de fracture du crâne, où une partie de l'os esi rentrée par la fracture de luanière à produire une compn^ssion sur la matière cérébrale, toute pensée ou travail cesse sur-le-champ. Mais, lorsque cette pression est supprimée par la trépanation, non seulement le travail cérébral recommeu^-e, mais, chose assez curieuse, reprend généralement au point où le patient l'avait laissé au moment de l'accident.
Supposons donc que les radiations ou ondes cérébrales soient émises de tout cerveau doué de sentiment ou en activîié et que ces ondes passent dans l'espace qui entoure le cerveau, à peu près comme les ondes qui sont communiquées à Vm' autour d'un diapason.
Les radiations cérébrales ne sont pas aussi matériellemeiu saisissables que celles du son. Leurs longueurs d'onde sont certainement beaucoup moindres. Elles sont communiquées à l'éther universel.
Si ces ondes, que j'appellerai ondes cérébrales, se trouve m dans réther qui remplit tout l'espace, il sera intéressant de
rechercher quels phéoomènes on peut compter les voir produire.
Ed admettant que ces vibrations se produisent an sein de rélher même, il est inutile de mettre en doute aussi bien que de discuter leur nature générale. II est à présumer qu'elles rentrent dans la classe des vibrations transversales, qui se rencontrent dans Féther à l'occasion des phénomènes de chaleur, de lumière, de magnétisme et d'électricité.
Un cerveau en activité peut, en conséquence, être regardé comme disposant l'éther qui Tenloure suivant des ondes cérébrales qui rayonnent au dehors de lui en tout sens. A ce point de vue, il ressemble d'assez près à un conducteur dans lequel passe une décharge oscillatoire, en produisant ces ondes qui, comme l'a si magnifiquement démontré Hertz, ressemblent aux vibrations qui produisent la lumière.
Ainsi donc, en admettant que les radiations cérébrales tiennent de la nature des radiations thermales, lumineuses, électriques ou magnétiques, l'explication suivante de la télépathie ou transmission de la pensée n'est pas du tout improbable, pour ne rien dire de plus.
Je crois pouvoir expliquer la possibilité de la transmission de vibrations cérébrales spécifiques d'un cerveau actif à un cerveau passif ou récepteur par la simple action de ce qui est scientifiquement connu sous le nom de vibrations sympathiques.
Examinons, par exemple, le cas d'un diapason vibrant qui émet ses ondes sonores à travers l'espace et est éloigné d'un second diapason, tout d'abord au repos, mais accordé de manière à vibrer exactement à l'unisson du premier. Comme on le sait, le diapason actif ou récepteur entre peu à peu en vibration. L'énergie du diapason transmetteur se communique à travers Tespace par l'intermédiaire des pulsations ou ondes produites dans l'atmosphère ambiante, et le phénomène peut se produire malgré une distance relativement considérable des appareils.
Prenez encore le cas de vibrations sympathiques excitées par des ondes lumineuses. L'énergie solaire est rayonnée ou transmise à travers l'espace existant entre le ciel et la terre par des ondes ou oscillations de Féther lumineux. Ces ondes,
en tombant sur une feuille à la structure délicate, subissent une espèce de sélection, car certaines longueurs d*onde sout absorbées, et d'autres rejetées. Les ondes absorbées éxciteul ou produisent des vibrations sympathiques dans les Okolêcules de l'acide carbonique contenu dans la feuille et ont pour etrei de provoquer des mouvements vibratoires du carbone et de l'oxygène, mouvements dont l'amplitude ouTénergie croit jusqu'au moment où leur affinité chimique ou attraction aioinique est dépassée et où se produit la dissociation. L'oxjisene est alors expulsé de la feuille dans l'atmosphère et le carbouc est retenu dans les organes de la plante.
Voici encore le cas le plus intéressant de ce que Hertz appelle la résonnance électrique. Il est généralement reconnu aujourd'hui par les électriciens qu'un conducteur, siège d'une décharge électrique oscillatoire» lance dans l'espace qui l'entoure des ondes ou oscillations électriques animées de k même vitesse que la lumière, de même nature qu'elltj. Si ces ondes électriques rencontrent un circuit accordé, par ï;ippori à leur période d'oscillation, de manière à être capable de vibrer synchroniquement avec elles, elles y donnent uaissance à des oscillations électriques ayant exactement la même nature que celles du circuit excitateur.
£n raison de ces faits, il ne me parait pas improbablt' qu'un cerveau, absorbé par une pensée intense, puisse agir comme un centre dé radiations cérébrales, ni que les radiaiious projetées en tous sens de ce cerveau puissent en inilui^nrer d'autres sur lesquels elles tombent, pourvu, bien eDioiulUjqiie ces derniers soient accordés de manière à vibrer à l'unisson. Dans les cas de ce genre, l'absorption d'énergie pai le Ci^rveati récepteur peut être soit une absorption sélective par suite de laquelle la marche ordinaire des pensées est simplement modifiée, soit une absorption complète et, dans ce cas, le cerveau excitateur détermine, dans le cerveau récepteur, la leproduction exacte de ses propres pensées.
Une telle hypothèse est loin d'être improbable. Au cuiiUairc, elle parait appuyée par une variété de £aits curieux auxquels il n'a manqué qu'une hypothèse générale pour établir entre eux une corrélation.
m l'extériorisation de la sensibilité
Si cette hypothèse est vraie, il en résulte que ces vibrations ou radiations cérébrales doivent franchir l'espace exactement avec la même vitesse que la lumière, à la seule condition que les vibrations cérébrales soient du même ordre. Il est bien entendu que cette égalité des vitesses de propagation n'est vraie que pour Téther libre. Dans Féther qui remplit les espaces intermoléculaires de matière brute, ou, suivant sa dénomination technique, Féther combiné, la vitesse de propagation des ondes varie suivant le caractère particulier de la matière avec laquelle il est associé. Un ralentissement ou une diminution de vitesse des ondes cérébrales se produirait incontestablement pendant leur passage dans les substances qui composent le crâne et la tête.
Si la pensée se déplace dans Féther suivant un mouvement ondulatoire semblable à celui de la lumière, elle est en état de circuler dans toutes les directions que peuvent suivre dans Féther les rayons lumineux.
Une expérience bien connue en hypnotisme semblerait assez favorable à Fhypothèse de la radiation cérébrale : c'est celle où, après que le patient a été établi dans un état de demiinconscience ou d'inconscience complète, son cerveau est amené à un état d'activité plus ou moins prononcé par les suggestions de la personne qui hypnotise (1).
Il serait intéressant, à propos de suggestions de ce genre, de constater si un hypnotiseur, placé dans une position telle que la lumière tombant sur ses yeux aille frapper ensuite les yeux du patient, peut observer si, oui ou non, les actes de suggestion seront plus aisément perçus par le cerveau de Fhypnotisé avec ou sans Fintervention des rayons lumineux.
Si les spéculations qui précèdent sont jugées étranges, et j'ai déjà reconnu qu'elles le sont, que ne pourra-t-on pas dire de ce qui va suivre ?
Si les radiations cérébrales tiennent de la nature des ondes de Féther, on peut, en conséquence, présumer qu'il existe
(1) Cette phrase est obscure ; il semble que Fauteur fait allusion aux théories du D' Oehorowtc% sur la suggestion mentale, qui n'aurait lieu que quand le nujet réotpteurest en état d'aidéie^ c'est-à*dire ' sans idées propres.
pour elles des phénomènes correspondants à ceux de la radiation thermale, lumineuse, électrique ou magnétique. Et même il semblera possible que les phénomènes de réflexion, de réfraction et peut-être même de dispersion de ces ondes s'y produisent (i). Ace point de vue^ il est intéressant d'imaginer la décomposition d'une onde complète de la pensée en ses ondes élémentaires d'une manière correspondante à la dëcom* position d'un faisceau de lumière dans un prisme.
Si les radiations ou ondes de la pensée tiennent de la nature de la lumière, on peut entrevoir, dans les horizons éloi^ués de la science, la possibilité d'obtenir, par exemple au moyen d'une lentille, leur image photographique sur une plaque convenablement sensibilisée, à peu près suivant la méthode de la reproduction photographique ordinaire. Cet enregistrement de la pensée, convenablement employé, serait peut-être en état d'éveiller, à une époque postérieure, dans le cerveau d'une
(1) Dans le Cosmos du 27 août 1892, M. L. Reverchon signale le fait de V extériorisation de la mémoire ; après avoir rappelé mes observations sur rextériorisatioQ de la sensibilité, il sgoute :
« C'est vraiment extraordinaire ; pourtant, nous assistons tou^ les jours à des choses qui le sont presque autant et qui, cependaot, oe nous étonnent point, habitués que nous sommes à n*y point prêter attention. En voici une que nombre de personnes pourront véritier, et qui doit être très commune.
« J'ai souvent l'occasion de passer d'un étage à un autre pour y trouver un renseignement me faisant défaut, et il m'est arrivé maintes fois d'oublier, à destination, le motif de mon déplacement. Or, généralement; je n'ai qu'à faire, en sens inverse, une partie du chemin que je viens de parcourir, pour me remémorer ce que je cherchais.
« Étant donné que : !<> les objets auprès desquels je passe me sont absolument et au même degré familiers; 2o qu'il ne m'est [»oinl nécessaire de revenir jusqu'à mon point de départ où des traces précises me remettraient sur la voie ; 3° et que je suis obligé de faire tantôt plus, tantôt moins de chemin pour arriver au même résultat, je crois pouvoir logiquement conclure qu'il y a véritablement e:^tériorisation de la mémoire en tel ou tel point de respace, et que le pas* sage au point d'extériorisation, quel qu'il soit, peut amener la reintégration de la mémoire extériorisée.
« La distraction produit ainsi l'extériorisation comme la produirait Je sommeil hypnotique, et on peut sans difficulté concevoir qu^une volonté énergique, multipliant la puissance du phénomène^ soit capable d'en opérer le transfert dans un autre lieu. ^
personne qui se soumettrait à son influeDcé, des pensées identiques à celles qui auraient été photographiées (1).
Je ne me dissimule pas combien il est peu probable qu'un enregistrement de ce genre puisse être obtenu dans un avenir prochain, ni les difficultés excessives qui semblent s'opposer à ce qu*il soit même jamais atteint.
Tant que nous ne connaîtrons rien de plus précis sur la nature de ces vibrations cérébrales admises par hypothèse et sur leurs longueurs, nous serons forcément et sérieusement embarrassés quant à la meilleure méthode à employer pour les fixer d'une manière permanente. Je soumets simplemen cette idée comme un exemple de ce que la science tient en réserve pour ceux qui viendront après nous. Je me permets de faire remarquer, à ce propos, qu'il aurait probablement été regardé comme tout aussi impossible, il y a cent ans, detransmettre par le téléphone ou de reproduire par le phonographe le langage articulé.
Cet enregistrement de la pensée, s*il pouvait être obtenu, ne serait pas une image de la pensée elle-même, ni des groupements particuliers des particules dont les mouvements alternatifs accompagnent ou produisent la pensée, pas plus que le tracé de l'enregistreur phonographique ne forme l'image
(1) Doit-on voir une première réalisation de cette hypothèse dans le fait suivant, qui a été publié il y a quelques années par le D^ Pinel (7, rue du Godet de Mauroi) et que je n'ai pas eu roccasion de vérifier par moi-même ?
« Un phénomèn e hypnotique indéniable, car nous Favons pratiqué nous-méme, c'est la photographie à l'aide de l'ophtalmoscope électrique muni d'une plaque sensible, de l'image suggestionnée à un sujet hypnotisé. L'effet est naturellement instantané, ainsi que le phénomène photographique au gélatino-bromure .
« A l'instant même où se donne la suggestion, le sujet entrevoit rimage parfaitement dessinée de Pobjet qu'on lui désigne : cheval, serpent, oiseau, etc. Or les cellules cérébrales, frappées par le mot prononcé, renvoient l'image ou le dessin de l'objet ou dé l'animal sur la rétine. Cette image se réfléchit sur la partie postérieure du cristallin, dans la chambre de l'oeil, et. par action virtuelle, s'agrandit en s'extériorisant comme dans une loupe vulgaire. Ce phénomène se produit dans toutes les hallucinations régressives; chez certains malades ; ce sont des aberrations de la vue, comme il existe aussi des aberrations de l'ouïe, de l'odorat et aussi de tous les sens. »
des mois prononcés. Il représenterait purement et simiilemerii les mouvements ondulatoires de Télher mis en mouvemcDi pur les opérations cérébrales.
L'œil qui regarderait une image de ce genre n'en k covraîi aucune impressionna matière cérébrale seule pourt ait ù ire influencée et se mettre à l'unisson de l'excitation reçue.
Je me suis souvent amusé à dessiner ce que pouri^it riie une machine capable d'enregistrer les pensées d'un cervi au in activité sur une pellicule sensibilisée, mise au foyer d*uiii* Ibirt' lentille devant une personne absorbée dans une rcni^xi(>ti profonde.
Si l'on faisait ensuite tourner cette pellicule, coin mu le cylindre d'un phonographe,- à la même vitesse que wUe i\ laquelle elle a été impressionnée, et dans des condiiitms (ki lumière identiques, à celle de la pose, les vibrations aiiiï^i re|»i u > duites exciteraient, sur un cerveau passif, des pensé(i!? identiques à celles du sujet choisi pour l'expérience.
Je n'ai pas besoin de dire qu'une machine de vah ^^tiiie n'a jamais été construite et qu'elle est encore dans le ditmaliR' de l'irréalisé, aussi bien, du reste, qtie les spéculations <[ue j'ai eu l'honneur de vous présenter. Bien plus, il y u taiil de probabililés contre son établissement que j'ai hésité à hi ineiitionner.
Quelques expériences pourraient être faites à titrti <1 t.s^std d'une manière analogue dans le domaine de la trarisiid^isiou de la pensée en plaçant de grandes lenlilles devant l-s ;etix d'un hypnotiseur à une dislance convenable pour tVu*' < <>fi' verger les radiations cérébrales sur les yeux du sujet h\p ii oiisô. Ces expériences pourraient être essayées soit avec, soil sans ' le concours des rayons lumineux.
. Une des plus sérieuses objections à mon hypoihr^i* à radiations cérébrales est la rareté même des phénonn lu'?* dr télépathie et de transmission de la pensée. Je me peiinL'iinu de faire remarquer que cette rareté relative s'expliqur \muiêtre par la présence, dans le corps humain, d'une sorU' ifVcï^iii qui protège le cerveau ou les centres nerveux contre lo ^'tkl^
des radialiims cérébrales. Il n'est pas impossible que les enve» loppes des nerfs servent d'écrans qui empêchent le cerVeau de recevoir des radiations cérébrales.
M. le professeur Tyndall, dans son ouvrage sur le sou, rappelle ce fait bien connu, que, dans le cas de vibration sympathique de deux diapasons, Ténergie du diapason transmetteur se dépense plus vite que lorsqu'elle ne provoque pas la vibration du diapason récepteur.
Un phénomène analogue pourrait être observé dans le cas de la transmission de la pensée.
J'ai souvent éprouvé, en qualité de professeur, un sentiment d'épuisement considérable, lorsque je faisais passer des examens à mes élèves.
La cause de cette fatigue était peut-être une dissipation rapide de l'énergie due à l'absorption de mes radiations cérébrales par les cerveaux des candidats. Des médecins m'ont dit qu'ils éprouvaient une grande lassitude dans le traitement de certaines maladies où leur attention était plus particulièrement tenue en éveil.
S'il y a quelque chose de vrai dans l'hypothèse que je viens d'esquisser en peu de mois, il y aurait aussi ce que j'appellerai une sorte de radiation vitale qui se produit et se répand hors du corps d'une personne bien portante et qui peut provoquer par sympathie, dans le corps de personnes plus faibles ou malades, des vibrations d'un type normal ou plus sain.
S'il en est ainsi, l'antique croyance à l'efficacité de l'imposition de mains ou aux guérisons par le magnétisme, se trouverait quelque peu confirmée en dehors de la cause qui explique la plupart de ces faits, je veux dire l'hystérie.
J'ai émis l'hypothèse précédente des radiations cérébrales avec beaucoup de doute et d'hésitation et simplement comme une invitation pour ceux qui travaillent dans le domaine de la télépathie ou de la transmission de la pensée. J'espère ainsi attirer leur attention sur quelques-uns des phénomènes dont l'explication échappe jusqu'ici à la science.
NOTES âl7