‹ L'Extériorisation de la sensibilité: étude expérimentale & historiqueChapitre 12 sur 21 · LA GUÉRISON MAG^ÉTIQ1]E DES PLAIES · texte numérisé non relu

LA GUÉRISON MAG^ÉTIQ1]E DES PLAIES

l'opiDion que Bai'tholin a suivie et qu'il explique très clairement par la philosophie des corpuscules.

Voici à peu près comme en parle le Journal des Savants.

La transplantation des maladies, c'est quand une personne est guérie d'un mai en le communiquant à quelque hèle, ou & an arbre, ou bien à une plante. C'est ainsi que BarUiolin dit qu'une personne attaquée d'une fièvre quarte fut guérie en se mettant du pain chaud sous l'aisselle et le donnant, tout imbu de cette sueur, à manger i un cliien ; et qu'une autre fut guérie de la' jaunisse eu faisant un g&leau pétri avec de l'urine et de la farine, et le donnanl à manger h un chat.

Robert Fludd (1) raconte comment, par le moyen de la transplantation, un nommé Joanaes IluméliuB Pharamandus guérissait immanquablement de la goutte. Ce docteur en médecine, dit Robert Fludd, prenait des ongles des pieds et du poil des jambes des goutteuse et les mettait en un trou qu'il perçait dans le tronc d'un chêne jusqu'à la moelle ; et, ayant bouché ce trou avec une cheville faite du même hois, il couvrait le dessus avec du fumier de vache. Si la maladie ne revenait pas dans l'espace

(1) Xéà Milgat, daus le comté de Kent, en 1575. mort en 1C37, R. Fludd tut UD des savants les phis singuliers de son temps. Tout en se montrant partisan ontré des doctrines de la Kabbale, dont il avait Bondé les mystères, il aimait les sciences c:xactes et faisait preuve d'un rare esprit d'observation. Sul n'avait des conn^ssances plus variées : il était h la fois philosophe, médecin, anatemisie, chimiste, mathématicien et physicien. 11 avait construit des machines qui faisaient l'admiration de ses comlemproains. Il était renommé dans toute l'Europe comme astrologue, nécromancien et chiromancien.

Ceux qui clierchent îi allier les sciences occultes avec les sciences positives doivent prendre pour modËle Robert Flndd. Ses écrits, qui ne sont pas très communs, semblent avoir été conv'us sur le plan de cette alliance.

Si Robert Flndd n'avait été qu'un philosophe mystique, planant dans les régions abstraites de la pensée, nous l'aurions passé sous silence; mais ce lut en m me temps un investigateur sagace qui, 6. l'aide de lexpérence est ariivéàétabUr des principes propres à exercer une grande influence sur la marche des sciences physiques.

La méthode expérimentale employée par l'auteur nous rap|ielte, par sa rigueur mathémat q te les principes de la philosophie naturelle de >ewton

il MD lIoBFEB H 3tot S ût la chimie, t. Il, p. 177.)

iSO LEXTâRrOHISATIO?! DE h\ SEHSEBII.ITÉ

(le trois mois, il coDcliialt que le châne avait assez de force pour attirer à lui tout le mal (Philosopha Voiaica, lib. i )

Ce savant Anglais prétend qae cette transplantation se fait très naturellement par l'effusion de la Mommie on des esprits qui résident dans le sang, et qu'on peut faire passer dans nn animal, dans un arbre ou dans une plante (1) : Micmia spirttiialia cujus sedes est in sanguine mierocosmico ex corpore humano, medifmte quadim suhstentla magnetica ex eodem subjecto eiecta exteahi pote$t atque in bestiam, arborem, vel plaïUam transplantari ; iCa uf hac etiam ratione morbus segroti possit ab eo in dictas creaturas Iransferri.

Il prouve cette effusion d'esprits par l'expérience de plusieurs chiens qui, ayant perdu leur maître, le démêlaient dans une grande foire, le suivaient partout où il avait passé, quoiqu'il fût à cheval, et enfin le trouvaient, guidés par le sentiment de la mommie spéciFique qui transpirait sans cesse du corps du maître et qui laissait des traces de sa personne dans t'air, longtemps même après qu'il n'y était plus.

Cela étant supposé comme constant, il ne s'agit plus, pour la transplantation des maladies, que de trouver une matière à laquelle la mommie de la partie malade se puisse attacher facilement, afin que celte matière lui serve comme de véhicule pour la transporter dans un animal, dans un arbre ou dans une ^ante, ou pour la faire adopter, comme parle Paracelse, aux animaux on anx végétaux.

Ainsi selon Robert FIndd, pour la phtisie ou pulmonîe, il faut a{}pliquer, sur la région du cœur, de la graine de lin ou de genièvre : pour l'hydropiaie, il faut mettre de la pimprenello ou (te l'absinthe sur le ventre àa malade ; pour les ruptures ou contusions, on prend le plantain ou le millepertuis ; sur les tumeurs ou les plaies, on applique de la persiscaire ou de la pe-

(1) Andréas Twin IMedioina diastatica. cli. vii) dit. que la sensibilité d'une personne peut être transFérée & une plante en enlerrant suas la plante une miunie, c'est-à-dire un objet saturé de catl* wnnbllité, comme par exemple un morceau de chair. . Il faut surtout bien luire iiltention & ne pas endommn)çer le buisson ou la plante ([«i a #té saturé aussi d'une partie du membre par la mumie, il (aut «u conli'aire le soigner et tAcher d'avant^r la crcrfssance. »

LA GU^SOn MAGKÉTIQUB DES PLAIBS ISl

Ule OU grande cousoude ; dans les maux de dents, des yeux, on a recours h la persieaire tachée.

Ou applique aussi sur le mal, avec la graine ou la plante, un peu de terre préparée, que l'on mêle avec d'autres terres dans laquelle on met ensuite la graine ou la plante. On laisse croître ces plantes jusqu'à ce qu'elles aient attiré à elles les mommies. Après quoi on les brûle avec la terre si la maladie est humide ; ou bien on les met sécher, si la maladie n'excède ni en chaleur ni en humidité ; et à mesure que la plante meurt et se sèche, le malade recouvre la santé. Si la maladie vient de la chaleur comme dans les pulmoniques, on jette la plante et la terre dans une eau couraute.

Enfin, si l'on fait manger la plante imprégnée des corpnsculei morhifiques & quelque animal plus robuste que le malade, la héte prendra le mal et le malade en sera délivré.

Voilà l'opération de la transplantation des maladies, telle que Robert Fludd l'enseigne et comme elle a été pratiquée par lui et ses amis.

11 fant observer que cette mommie se tire non seulement par la transpiration insensible, mais encore par la sueur, par Ice urines, par le sang, par les cheveux on en recueillant ce qui tombe de la peau quand on la gratte un peu fort. (1)

Ainù, un homme de qualite en Angleterre guérissait de la jaunisse un malade fort éloigné pourvu qu'il eût de son urine. Ce qu'il faisait de la sorte : il mêlait cette urine avec des cendres de bois de frêne et il en formmt 3 ou 7 on 9 petites boules, et ayant fait au haut de chaque boule un trou, il y mettait une feuille de safran et le remplissait de la même urine. Ensuite il rangeait les boules h l'écart dans un lieu oîi personne ne touchait et dès lors le mal commençait à diminuer. Robert Fludd assure que plus de cent personnes de toute condition ont été fériés par ce seigneur anglais.

g dea ongles et les cheveux wapéa du flamiae de Jupiter devaient être enfouis sous un arbre heureux. (Adlo-Giuj, X. 15). Rapprocher cette coulome de celle des Perses, qui enfouissaient toujours les rognures d'ongles et les cheveux coupés.

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Ainsi Balthazar Wagner assui'e qu'il a aouveut guéri la rougeur et l'inllamniaiion des yeux en appliquant sur la nuque du rou de la racine de mauve cueillie quand le soleil est vers le quinzième signe de Virgo.

Si on prend desongles des pieds etdcs mains d'un hydropique, si on les attache sur le dos d'une écrevisse et qu'on la jette à la rivière, le malade se trouve liien guéri.

Si on frotte fortement, jusqu'au sang, des verrues avec un morceau de chair de b^cuf, et si on enterre cette chair, à mesure qu'elle pourrit, les verrues se sèchent et disparaissent.

Ainsi, un homme de qualité guérissait de la goutte en appliquant sur le lieu de la douleur un morceau de chair de bœuf humectée d'un peu de vin ; l'ayant relevée six heures après, il la trouvait pourrie et la faisait manger h un chien dans lequel la maladie passait après plusieurs opérations semblables. On peut guérir l'épilepsie de la même manière.

Passaroll's dit que si on fait toucher aux hémorroïdes un oignon de tubéreuse sèche ; que s'il corrompt, il arrivera la même chose au.v hémorroïdes. C'est pourquoi il recommande fort qu'on mette l'oignon sécher à la cheminée. {Pasdcul. arcanor., i, p. 210.)

Je n'ai jamais eu de bonnes raisons pour combattre cette transplantalion des maladies. Il y a déjà plus de la moitié de la question décidée par la certilude et la triste exj'érience que l'on a qu'il y a des maladies, comme la peste, qui se communiquent avec une terrihle facilité. Il ne resterait qu'à savoir présenlemcnt si la personne qui communique la maladie la perd ; je voudrais dbtinguer cela et traiter la chose avec méthode.

Je dirais qu'une maladie serait fortement enracinée dans le sang, dans les humeurs et dans la moelle des os, ne pourrait pas se traniiplantci' en sorte que le malade en Ifit quitte. Un goutteux, par c-vemple, qui tient son mal de celui-mémc dont il a reçu la vie, en a pour son compte et je douterais fort que la transplantation put le tirer d'affaire. Il en faut dire autant d'une pierre qui est dans les reins, ou d'une veine rompue dans le corps, d'un œil perdu.

Il n'en est pas de même d'une maladie qui n'a pas éveillé ni jeté de profondes racines, et je croirais bien que la transplan-

LA GtlÉltlSON HAGnÉTIQCB DES FLAIRS 153

tatioa s'en pourrait faire iiaturellcment, pourvu qTie les sujets soient présents et dans l'atmosphère des corpuscules qui transpirent du malade.

Plusieurs médecins se sont soulevés contre cette guérison magnétique, et ils ont prétendu qu'elle ét^t superstitieuse. Bartholin, que Frommonn appelle lAstre éclatant du Danemark, prouve au contraire qu'elle ne renferme aucune superstition, puisque l'on ne s'y serl que des choses naturelles et que tout se tait sans paroles, sans caractères et sans aucune cérémonie. 11 ajoute qu'il y en a des exemples dans l'Ecriture sainte ; que Moy se. pratiquait quelque chose de semblable (1), et même le

(I) On lit dans Cabanis {Rapport du physiqtte et du moral de l'homme, t. II p. 540); • Nous voyons dans le troisièmo livre des Sot«, que David coucttaitaveRde jolies filles pour se récliauf 1er et se donner un peu de forces. Au rapport de Gallien {Jifeikodus medendi, lib. III, cap. jui], les médecins grecsavaient depuis longtemps reconnu dans le traitement de diltérenles consomption l'avantage de faire téler une nourrice jeune et saine ; et l'expérience leur avait appris que l'effet n'est pas le mfme lorsqu'on se borne h faire prendre le lait au malade après l'avoir re^u dans un vase. Cappivaeeius conserva l'héritier d'une grande maison d'Italie en le faisant coucher entre deux filles jeunes et fortes. Forestua rai)portc qu'un jeune Polonais fut retiré du même état en passant les jours et les nuits auprès d'une nourrice de vingt ans, et l'effet du remède fut si prompt, que bientôt on eut à craindre de voir le convalescent perdre de nouveau ses forces avec la personne qui les lui avait rendues...»

Il n'y a pas de bonnes femmes, dit le T)' Pigedre (Puissance de Vélectrieiié animale, p. 231) qui ne sache qu'il n'est pas sain pour un enfant de le faire coucher avec une personne ftgée, qnioque celleci Jouisse d'une santé parfaite... Il existait autrefois, dans les montagnes de l'Auvergne, un usage qu'il est bon de mentionner. Lorsqu'un voyageur, faillie, maladif ou transi de froid arrivait dans une hôtellerie, on lui demandait a'il voulait un lit citauffè ou bi-aisé ; le voyageur répondait naturellement : • Je désire un lit bien cliaud. ■ Au moment do se coucher, il était très surpris de voir sortir de son lit un garçon joufflu, bien portant et bien colora, enveloppé de la tête aux pieds d'un sarrau do loile bien propre. Le lendemain, noire voyageur s'empressait de s'informer ai c'était l'usage de donner un lit oii un autre s'était couché. — Monsieur, voua avez demandé que votre lit Iftt chaud, on vous l'a chauffé : si vous l'aviez voulu braisé, on l'aurait baasiné avec de la braise. — Quelle différence y a-t-il entre ces deux méthodes ï — Oh I Monsieur, c'est bien différent : le

fils de Diea, quand iHit passer le démon du coi^s d'un possédé <laus les pourceaux (Cent. 3 ; hisior. 96). Et fk l'occasion du petit livre de Hermanuus Grube, contre la transplantation des maladies, Bartholin a composé une lettre où il établit par des expériences tant sacrées que profanes, que cette transplantation est une cbose véritable et naturelle. Les rtûsoua sur quoi il compte le plus sont Urées de la transpiration insensible et des écoulements de la matière subtile qui sort par les pores du corps de rbonune...

Puisqu'on peut prendre une maladie par les pores, pourquoi ne paurrmt~€n pas s'en délivrer par la même voie ? (1)

Ainsi Fromman assure qu'un écolier qui avait une fièvre maligne la donna à un chien qu'il mettait coucher dans son lit, que l'écolier en échappa et que le chien en mourut. (De fascinât. raaffîc, p. 1014, § 34.)

Tboœas Bartholin raconte conuneBt son oncle, qui avait une colique tort violente, en tut guéri j>ar on chien qu'on lui appliqua sur le ventru, dans lequel elle passa. Il dit que sa servante, s'étant mis sur la joue le même chien, elle fut soulagée d'une douleor de dents tris aiguS et que, quand le chien tut échappé, il tit très bien voir par ses mouvements et ses cris que le mal C'tait passé & lui.

Hoffmannus dit qu'un homme qui était tourmenté de la goutte en tut délivré par ub chien qui la prit, paFce qu'il (xnicbaiL dana son lit, et que, de temps en temps, ce pauvre animal avait la goutte, comme son maitre l'avait auparavant {loc. cit., p. 367).

Borellus dit, sur cela, que c'est le véritable moyen pour connaître les maladies qui sont cachées dans le ccfps humain. Car, Jit-il, si on met coucher an petit chien durant quinze jours avee un malade, si on le nourrit des restes de ce que le malade mange, et s'il lèche ses crachats, il est certain qu'il prendra le mal de celle personne. Il n'y a ajw^s cela qu'à ouvrir le chien, et o« découvre, dans la partie qui a contracté la maladie, celle ifai malade qu'il faut soulager. U ordonne même de mettre de petits

Ut chauffé par une personne jenne, saine et vigoureuse restaure e lortiiie bien davadtage.

(Ij Voir les notes K el H.

LÀ GURRISON UAGHÉTiQUE DES PLAIES 15S

ehiens dans le lit d'un goutteax pour qu'ils attirent au moins one parUe itu mal, en sorte qu'on les voit devenir en peu de temps dans un élat où ils ne peuvent qu'à peine se soutenir

^BoRBtLus, Cent. 3, observât- 28).

n serait trop long de reproduire ici la théorie dn savant abbé sur le phénomène de la trait splao talion ; elle n'est ni plus ni moins hasardée que celle que nous en pourrtona donner nous-méiue ; mais il n'est pas sans intérêt, ce me semble, de montrer, par l'énoncé des prinmpes philosophi'ques sur lesquels elle s'appuie, que les hommes de bon sens raisonnaient, il y a deux siècles, comme aujourd'hui et qu'ils avaient à combattre les mêmes objections, les mêmes préjugés. Il nelaut donc pas rejeter leur témoignage à la légère comme le font beaucoup de gens pour lesquels l'esprit scientîFiqne n'a pris naissance qu'au moment précis oii ils ont apparu sur la acène du monde.

a) Le pouvoir de la Salrire.

Nous ne devons pas mesurer l'étendue da pouvoir de la nature par les bornes étroites de notre intelligence. Ce serait, sang doute, due mauvaise conséquence de dire : a Je ne conçois pas comment cela se peut faire ; donc, cela n'est pas naturel, donc il y a de la diablerie. » It y a même beaucoup & dire & ce raisonnement, puisqu'on y suppose, comme principe, que l'on comprend tout ce qui est naturel ; en quoi certainement on se trompe fort; car il y a, dit Pline, beaucoup de choses cachées tlans le sein de la Nature, qu'il ne nous est pas possible de pénétrer. Hatura vero reruni vis alque majestas m omnibus momett' tu fide earet... {Hist. nat., Mb. VIÏ, cap. I.)

Quoique, entre plusieurs de ces effets merveilleux qui sont rapportés pac les physiciens, il y en ait ^lelqiies-uns de labu-

ISC L E\TbR[ORISATI0^ DE LA SENSIBILITÉ

leux et qiii ne se soutiennent que par la sotte crédulilé des esprits simples, lesquels nevamment jamais rien, on ne laissera pas de demeurer d accord qu'il y a un très grand nombre d'effets purement naturels que ceux qui ont le plus étudié la nature n'ont jamais pu expliquer et qu'on serait pourtant ridicule d'attrihuer au démon

C'est donc une injustice d'attribuer à la magie des effets dont on ne comprend pas te mécanisme (1). Accusons la faiblesse de notre esprit plutôt que- de nous en prendre à la Nature I Croyons-nous qu'elle n'agisse jamais qu'à découvert et sensiblement? Faudrat-il qu'elle employé toujours des agents visibles et palpables pour que nous lui conservions l'honneur d'nn prodige j' Dès qu'elle se dérobera à nos sens, faut-il qu'elle soit exposée à la censure de notre esprit? Tout ce qui ne se fera point sons nos yeux sera-l-il toujours tait par le diable? N'y at-il que le démon qui soit un agent invisible? N'y a-l^it point aussi de petits corpuscules qui peuvent se porter invisiblement de l'agent sur le patient et joindre, par un contact physique, deux corps qui paraissent désunis aux yeux et éloignés l'un de l'autre? Combien les machinistes font-ils de choses par leur art, qui nous paraissent des enchantements et que nous ne comprenons point î Combien, ii plus forte raison, la nature lera-t-elle des choses qui nous surpassent infiniment davantage, puisqu'elle est, comme dît si bien Galien, le plus habile ouvrier qui soit dans le monde !

La nature, selon Barlholin (De natur. mirabilib., p. 72), est un abime qu'il ne faut pas sonder seulement par le ministère des sens ; ce sont des juges subalternes dont la juridiction est trop bornée pour juger de l'étendue de son pouvoir. Quand nous donnons l'esprit pour guide à nos sens, combien nous arrive-til encore souvent de demeurer court sur quantités d'effets qui se présentent tous les jours f Et, après beaucoup de travail et d'application d'esprit, il faut bien quelquefois nous contenter d'ex-

il) Van Helmont (Deeurâ magnettca ituinerum, num. 36) déplorait déjà le uiaJ que la croyance à la magie fait aux sciences et en particulier b la physique ; Quad dolendum sttmmopere atque admiranditm magis arus mtcanicas proficere guo'idie, solum vero naturalntm atvdiutn eenawris iniquii terreri el retroire.

LA GUËtlISOn MAGNËTIQUE DES PLAIES 157

pliquer par analogie plusieurs eflets que nous ne sanrioas développer précisément par eux-mêmes. Le grand Sculiger n'avait pas fort quand il se récriait, je crois que c'est contre Cardan : « Toy, qui fais le savant, dïs-moy bien clairement ce que c'est qu'nne de ceg pierres dont tu trouves tant sous les pas ? » Die ntiki fonnam lapidis, qui tamen quotidie tuis obsenatur oculis et PMIiida sotm habelo... (chap. ivi).

Ils ne peuvent pas croire qu'il ne se puisse faire quelque chose dans la Nature au dclii de leur connoissance. Tout ce qu'ils ne comprennent pas ne peut èlre naturel.

C'est de là que le monde s'est rempli de tant de fables grossières et ridicules touchant les sorciers. Ceux qui savoient im peu de grec et d'hébreu, il y a quelques centaines d'années, passoient pour des Magiciens. Il est arrivé plusieurs fois à des ignorants de prendre des figures de maihématique ponrdes caraclères magiques. Jean Schiphower de l'ordre des Hermites de Sainte Augustin du couvent d'Osenbmg, dans le comté d'Edimbourg, parlant de l'imprimerie, vers 1440, dit que dans ces premiers commencements, les superstitieux et les ignorans la fai soient passer pour un art où il pouvoit y avoir la magie la plus criminelle. Il n'y a point de bateleurs dont les subtilités ne passent pour des sorcelleries auprès de beaucoup de monde. C'est encore par le m?me esprit que nous voyons aujourd'hui accuser de magie les opérations de la baguette parce que la cause n'en ■est pas connue. [Préface.)

b) Le mécanisme de la nature.

Il faut d'abord remarquer que par le Mécanisme de la nature, on ne veut point signifier un Ôtre, qui, sans être Dieu, agiroit par tout le monde, comme les philosophes payens l'ont entendu ; car ils s'imaginoicnt que la Xaturc était une àme universelle qui animoit et mettoit en mouvement toutes les choses corporelles. Mais, par le Mécanisme de la uature nous entendrons toujours les lois générales du mouvement que le Créateur a êiaiil'cs et selon lesquelles il gouverne l'Univers.

Il faut encore remarquer que, comme il est constant qu'il n'y

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a poiat d'effet sans canse puisque rien ne peut se produire de soi-même, il est pareillement éertain que nulle cause ne peut agir sur aneun sujet, si ce neat en le touchant, suivant ce principe naturel aaquel ilnefeut jamais donner d'atteinte, que: BIEN n'agit sur ce QUI EST DISTANT ; NihU agit in rem distantem.

Cela supposé, je dis que la Nature agissant toujours par les voies les plus simples et ne faisant jamak rien en vain, elteine prend pas, quand elle opère des merveilles, une autre conduite que celle qu'elle tient lorsqu'elle se joue, pour ainsi dire, dans des ouvrage communs et dont les ressorte sont tout à dâwuvert. Ce principe est de la dernière importance ; et faut« d'y avoir eu égard dans l'e^cpUcation des phénomènes de la Nature, les philosophes de l'école et le petit peuple se sont jetés dans des extrémités contraires qui ont également retardé le progrès que les hommes pouvoient faire dans l'étude des choses naturelles.

Le petit peuple, accoutumé à ne pas s'élever au-dessus des choses sensihles et ne pouvant s'imaginer que la nature employât des agents qui ne fussent pae visibles et palpables, a at^ tribaé aux sorciers et aux démons tous les effets dont U ne pouvoit pas développer le mécanisme.

Les Philosophes de l'école, au contraire, ne voulant pas ramper avec les jjeuples dams les choses grossières et sensibles, ont pris une route tout opposée. Quand il a été question d'expliquer les phénomènes surprenans de la Nature, ils ont appelé k leur secours les qualités rieltcs, les fojtnes mlistantietles et les termes pompeux desj/mpafAie, d'antipathie, et de va'lm oecuttes, sous lesquels ou. leur reprochera toujours d'avoir voulu cacher leur ignorance.

Pour nous, notre dessein est de marcher entre ces deux extrémités. (Chap. in).

e) La divinihititê de la matière.

II ne faut qu'un peu d'attention pour comprendre quelque chose de l'extrême petitesse des corpuscules insensibles et pour s'assurer qu'il y en a qui surpassent de beaucoup les autres ca ténuité.

LA GUÉHISOn MAGKËTIQIIE DBS PLAIES 1S9

1. — Il est certain que les corpuscules qui sont sur Ir piste d'un lièvre qu'un chien chasse et par lesquels il est dirigiS, souL plus subtils que les otomes qui se transpirent du musc et de l'ambre gris, puisque les corpuscules du lièvre échappe à notre odorat, auquel les particales odorifémntes sont très sensibles.

2. ~ Il est certaîa que les corpuscules de l'&ir doivent èltv plus subtils que la matière qui est transpirée du lièvre, puisse cette matière est sensible à l'odorat du chien et que l'air n'est de la juridiction d'ancun de nos sens.

3. — H est certsin que les rayons flu »hîl «mit plus snMîls que l'air et que l'eau, puisque les corpuscules de lumière passent au travers des vitres, ce que les particules de l'air et de l'eau ne peuvent pas faire.

4. — Il est certain que les corpuscules magnétiques qui s'écoulent de l'aimant sont plus subtils que les rayons du soleil ; car la matière magnétique fait mouvoir nne aiguille de ba>asBe1e au travers du bots, de l'ivoire et des métaux les ^us durs qui sont des choses impénétrables aux atomes Inmineux.

'^. — Peut-être y a-t-il encore des corpuscules infiniment plus subtils que ceux de l'aimant. En effet, rien n'empèclie que nous ne jugions que ces pelila animaux, qui ne sont visibles que par le microscope, ont un sang composé de particules encore plus minces que tout ce que nous venons de considérer. Ces petits anîmauK, que l'tjeil n'avait jamais vus avant l'invention du microscope, ont sans doute des organes et des conduits pour prendre et pour diriger les aliments ; ils ont des œufs pour la propagation de leur espèce ; il y a dans ces œufs d'autres animaux encore plus petits qui s'y nourrissent (1). (Chap. x.)

Il) M Metiger (Essai siif le spiritisme scientifique, j>. 52) raiiporte, d'après le prolessenr Hac'Pherson . quelques e^ipériences faites en Angleterre sur l'odorat, sous qui paraît tout partitiulièrement aiguisé chez les personnes occupées dans les pliariuHries.

On cboiïitparmiellesHorxantehommesetqiiarantefemraes. On prit ensuitt^des drogues qu'on dilua tant et tant qu'il semlilait iinpoïïSLble qu'il y rest&t aucune odeur perceptible. Il se trouva que les hommes monbrtoentDnelLneBBed'ollaclion supérieore dti double à celle ol>9ervée pour les tenunes. Qnelques-ims décou^Tirent l'acide prussique dans deux millions de parties d'eau. Dans une autre eicpérience, les odeurs lurent diluées et disséminées dans une chambre contenant

On verra, dans la note h, que la transplantation des maladies h l'aide des animaux et des plantes n'a pas cessé d'être en usage chez les magnéUseurs et dans le peuple. Elle a été introduite récemment dans les grands hùpitanx de Paris, avec une lorme particulière sous le nom de Transferts.

En 1885, le D' Babinski, chef de clinique de M Charcot à. la Salpétrière, communiqua à la Société de psychologie physiologique (Séance du 2o octobre) une note résumant une série d'expériences qu'il divisait en deux catégories.

Les premières ont porté sur deux jeunes iilles hystéro épileptiques ayant chacune une hémi-anesthésie sensitive sensorielle et toutes deux facilement hypnotisables. On les plaçait assises dos à dos, mais sans que le contact f At nécessaire, et on approchait un aimant de l'une d'elles. On observait alors qu'une des deux malades, d'hémi-anesthésique qu'elle était, devenait au bout de quelques instants, anestliésiquc totale, tandis que l'autre malade recouvrait la sensibilité dans. son côté anesthésic, tout en la conservant dans le côté opposé. Puis un nouveau transfert s'opérait, même quand on éloignait l'aimant, c'est à-dire que la première malade devenue anesthésique totale recouvrait la sensibilité dans toute l'étendue de son corps, et que la seconde malade devenait à son tour anesthésique totale. Il se produisait iùnsi une série d'oscillations consécutives, dues probablc-

oeul mille pieiis cubes d'air. Il y eût des sujets qui perçurent trais cent millionième de chloropliéuol et la millième partie telle quantiié de mercaptan.

LB TRANSFBRT DES lULADrBS 161

ment à ce que l'on faisait a^r simultanément et sans méthode les deux pôles de l'aimant. Quand on éloignait les deux malades, elles redevenaient très rapidement à l'état qu'elles présentaient avant l'expérience, c'est-à-dire toul«8 deux hémi-anesthésiques. Ces phénomènes avaient lieu aussi bien lorsque les deux malades étaient à l'état de veille que lorsqu'elles étaient en état de somnanbutisme.

On a ensuite produit par suggestion, chez l'une de ces malades, des mouoplcgies brachiales, des monoplégies crurales, des hémiplégies, des paraplégies, les unes flasques, les autres spasmodiques ; des coxalgiesetmëme le mutisme. Cette malade était alors mise à côté de sa compagne, prés de laquelle on plaçait l'aimant. Au bout de quelques instants le transfert se produisait; l'intirmîtc quittait la première et, comme attirée par l'aimant, se portait sur la seconde avec ses caractères et sa localisation exacts. Puis survenaient des osciUetions analogues à celles que nous avons indiquées plus haut. Quand on éloignait les malades l'une de l'autre, la malade sur laquelle l'infirmité se trouvait à ce moment-là la gardait, et il fallait la lui enlever par suggestion.

Le somnambulisme s'est transféré de même d'un sujet endormi sur un sujet éveillé sous l'influence de l'aimant.

Dans la seconde série des expériences, dit le D*" Bahinski, « nous avons pris des malades hystériques, hommes ou femmes, présentant des manifestations hystériques telles que paralysies flasques ou spasmodiques, non plus artificielles. mais naturelles, c'est-à-dire survenues indépenrlamment de toute suggestion de notre part, et qui ont motive l'admission de ces malades à l'hospice. Ces malades, pour la plui>art, n'ont jamais été hynoptîsés, et dans les expériences suivantes. Us ont été laissés à l'état de veiUe. Nous avons placé les

ISS L't.xvàMosisATUai jw LA a^aimuiè

uialadee en ra|iportavee l'un mi l'autre des tloux sujets d<mt DDus <rvonB parié jAm haot -que nom plongione dons la i»ériode somnambntiquc du snmdîiypnotiBim! et à ctfté duquel nous mettions l'aimant.

« Nous avons observé que le sujet lij-pnotîsi! ne tarde [kis, souscettcinflucnccà présenter les mêmes accidents que niystérique à cùté duquel il »e trouve. Pourtant la transmission de ces paralysies se fait avec moins de purolé que dans les expériences do la i)remière cal<igorie. Mais une diHérenre beaucoup plus grande sépare les expériences de la première f atégorie de celles de la seconde. En eïfet, dans ces dernières, il n'y a pas à proprement parler de transiert. Les accidents hystériques se transmettent an sujet hypnotisé, mais pet-sislent avec tous leurs caractères chez les malades qui en sont primiOvement atteints. Toutefois, en répétant un certain nombre de fois ces expérieuces, on arriverait peut-être à faire disparaître ces paralysies, et il aurait là une méthode de ti-ailenient. !ïous avons observé, en effet, dans un cas, à la suite de deu.v expériences consécutives, nne COTitradture spontanée d'un membre intérieur s'atténuer notablement. Nous nous proposons, du reste, de poursuivre ces recherches. »

C'est le D' Luys qui les a reprises à l'htipital de la Cliarité et leur a donné un grand relen tisse ment ; je me bornerai à en donner ici un aperçu sommaire,

Sa première méttiode consistait à mettre le malade en communication jNir les oiains avec le sujet en face duquel il éUkit assis. Ce sujet étaitamené par un procédé quelconque dans la première ]>hasc de léthargie de l'hypnose, puis un opérateur détenninait la fusion pour ainsi dire des deux états nerveux en promenant le pôle noFii d'un gixis aimant

L6 TBAnSFEST JIES MALADIES i6'6

toujouit! dans le même sens le long du cercle formé par les bras et les épaules des deux patients.

Au bout de quelques passes on poussait le sujet jusqu'au samuatulmlisme el on constatait ajors qu'il avait pris la personnalilé nerveuse el psychique du malade, se plaignant des mâmes malaises, préseatant les mêmes infirmités. On guérissait ensuite le sujet par suggestion et on le réveillait ; puis on recommençait, un certain nombre de jours, la même opération, et, djtns beaucoup de cas, on amenait aÎDsi.au bout d'une douiiaine de séances, une ainélioration notable dan» l'état du malade.

J'ai vu ainsi guérir, ou du moins modifier d'une fagoii très heureuse, des paralysies, des vertiges, des céphalalgies «t même des battements de c<Eur et des nœvi.

Plus tai'd le D^ Luys s'est borné à placer un aimant en fer ù cheval d'abord sur la tâte du malade (les pôles vacs le front, le p<Me nord sur la tempe droite), p^idant cinq à six minutes, puis sur celle du sujet mis préalablement eu état de léthargie hypnotique. Voici comment il rendait comi>te, le 10 février 1894, à la Société de Biologie, de quelques-unes de ses expériences :

M. d'Arsonval a eatrd«nu la Société de Biologie dans lu dernière séance, d'après la cdmmuuication d'un ^ysicien anglais, de ta persistance dans un barreMi ainunté de l'aclion du fluide inag^éti(|ue ayant, en quelque «orte, cooservë le souvenir de son élat antérieur. — Mes rechendKs daœ cet ordre d'idées m'ont amené û eonstater depuis ioaglegxps des phénomènes analogues à l'aide des couronjies aimantées placées sur la télé d'un si^et «Q état hypnotique. -- 11 s'Agit dans ce cas, non pins de l'emmagasiuemeat des vibrations de la nature magaélique,mais bien des vibrations de natui'C vivante, des véritables vibrations oérâirales, propagées à travers ia paroi crânienne, el emmaga-

16i l'ëxtéhiorisatio» de la sensibilité

siiircs dans une couronne aimantée, clans laquelle elles persisleiil jiendaatun temps plus ou moins long.

J'ouc coastater ce pliéoomËne, je me sers non pas d'un iustniiiieut physique impuissant à répondre, mais bien d'un rénctir vivant, d'un sujet hypnotisé et de\'enu, par le tait, uUni sensî- IjIc! tiux vibrations magnétiques vivantes.

Jo présente à la Société la couronne aimantée dont je lui ai déjà Tait voir dittérents modèles. A l'aide d'un système de eourl'OLc^cUc s'adapte sur la tète, l'embrasse circul^remeut et laisse libre la région frontale.

l-:Me constitue ainsi un aimant courbe avec un p61e positif et un |iitle négatif. - Cette couronne a été placée, il y a plus d'un an. sur la tête d'une femme atteinte de mélancolie avec des^ idées de persécution, agitation et d'une tendance de suicide, etc. L'application de cette couronne sur la tète de c«lle malade utut'iia, au bout de cinq ou six séanr^s, un amendement progressif dans son état et. au liout de dix jours, j'ai cru pouvoir la t'eiivoyer de l'hôpital sans danger. Au bout d'une quinzaine de jours, cette couronne ayant été isolée à part, j'eus l'idée purement empirique de la placer Mir la tele du sujet ici présent, ("est un sujet m&le hypnotisable, hj sl^-riifue, atteint de crises fiviiuentes de léthargie. Quelle ne fut pas ma surprise de voir ce sujet, mis en étal (le somnambulisme, proférer des plaintes, tout IL fait le» mômes que celles profcreci quinic jours auparavant, par la malade guérie '

Il avait pris d'nt)ord le sexe de la malade; il partait au féminin ; il accusait de violenls mauic de lèle : il disait qu'il allait devenir folle, que ses voisins s'introduisaient dans sa chambre pour lui faire du mai, etc. En un mot. le sujet hypnotique avait, )trj\ei- à la couronne aimantée, pris l'état cérébral de la malade mélniicolique. La couronne aimantée avait donc suffisamment ii^'i |iour soutirer l'influx cérébral morbide de la malade (qui avait guéri) et pour se perpétuer, comme un souvenir persistant. dans la texture intime de la lame magnétique. C'est là un phénomène que nous avons reproduit maintes et maintes fois, depuis plusieurs années, non seulement chez le sujet présent ici, mais chez d'autres sujets.

Cette communication est, dans l'ordre des phénomènes phy-

siologiqucs, parallèle a celle de M. d'Arsouval sur la durci! tU; ccrlains élats outCrieurs dans les corps inorganiques : ello va susciter (je n'en doute pasj, bien des élonaemeats et des accô^s lie sccpticistne chez des personnes qui ne sont pas habituées aux recherches d'hypnologie.

On va mettre eu doute la sincérité du sujet, sa disposition h produire le merveilloux, sa tendance à l'enlralucment et pculélre aussi l'acquiescement trop facile de l'opérateur.

A tous ces sous-entendus, je ne répoudrai qu'une chose r que ce phénomène de la tronsToission des états psychiques d'un sujet, ik l'aide d'une couronne aimantée qui garde les imprcssious perçues, rentre déjà dans l'ordre des phénomènes pnscédcmmeut communiqués par M. d'Arsouval, — Et, d'uneaulre part, la première fois que je l'ai faite, celle expérience, elle a été faite ù mon insu, d'une façon tout empirique. La couronne impré^'née a élé posée sur la tûte du sujet hypnotique environ quinze jours après qu'elle avait été placée sur la tète de la malade. Il y a eu fatalement une première opération, dont j'iiptorais absolument les résultats : mais, pas plus que le sujet hypnotisé, nous uc savions ce qui allait se passer, et le sujet impressionné a réikgi, moluproprio, sans excitation autre que ta couronne magnétique.

On peut donc dire, sans cherchera en déduire des conséquences ultérieures autres, que ccrtahis états vibratoires dn cerveau et probablement du système nerveux, sont snscepliblc« de ^ (.mmagasmer dans une lame courbe aimantée, comme le fluiile magnétique dans un Imrreau de fer doux, et d'y labscr des traces persislanles bien plu-:, comme dans les expériences deM. d irsomal pour détruire celte propriété magnétique persislante il faut la laci par le [ou. Comme il dit, la coui-onnc a liesoin dtlie poitee au rouge pour cesser d'agir (1).

Le i9 avril 1892, j'ai assisté moi-iiii^me, dans le serviiri: du D' Luys, au fait suivant, que je retrouve sommairement

! On peut également détruire les propTiéU» tnumiguts i\e la ■onne en (aisant tremper les deuï pôles dans l'eau et j'ai couk-

taté que l'eau se chargeait alors aox dépens de l'aimanl et deveiinit

ainsi active pour les sujets (voir p 229.

16C L'iiXTâlUOIUSATION l>l> LA SE^5IBIL1TK

consigné danH mes notes et qui est iieut^trc celui auquel M. Luys faitallueioii daus la citation précédente.

« Une couronne aimantée avait scn'i «{uinze jours auparîivant, au traitement d'un malade. Depuis ce moment le malade était sorti de riidpital goéri ou à peu près guéri et iaoonronne enfermée dans un placard. On la mit sur lalète d'un sujet en It^lhargie hypnotique et le sujet prit les sj'mt*imes de la maladie et les dispositions psychiques que le sujet avait il y a quinze jours ; la couronne les avait enrel^strés et reproduits comme le phonographe enregistj'e et ■«produit la voix.

« Le môme phénomène se serait certainement produit si le malade était mort, de telle sorte qu'on aunùt pu, par ce procédé, avoir une sorte d'évocation d'une jiersonnalité qui ne serait plus de ce monde. ■>

Le 25 décembre de la même année et au même lieu , j'ai vu mettre une couronne aimantée d'abord sur la tête d'un oliat, puis d'un sujet en état de réceptivité ; puis d'un coq et d'un autre sujet également préparé. Dans les deux cas, Ie« aujets ont pris les allures et le cri des animaux dont on leur avait translêré ainsi l'état psychique.

Dans le cas du coq, j'ai prié le D' Luys de presser le point de la mémoire somnambulique du sujet réveillé (ayant perdu le souvenir de oc qui s'était passé dans son sommeil), et de lui demander à quoi il pensait lors({a'il dormait ; le sujet a répoadu qu'il pensait à ses poules.

L'aimant serait donc une substance, partîcuiife'enient

propre à servir de mumic dans les maladies du système ner\'eux.

En tenant compte de nos idées modernes sur la constitution de la matière et des expériences rapportées dans le

LB TBAKSFERT DES HALAMBS 1S7

premier diapitre de cet ouvrage, on pwiiTait aniiiHiser que l'état vibratoire spécial aux eHluvcs du ma^e moiliiîe l'état vibratoire normal de l'aimant (1) ; puis que riiimant , ainsi mis à l'unis^ou du malade, agit à aon t«UF sur le sujet pour faire vibrer de la mémo manière son système nerveux.

On pourrait également supposer que raimant est «b funilensateur du fluide nerveux lium^n suf lequel il a^t en l'absorbant ou le dissolvant pour le déga^r ensuite ^nml les roQiliUons ne soot plus les m(>mes ; c'est ainsi que, d'après les expériences et sui^^aat l'expression die Grahain, le fer el le palladium occlusent l'hydrogène et que let^ colloïdes occiment les gaz facilement liquéfiables.

l>ans ces conditions, la guérisoii se ferait en soutirant pi-ii à peu ù cliaque oiiération le fluide vicié, qui serait remplacé par du fluide pur fourni pai' le milieu ambiant.

Dans tous les cas, au point tic vne curatif, il semble inutile d'opérer le transfert sur une autre personne ; il suffirait de miKliTicr l'état nerveux du malade soit [lar ''iùmant, soit [lar toute autre substance capable d'agir comme muuiie (2). C'est en effet ce qui a lieu.

« J'ai enlevé, dit M. Ocborowicï [SuggesHon mentale, p. 182), le mal de létc à quelques centaines de personnes (Kir une simple iui|K)5ition des mains. Par ce moyen, vieux comme le monde, j'enlève un mal de tète 80 fois sur 100 diins l'espace de quelques minutes. »

1 Je ris pluccr un jour la uuumnne aimaobée sur la t«l« d'nn ea- (aiit affligR de la clause de Saint Guy. Le suji?l voyant. Albert L., priMcndit que les effluves de la couronne qui. avant rimpoBitioii, |irr»i>ntiiient l'up[iaren«! de flamme» régulières, avaient iiris, ^rt» riiii|>oaiUon, des mouvement saccudi^s

t SI cette mani&pe de voir est juste, on iiourrail recirifiei- la

1C8 l'eméheorisation de la sensibilité

Vers 1850, Caliagnet écrivait : « L'imposition de la main sur la partie malade fait disparaître par enclianteineni les engorgements. Quand la inain a séioumé dix minutes sur un dépôt très enflammé, elle a fait l'effet d'un cataplasme en se chargeant du feu que cette partie contenait : on sent (■e feu qui gagne l'avant bras et le coude au point de devenir insupportable. Dans cet instant, si quelqu'incrédule doute de cette action de l'homme sur l'homme, on peut lui proposer de supporter cette main ainsi chargûc, sur la joue (par exemple), l'y laisser le ini}me temps qu'elle a él« sur le mal ; il no tardera pas à reconnaître, à la douleur qu'il sentira en cet endroit, qu'il a eu tort de douter : vous aveu dépose sur sa joue saine ce que le mal avait déijosé dans votre main. » (Guidé du magnétiseur').

Dans le cas des n<fvi ou taches de vin notablement dimhiuêes par les passes d'aimant, il entrait probablement de la suggestion, et il est assez vraisemblable que la snggestibilité du malade pouvait ôtre le résultat de l'éqnihbre nerveux qu'on établissait avec le sujet éminemment suggestible avec lequel on l'accouplait.

Du reste, tous ces phénomènes ont besoin d't^tre réétndiés avec méthode et dans le silence du cabinet au lieu d'être simplement constates plus ou moins hâtivement dans une consultation d'hôpital, an milieu des causes d'erreur provenant des relations entre les sujets et dos explications fournies au public par l'opérateur.

ciiiironne chaque fois qu'on s'en est servi, ain^i qnfi je l'ai inOiqué dans la note de la page 1(i^ ; ou, plus simplement, chercher la niuml« spéciale à chaque personne ce qui constitue le principe de la iiHilaUotliÉrapie ; ou enJin ne borner à eneelopper la tête du malade de linges mouillés qu'on changerait Irequemmenl, l'eau étant une mumie pour presque t«ut le monde

r.e sont là de simples déductions que je n'ai pas vérilier.

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