LES THÉORIES DE MAXWELL
V. — Les excrétions des corps des animaux retiennent une portion de l'esprit vital ; aussi ne peut-on leur refuser une vie. Et cette vie est de même espèce que la vie de l'animal, c'est-à-dire qu'elle provient de la même âme.
de toute part. d« cet espi^t dttits des proportions requises. Cet esprit est nourri par le ciel, grâce b. l'inlerniédiaire de l'air et par l'esprit vital de l'alimeot, aussi longtemps que le corps persiste dans la symétrie qnl lui uonvient.
• Donc U>ulesles choses qui sortent, de quelque façon que ce soit, du corps des hommes ou des hËtes. soit naturellement, soit par la force de la maladie, sont imprégnées de l'esprit vital et ont une vie commune avec le corps, comme il sera dit plus tard.
« De 16 résulte qu'étant plus semblahles aux corps dont elles sortent, qu'à des choses qui n'ont jamais été dans nn corps, elles impriment rapidement h uB corps semblable les qualités qu'elles ont empruntées au corps. C'est pourquoi il fapt prendre grand soin que les excréments, ou le pus, ou le sang corrompu ou toutes choses semblables qui se produisent pendant les maladies contagieuses restent sans être hrftiées; elles pourraient en eftet servir à pi'oduire de grand maux si elles toml)Ment par hasard entre les mains d'initjés malhonnêtets. Mais, si la crémation des corps, h la mode antique, n'est pas permise, les magistrats doivent au moins veiller à ce que les sépultures se Fassent très profondément dans des lieux éloignés du pi\turage des troupeaux et aussi humides que possible, car leg maux les plus graves soatla conséquence de sépultures suiierficielles et Faites avec négligence. Pour moi, j'attribue surtout à cette cause les ravages extraordinaires causés par les pestes à Londres dans ces dernières années ; je crains en elFet que ceux ft qui te soin des sépultures était GonFié n't^eat accompli trop négligemment l'inhumation au commencement. Je pourrais louer ici les rites lunëbres des anciens et apporter des raisons probantes pour cette louange, mais 11 s'est élabli d'autres usages que ma raison ne Ferait pas changer. Cependant il. convient que les magistrats ne montreut point de négligence dans une alFaira de cette importance.
« 11 n'est pas douteux que les excrétions sont reliées par des rayons réciproques au corps et principalement aux parties dont ils font sortis le plus immédiatement. I>e làdes conclusions nombreuses et variées que nous exposerons dans le cours de l'ouvrage; ici j'ai pensé qu'il suFlirait de dire en peu de mots que c'étedt de cette liaison que dépendit toute la médecine magnétique... Nous avons dit ■que cette liaison n'était pas rompue par une séparation même très lointaine... car, comme cette liaison dépend de l'Âme, elle s'étend selon la puissance de l'Ame... Ces rayons s'étendent très loin et agissent sur nous de bien des manières sans que nous le sachions ; nous
IIH l' EXTERIORISATION DR LA SENSIBILITE
VI, — Enlrc le ttirps et les excrétions du corps, il y a iiii certain lien {concatenatio juxdam) d'esprits ou de rayons, m^me qnand les excrétions sont fort éloignées du corp3(l). Il en est de même pour les parties séparées du corps et ptmr le saii^.
VII. ^ Cette vitalité ne dure que taot que les excrétions on les parties sépanJes ou le sang ne sont pas changés en autre eliose.
\TII. — n suffit qu'une partie du corps soit affectée, c'està-dire que sou esprit soit lésé, pour que les autres deviennent malades (2).
IX, — Si l'esiH-it v\U\ est lortifîé dans quelque partie, tl est fortifié par la mfmo action dans tout le corps (3).
sommes affecté» de différeiites [a^onti par leur lésion, ignorant la cause de nos maladies. C'e^ pourquoi, d&nâ loute les maladies. Il faut rectifier, réconforter et mulliplier cet esprit; c'est ainsi qiie toutes les maladies seront facilement guéries ; c'est ce que nons livrons surlout aux réflexions îles méilecius. l'ei'sonne ne niera que ce que nous avons déjà dit des excn'tious et <lea parties séparées liu corps ne convicnuc aussi au sang .. dans lequel la sainte écriture ■ place le slûge de l'iline. — car c'est lui qui po^si^le la plus grande quantité d'eprit vital et qui nuit le plus facilement par un trop grand écoulement, t
(I) «Qu'est-ce que ce tien Cure coneatenatio)^ C'est une émission perpétuelle de rayons qui sortent d'un corps pour entrer dans l'autre et réciproquement; je dois dire ici en peu do mots que c'est de l'e lien que dépend toute la médecine ma^étique. » [Chap. vri).
[Si • Les maladies n'appartienaent point essentiellement au corps; mais il n'en est aucune qui ne dépende de l'aHallilisseinent ou de l'expulsion de l'esprit vital. 11 n'est point aussi d'inditqiosition qui puisse subsister louglumps lorsque rct esprit est dans toute sa vigueur; c'est lui qui dissiiie tous les maux ; c'est lui gni constitue la nature dont les médecins ne sont ou du moins ne doivent Ctre que les aides. I)t> là on doit conclure k la possibilité d'une médecine nnivcr- Mlle. • { Dévloppemenl de In ConHtttion VIII.^
13) Dans le développement de la Conclusion IX (p. 42), Maxwell dit que si l'esprit vital de l'iioiuoie se fortifie en un point, il se fortifie tout entier parce qu'il est d'une nature içaée et céleite. • Cetie récoQlorlolion, ajuute-t-il, se répand au.-<silAt sur toul« l'élfodue de
X. — Là où l'esprit est plus à nu, là U est plus rapidement affecté (1).
. l'esprit, car il est impossible qn'nne chose ni affile, ei spirUuelle, si Inmineuse, si étliérëe, éprouve quelque chose en UDe de se» parties qu'elle ne l'éprouve aussitôt partout. • Et plus loin (p. 45), à propos de la CoDclustoD X : ■ Bien que l'esprit vital cnasiiléré eu lui-mËme n'ait pas île parties hétéragËnes et soil tout entier et partout comme la lumiin très semblable à lui-même. Mpendant. quand il «st Tuii il un corps, il varie suivant les parties du corps & cmise de cwteine» adjonetlonB... Cest pourquoi les rayons qui provienDent d'une tHe malade contiennent un esprit modifié comme calui de la têl« par celte disposition. Aussi taut-il prendre l'esprit nn affecté par les dispositions de la télé, quand la racine de la maladie e!4 dans la ttte «t lui appliquer des remues ».
(1) • Rien de cequi est matériel n'a en Ini d'énergie, h moins qu'il ne serve en quelque sorte d'inslmment ou de tonne à cet espril ; ce qui est com piétinent matériel est complèlemcint passif.
< Si ta venx pnMloire de grands elfels, enlève le plos pimible de la matière aux dioses, on ajoute de l'esprit h la inaUère, «u excite l'esprit assoupi, A moiiiK que lu ne fasses quelqu'une de ces diaaes ou que tu ne saches unir Vimaginalion de l'Ame du monde à une imagination qui s'efforce déjà de se transformer, tu ne feras jamais rien de grand.
« n est impossible d'enlever cet esprit loul entier à quoi que ce soit, car c'est le lien qui retient les choses pour qu'elles ne retombent pas dans la matière première ou dans le néant.
■ Cet esprit se trouve quelque part, ou plutôt partoal, presque libre de corps, et celui qui fait l'unir avec te corps convenalile possède nn trésor qui doit être préféré à toutes lesricheisses du monde.
< Cet esprit se sépare, autant qu'il est possible, dn corps au moyen de la fermentation ou encore par l'atlraction par un frère libre (un autre esprit libre) >.
[Aphorismes V! à X,]
■ Un esprit est évoqué par un esprit frère quand il est trop exposé i. son action itidem nimium expositus).
• Dans certaines choses il no peut être évoqur par on fri:r« k cause de son étroite union avec le corps, mais il attire ce frère et se fortifie ainsi étonnamment.
< La fermentation est l'action de la chaleur sur l'humide par laquelle l'humeur s'éclmnffe et est soumise à l'espril; ou bien encore l'effet de l'esprit circulant dans le corps [tarce qu'il ne peut rester immobile h cause de la propriété eflluvante (fiuaiibilaum) de la matière (les vibrations des molécules du corps ?)
« Celui qui, en se servant de l'esprit universel, peut exciter l'es-
180 l'extériorisât [ON DB la SEnSIBILITË
XI. — Dans les excrétions, dans le sang, elc., l'esprit n'est point aussi immergé que dans le corps ; c'est pour cela (lu'il y est plus rapidement attecté,
XII. — Le mélange des esprits produit la sympathie, et de cette sympathie naît l'amour (1).
prit parliculier lï'une chose quelconque jusqu'à lu (ermcntatioD naturelle et ensuite calmer les tumultes naturels en répétant l'opËration, celni-lb peut laire croître les choses en puissance jusqu'au miracle. C'est le plus grand secret des philosophes.
• Qui oe sait, avec l'aide de la lermenlation, taire j^llir Je toutes les choses l'esprit aussi pur que cela peut se taire par l'art t Mais presque tons le tont sans fruit de multiplication parce qu'Us ne savent pas unir le trÈre au père.
« Tout ce qui est (ermenté agit plus fortement parce que, dans les choses fermentées, les espiits se trouvent plus libres.
■ Les choses restent dans cet état de nature tant qu'elles possèdent asseï (l'esprit pour accomplir ces opérations qui leur sont assignées.
■ On voit clairement |mip là quelle est la cause naturelle de la findea choses. Tontes tendent à leur maturation comme à leur perfection ; et h peine sont-elles mûres que déjà l'esprit commence à extérioriser [ejnererej ses forces et qn'eu agissant il se dissipe et s'évanouit, ce qui finit jmr causer la mort.
• Celui qui pourrait s'emparer de cet esprit qui s'évanouit et l'appliquer soit au corps dont il sort, soit h un corps de même espèce. ferait des choses admirables.
« C'est de celte source que sont sortis tous les philtres naturels. ËQ effet, na esprit imbu des qualités d'un autre corps produit facilement dans les corps de même espèce une ressemblance réelle qui est une violente crise il'araour.
■ l..es choses les plus aptes h saisir au passage cet esprit particulier sont celles qui ont la plus grande ressemblance avec les parties de l'union la plus naturelle, ou qui, appliquées à un con>s vigoureux, deviennent plus llorissanlos par un tel contai-t. Cela doit s'entendre du corps des animaux et surtout du corps humain oii les philtres sont surtout appliqués.
• Là, ou l'esprit d'un corps marié aux qualités de ce corps se communique & un autre corps, il se crée une certaine sympathie & cause dn flux et du reflux mntnel des esprits vers leur propre corps.
lAphorUmes XLIX h LX.l Ij Voir la note >" Le philtre de Marie de Clèves>.
mes DE l'école,
s HÏPOTHÈSES NOUVELLES
Bornons ce respect ijne nous avons pour les anciens. Comme la raison le fait nailre, elle doil aussi le mesurer ; et considérons que, s'ils fussent demeurés dans celle retenue de n'oser rien ajouter aux connaissances qu'ils avaient reçues, o'j que ceux de leur temps eussent fait la même difficulté de recevoir les nouveautés qu'ils leur offraient, ils se seraient privés eux-mêmes, et la postéritti, du fruit de leurs inventions.
Comme ils ne se sont servis de celles qui leur avaient été 1. tissées que comme de moyens pour en avoir des nouvelles, et que celte heureuse hardiesse leur avait ouvert le chemin aux grandes choses, nous devons prendre celles qu'ils ont acquises de la même sorte, et, à leur exemple, en faire les moyens, et non pas la fin de notre étude, et ainsi, tâcher de les surpasser en les imitant.
Car, qu'y-a-t-il de plus injuste que de traiter les anciens avec plus de retenue qu'ils n'ont fait pour ceux qui les ont précédés, et d'avoir pour eux ce respei^t inviolable qu'ils n'onl mérité de nous que parce qu'ils n'en ont pas eu un pareil pour ceux qui ont eu sur eux le mémo avantage?
Les secrets de la nature sont cachés; quoiqu'elle agisse toujours, on ne découvre pas toujours ses effets ; le temps les
182 L'eiTËIIOMSATION DE LA SERSIBILITli
révèle d'âge en âge et, quoique loqjoars é(;ale en elle-inSme, ell« n'nt pas toajour» égakinent connoe.
Les ejipériencei qui nous en donnent l'intelligence mtdliplieitt continueltetnent, et, comme elles sont les seuls principes de laphysique, tes conséquences multiplient à proportion (1).
C'est (!e cette façon que l'ou peut aujounl'hui prendre d'autres sentiments et de nouvelles opinions sans mépriser les anciens et sans ingratitude, puisque les premières connaissances qu'ils nous ont doiini-es ont servi de degré aux nôtres, et que, dans ces avantages, nous leur sommes redevables de l'ascendant que nous avons sur eux ; parce que, s'élant élevés jusqu'ù un certain degré où ils nous ont portés, le moindre effort nous fait monter plus haut, et, avec moins de peine et moins de gloire, nous nous trouvons au-dessus d'eux. C'est de là que nous pouvons découvrir des choses qu'il leur était impossible d'apercevoir. Notre vue a plus d'étendue, et quoiqu'ils connussent aussi bien que nous ce qu'ils pouvaient remarquer da ta nature, ils n'en connaissaient pas tant néanmoins, et nous voyons plus qu'eux.
Cependant, il est étrange de quelle sorte on révère leurs sentiments. On fait un crime de les contredire et un attentat d'y ajouter, comme s'ils n'avaient pas laissé de vérités à connaître
Pascal..
[^ philosophie a ses essais et ses contradictions. Tanlût nous voulons que tons les hommes se ressemblent malgré la différence des temps et desclimats ; tantôt nous nous croyons seuls capables de certains efforts : la vraie lumière n'a lui que dqMitqvenom vivons. On confond les temps anciens différemment éloignés du berceau du monde ; et si on leur fait grâce de la stupidité, on n'y voit qu'ignorance et ténèbres. Hais l'ignorance est en nous qui les connaissons mal : les ténèbres
(i) Pascal a eiprinié ailleurs la m^mc idée en employant une belle image : • La connais^ancG humaine est pareille à une sphtre qui grossirait sans eesse ; h mesure qu'augmente son volune, grandit le nombre de ses points de contact avec l'inconnu •.
î-Coof^lc
sont celles de la distance qui brunit les objets en les rapetissant. L'estime de nous-mêmes nous trompa : nous nous ccoyous au baut de l'échelle, nous n'y sommes pas; nous croyons également que personne n'y est nionté avant nous, parce que le temps qui fait disparaître les humains efface aussi leurs traces passagères.
Je ne saurais approuver le mystère dont s'enveloppent les savaiits sérieux qui vont assister aujourd'hui à des ejpériences de somnambulisme. Le doute est une preuve de modestie qui a rarement nui au progrès des sciences. On n'en pourrait dire autant de l'incrédulité- Celui qui, en dehors des mal hêmatiques pures prononce le mot impossible mun^ife (je pru-. ilencc. La réserve est surtout ud dcToir quand il s'agit de l'organisation animale.
On a souvent dit que, pour faire des découvertes, il fallait des ignorants. Cette opinion, fausse en elle-même, cache cependant une vérité. Elle signifie qu'il vaut mieux ne rien savoir que d'avoir dans l'esprit des idées fi.ïes, appuyées sur des théories dont on choisit toujours la conTirmation, en négligeant tout ce qui ne s'y rapporte pas. Cette disposition d'esprit est des plus mauvaises, et elle est éminemment opposée à l'invention. En effet, une décotwerte est eii général un rapport imprévu, et qui ne .se trouve pue compris dans la théorie, car sans cela il serait prévu. Un homme ignorant, ne connaissant pas la théorie, serait en effet, sous ce rapport, dans de meilleures conditions d'esprit; la théorie neleg&neraitpas et ne l'empêcherait pas de voir des faits nouveaux que n' aperçoit pas celui qui est préoccupé d'une théorie exclusive. Mais biUons-nous de dire qu'il ne s'agit point ici d'élever l'ignorance en principe. Plus on est instruit, plus on possède de connaissances antérieures, mieux on aura l'esprit disposé pour faire des découvertes grandes et fécondes. Seulement il faut garder la liberté d'esprit et croire que, dans lu natwe, l'al/surde suiranl nos théories n'est pas toujours impossible...
Je pense qu'il n'y a pour l'esprit qu'une manière de raison-
184 L'EXTËHtOHISATlON DE LA SENSIBILITÉ
ner, comme il n'y a pour le corps qu'une seule manière de marcher. Seulement, quand un homme s'avance, sur un terrain solide et plan, duns un chemin direct qu'il connuil et voit dans toute son étendue, il marche vers sont but d'un pas sAr et rapide. Quand au contraire un homme suit un chemin tortueux et un chemin accidenté et inconnu, il craint les pn cipices, et n'avance qu'avec précaution et pas à pas. Avant de procéder à un second pas, il doit s'assurer que le pied pi. le premier repose sur un point résistant, puis s'avancer ai en vérlHant à chaque iustant par l'expérience la solidité du sol et en modilîant toujours la direction de sa marche suivani ce qu'il rencontre. Tel est l'expérimentateur, qui ne jamais dans ses recherches aller au delà du fiit, sans quoi il risquerait de s'égarer...
La situation du naturaliste est bien dilTérenle de celle du matliématicien ; la proposition générale à laquelle il est arrivé ou le principe sur lequel il s'appuie reste relatif et provisoire parce qu'il représente des relations complexes qu'il n'ajamais la certitude de pouvoir connaître toutes. Uès lors son principe est incertain puisqu'il est inconscient et non adéquat à l'esprit ; dès lors les déductions, quoique très logiques, restent toujours douteuses, et il faut tiécssairement alors invoquer l'expérience pour contrôler la conclusion de ce raisonnement déductif.
Cette différence entre les mathèmaiiciens et les naturalistes est capitale au point de vue de lu certitude de leurs principes et des conclusions à en tirer ; mais le mécanisme du .aisouneraent déductit est exactement le même pour les deux. Tous deux parlei.t également d'une proposition ; seulement le mathématicien dit : Ce point de départ étant donné, tel cas particulier en résulte nécessairement. I.e naturaliste dit : Si ce point de départ était juste, tel cas particulier en résulterait comme conséquence.
Cl.ïudë IIeeinari).
Les faits que nous disons surnaturels répondent k deux conditions dilTérentes : d'abord nous n'en connaissons pas lî cause, puis nous ne les voyons pas survenir communément, Tant que les hommes n'ont pas su expliquer
les éclipses, ils y ont vu des faits suruaturels, puisque les éclipses représeataient une anomalie à l'ordre asironomique quotidien, et qu'aucune intelligence humaine n'en pénétrait la cause. Le surnaturel est devenu phénomène naturel, dès que notre ignorance de la cause a été dissipée.
Le fait de la chute d'une pierre n'est vraisemblable et ne nous semble naturel que parce qu'il se présente fréquemment. De par la connaissance intime des choses, il serait absolument surnaturel.
ChiIBLES RtCHET.
Des tentatives ont déjà été faites par Sir W. Thomson et Maxwell pour réduire au mouvement l'ensemble des phéuomt^nes magnétiques électriques et lumineux : étrange et cornpliquée est la constitution que ces physiciens son! obligés d'attribuer m^me aux diélectriques les plus simples, même ^ l'éther.... Gardons-nous cependant de rire de la bizarre machine composée par Maxwell et par Sir W, Thomson ; peuletre sera-t-elle la vérité incontestable de demain, — en attendant qu'elle devienne l'erreur incontestée d'après-demain.
C'est qu'en effet l'hypothèse dominante de la théorie admise et admirée par une génération était réputée pour une erreur manifeste par les hommes de la génération précédente ; les hommes de la génération suivante la traiteront comme un témoignage de l'ignorance de leurs ancêtres. L'histoire de l'optique en est un continuel exemple; les penseurs du xïii" siècle répudient avec dédain le système de l'émission ; les savants du xvtn* siècle sont pleins de confiance en ce système et de mépris pour le système des ondulations; les physiciens du XIX' siècle reprennent ce dernier et s'étonnent qu'on ait pu considérer le premier comme une théoiie sérieuse.
Lorsqu'une théorie nouvelle s'élève, on la voit, en peu d'années, multiplier ses découvertes et rendre compte des phénomènes jusque-là délaissés et incompris; puis, enhardie par ses premiers succès, elle s'imagine bientôt que les hypothèses sur lesquelles elle repose sont des certitudes, que sa représentation du monde extérieur est l'expression adéquate de la nature des choses; mais, au premier échec, elle s'écroule de fond en comble, et les physiciens se hâtent d'en balayer tes
Iâ6 L'BXTËRIORISATIO^ M I.A SliNSIBlLITË
(lébris afin de Eure fiaee à iiae théorie i^uî ne s'élèvera à MB tow qu» po«r s'eflaïutren.
Il semble qua jusqu'à la consommation des siédes les mêmes préjugés doivent l^ire commettre les mêmes bévues. Hommes iso^és ou corps constitués, l'expérience des autres est d'un médiocre profit. Nous nous faisons chacim un petit monde taillé sur le patron de notre cerveau, rt nous entendons que rien ne vienne déplacer les limites qu'il nous a plu de tracer aux puissances de la nature. Les plus grands savants ont de ces faiblesses ; les philosophes n'en sont pas eaempts. Qu'on se rappelle ces professeurs de Pise qui, au nom de jene sais quel principe de métaphysique basé sur le nombre sacré : sept, refusaient de croire aui découvertes, nouvelle» alors, de Galilée. « Mais regardez au moins dans mon télescope avant de nier, » leur dit-il. Au lieu île cela, ils lui tournèrent le dos et n'en persistèrent que mieux dans leurs négations.
Au siècle dernier, lorsqu'il fut de nouveau et très sérieusement question de la chute d'aérolithes, Lavoisier crut fermer la baucbe à jamais à ceux qui eu admettaient la possibilité par cette réponse qu'il estimait péremptoire : " Il n'y a pas de pierres dans le ciel ; il ne peut donc pas en tomber sur la terre. »
La Nature, heureusement habituée dès longtemps à toutes les criailleries, aux spéculations trop souvent creuses des mctaphysiciens, comme aux calculs étroits de certains hommes de science, continue invariablement sa route sans se mettre en peine des niaiseries débitées par ses délracleurs.
Metzger.
Chaque siècle est prémaituré pour les découverlea qu'il ue voit pas naître, parce qa'il ne s'aperçoit pa» de sa propre incafiaeité et des mojeos qui lui mauqueiU pour faire les dites découvertes,
La répétition d'uoe même manifestation en s'iraprimaat sur les cerveaux prépare les esprits et les rend de moi'as «■
NOTH A 187
moins incapables de déconvrir les lois auxqnellet^ cette maiiirestatioD'esl soumise.
Oninie ou vingt ans safliseiit poar fuire admirer par toot le monde une découverte traitée de folie an moment où elle fut faite; maintenant encore les sociétés académicpies rient de l'hypnoli^me et de l'homéopathie ; qui sait si mes amis et moi, qui dons du spiritisnte, nons ne sommes pas dans l'errenr précisément comme le sont les hypnotisés; grâce à l'illusion qui nous entoure, nous sommes peul-i^tre incapables de reconnaître que nous nous trompons ; et comme beaucoup il'aliénés, nous plaçant à l'opposé du vrai, nous rions deceni qui ne sont pas avec nous.