LOMBROSO
Sans doute certains savants ont étudié ces questions {le magnétisme animal) pour leur propre satisfaction ; d'autres ne demandent qu'à se rendre à l'évidence et, tenant l'esprit ouvert, suspendent leur jugement ; mais ce ne sont que des exceptions. La grande majorité, je croîs être en droit de le dire, est hostile à ces recherches et délibérément opposée à leur discussion. Et cela non pis après un examen prolongé, ce qui jastifierait l'opposition, in<tis souvent sans examen du tout. Quelques supercheries dans des séances publiques, les artirices d'un chailatan, cela sufQt pour décliner tout examen ultérieur.
Que des individus tiennent cette ligne de conduite, cela est en somme assez naturel, occupés et intéressés qu'ils peuvent êtie par d'autres recherches. Persoime n'est tenu d'examiner toutes choses ; mais il est d'usage dans la plupart des branche^ de l'activité humaine, que ceux qui sont restés en dehors des rei:herches faites dans une spécialité s'en rapportent à ceux, qui s'en sont occupés.
Lors de l'apparition de la théorie de Copernic, Galilée, quoique pleinement convaincu de la justesse de cette théorie, s'abstint de l'enseigner pendant quelques années, voulant, avant de soulever la tempête de controverses que ne pouvait manquer de provoquer l'ubandon du système de Ptolémée,' attendre que sa situation universitaire fût mieux assise. I.n même prudence se retrouve aujourd'hui . Je connais des
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hommes qui liésitentà témoigner quelque iuWri^t (je ne veux pas dire à ajouter foi, ce serait prémaluré; pour les phéiiO' mènes dont il s'agit, d'avoir conquis une situation iucoulesti^e par leurs travaux dans d'autres voies.
En matière scientiTique. lu prudence est nécessaire et le vrai progrès est lent ; mais, je ne crains pas de le dire, cette hésitation que j'ai renconlrée chez beaucoup, en face de faits non orthodoxes, n'est pas d'accord avec les hautes traditions scientifiques.
Nous sommes, je suppose, un peu effrayés de ce que pensent les autres; nous tenons en grand respect les opinions de nos aines et de nos maîtres, et, comme le sujet leur est désagréable, nous restons silencieux. Cette attitude expeclanle s'ullie du reste fort bien avec la défiance que nous ressentons à l'égard de nos propres forces. Sous sentons bien que au delà de nos connaissances actuelles. s'étend une vaste région encontiict avec plusieurs branches déjà connues de la science et qu'un esprit cultivé est à même d'aborder, mais nous savons aussi que, faute d'explorations scientidques, des imposteurs se sont emparés de ce domaine depuis des siècles, et que aujourd'hui, à moins d'une attention excessive, nous risquons, à nous y aventurer, de tomber dans quelque fondrière...
l.a barrière qui sépare les deaxmoudts(spiriluel et matériel) peut tomber gr.iduellement comme beaucoup d'autres barrières et nous arriverons à une perception beaucoup plus élevée de l'unité de la nature. Les choses possibles dans l'univers sont aussi infinies que son étendue. Ce que nous savons n'est rien comparé à ce qui nous reste à savoir. Si nous nouK contenions du demi-Urrain conquis avlueltement, r.ous lyahissons les intérêts Us pkis éUvés de la science.