‹ L'Extériorisation de la sensibilité: étude expérimentale & historiqueChapitre 17 sur 21 · DGF · texte numérisé non relu

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Je le soutiens, sans crainte de contradiction, chaque fois que les hommes de science, de quelque époque que ce soit, ont nié d'après des bases àprtori, les faits signalés par des investifçations de hasard, Us ont toujounclé convaincus de tort.

11 n'est pas nécessaire de faire plus que de rappeler les

noms u ai verse) le ment connus de Galilée, de Hervey, de Jenner. Les grandes découvertes qu'ils firent étaient, comme nous le savons, violemment contestées par tous leurs contemporains scienliDques. à. qui elles semblaient absurdes et incroyables. Mais nous avons beaucoup plus près de notre temps même des exemples non moins frappants. Lorsque Benjamin Franklin présenta devant la Société royale le sujet des paratonnerres, il fut regardé comme un rêveur et son mémoire ne fut pas admis dans les Transactions philosophiques. Lorsque Young apporta ses merveilleuses, preuves de la théorie des ondulations lumineuses, il fut également hué comme inepte par les écrivains scientifiques vulgarisateurs de l'époque. La Revue d'Edimbourg somma le public de meUre Thomas Gray dans une camisole de force, parce qu'il souletenait la praticabilité des chemins de fer. Sir Humphry Davy pouffait à l'idée que Londres fût éclairée au gaz. Lorsque Stéphenson proposa d'employer les locomotives sur la voie ferrée de Liverpool à Manchester, des hommes instruits se mirent à prouver qu'il était impossible que ces machines pussent donner même là milles à l'heure. Une autre grande autorité scienlilique déclara non moius impossible, pour les steamers de l'Océan, de jamais traverser l'Atlantique. L'Académie des sciences de France bafoua le grand Arago, lorsqu'il voulut rien que discuter le sujet du télégraphe électrique [!)., Des médecins ridiculisèrent le stéthoscope quand il

(1) Arago rapporte, dans VHistoii-e de ma jeunesse, l'anecdote sui-

■ L'Empereur. . passa à un autre menilire île l'Institut. Celui ci n'était pas un nouveau venu ; c'était un naturaliste connu iwr de belles et importantes découvertes, c'était M, LamarcI;. Le vieillard présente un livre à .Napoléon.

« —Qu'est-ce que cela f ilit cdIul-cI. C'est votre absurde Mèle'oro- !ogie: c'est un ouvrage dans lequel vous faites concurrence à Mathieu Lu^naberg. cet annuaire qui déshonore vos vieua jours; laites-dono de l'Iiistoire naturelle, et je recevrid vos prmluctions avec plaisir. Ce volume, je ne le prends que par considérai ion pour vos cheveux blancs. — Tenez I • Et il passe le livre à un aide de camp.

« Le pauvre M. Lamarck. qui, & la tin de chacune des paroles brusques et ottcnsanles de l'Empereur, essayait inutilement de dire :

190 LEXTéHIORiSATIOn KE LA tiK.\SlBlLiTâ

fut déiouv^Tt. Les opéra.lions, eiécutves sans douJeur daraet le coma [nesmériqu«. furent déclarées impossibles et parlant impostures. Mais l'un des cas les plus frappants, parce qn'il i^st un des plas réceuts de celte opposition (ou platôt de œ refus de croire à, des faits en coutradidJoii avec la foi courante du jour, parmi d«3 hommes qui peuvent généralement être accusés d'aller trop loin dans l'autre sens) est celui de la doctrine de l'Antiquité de IboDune... En cette occasion les observateurs hombles et souvent inconnus avaient raison, et les hommes de science qui rejetaient leurs observations avaient lort. Les observateurs modernes de certains pbéiioluèues, habituel le m eut qualifiés de surnaturels ou d incroyables, sont-ils moins dignes d'attention que ceux pl«s haut cités i

Sut ALfRED BussEL Wallace.

A chaque phase de son progrès, la science a coupé court aux questions par des solutions superll ci elles.

Spekceh.

Avant que l'e^tpérimeutalion elle-même puisse iHre employée avec fruit, il y a un stade préliminaire à franchir, lequel dépend purement de nous-méme : c'est de dépouiller et laver sa pensée absolument de tout préjugé, et de prendre la détermination de rester debout ou de succomber devant It^ résultat d'un appel direct aux faits en première instance, et d'embrasser les déductions strictement logiques de leurs conséquences.

SiB John Hebschell.

I C'est nn ouvrage â'hisloire naturelln, que je vous présente », eût la f^blesse de tondre en larmes. >

Une scène h pen prfcs semblable me fut faite par nn général inspecteur m'eogageant adonner ma démission parce qu'il ■ ne pouvait tolérer qu'on s'orcupùt de sciences orcuHes dans nne école militaire ». Je me bornai h lui répondre que. comme aon nom l'indique, l'Ecole polylechnîqne n'était pas seulement une écolo militaire et que toutes les pciences avisent été occultes avant d'être décoavertes; mais, dts ce moment, je dus abandonner les expériences que j'avais instituées dans l'un des latioraloires de physique de l'établissement dans le liut de définir la force psychique par les réactions réciproques qui [teuvent s'exercer enlr'elle et les autres torces connues.

KOTE A 19i

, Une bonue expérience esl plus précieuse que l'mi,'éniosiLé d'uu cerveau, fût-ce celui de Newton, Les iaits sont plus utiles, mËnae quand on les conteste, que les Ihéorie:^ reçues, m^me quand ou les soutient.

Sjr HuaPBRï Davï.

Pour ce qui est de la question du Miracle, je puis seulement dire que le mot " impossible » n'est pas, à mon sens, applicable en matière de philosophie; que les possibilités de la Nature sont infinies. C'est là un aphorisme avec lequel j'ai couLunte de harceler mes amis.

HUXLEV,

-Le i^réEDmptoefn: soepticisme, qui rejette des fagte «ans i«5 «'ils sont réels, est, à quelques égajxls, plus blâ- 'une crédulité irrai sonnée.

Tenter des expériences sans suite et sans aaétbode, c'est mart^er à tâtons ; mais quand on les fait avec un certain ordre et en vue d'un certain but, c'est comme si l'on était guidé

11 faut supposer de l'ordre même entre les choses qui ne se suivent point naturellement les unes les autres.

Les hypothèses sont les poteaux indicateurs qui guident les travaillerurs.

Cbodkes.

Les idées préconçues soumises au contrôle sévère de l'expérimentatioii sont la flamme viviliatite des sciences d'observation ; les idées fixes en sont le danger. Uappelez-vous la belle phrase de Bossuet ; " Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient. >

Pasteub-

La science expérimentale est essenlicllemciit positiviste en ce sens que, dans ses conceptions, jamais elle ne fait interyenir la considération de l'essence des choses, del'orijïine du monde et de ses destiiK^es. Elle n'en a nal besoin. Elle sait qu'elle n'aurait rien à apprendre d'aucune spéculation métaphysique. Pourtant elle ne se prive pas de l'hypothèse. Nul au contraire plus que l'ei péri men tuteur n'en fait usage ; mais c'est seulement à titre de guide et d'aiguillon pour la recherche et sous la réserve d'un sévère contrôle.

Cl Bernard.

Il est bon d'aller de l'avant, par l'acte quand on le peut, mais toujours par la pensée. C'est l'espérance qui pousse l'homme et lui donne l'éaergie des grandes actions ; l'impulsion une fois donnée, si on ne réalise pas toujours ce qu'on a prévu, on réalise quelque autre chose, et souvent plus extraordinaire encore. Qui aurait osé annoncer, il y a cent ans, la photographie et le téléphone ?

Behthelot.

Plusieurs malades, devant lesquels je promenais le doigt à un pouce de distance de leur corps, croyaient sentir un vent léger, tantôt chaud, tantôt froid, qui formait une traînée. Ce mouvement, continué le long du bras et de la jambe appuyés et an repos, les engourdissait quelquefois et y excitait ensuite des picotements plus ou moins vifs, surtout quand les membres étaient paralysés. La doctrine du magnétisme admet, dans les corps animés, des pôles directs qui ne doivent pas avoir d'action l'un sur l'autre, et des pôles opposés dont l'action réciproque est plus constante. Je n'ai pas toujours reconnu celte correspondance. On assigne encore au nouveau lluide un courant de haut en bas probablement pour lui faire

subir l'action des nerfs regardés comme ses principaux conducteurs. Les expériences de meubles et de vases magnétisés, de sensations opérées par la réflexion des glaces, ne m'ont jamais paru assez satisfaisantes pour y attaclier quelque valeur. Mais, placé à côté du baquet (le baquet de Mesmer), visà-vis une femme dont- l'aveuglement, occasionné par deux taies fort épaisses, avait été, un mois auparavant, constaté par les commissaires, je la vis entrer d'u» pus fort tranquille, et, pendant un quart d'heure, paraissant plua occupée du fer du baquet dirigé vers ses yeux, que de la conversation des autres malades. Dans le moment où le bruit des voix était suffisant pour mettre son ouïe en défaut, je dirigeai, à la distance de six pieds, une baguette sur son estomac, que Je savais très sensible. Au bout de trois minutes, elle parut inquiète etagitée; elle se retourna sur sa chaise et assura que quelqu'un placé derrière elle ou à côté d'elle la magnétisait, bien que j'eusse pris auparavant la précaution d'éloigner tous ceux qui auraient pu rendre l'expérience douteuse. Quinze minutes après, saisissant les mêmes circonstances, je renouvelai l'éprfnve qui offrit exactement le même résultat. Toutes les précautions prises en pareil lieu n'avaient point été négligées. J'étais assuré que la malade n'avait retiré d'autres avantages de son traitement que d'entrevoir confusément certains objets à trois ou quatre pouces de distance... Les moindres mouvements magnétiques faisaient sur une autre malade une impression si vive que lorsqu'on promenait plusieurs fols le doigt à un demi-pied de son dos, sans qu'elle put le prévoir, elle était prise sur-le-champ de mouvements convulsifs et de soubresauts répétés qui lui annonçaient l'action exercée, et duraient autant que cotle action... Si on agitait à l'insu des malades le doigt sur leur tète ou le long de leur dos, sans les toucher, et même i quelque distance, ils sautaient souvent avec vivacité, en tournant la tête pour voir la personne placée derrière eux... Ces faits sont peu nombreux et peu variés, parce que je n'ai pu citer que ceux qui étaient bien vérifiés et sur lesquels je n'avais aucun doute. Ils suf/iront pour faire admettre la possibilité ou existence d'un fluide ou agent qui se porte de l'homme sur son semblable et exerce quelquefois sur ce dernier une action sensible.

l'rxtëiiioresation de la SBNSIBILITIJ

EXTRAIT DU BAI-PORT ANNUEL SDR LES PHOGBËS DR LA GHIHIB PRÉSENTÉ LK 31 MARS 18i6 A l'acADÉMIR DBS ScrENCBS DB

Stockholm, pab Bkbzelius, secrétaire perpêtoel. Chimie animale

Système nerveux. — Avant de rendre compte des travaux de chimie animale proprement dite qui ont été publiés, je désire dire quelques mots sur une recherche de M. Reichenbaoh, qui an Tond n'est pas du ressort de la chimie, mais dans laquelle il signale un certain état du système nerveux comme un réactif qui dépasse en sensibilité tons ceux qu'on a proposés pour une foule de phénomènes physiques et chimiques* Son mémoire a été publié dans quelques cahiers supplémentaires des Annales de chimie et de pharmacie pour (845, de MM. Liebig et Woehler.

On sait qu'il existe un état de maladie particulier du système nerveux qui occasionne un somnambulisme naturel ou qu'on peut produire artificiellement. Le dernier cas est appelé ordinairement, mais très improprement, Magnétisme animal. Les opinions ont été très divisées et le sont encore sur la réalité de cet état. D'un côté, l'on est disposé à croire tout avec une entière conviction, même les choses physiquement absurdes et impossibles, et, d'un autre côté, l'on ne croit rien et l'on rejette tout ce qui a été dit k cet égard, que ce soit préjugé ou supercherie : au milieu de cela, les plus raisonnables observent et se taisent. On ne peut nier cependant qu'il existe au fond quelque chose, et qui vaut bien la peine qu'on cherche à acquérir quelques faits positifs et à faire des ' recherches qui puissent conduire à des résultats bien avérés ■ car jusqu'à présent toutes celles qui ont été faites l'ont été par des hommes qui avaient une croyance illimitée sur cette question, et qui ne cherchaient point de preuves ou se contentaient de preuves insuffisantes. Les naturalistes plus raisonnables estimaient qu'il valait mieux s'abstenir, et ont tou-

nOTB c 19S

jours évité de s'en occuper. En altendaut, il est certain que l'expérience nous offre souvent dans toutes les branches de la science des phénomènes qui sont incompréliensibles, et dont on se tire le plus facilement endéclaraut qu'ils sont des ■erreurs ou des fables. Cependant, telle n'est point la véritable manière dont on doit procéder ; il est tout aussi nécessaire de prouver que ce que l'on envisage comme erroné l'est réellement que de démontrer que le vrai est vrai, et le véritable savant ne recule ni devnnt l'un ni devant l'autre.

Qui esl-ce qui ne se rappelle pus l'histoire de la chute des pierres météoriques qui s'est passée de notre temps, et combien le nombre était grand de ceux qui déclaraient que les relations antérieures et récentes de chutes de pierres du ciel n'étaient que des fables ou des erreurs d'observation 't Lorsque Howard lut à la Société royale de Londres un compte rendu des premières recherches approfondies qui avaient été faites sur ce sujet, le célèbre naturaliste genevois Pictet était présent. Passant par Paris pour retourner à Genève, ce dernier communiqua à l'Académie des sciences de Paris ce qu'il avait entendu à Londres ; mais comme il s'exprima en termes qui dénotaient une entière conviction de sa part, il fut subitement interrompu par de Laplace, qui s'écria : <• Nous en savons assez de fables pareilles ; » et Pictet dut s'arrêter.

Quelques années plus tard, une députalion de l'Académie -constata dans le déparlement de l'Aisne une chute de plus de deux mille pierres météoriques qui étaient tombées à la fois.

M. Reichenbach admet que le système nerveux des personnes qui sont sujettes au somnambulisme est dans un maladif doué d'une sensibilité plus grande qu'à l'état normal, et qu'elles peuvent être impressionnées par des iniluences qui n'alTecteilt nullement les personnes bien portantes, au point .que ces dernières peuvent complètement ignorer l'existence de ces influences. Il en est de cela comme des animaux qu peuvent suivre un son ou une odeur qui éebappent complète ment aux organes de l'homme. Il désigne ces personnes pai le nom de sensilivcs et a essayé d'étudier les impressions ^ju'elles éprouvent dans certaines circonstances qui influent

196 l'extériorisation de la sbnsibilité

eilérifturement sur elles, sans s'occuper, du reste, des phénomènes physiologiques qui accompagnent cet état, et qae l'on comprend par le terme général de magaélisme animal [().

Il a examiné en premier lieu l'effet des dynamides sur des personnes sensilives ; il a noté et comparé les impressions d'individus différents, et l'accord qu'elles présentaient l'aconduil à la conclusion que les personnes sensitives sont toutes affectées de la même manière par des influences qui étaient inappréciables pour lui-même et pour d'aulres personnes en bonne santé. 11 croit pouvoir arriver de celte manière à une * connaissance plus intime des phénomènes des dynamides que par nos sens à l'état normal. II s'est assuré ainsi, par l'accord parfait des assertions de plusieurs personnes sensilives, que lapolarité magnétique excerce sur elles une influence, qu'elles éprouvent une sensation différente pour le pôle nord quepour le pôle sud, et qu'elles s'aperi'oivent immédiatement lorsqu'on change le pti\e qui était tourné de leur c6té, bien que l'aimant soit dans une autre chambre qu'elles {i). Dans.

(1) Des observations de même ordre nvaient déjà été (aitea auparavant. Voici en efIeL ce qu'on lit dans L'Ami de la iialure, par SinagEtiBH Di LA ToL'H Lauzanne. 1TS4, in-12 .

« Présentez à tout corps que vous croyei: contenir de la matière (électrique) le dedans de la main ; s'il en existe, vous y sentirez on jœtit vent frais ,- c'est la tiartie qui est la plus sen^ble h ce petit vent provenant de la matii^re électrique.

■ J'ai pris d'une main une tabatière d'or unie ; je l'ai présentée an soleil et j 'ai rei;u les rayons réiléchis dans le dedans de l'antre main qui était h l'ombre ; j'y ai senti un petit vent frais, pareil h celui dont j'bI parlé et que l'on ressent lorsqu'on présente à cette parUe un corps quelconque qui contient de la matière électrique au degré, mfrae le plus faible.

■ J'ai fait la même expérience avec un miroir, etj'ai senti le même veut, mus moins trais.

■ Je conclus de ces expériences que les rayons de ta lumière du soleil sont les rayons atmosphériques d'une nature inconnue, qu'ils augmentent notre inatiËrc électrique et lui donnent plus d'énergie.n

(2) La Revue italienne l'Electricita cite, dans son numéro du 17 juin 1897. le cas de deux personnes, le professeur Murani et un garçon de laboratoire qui influençaient l'aiguille d'un galvanomètre par leur seule présenco, même sans vêtements ; la poitrine agissait comme un pùle N et le dos comme un pôle S,

l'obscurité elles voient une lumière faible qui émane des pôles et qu'il a dessinée d'après leur description. Il a trouvé que des personnes sensitives dont le sommeil était agité lors- ■que leur lit se trouvait dans la direction du nord au sud, dormaient tranquillement lorsqu'on plaçait leur lit de l'est à l'ouest ; ce qui prouve que la polarité magnétique de la terre exerce une inlluence sur elles. De grands cristaux exercent sur elles une influence différente, suivant l'extrémité qu'on leur présente, et, pour spécifier la nature de la sensation ■qu'ils produisent, elles la comparent à une sensation de chaleur ou à une sensation de froid ; les corps électro- positifs et électro-négatifs influent aussi sur elles d'une manière différente, de telle façon qu'elles ont pu les distinguer les uns des autres, bien qu'ils aient été entourés de la même enveloppe.

Mon but n'est point de donner ici un extrait des résultats ■de M. de Reichenbach, qui sont étrangers à ce rapport, mais seulement d'attirer l'attention des savants sur les recherches ■de M, Reichenbach, dont plusieurs ont eu le même sort que la communication de Pictet, dont il a été question plus haut. Ce sujet mérite d'être exploité par un grand nombre de savants, je dirai même par tous ceux qui se trouvent dans les ■circonstances nécessaires pour cela, et les résultats doivent eu Stre jugés sévèrement et rigoureusement. Celui qui fait des recherches sur cette question se trouve dans la même position qu'un juge qui a, à juger un délit dont il n'a pas été témoin oculaire, et qui doit peser et faire un choix de tous les détails des dépositions des témoins. Le savant doit posséder ici la même finesse pour questionner, faire également abstraction de toute opinion préconçue et examiner toutes les asser- . tiens avec la même rigueur qu'un juge, pour ne pas ajouter foi à la légère, et se laisser induire en erreur par des dépositions rusées ou mensongères. Cette recherche devient, en raison de ces différentes conditions, une des plus difficiles qu'un savant puisse entreprendre, et l'on doit réellement admirer le courage du savant qui, ayant découvert quelque chose à explorer à cet égard, et qui jouit d'une considération justement méritée dans la science, ose affronter les préjugés,

i98 L'RXTâniORISATIOn db ul bensibilitë

les esprits bornés, les pri!so m plions el même la dérision, et poursuivre hardiment le bat qu'il s'est proposé. Un sujet de recherches ne doit pas èlre abandonné parce qu'il est difficile à eiplorer ou parce qu'il est à tort négligé ou méprisé par ses contemporains.

LA VIE DES ATOMES ET LES BÉïËBlBS SCIENTIFIQUES

D'après Claude Bernard, « notre corps est composé de millions, de milliards de petits Sires ou indivUius vivants, d'espèces différentes : ces éléments de même espèce se réunissent pour constituer nos tissus, et nos tissus se mélangent pour constituer nos organes, et tous réagissent les uns sur les autres pour concourir avec harmonie à un même but physiologique... Ils s'unissent et restent distincts comme des hommes qui se donneraient la main, (Revue des Deux-Mondcn), 1864, 1" septembre. Le Curare).

Ea 1865. sir John Herschell écrivait dans la Forlnightly Review :

« Tout ce qui a été attribué aux atomes, leurs amours et leurs haines, leurs attractions et leurs répulsions suivant les lois primitives de leur être, ne devient intelligible que si nou» admettons en eux la présence d'un mental. »

Cette hypothèse n'est point nouvelle ; elle faisait partie des traditions qui se transmettaient les initiés.

Dans sa Monadohgie, Leibuitz s'exprime ainsi :

« %i. — Le monade est une substance wmp/eservantàfaire des composés : simple, c'esl-à-dire sans parties.

« § 2. — Les monades sont les véritables atomes de la Nature, les éléments des choses.

n g 8. — Les monades ont des qztalités, sans quoi elles ne seraient pas des entités.

11 g 9. — Si nous convenons de donner le nom d'âme à loiit ce qui a des perceptions et des désirs, toutes les substances

simples ou monades peuvent être appelées dmes dans le sens que je viens d'indiquer. >•

D'après Paracehe : € Tous les éléments ont une dme et sont vivants. Ils ne sont pas inférieurs k l'homme, mais il est diN férent en ce qu'ils n'ont point d'âme immortelle. Ce sont les Puissances de la Sature, c'est-à-dire ce sont eux qui font ce qu'on attribue généralement à la Nature. Nous pouvons les appeler des êtres, mais ils ne sont pas de la race d'Adam.»

« Il n'y a pas une cbose au monde, pas un brin d'herbe, sur qui un esprit ne règne, dit la Kabale des Juifs. Leur vie n'a pas pour centre un principe éternel : à leur mort tout est itni pour eux. n

Les microbes, que beaucoup de gens s'imaginent avoir été découverts de nos jours, étaient connus, ou du moins pressentis, depuis longtemps. Voici comment en parle un rêveur du ivu* siècle, Cyrano de Bergerac (1).

H Re pré sentes- VOUS donc l'Univers comme un grand animal ; que les étoiles, qui sont des Mondes, sont dans ce grand animal comme d'autres grauds animaux qui servent réciproquement dç Mondes & d'autres 'peuples tels que nous, nos chevaux, etc. ;et que nous, à notre tour, sommes ausii des mondes à l'égard de certains animaux encore plus petits, sans comparaison, que nous : comme sont certains vers, des poux, des cirons ; que ceux-ci sont la terre d'autres plus imperceptibles ; qu'ainsi, de même que nous paraissons chacun en particulier un grand monde à ce petit peuple, peut-être que notre chair, notre sang, nos esprits, ne sont qu'une tissure de petits animaux qui s'entretiennent, nous prêtent mouvement par le leur et se laissent aveuglément conduire à noire volonté qui leur sert décocher, nous conduisent nons-mômes et produisent tout ensemble cetbe action que nous appelons la vie... La démangeaison ne prouve- t-elle pas mon dire "î Le ciron qui la produit, est-ce autre chose qu'un de ces petits animaux qui s'est dépris de la société civile pour s'établir tyran de son

89, — La priMuiÈre éditiou de

pays... Quant à cette ampoule et celle croûte dont vous ignorez la cause, il faut qu'elles arrivent, ou par la corruption de leurs ennemis que ces petits géants ont massacrés, ou par la peste produite par la nécessité des aliments dont les séditieux se sont gorgés et ont laissé pourrirdans la campagnedes monceaux de cadavres ; ou que ce tyran, après avoir autour de soi chassé ses compagnons qui de leurs corps bouchaient les pores du nôtre, ait donné passage à la pituite, laquelle étant extravasée hors de la sphère de la circulation de notre sang s'est corrompue... Et pour prouver encore cette cironalité universelle, vous n'avei qu'à considérer, quand vous êtes blessé, comme le sang accourt à la playe. Vos Docteurs disent qu'il est guidé par la prévoyante nature ((ui veut secourir les parties débilitées : ce qui feroit conclure qu'outre t'âme et l'espHt il y aurait encore nous une troisième sii6s(ance intellectuelle qui auroit ses fonctions et ses organes à part : c'est pourquoy je trouve bien plus probable de dire que ces petits animaux se sentant attaqués, envoyent chez leurs voisins demander du secours, et qu'étant arrivés de tous côtés et le pays se trouvant incapable de tant de gens, ils meurent de faim ou étoufTés dans la presse. Cette mortalité arrive quand l'apostbume est mûre ; car pour témoigner qu'alors ces ani' maux sont étouffés, c'est que la chair pourrie devient insensible ; que si bien souvent la saignée qu'on ordonne pour divertir la fluxion profite, c'est h cause que s'en étant perdu beaucoup par l'ouverture que ces petits animaux tâ.chaient de boucber, ils refusent d'assister leurs alliées, n'ayant que médiocrement ta puissance de se défendre chacun cbez soy. »

Cyrano parle du reste quelques pages plus loin (p. 106) i< de boules transparentes qui servaient à l'éclairage et où l'on avait fiïé de la lumière sans chaleur ». C'est encore le problème que cherchent à résoudre nos électriciens.

Tout le monde connaît, au moins de réputation, son Hisioile comique des Etats et Empire de la Lune, mais ce qu'on sait moins, c'est qu'il y décrit une véritable montgolfière et un véritable parachute à propos d'un' des personnages qu'il met en scène !

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