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ACTION MFRANIQUF, DES RADIATIONS OCULAIRES

M. Jounet a repris récemment les expériences du magnétiseur Lafoutaine sur sou Zoomagnétomètre et il expose ainsi les résultats auxquels il est arrivé.

« J'ai refait, en 1893 et depuis, une partie de ces expériences, cellesquise rapportentàl'action du fluide des mains humaines sur une aiguille de cuivre suspendue en un bocal soigneusement fermé.

I L'aiguille de cuivre percée au milieu est suspendue, i l'intérieur du bocal de verre mince, par un 111 de soie non (lié ; le fil est cousu par son extrémité supérieure au centre d'une couverture de peau qui ferm; hermétiquement le bocal. Je place le bucat sur une cheminée de marbre solidement encastrée dans le mur. Je m'assieds en face du bocal, un peu audessous. La pièce est fermée, je suis seul, j'ai tout préparé moi-même. On est en pleine lumière. Dana ces conditions, laiguille étant bien reposée et parfaitementimmobile. si j'approche la main, les doigts en poinle, je mets l'aiguille en mouvement, je détermine des attractions et des répulsions.

» J'ai tenté avec le Zoomagnétomètre quelques expériences dont LafonCaine ne parle pas ; j'ai tenté de mettre l'aiguille dans tel ou tel sens, ayant abahsé les mains et n'ayant que les

Sâ6 l'eiTËRIORISATIO-I UE la SliNSIBILITi

yeux en faeeile l'aiguitU; j'ai réussi à In mettre en mouvement dans la direction roulue.

'• Alors le bocal étant pkci^ sur un rond de papier portant à la ci l'cou Florence des lettres de l'alphabet cerclées de manière qu'une Jes pointes de l'aiguille fdt en face de la première moitié de l'alphabet de A jusqu'à L et l'autre point de l'aiguille en lace de la seconde moitié de M jusqa'A Z, j'ai voulu voir si je n'arriverais pas. par la pensée, à mettre l'aiguille en moDvemenl, à laire s'arrêter légèrement ses pointes eu face de telle ou telle lettre et à former ainsi un mot voulu, détermini^ d'avance.

• J'y suis parvenu pour des mots courts et n'exigeant pas une trop grande amplitude du mouvement de l'aiguille ; j'ai formé ainsi les mots : roc, ère, nord, etc. Je conclus qu'il est possible parla seule action mentale et cérébrale, de mellie en mouvement une aiguille de cuivre suspendue dans un bocal de terre fermé et immobile et de faire tracer par des arrêts de cette même aiguille devant des lettres inscrites sUr un rond de papier placé au-dessous du bocal, toujours par la seule action mentale et céiébrale, des mots déterminés d'avance dans l'esprit.

u Or un cerveau humain est plus souple qu'une aiguille inerte. I,a possibilité de la suggestion mentale se trouve donc analogiquement confirmée par ces eipériences avec l'aiguille. ..

Ces expériences donnent également la clef de ce phénomène, que M. Chevreul a vainement tenté d'expliquer par l<>s mouvements inconscients et qu'il déllnissait aiusi :

« Penser qu'un pendule tenu à la main peut se mouvoir et qu'il se meuve sans qu'on ait la conscience que l'organe musculaire lui imprime aucune impulsion : voilà un premier fait.

« Voir ce pendule osciller, et que ces oscillations deviennent plus étendues par Pinfluence delà vti£ sur l'organe musculaire et toujours sans qu'on en ait conscience, voilà un second fait. «

On trouveradansmon livre sur l'Ea;(^iorisoIton de la molricite des faits tendant à prouver que le regard peut, comme la

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lumière, exercer une action désorganisatrice puissante sur la force psychique.

!iEns;B[LISjtTION DE SUBSTitnCES DIVERSES

(Extraits de mon iournal d'expériencM)

14 décembre 1891. — Samedi ISdiicembre avant midi, j'ai magnétisé fortement le bras et la main d'Albert et Béaliix qui ont tous deux la pi'opriété de s'extérioriser. Quand l'extériorisation a été produite. J'ai présenté aux effluves de chacun d'eus un verre d'eau différent pour les charger de leur sensibilité respective. J'ai ensuite versé quelques gouttes de chaque verre dans un troisième verre ; les deux sujets ont ressenti simultanément une sorte de commotion électrique très violente. Enfin j'ai jeté lé contenu des deux verres sur le sot de la cour et à peu près au même endroit, ce qui n'a pro< duit aucun effet sur les sujets.

Aujourd'hui lundi. Albert mo dit que, immédiatementaprès la séance, Béatrixet lui ont eu tous les deux des coliques qui ont duré toute l'après-midi du samedi. Les douleurs ont persisté jusqu'à ce matin sous forme de tiraillements dans l'estomac et dans les membres ; aujourd'hui ils n'ont plus que de la lassitude et de la courbature

3 janvier 1893. — Je sensibilise un verre plein d'eau en le plaçant entre les mains de M"* Vii poussée jusqu'à l'état de rapport et extériorisée. La sensibilité est transportée avec le verre jusqu'à plusieurs mètres, mais elle décroit avec la distance.

Des flacons de diverses substances plongées dans l'eau donnent des sensations désagréables mais vagues.

Une goutte de l'eau sensibilisée jetée dans le feu lui cause une sensation de brûlure îl chaque main.

Une gorgée d'eau sensibilisée avalée par moi lui donne une forte irritation au gosier.

Je la réveille et, après quelque temps de repos, reprenant

228 L'EXTËHIOHrSATIO» DE LA SENSIBILITÉ

mes expériences, j'enj^ourdis sa main ilroite par action prolonj^ée en isonome et je mets ses yeux en état d'hyperei- .litabililé pour lui faire voir ses ellliives. Elle voit alors que la main droite a conservé sa luminosité soit sur la peaa soil au bout des doigts. En projetant quelques gouttes de l'eau sensibilisée sur su mijin droite, la peau redevient lumineuse et sensible dans les parties mouillées ; j*ai dessiné uinsi sur sa main une croin, un cercle, etc.

Ui janvier iS9t. —J'essaie pour la pi-emière fois M"" Itobert qui est très sensible, mais qu'on a dirigée surtout du cûté de la lucidité. — Dès les premiers états, sa. sensibilité s'extériorise, mais elle croit «t décroit à l'extérieur suivant une loi assez confuse; il y a un maximum de sensibilité A une dizaine de centimètres de la peau; elle sent les paumes de ses mains comme si elles étaient en conlact, quand elle» sont à une vingtaine de centimètres l'une de l'autre ; ce qui l'élonne beaucoup, car elle ti'a jamais entendu parler d'expériences semblables.

Je sensibilise un verre d'eau et elle sent encore mes contacts sur ce verre quand il est éloigné d'elle d'une huitaine de mètres et dans une chambre voisine, tandis que ses couches sensibles ne s'étendent qu'à 3 ou 4 mètres autour d'elle. Elle a pu compter ainsi le nombre de fois que je trempais mon doigt dans le verre, bien qu'elle ne me vtt pas. Quand je plongeais dans l'eau des flacons d'odeur, elle ne percevait i[ue le contact des Uacons,

i i lévrier 1892. — M°" Vix est profondément endormie ; je sensibilise un verre d'eau. Elle souifre quand j'en bois une goutte; elle grelotte. Je la ranime en lui faisant boire toute l'eau qui s'est chargée de ses effluves.

Même réveillée, elle éprouve des sensations quand je touche les quelques gouttes qui sont au lond du verre.

24 février 1892. — M"' Andrée, endormie par M. Reybaud qui me met en rapport avec elle, a chargé de ses effluves un vi;rre d'eau; j'en absorbe quelques gouttes: elle manifesteune vive souffrance. Chaque fois qu'elle voit ensuite quelqu'un lies assistants faire mine de boire cette eau, elle se précipite sur lui pour lui arracher le verre des mains.

5 avril 1892, — M"» l,ux est endormie par moi ; je lui l'^iis sensibiliser une casserole pleine d'eau, puis je prie ua tiers Je mettre cette casserole sur le feu : au bout de quelque temps M"' Lux éprouve la sensation de chaleur bien qu'elle soi^ presque insensible iiu pincement que fait ce tiers sur ses couches sensibles.

2i juillet IS92. — J'endors profondément M°" Lux ; je lui fais placer le bras et la main dans une cuvette. Au bout <(•: quelque temps, l'eau lui parait chaude; elle sent vivement quand je touche l'eau, même après qu'elle en a retiré ses mains; elle éprouve une sensation vague quand je froisse le linge avec lequel elle s'est essuyé la main.

Quand je remue la cuvette et que l'eau balance, elle a. des haut- le- cœur, comme si elle était sur un bateau.

Dans lea premiers instants i>près qu'elle eût retiré sa main de l'eau, si je prenais une goutte de cette eau au bout de mon doigt, derrière elle, et touchais ensuite une partie de mon corps, elle ressentait mon attouchement dans la partie corins pondante de sou corps à elle ; au bout d'un temps assez court, cette localisation a disparu, il n'y avait plus que la sensation vague du toucher-

ii Juillet I592(llùpital de la Ghaiiié). —Après avoir chariji' un aimant en fer à cheval des effluves d'un malade par la mi';ihode du D' Luys. je place les deux pôles de cet aimant dans deux verres différents. Ces verres acquièrent pour les sujets des goûts différents : apréablo pour le pôle qu'ils voient bleu, désagréable pour le pôle qu'ils voient rou^e. De plus, l'aimant a perdu ses propriétés de tr.insfert, c'esl-à-dire que, pli'cè sur la tète d'un sujet, il ne produit plus chez ce sujet l'état psychique du malade dont il avait absorbé les efllures.

En 1893, j"ai eu l'occasion d'étudier pendant plusieurs jours et à diverses reprises la lille d'un de mes amis. M"* I de r. ohei; qui, à la suite d'une violente émotion subie à l'âge île lîi ans, des crises d'hystéries s'étaient déclarées.

Quand cette jeune fille était en crise, elle présentait la plupart des phénomènes observés à La Salpétrière, puis elli! tombait dans un état comateux suivi d'une excitation tout à e la sensibilité.

230 L'BXTÉRIOmSATIOn DB Li Ï^ENBlBILiTË

Dans ces moments-là, elle sentait quand la femme de chambre remuait ses eaai de toilette et avait souvent des malaises inexpliqués à la suite du versement de ces eaux dans les cabinets d'aisances. Je lui conseillai, lorsqu'elle se sentait dans un état de sensibilité anormale, de descendre ellem^me ses eaux dans le parc du château qu'elle habitait et de les verser sur le (;aion ; ce qu'elle prit l'habitude de faire et ce dont elle se trouva bien. Un jour o i, tout en chantant, elle vidait sa cuvette sur un buisson, on l'entendit pousser un cri de douleur; on accourut et on constata que, par mégarde, elle avait arrosé une touffe d'orties.

Cf. — Dans un article récent publié par le Zukunft de Berlin sous le titre : Les Curts sympathiques, \eD'Ka.riïl\i'Prel écrit :

» Il est intéressant d'observer que beaucoup de somnambules parlent de lenr rapport avec leur magnétiseur comme les Paracelsistes parlent de la mumie, et qu'elles attribuent à ces rapports des effets sur l'organisme. Un des somnambules du D' Kerner lui dit (Kerneh, Histoire de deux somnambules, 121, 132. 138) i • Je connais aussi un moyen par lequel ma chevelure que je viens de perdre repousserait : lu dois mettre trois mèches de tes cheveui dans un verre d'eau ; je laverai tous les matins ma tête avec cette eau et mes cheveux repousseront, • En employant ce remède, Kerner remarqua, à son grand étonnement, qu'une partie des cheveux de la som namhule prit une couleur extraordinaire, c'est-à-dire la couleur de ses cheveux à lui, et il lui fit part de celte observation. Elle lui répondit qu'elle le savait lorsqu'elle lui avait demandé le remède. Elle se lit encore donner quatre mèches de cheveux de Kerner et les mit dans la même eau. Ses cheveux devinrent de plus en plus épais et prirent tout à fait la couleur et la dureté des cheveux de Kerner.

V Une partie de l'eau qu'elle avait employée ayant été jetée par inadvertance sur le poélc, elle eut un mal de tête affreux qui ne cessa que quand toute l'eau fut vaporisée. Kerner rappelle à ce propos la tradition populaire qui veut qu'on ne jette jamais les cheveux, mais qu'on les briile jour qu'on ne puisse s'en servir pour des influences magiques, et qu'en

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outre, si les oiseaux emploient ces chereux poar la constmclion de lears nids, les personnes auxquelles ils ont apparteun souffrent du mal de tète pendant que ces oiseaux couvent. ■

Dans UB ouvrage publié tout rt'cemment (Le MagnéiisiM curatif), H. Bué rappelle les expéreucea qui montrent que l'eau peut absorber non seulement les effluves du magnétisé extériorisé, mais encore celles du magntUisenr.

■ Pour m'en assurer, dit-il, j'ai souvent répété l'expérience suivante sur des somnambules ; je leur présentais tout d'abord un verre rempli d'eau pure et je leur demandais : « Que voyexvous? ■ Etounés de ma question, ils me répondaient généralement sur uu ton d'indifférence marquée : « Eh bien ! c'est un verre avec de l'eau dedans. » Me mettant a l'écart, je faisais quelques passes sur l'eau et le verre et je les leur représentais i Donvean en renouvelant ma question. Il est rare alors que mon sujet ne lémoisnàt pas spontanément de son étonnementen s'écriant: Ah ! que c'est Joli ! comme ça brille ! on dirait de l'eau phosphorescente... »

" Si je faisais ensuite passer le verre aux personnes présentes en les priant de vouloir bien le magnétiser, chacune à leur tour, le sujet appelé à se prononcer sur l'êlat de l'eau percevait fort bien autant de couches de nuances différentes qu'il y avait eu d'opérateurs, comme si chacun de nous avait sQccessivement emmagasiné dans cette eau des radiations de qualités diverses qui s'étaient superposées sans se confondre. H

S" Le sang

Je n'ai fait aucune autre expérience sur le sang que celle qui est mentionnée à la page 134 du chapitre iv ; mais tous les anciens auteurs qui se sont occupés de la question le regardaient comme la substance la plus riche en esprit vital, ou en sensibilité pour employer le terme dont je me suis servi jus-

« Voici pourquoi, dit Karl du Prel (Les Cures synipathiques), on cherchait à agir directement sur lui pour guérir des abcès > des plaies, des hémorragies. Après une saignée, par exemple, on avait l'habitude d'enlerrer le sang après y avoir ajouté des

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herbes curatives. Ceci correspond à ce qoe dit une somnainbule : " Quand ou me saigne, alors je sens une grande quanlité de force magnétique me quitter; une personne qui serait 1res impressionnable pour les influences magnétiques s'endormirait facilement en aspirant la vapeur qui s'échappe du sang au sortir des veines. » (Du Potet, Journal du mayndlisme, VllI, 172.)

" Reichenbach arrive à la m^me conclusion ; il dît àpropos du sang saturé d'Od : » A dilTérentes reprises, Je levais les bras en l'air devant M'" Zinkel qui alors, au Tur et à mesure que le sang descendait, voyait très bien mes bras pâlir et perdre leur lumière.. Quand je les laisais retomber, elle les voyait redevenir lumineux dès que le sang affluait au bout des doigts. Je repris cette eiipérience avec M"' Zinkel plusieurs années plus tard. D'abord je lui montrai mes mains et mes. bras étendus horizontalement, puis je les élevai verticalement et aussitôt elle les vit devenir plus obscurs. Étendus horizontalement, ils redevinrent plus clairs, et, quand je les laissai tomber entièrement, elle les vit aussUôt tout à fait lumineux. La lumière odlque variait donc d'après la proportion de sang que contenaient les veines. '• (L'homme smnilif, I, 7r;6 ; II, 74.)

Cl Ceci explique comment le sang si riche en od peut être également si eflicace comme mumie. Mais on peut employer d'autres substances mumiques pour les cures sympathiques.

« Wirdig {Nova medkina s/iinfuum, II, R. 27) dit : ■ J'appelle mmnie et je considère comme véhicule de transplantation toute substance imprégnée d'esprit vital. » Lui aussi cile en première ligne le sang, mois il mentionne encore tonte sécrétion nu excrétion du corps : urine, sueur, lait, cheveux, ongles, i|ui, séparés du corps, gardent pendant un certain temps une P'irtion d'esprit vilal.

« II nomme également l'haleine et la salive, qu'on retrouve jouant un si grand rôle dans les guérisons du magnétisme animal, ainsi que dans les guérisons miraculeuses de l'Ancien et du Nouveau Testament. »

3° Les animaux

37 juin 1892. — M"" Lux a maiiilenaut un petit cliat. Pendant qu'elle était endormie majiiiétiquemeiit. J'ai mis ce petit chat sur elle et je l'ai caressé. J'ai produit ainsi chez elle un tel agacement de nerfs qu'elle se mordait les poings, et j'ai dû cesser.

Quand elle fut réveillée, je causaisavec elle de choses quelconques ; tout à coup, elle fit la grimace et dit qu'elle avait à la bouche un goût de viande qui lui ri^pugnait parce qu'elle venait de dîner et de prendre du café. J'ai constaté qu'à ce moment précis, !e chat qu'elle ne voyait pas était derrière elle, sous une table, i. manger de la viande qu'on lui avait préparée.

Elle m'a raconté que ce cliut, qui couchait sur sou lit, allait quelquefois, la nuit, exercer ses griiïes sur les rideaux de la fenâlre, qu'elle sentait alors des agacements dans ses propres ongles et qu'elle ne pouv.Tit les faire cesser qu'en se levant et chassant le chat.

M"' Le Faure a une petite chienne qu'elle met presque constamment sur elle, même pendant mes expériences; lorsqu'elle est extériorisée et qu'elle a chargé la chienne de sa sensibilité, elle éprouve tout ce que je fais subir ù la chienne ; elle prétend même re&senlir ses sentiments et suivre ses pensées qui seraient analogues à celles d'une personne, mais beaucoup moins précises.

Si cela était vrai, on pourrait ainisi aborder l'étude de la psychologie des animaux.

V Len végétaux

18 mars 1892. — Je mets un pot de jacinthes sur les genoux de U"' Lux quand elle est dans les états profonds. La (leur se charge de sa sensibilité ; M™* Lux réveillée, sent les altouclipments, le souffle, qui agissent snr la fleur éloignée d'elle de quelques pas, et elle les sent sur les genoux.

234 l'extëriokisation de la srihsibilitA

29 mars 1892. — Je sensibilise une fleur avec H*-* Lux exti^riorisée : la fleur présente une couche sensible, une sorte d'auréole au delà de ses pétales. Les pincements faits sur l'auréole sont ressentis plus vivement par M'" Lux que ceux qui sont faits sur la (leur.

28 juin 1892. — M°" Lus a acheté une sensitive qui est très sensible ; on la lui a apportée aujourd'hui même. Elle dit qu'à son approche la sensitive s'est fermée.

Quand elle approche ses mains de la plante, elles sont fortement attirées.

J'endors M"' Lux ; je place la sensitive à cfilé d'elle, entre se^ mains, pour la sensibiliser.

Quand la plante est sensibilisée, M"' Lux, encore endormie et placée à 1 métré, ressent les pincements quand je pince l'air à 2 ou 3 centimètres de la plante. Celle-ci parait, du reste, être entourée, comme un être bumain, de couches allernalivement sensibles et insensibles Jusqu'à plusieurs décimètres.

Quand je touche la plante et que je fais ainsi fermer ses feuilles. M"'* Luï ressent dans ses mains comme des cassures, puis les mains se contractent.

J'ai répété plusieurs fois l'expérience dans un laps de deux heures, cherchant à toucher la plante lorsque le sujettie pouvait la voir; à chaque fois, j'ai déterminé les mêmes phénomènes ; une action plus forte que les autres a mi'me produit une perte de connaissance momentanée.

Quand M"" Lux a été éveillée, j'ai fait diriger son doigt sur l'extrémité d'une branche; j'ai pincé l'air entre les deux, elle a ressenti le pincement, et les folioles de la branche m'ont paru se fermer un peu.

Quand je tenais à la main le pot renfermant la plante, il semblait à M°<° Lux que je la tenais par la taille ; la sensation devenait plus forte quand je tenais la tige, et j'ai provoqué un léger évanouissement avec contracture quand j'ai empoigné les feuilles à pleine main.

Quand je magnétise la plante en remontant, selon le sens de la sève, elle se sent bien ; elle est bouleversée quand je la magnétise en sens contraire.

piOTB I 233

■iO juin 1892. — Continuation avec M"' Lux des phénomènes d'attraction entre ses doigts et la sensitireet des communications de sensation entre elle et h plante sensibilisée.

J'ai magnétisé la sensitiTe. et il m'a bien semblé encore aujourd'hui que je faisais légèrement fermer ses folioles en les pinçant à distance.

2 Juillet 1892. — M"' Lux, réïeillée, ne sent pins l'odeur d'une fleur qu'elle a chargée de ses effluves pendant son som' meil, sans doute parce qu'il y a un accord trop parfait. C'est un phénomène à vérilier de nouveau.

Gf, — Ou trouve dans le tome VIII de la Bibliothèque du magnétisme animal {p. 115) une lettre de M. Le Lieure de l'Aubépin à Deleuze dans laquelle ce magnétiseur rapporte le cas suivant arrivé à sa somnambule Manette.

n Manette s'était endormie en ma présence en touchant à une branche de myrlhe précédemment magnétisée par moi, après quoi je suis sorti. Lorsque je suis revenu accompagné de mon frère qui m'aidait dans les soins que je lui ai prodigués, j'ai trouvé Manette endormie et dans une crise qui n'avait pas été prévue par elle.

" Après l'avoir tranquillisée, je lui demandai d'où était venue cette crise ; elle m'a répondu, à mon grand étonnement, que c'était mon frère qui eu était l'auteur, car il avait percé avec «s ongles une feuille de mi/rthe qui était avec elle en rapport magnétique, et qu'au moment même où il le faisait, elle était tombée en proie à une crise de nerfs très douloureuse.

« J'ajoute que cette branche de myrthe était éloignée de 6 mètres de la mriiade i>.

Une des somnambules du D' Kerner,qui avait tenu pendant totiglemps un cep à la main, disait, quand celui-ci fut mis sur une table, qu'il fallait le lui rapporter parce qu'elle n'était pas tout à fait sortie du cep et que l'éloignement soudain d'un objet ou d'une personne avec laquelle elle s'était trouvée en rapport raffectait toujours péniblement. Une aulre fois, tenant entre les mains une branche de noyer, elle dit : « Si on brûlait celt« branche imbibée de mon magnétisme, je souffrirais des douleurs atroces dans tunles les piirties de mon corps et j'en mourrais certainement. Si on la mettait dans l'eau, je

236 l'exTÉHIORISITION de la St>SIBILITI^

sentirais un frisson parcourir tous mes membres, toute ma force Sfrail abiorhét par t'eau, j'aurais la lièvre <^t je serais privée de mes sens. I.a seule chose qui pourrait me sauver alors serait qu'on me rit boire cette eau, et alors mes forces me seraient rendues. • (Kehneh, Histoire de deux somuiimbules.)

M"' I. de P. dont j"ai parb'' dans larlicle de cette, note présentait nu point de vue de la sensibilisation des objets extérieurs une afilnité particulière pour les végétuoi.

Quand elle était dans ses périodes d'bypérestiiésie sensorielle à la suite de crises hystériques, elle éprouvait des )^ecousses pénibles quand ou remuait près d'elle dans la caisse à bois les bûclies provenant des arbres du parc. Elle ne pouvait même rester devant le feu où les bù'^hesllambaient parce qu'elle éprouvait par tout le corps des sensaliotis de brûlure ; elle était obligée d'aller se cliaulfer à la cuisine devant un fourneau à charbon.

Un jour, où elle était couchée à la suile d'une de ses crises, elle entendit les coups de bacbe portés sur un arbre qu'on aballit devant les fenêtres; elle pria qu'on cessât parce qu'elle ressentait tous ces coups. U>>and elle se kvn, on s'aperçut qu'elle avait sur l'une des jambes un stigmate roujie circulaire à la hauteur où elle supposait qu'on avait attaqué le tronc.

a' Les aimants

Les expériences que j'ai commencées à ce sujet ne sont point encore asseï nombreuses pour pertnettie d'en tirer des lois ; il semble que cbaque pôle sensibilisé est le centre de couches concentriques sensibles différant des eflluves odiques perçus en bleu ou en rouge par le sujet.

On a vu dans le chapitre v les phénomènes de translert opérés à l'aide de l'aimant.

6° Les m^tauj:

On sait que largent et surtout l'or produisent généralement uue sensation très vive de brûlure quand on l'applique

TOTli I

sur l'une des couches de la sensibilité extériorisée dessujets. Ce qu'on n'avait pas encore signalé c'est que, chei quelquesuns d'pnt.reeuï.le ferabsorbe les effluves de lamême manière que l'eau chez les autres.

J'ai constaté ce phénomène d'une faroii extrêmement nette cliez un jeune étudiant de 20 ans, M Laurent, et chez une jeune femme de 25 ans, l.inu, module bien connu à Paris.

° Les cristaux

18 mars 1892. — Je fais préparer une dissolution sursaturée d'hyposulfite de soude afin de voir si la cristallisation de la dissolution sensibilisée n'arrêtera pas l'évaporisaLion de la sensibilité.

J'endors H"' Lux ; je sensibilise la dissolution avec sa main droite; H, F. fait cristalliser la dissolution en y jetant un . cristal sans que M"" Lux le voit. Elle pousse immédiatement un cri de douleur et tlnit par s'évanouir en disant qu'elle soulTre dans tout le bras droit.

Nota. Cette expérience a été répétée avec le mffme succès sur d'autres sujets; la cristallisation a toujours provoqué la crispation de la main qui avait servi à sensibiliser la disso-

35 mars 1893. — J'avais placé le ballon à long col qui contenait l'hyposulfite de soude dans une armoire. Je touche la surface des cristaux avec une baguette devant M™' Lux qui ressent encore l'attouchement.

27 mars 1892. — Je laisse M"" l.ux dans le salon où je viens de faire sur elle diverses expériences; elle cause avec des personnes qui lui demandaient des explications, et je passe sans rien dire dans la pièce voisine où j'avais porté depuis la L du sujet, le ballon contenant l'IiyposiiKHe crisit savoir s'il est toujours sensible, j'enfonce viopoignard dans la couche supérieure. Au même i terrible retentit dans le salon, et M"" Lux, les de larmes, tombe inanimée sous les yeux des

tallisé. Vouli lemment un instant, un <

spectateurs efîrayi b avril ISn. —

istallis

L d'hyposullile est à peine

238 l'extériorisation de la sensibilitjÏ

ssDsible à l'état de veille ; mais elle est encore très seasible pendant le sommeil profoad.

J'y ajoute de l'eau; M»< Lux ressent une impiession de

froid, etcatte sensation persiste assez longtemps, peut-être par suite de la redissolutiou des cristaux.

Quand j'agite cette liissolution, M""' Lm éprouve des maux de cœur.

19 avril 1892. — J'avais préparé nne dissolution de sucre pour savoir si elle retiendrait mieux la sensibilité extériorisée que l'eau pure. — En faisant l'essai avec Albert L., je ne constatai rien de bien saillant ; je lui fis alors boire l'eau qu'il avait chargé, afin de ne pas le lali-ser affaibli. Quand il eut absorbé les quelques cristaux de sucre qui étaient restés non dissous au fond du verre, Il dit qu'il ressentait de fortes coliques. Les coliques persistant malgré des impositions de mains, des suggestions, je te rendormis et le mis en état de voir l'intérieur de son corps. Il dit qu'il voyait les cristaux tout brillants parce qu'ils avaient condensé le fluide sur leurs faces et qu'alors ils étaient trop actifs et le brûlaient. Je finis par le guérir en lui faisant avaler beaucoup d'eau pour dissoudre le sucre, mais il gémit pendant une heure et demie.

Cette expérience unique ne doit être acceptée qu'avec réserve, d'autant plus qu'il faut se délier du témoignage de certains sujets qui ne perdent pas une occasion d'apitoyer leur magnétiseur sur leur comple.

8° Les étoffes

2 mars 1892. — H"' Lux a été endormie très profondément sur un fauteuil de velours; pendant son sommeil, je l'ai priée de s'asseoir sur un autre fauteuil, puis j'ai enfoncé, sans rien dire et sans qu'elle me vit, une épingle dans le siège du fauteuil qu'elle venait de quitter : elle a poussé un cri et refusé [de s'asseoir sur le second fauteuil, disant qu'on avait mis des épingles sur les sièges. J'ai alors caressé le velours du premier fauteuil : elle a rougi en souriant. Je me suis enfin assis sur le même fauteuil : elle a paru oppressée et m'a prié

de me lever parce que j'étais Irop lourd. Au bout de deux ou trois minutes, le fauteuil n'était plus sensibilisé.

Note. — Depuis que cette observation a été faite, H°" Lux a été fort malade et fort malheureuse ; sous l'iulluence des privations physiques et des douleurs morales patiemment supportées, les facultés se sont modifiées et elle a acquis une partie de celle des mystiques. La sensibilité, notamment, se dissout aujourd'hui {en 1898) beaucoup plus facilement dans )a soie que dans l'eau, propriété que j'ai constatée chez une antre voyante (Mireille).

Pour la plupart des sujets, les gants, les bas, les chemises, restent pendant quelque temps imprégnés de leur sensibilité. Aussi est-il prudent pour ces personnes, quand elles ont quitté ces vêtements, de les mettre dans un endroit sec et aéré au lieu de les laisser dans un local malsain comme ceux où l'on met généralement le linge sale. On peut enlever de suite cette sensibilité soit eu soufflant sur les vêtements, soit en les faisant tremper dans l'eau ; mais c'est alors l'eau qui devient sensible.

9° Substances yro-sses

11 juilUl 1893. — M"' Lux sensibilise très rapidement avec )a main une botte remplie de cold-creara. Chaque fois que je louche le cold-cream, elle éprouve une sensation nauséeuse et un mal de cœur, comme si elle mangeait de la graisse.

L'BXTÉHiOBiSATro» ET l'ehmagasinehent de la sensibilité

CONSTATÉS PAR d'aUTHBS EXPÊRIHENTATEUns.

Dans tes Etats profonds de l'hypnose (pp. 39-49) j'ai déjà rapporté un certain nombre de témoignages anciens relatifs à cet ordre de faits; en voici d'autres encore :

•1 Dans certaines hystéries compliquées de somnambulisme,

240 i.RiTÉntomsAiiON de l* sensibilité

ilars les eilases lucides, quelles qu'en soientles canses. on observe mi di^veloppement lout particulier de la sensibilité qui rend les sujets impressionnables à des sensalions dont l'objet est en dehors de la sphère d'impression normale. Ainsi t.els extatiques perçoivent des bruits ft des distances considérables, ils resrrnlent Ifs douleyrs des personnes présentes, ils sont impressionnés a^iréablement ou péniblement, curativement ou physiologiquement, par telles ou telles personnes, par le contact ou l'approche des mains et même par la volonté de ces personnes.

1 11 suffirait, pour appuyer ce que j'avance, de compulser 'es aimales relif/ieuses. médicales et magnétiques pour trouver un nombre considérable de faits venant constater l'impressionnabilité de certains individus plongés dans l^s divers degrés de l'état extatique, à l'influence d'autres personnes plus ou moins en rapport avec eux. Il serait facile de constater que cette influence, si considérable parfois en bien des cas, eât tout à fait indépendante de l'imagination, et qu'elle est due à une loi dynamique. » (D'' CniHPiCNON, Médecine animique, p. 133. |

Ba IS47. le D'' Burq constata qu'une somnambule nommée Clémentine, en traitement à l'hûpitat Beaujon, ne pouvait toucher un objet en cuivre sans éprouver la sensation de brûlure; le cuivre n'avait même pas besoin pour ù^ir d'être en contact avec la peau, il produisait son ellet h 30 centimètres de distance et même à travers les couverlures. (D' Moricourt, Manuel de mitaUothéfopie , p. H.)

M. Sausse, dans la Chaîne magnétique du VS mai 1889, dit avoir connu un magnétiseur qui, après avoir mis son sujet en somnambulisme, parcourait les bancs de la salle demandant qu'on lui fit, sur une des parties visibles du corps, une marque quelconque : la marque se trouvait aussitôt reproduite sur le sujet. « L'expérience la plus concluante que je lui ai vu faire est la suivante : le sujet était sur la scène avec ce teint d'albllre des anémiques; sa joue et son cou étaient très pdles ; le magnétiser ayant été fortement pinceau cou, immédiatement une rougeur très vive se produisit sur le cou du

flOTE K 241

sujet immédiatement au mÉme endroit; or, il y avait nne distance de près de ly mètres qni le séparait du mafînétiseur, et les personnes iuterposëes entre eux interceptaient toute communication visible ; je me trouvais à près de 8 mètres du sujet et j'ai parfaitement distinj;ué la rougeur que j'ai vue se produire et disparaître lentement. »

MM. de Krouz, de Siemiradzki et le D' Higier ont observé

le toucher à distance, cliez Eusapia Paladino, dans les expériences faites i Varsovie en 1894 {Revue i'hypmtiftne, 1894. p. 173).

Communication de M. Autre Denis, directeur de l'InslilM Iliffinotique de Verviers.

I,e samedi 13 mai 1893, à 2 heures et demie de l'après-midi, M. de Roclias procède devant moi, à Pacis, à, des expériences d'extériorisation de la sensibilité et d'envoûtement avec une jeune femme qu'il appelle M"" Lui.

11 est convenu que, revenu chei moi, à Verviers, je verrai si je puis, tout en évitant la suggestion, reproduire les mêmes pliénomènes sur une femme, sujet très sensible, dont je connais depuis longtemps la parfaite sincérité et que j'appellerai Aloud.

Le 31 mai, après avoir endormi Aloud comme d'habitude, je la conduis dans un sommeil plus prononcé au moyen dépasses tentes, allant du dessus de la tète au creux de l'estomac. Do temps en temps le sujet pousse des soupirs qui m'annoncent que des états de plus en plus profonds se succèdent.

J'avais déjà remarqué ces soupirs non sans élonuement, et très souvent je lui avais demandé à ce propos s'il ne souffrait pas ; il m'avait toujours répondu qu'il se portait bien.

M. de Rochas m'en a donné l'explication : le soupir est, chez la plupart des sensitifs, l'indication d'un changement d'état de l'hypnose.

Après le premier soupir, je questionne le sujet.

S42 L'siTËarORiSATio:* ob la seksibilité

— Qui ^tes-vous t — le suis Aload. Vous ne me connaissez donc pas pour me demander qui je suis V

Après le Ueuiième soupir, de nouveau :

— Qui eies-vous 7 — Je suis moi.

— Qui moi ? — Je ne sais pas.

— Connaissez-vous Aloud ? — Aslère la connaît bien.

— Elle existe donc ?— Elle a existé.

— Elle n'existe plus ? — Non.

Apres le troisième soupir :

— Qui êtes-vous ? — Je suis moi.

— Qui moi î — Je ne sais pas,

— Qui connaissez -vous î — Je vous connais.

— Avez vous connu Aloud ? — Non.

— Avez-vous vu tel ou tel ? — Non.

— Connaissez-vous d'autres personnes î — Non. Après le quatrième soupir :

— Qui êtes-vous 7 — Je suis Astère (1).

Je circule alors dans la chambre. Le sujet qui est assis R'agite ; je lui demande ce qu'il a : « Je voudrais marcher ".

Supposant qu'il a voulu m'imiter, je fais des mouvements avec la bouche; le sujet s'agite de nouveau; questionné, il dit : « Je voudrais mouvoir la bouche, n

Je me fais pincer le doigt par le seul ami présent, que j'avais prévenu à l'avance alln d'éviter la possibilité de suggestionner le sujet en communiquant mes intentions devant lui. Il s'agite encore et se plaint qu'on le pince.

Je lève le bras droit à plusieurs reprises et de plus en plus violemment: Aloud parait de plus en plus tourmentée; après un effort qui semble très violent, elle parvient à agiter ellemême son bras.

En dehors de sa vue normale, c'est-à-dire derrière elle, je pince dans le vide en m'éloignant de plus en plus de son bras gauche que j'ai eu soin de ne pas toucher. A 10 centimètres,

(I) On retrouve ici cet envahissement de la personnalité dn sujet par celle du m^nétiseur, quej'iû signalé dans les EtaUprofonds de Vhypnosf, pp. 20 et suiv.

KOTE K 213

et à lies distance diverses jusqu'à 3 ou 4 roèlres, elle ressent Teffet du pincement. (Juand j'approche une flamme ou que je donne des coupa d'épingle dans les endroits dont je viens de reconnaître la sensibilité, le sujet prétend être brûlé et piqué. Pour peu que j'opère avec persistance, elle se lève en poussant des cris : « On me pique ! on me brûle I > Les sensations 4e douleur sont même perçues d'une chambre & l'autre, la porte de communication étant fermée.

Sous le tHre Hypdrestkésie de ta sensibilité chez un sujet hypnotisé, la Revue de l'hypnotishe a publié, dans son numéro de décembre 1893, un article dans lequel le D' M. discute et ■combat les phénomènes d'extériorisation et d'envoûtement de de M. de Rochas.

J'ai vu à l'œuvre M. de R. et son contradicteur. Les procédés de l'un dilTèrent totalement de ceux de l'autre.

Le H' M. se contente de mettre son hypèresthêsique dans un premier état d'bynose plus ou moins profond suivant les dispositions du sujet; on sait que cet état est favorable à la ■suggesiioii ; de plus, l'opérateur prévient le sujet de ce qu'il Teul obtenir de lui. H. le colonel de R,, au contraire, par une magnétisation spéciale et prolongée, pousse le sommeil à. un -degré eitréme auquel ne songent pas à arriver ceui qui font de la thérapeutique hypnotique. Et voilii pourquoi tant de mé- -decins ne sont pas parvenus, malgré leurs essais réitérés, it produire des piqûres à distance.

M. de H. se garde bien, lui, de suggestionner: s'il le fait, ■c'est inconsciemment; et ses précautions sont tellement minutieuses que je ne vois pas comment cette suggestion pourrait

Quand le phénomène d'extériorisation est imité par suggestion, il ne se produit que si le sujet entend un bruit avertisseur : cela ne démontre pas plus la fausseté du phénomène que l'action de simuler habilement le sommeil hypnotique ne ■démontre la non-rêalité de ce sommeil.

Tous les sujets ne sont pas aptes à produire l'extériorisatjon de la sensibilité. D'abord, parce que (c'estlà une vérité banale) chez tous on ne peut provoquer le même degré de

244 l'extériousation de la seksibilitë

sommeil ; trop souvent la simple fermeture des paupières est tout ce qu'on obtient. Ensuite, si même le profond sommeil est acquis, les dispositions varient suivant les individus ; le système cérébral, quoique fait sur le mOme moule pour l'humanité eulière, ne donne pas chez tous des facultés identiques : il y il des sensés et des fous, des sensitif et des obtus, si je puis m'e;tprimer ainsi. C'est pourquoi l'on ne doit pas trop compter que tout sujet soumis à la méthode de M. de Hochas réalisera le phénomène attendu, fùt-ilun sujet modèle à certains points de vue.

J'ai cependant réussi à produire sur Aloud non seulement l'extériorisation de la sensibilité, ainsi qu'on vient de le voir, mais encore ce qu'on a appelé, en se reportant à certaines traditions, l'envoûtement.

Voici comment j'ai procédé :

Pour éviter tout bruit révélateur et toute idée préconçue du sujet, j'ai chargé, à son insu, de ses effluves un objet peu propre à éveiller son attention, une simple pomme cuite qui avait l'air de se trouver là par hasard.

Toujours Aloud a ressenti et spécilié ce que, en dehors de sa vue normale, je faisais à la pomme: piqûre, pincement, pression, brûlure et magnétisation.

Si c'est par l'hypéresthésie que le phénomène s'est produit, il faut reconnaître que cette sensibilité est arrivée à un degré inconnu et bien étonnant, d'autant plus que l'envoùtemeut a conlinué à produire ses effets, même après le réveil. I.e sujet, étant dégagé, s'indii;nail parce que je traitais d'imaginaire ce qu'il disait ressentir au moment où, k son insu et sans bruit,

Ces diverses expériences ont été renouvelées plusieurs fois avec succès, même lorsque je faisais pincer et donner des coups de canif dans le vide par un médecin que j'avais mis en rapport avec le sujet.

Je dois ajouter aussi qu'il m'est arrivé de ne rien obtenir dans certaines circonstances où le sujet ou moi étions mal disposés.

Ce sujet, que j'ai poussé spécialement du côté de la télépathie, m'a donné des preuves très singulières de vue à distance,

qu'il n'y a pas lieu d'exposer iui ; mais cette faculté peu servir de base à une objection.

N'a-t-ll pas lu dans la pensée et n'a-t-il pas simplement ressenti ce que je croyais qu'il devait ressentirîJe ne suis pas porté à le croire, parce que cette lucidité est un phénomène beaucoup plus rare et plus difficile à expliquer que l'antre: l'efTet était toujours immédiatement ressenti quand je pinçais, piquais, cbaulTaîs ou magnétisais la pomme, bien que je ne fusse pas du tout convaincu a priori de la réussite, tandis que je ne réussissais que rarement quand je voulais donner un ordre mental, et que, si j'y arrivais, c'était au prix d'efforts prolongés.

Quelle que soit l'explication qu'on arrive plus tard à donner <k l'extériorisation et à l'emmagasinement de la sensibilité, je considère pour ma part le tait comme déjà parfaitement établi.

ni

Communication de M. Horace Pelletier.

Le lo janvier 1S94, M. Pelletier m'écrivit une lettre dont j'extrais ce qui suit ;

<i Un de mes amis, M, Costet, a endormi devant moi, par te moyen de passes, Théophile A., un de mes sujets; il l'a rendu insensible, il l'a pincé cruellement, il lui a fait respirer de l'ammoniaque ; Théophile ne sentait rien. Voyant que le sujet était insensible, il l'a pincé à l'avant-bras, non l'avantbras charnel, mais dans son rayonnement à 10 centimètres environ du corps. Théophile n'a manifesté aucune impression ; il était en léthargie, comme mort.

" M. Costet a alors réveillé le sujet ; à mesure que celui-ci reprenait conscience de lui-même, il sentait des douleurs à l'avant-bras vis-à-vis de l'endroit où l'atmosphère avait été pincée, mais il n'y avait sur le bras, au point où la douleur se faisait sentir, aucune trace de pincement.

<i M. Costet a endormi ensuite au moyen de passes un autre sujet, une jeune femme, M°" Gaston B. ; elle a passé par les

246 L'ElTÉBIORISATIOn DE LA SEKSrBILlTÉ

mêmes phases que son prédécesseur. On a pincé sa chair, on lui a fait respirer de l'ammoniaque : elle a été parraitement insensible. l'uis on a pincé son atmosphère : elle a parfaitement senti les pincements, elle laissait échapper des cris de douleur. On a pris ensuite une épingle et on a piqué légèrement, très légèrement, on a à peine eflleiiré l'almosplière de son bras à 8 ou 10 centimètres: M°" Gaston n'a pas senli la piqiïre comme elle avait senti les pincements.

« Un autre jour, M. Costot a encore endormi M™' Gaston à l'aide de passes et l'a poussée jusqu'à uu étal profond de léthargie où la vie semblait l'avoir complètement abandonnêej puis il a approché et laissé à une distance de 13 centimètres de son bras un verre plein d'eau reposant sur une table.

» On a pincé alors la patiente à outrance, elle n'a rien senti, elle n'a fait ombre de mouvement. On l'a piqué avec une aiguille en différents endroits du corps, le cou, les joues, le gras des jambes, la main : elle a conservé la luènie insensibilité. Enfin les assistants se sont mis à pincer avec leurs doigts, à tour de rûle, la surface de l'eau contenue dans le verre : H"" B. a senti tous les pincements ; c'était pour elle une véritable torture. Avec la même aiguille dont on avait déjà fait usage, on a piqué l'eau et elle a senti la piqâre comme si o avait piqué son bras. On a relevé la manche de la jeune femme, on a mis sa cliair à nu et on a trouvé la peau entamée légèrement avec une petite rougeur faiblement sanguinolente. »

Nota. — Depuis cette lettre, M. Pelletier a envoyé à la Paix universelle (numéro du 30 septembre 18if4) un article oA il raconte qu'il a obtenu les mêmes efl'ets non plus à l'aide de passes, mais à l'aide de la simple fascination par le procédé oriental.

'< Je place, dit-il, au milieu d'un guéridon une carafe en cristal pleine d'eau; derrière la panse de la dite carafe est posé un bougeoir pourvu d'un bout de bougie allumée dont la flamme se voit de l'autre côté à travers la panse.

" Un sujet hynoptisable se trouve assis prés du guéridon de ce même côté opposé à celui du bougeoir et fixe lesyeui sur la flamme de la bougie; au bout de cinq à six minutes le

i^OTB K 247

sujet s'eiidori et reste plongé dans un profond sommeil magnétique, ie recommençais il y a quelques jours l'eipérience avec le même succès que d'habitude, lorsque l'idée me vint d'essayer si par le moyeu Ju mandeb je pourrais produire le phénomène de l'extériorisation de la sensibilité. J'ai fait ap~ prêcher uue autre table prés du sujet, à une distance de 13 centimètres environ de son bras droit, et j'ai placé, du côté de ce même bras, tout au boid de la table, un verre plein d'eau. Le sujet étant endormi, je le laissai dans son profond sommeil et j'attendis un certain nombre de minutes, six à hait à peu près, puis je pinçai rudement le sujet dans dilTérentes parties de son corps, remplissant loflice d'un véritable bourreau. Le sujet ne bougea pas, il ne sentait rien, c'était un cadavre. D'autres personnes exercÈrent chacune à leur tour leur férocité sur lui, il ne donna aucun signe de douleur : l'insensibiltté était complète, absolue. Je me mis alors à pincer fortement l'eau contenue dans le verre : le bras droit, voisin du. verre, fit un mouvement très accentué, tandis que l'autre bras, le bras gauche, restait complètement immobile. Je recommençai à torturer l'eau avec mes pincements comme j'avais torturé le corps charnel du sujet, et le même bras droit eut un mouvement bien plus accentué encore, exprimant une vive douleur. Le bras gauche continuait à garder sou immobilité. 11 est probable que, si le verre eût été placé à gauche au lieu d'être placé à droite, le bras gauche aurait senti de la douleur comme le bras droit. Les personnes qui assistaient à l'expérience se mirent aussi à pincer l'eau et le même phénomène se produisit exactement. La personne que j'ai endormie par le moyen du mandeb est une jeune flllette de treize ans, Olympe Masson, fille d'un de mes meilleurs sujets.

nCe qui ressort de ma tentative, c'est qu'elle vient condrmer les phénomènes obtenus par M. le comte de H. ; elle prouve qu'ils ne reposent pas sur l'illusion et qu'ils ne sont pas, comme quelques-uns se l'imaginent, l'elTet de la suggestion. La fillette plongée dans le sommeil ignorait ce que je voulais obtenir d'elle, et de mon côté je ne lui ai point suggéré qu'elle éprouverait telle ou telle douleur en pinçant l'eau; elle ne

248 l'eitëriouisation de ul sensibilité

se doutait pas que J'avais fait mettre à côté d'elle, dans le voisinage de son bras droit, un Terre d'eau. « -x , M, Pelletier, revenant sur ces phénomènes dans un autre article (La Paix universelle, l" décembre 1894), dit qu'il les a obtenus avec le couraut d'une pile. « Après lear réveil^ ajoutet-il, les sujets sur lesquels J'opère ressentent dans le bras charnel les conséquences des pincements et des piqûres que j'ai infligées à l'eau du verre, et la douleur persiste pendant plusieurs heures. >■

Notes du D' Encausse, chef du laboratoire d'hypnotisme da D' Luys à l'hôpital de la Charité à Paris

Le 18 novembre 1803.

Après avoir extériorisé la sensibilité cbei une malade, M"' L., par les procédés habituels, nous faisons rapprocher les mains du sujet de façon à ce que deux ïones de sensibilité se touchent et qu'il puisse sentir le contact de ses mains alors que les couches sensibles sont seules en contact.

Dans cet état nous approchons une boufiie allumée du sujet en passant rapidement au niveau des mains (simplement pour nous assurer de l'insensibilité), et en la laisant séjourner au niveau du point de jonction des deux couches de sensibilité extériorisée.

Le sujet accuse alors une vive sensation de brûlure, et après la séance nous constatons sur chacune des mains un petit durillon épidermique, insensible du reste, mais qui pet^ siste deux jours.

Marguerite J., qui était en traitement dans les salles pour une affection nerveuse, descendit un matin au laboratoire, la tête enveloppée de ouate. Elle nous déclara que, depuis la veille, sa joue droite avait considérablement enllé, A l'examen nous constatâmes les premiers symptômes d'un abcès dentaire. Je voulus tenter une expérience à ce propos. Je plaçai Marguerite en état d'hypnose profonde {état de rapport), et

j'eitériorisai la sensibilité. Après avoir constaté que cette extériorisation était produite, je pris un bistouri et, faisant ouvrir la bouche du sujet, je donnai un coup de bistouri dans le vide ati milieu de la bouche, la lame tournée à droite. Je réveillai ensuite le sujet et le renvoyai dans le ser-

Cinq minutes après environ, elle revenait tenant sur sa bouche une compresse pleine de sang et elle nous raconta que l'ahcès (qui n'était pas encore miîr cependant) s'était ouvert spontanément tandis qu'elle montait l'escalier pour rentrer dans la salle.

Nota. — On pourra consulter encore sur les eipériences faites à la Charité un article de M. Just Sicard de Plauzolle intitulé les Expériences du D' Luys et de M. de Rocfias sur l'extériorisation de la sensibilité (Annales LOGiE — Février 1863;.

Extrait des procé>i-verbaux de la Société magnétique de France {Séance du 26 novembre f892t

M. Durville parle de l'envoiitement des anciens et de la preuve de sa réalité, du moins sur certains sujets. Cette preuve, dit-il, est donnée par le magnétisme.

Tous les magnétiseurs savent que presque tous les sujets endormis sont complètement insensibles et presque tous ont éRalement remarqué que souvent, en approchant le sujet, celui-ci éprouvait certaines impressions. Maïs la connaissance des magnétiseurs n'est pas allée au delà. Il était donné au colonel de Hochas d'observer que la sensibilité du sujet, qui a disparu de la surface du corps, rayonne autour de lui, à une certaine distance, de telle façon qu'en piquant ou en pinçant la peau, le sujet n'éprouve rien et qu'en piquant ou en pinçant à distance, il éprouve une sensation analogue à celle de piqiire réelle. De là, le nom d'extériorisation de la sensibilité donné à ce phénomène.

Ce n'est pas tout, la sensibilité extériorisée du sujet peut

2S0 l'extériorisation de la SBXSIBILITÉ

élre fixée sur un corps quelconque; de l'eau, un fruit, un Quimul, etc.; et, en piquant ce corps, lesujetsenl une piqûre en un point quelconque. Si on modèle une figure de cire et qu'avec cerfaines prùcaulions on extériorise dessus la sensibilité du sujet, celui-ci ressent les moindres attouchements pratiqués sur la statuette ; et si on la pique, une impression de piqûre est ressentie au point correspondant et presque toujours un stigmate reste marqué sur la peau. M. de Rochas obtient ces pliénomènes en mettant le sujet dans une phase spéciale de l'état somuambulique, par des procédés assez compliqués.

« Me basant sur ma théorie de la polarité, dit M. Durvillei j'ai pensé que ces procédés étaient inutiles; et, par un arlilice des plus simples, j'ai obtenu sur des sujets entièrement éveillés ces phénomènes étranges qui montrent mieux encore la possibilité de l'envoûtement. »

Cette extériorisation ainsi obtenue peut également être fixée sur divers corps, et la sensibilité rayonne autourd'eux comme autour du sujet. De plus, l'ombre du sujet projetée sur un .mur par une lampe devient sensible, de telle façon qu'en piquant celle-ci sur le mur, a une distance de plusieurs mètres, le sujet éprouve l'impression de la piqûre au point correspondant. Chez le sujet, l'extériuiisation peut être localisée sur un membre, être transférée d'un bras à l'autre, d'un bras à une jambe et réciproquement. On peut même la transférer d'un sujet à l'autre. — C'est ce qu'il démontre dans une suite d'expériences avec quatre sujets, dont plusieurs, peu sensitifs, n'ont jamais élé endormis complètement.

M, Démarest fait une série. d'expériences avec le sujet le moins sensitif, également à l'état de veille. Il fixe la sensibilité du sujet dans un verre d'eau et (à l'insu du sujet) y plonge un flacon d'eau de laurier-cerise, puis un llacon de teinture de valériane.

On sait que leau de l'aurier-cerise détermine l'extase cbez les sujets entraînés et que lu valériane leur fait imiter les actions du clial. Le premier phénomène n'a été marqué que par les prodromes habituels de l'extase. L'effet de la valériane fut plus rapide et plus complet.

Expériences de M. Démarest

Un article paru en avril 1894 dans la ïtev e se e flqu â f idées spiritualistes et intitulé Lb Magisxe, expos le phénomène de l'exténorisation de la sensibilité et de sa aptat on d os un verre d'eau.

Il Ce sont, ajoute l'auteur, phénomènes courants dans les laboratoires ou les cabinets des magnétistes qu herche t i arraclier au sphinx de la psychologie tous ses ec ets

■ Un phénomène non moins constant, c'est celui qui se manifeste grdce à une poupée de cire : on prend de la cire viei^e ou de la cire à modeler, et on modèle une poupée femme ou homme ^ la distinction se faitpar les formes; seins et hanches.

II On ia remet entre les mains du sujet. Si on a pris un peu des cheveux du patient, ou de sa salive, Teffet n'en est que plus complet. On laisse entre les mains du sujet celte poupée jusqu'au moment où sa sensibilité s'est transportée dans la

" Puis ou prend la poupée et l'on s'éloigne. Tout ce que l'on fait sur la figurine, le sujet le ressent. Les piqûres se marquent sur sa peau. Vous l'empêchez de respirer par la pression sur la poitrine de ia statuette ou la strangulation,

B Mais voici des faits plus palpables encore.

« Le sujet a conscience de son dédoublement. Son grand désir, c'est de reprendre la figurine. Parfois donc, on assiste aune lutte entre l'opérateur et le sujet.

« Pendant l'une de ces expériences, que nous faisions avec M. Georges Démarest, on avait confié h une tierce personne la poupée de cire ; le sujet la veut reprendre et dans la lutte la figurine se décapite.

" Tableau ! Le sujet tombe par terre presque mort — en tout cas sans mouvement. Il fallut un très long temps pour le faire revenir à l'existence.

«Mais ce n'est pas tout. Pendant plus de huit jours, le sujet garda autour du cou une ligne rouge, comparable à celle que

SS3 l'eiiërioiusation ds la sensiBiLiiË

les membres de la noblesse de l'9S et 1796 se faisaient pour assister au bal des guillotinés. C'était comme si on lui avait coupé le cou, puis remis ensuite la tête.

B Voyons d'autres faits :

!■ Un jour la patiente laisse sa Hgurine et s'en va. L'opérateur place la petite statuette dans le tiroir d'un vieux meuble d'une salle froide oii, pendant l'hiver, la température descendait à 0.

a Bientôt, en réponse à une lettrede convocation, un mot nous vient, nous annonçant que le sujet était au lit en proie à une pleurésie ou ù une bronchite. Nous y filmes, et la malade nous demanda ce qu'était devenue sa statuette. Après l'avoir magnétisée, réconfortée, avoir fait disparaître la lièvre, nous rentrâmes chez nous, et notre premier soin fut de réclamer la statuette. On U découvrit dans cette glacière. On la rapporta au chaud. Trois jours après, le sujet se levait.

" Un fait non moins extraordinaire, c'est la découverte de i'atmosphére de sensibilité.

« Tout objet jouissant de vie, végétal ou animal, sensibilisé par le transfert, a, tout comme le sujet propre, une couche qui l'enveloppe et où se trouve la sensibilité du sujet qui a transféré tout ou partie de sa sensibilité h l'objet.

Il La sensibilité d'un sujet très délicat se retrouve dans son ombre. Parfois le sujet étant anestbésié, la sensibilité se retrouve 1 deux ou trois mètres sur les murs. >

Extraitde La Forge vitale, par te fp Baraduv, pp. 112 et suiv, (Parla, 4893)

... Le sujet étant mis à l'état de rapport- je voulus transporter du sujet 1" i. un sujet 2°, également mis à l'état de rapport, la vitalité psychique du centre frontal 1° au centre frontal 2°; du centre épigastrique 1° au centre épigaslrique 2° ; du centre génital 1° au centre génital 2° — en dehors de

tout phénomène de suggestion provenant de moi-même, les sujets étant séparés dans des pièces différentes

Le moyen de transport consistait en trois flacons remplis (l'eau, avec lesquels J'ai opéré dans les conditions et les circonstances suivantes :

l.éontine mi.se à l'état de rapport, je place sur son épîgastre et entre ses mains un flacon contenant de l'eau simple : deux passes condensantes sur cette eau.

Mon domestique, sujet extériorisable, reçoit le flacon el, sur mon ordre, avale le liquide. Léontine tombe comme une masse à la renverse, et je mets quelque temps à la faire revenir en posant ma main gauche sur le creux, épigastrique et la rappelant à elle. Elle reprend une partie de ses sens et témoigne une horreur iuvincible pour le sujet qui a bu sa vie en vidant le flacon.

Jean est éloigné, et, sans le sortir de cette phase, j'examine l'état qu'il présente.

L'eau a une odeur épouvantable de bouc, lui serre la gorge au pharynx; elle détermine surtout chezlui unéréthisme stomacal tel qu'il se précipite sur une côtelette crue avec le besoin instinctif de manger de la viande saignante: graisse, chair, tout y passe ;et, s'il ne mange pas les os, c'est qu'ils sont trop durs pour ses dents. Interrogé par le D'' Gama et les assistants, il répond qu'il a faim de viande saignante et qu'il la trouve excellente. Son goût habituel n'est pas tel, et, le lendemain, il reiuse une côtelette non cuite.

L'extériorisaiion de l'anima gastrique de Léontine, condensée dans le liquide bu par Jean, a donc produit cbez lui un besoin organique, un éréthisme animique, transmis une suractivité fonctionnello de l'organe, qni l'a poussé à manger de la chair crue avec délices.

Le fioùt et la consiriction de la gorge lui sont restés le lendemain jusque dans Taprès-midi, heure à laquelle une suggestion faite par M. de B. a enlevé celte sensation, que je lui laissais pour en voir la durée.

Dans la seconde séance, priant M. de R. d'intervenir auprès de son sujet, je lui demandai de mettre Léontine en disposi-

234 L'EXTËRIORISATrON DE LA SENSIBILITÉ

lion psychique gaie pour voir si, au contact du liquide sur le front, Jean accuserait uu état analogue.

Un flacon d'eau est placé sur la tête de Léontine; on lui parle de personnes sympathiques, de conditions et de situations dans lesquelles elle était très heureuse ; elle est rouge, colorée, prête peu d'attention aux paroles, reste distraite. Au bout de quelques instants, je présente, dans la pièce à cdté< le flacon au contact du front de Jean en lui demandant cf. qu'il éprouve : • Mal à la tête, lourdeur. » Je lui réponds ; « Ce n"est pas une sensation que je désire connaître, mais bien une idée ; éprouves-tu quelque chose à cet égard î » Il me répond ; u Oui, l'idée de la dame qui est dans le salon. >i Je loi demande de me délinir la nature de cette idée: «C'est une idée bonne, gaie : elle pense à un monsieur de trente-cinq à quarante ans, de taille moyenne et hrun. — Que fait-il? — Artiste. — Où est-il? — Je ne sais pas. >•

M. de R. parlait à Léontine pendant ce temps ; mais Léontine aimait un jeune homme, artiste, qui l'avait abandonnée, et le cerveau de Jean, ignorant du fait, a reflété l'image et reproduit la pensée la plus ancrée dans la cervelle de L., qui est partie rejoindre son artiste rêvé (I).

La troisième expérience a trait au foyer génital. Pendant quelques instants un flacon est mis sur le bas-ventre de Léontine, et, au bout d'un instant, je prends le flacon et le porte au front de Jean qui n'éprouve rien ; mis sous la nuque, il détermine un malaise qui se traduit par des mouvements de gêne, une sorte d'énervement, tandis que, dans l'autre pièce, Léontine, toujours à l'état de rapport, est énervée, excitée et maintenue par M. de R. Porté sur le creux épigaslrique de Jean, il produit une commotion ; descendu à la région pubienne, le flacon est renversé. Immédiatement Léontine, dans l'autre pièce, tombe, les jambes refermées dans un spasme général caractéristique, d'où M. de R. la tire en la plongeant, par une pression sur le milieu du front, dans une extase religieuse où elle voit des formes blanches qui la ravissent.

Ei^èrience de M. Boirac, docteur és-lettres, professeur agrégé de philosophie au lycée Condorcel (i).

Ai-je réié ? Les phénomènes que j'ai vns dans la soirée de Dimanche dernier étaient-ils bien réels?

Mon ancien professeur, M. X.. m'avait invité à des expériences d'hypnotisme qu'il devait faire ce soir-là. Comme je lui demandais, quelques jours auparavant, ce qu'il fallait penser des expériences de M. de Rochas sur la sensibilité extériorisée. « Venez chez moi, dimanche soir, vers neuf heures, m'avait-il répondu, j'essaierai de les reproduire en voire présence, vous en jugerez par vous-même, b

A neuf heures donc, j'étais introduit cher. M. X. par un jeune garçon de quinze à seize ans, robuste, bien râblé, aux traits réguliers, au teint brun, au regard vif et droit ; et ma première surprise fut d'apprendre que ce jeune homme, originaire des Pyrénées, était justement le sujet sur lequel devaient se faire les expériences.

« Vous vous rappelez, peut-être, me dit M. X., les notes parues dans les journaux sur les phénomènes extraordinaires découverts par M. de Rochas. J'étais bien prêt, je l'avoue, de partager l'opinion des gens qui ne voyaient dans cette prétendue « extériorisation de la sensibilité » que des «fTets' de la suggestion, peut-être même de la simulation, deux causes d'erreur bien fréquentes et bien puissantes dans cet «rdre d'expériences. Notez que les gens qui parlaient ainsi étaient presque tous des médecins dont l'avis fait autorité dans la matière : ils déclaraient n'avoir jamais rien observé de pareil. Cependant, au mois de Juin dernier, comme je venais d'endormir pour la seconde ou troisième fois un sujet, non pas celui que vous avez vu, mais un jeune ouvrier parisien, à peu près du même âge, j'eus tout-à-coup l'idée de

256 l'extériorisation de la se.>:sibilitë

tenter l'expérience. Je fis apporter uii verre à moitié plein d'eau, et, sans Taire part à personne de mon intention, je le mis entre les mains du sujet préalablement endormi. Je n'espérais puère réussir, car d'après ce que j'avais lu, le phéno^ mène avait pour condition nécessaire un état particulier du sommeil, une sorte de sommeil h la quatrième ou cinquième puissance. Or, mon sujet venait d'être endormi en quelques secondes, par la fixation du regard. Pourtant, au bout de deui ou trois minutes, je retirai le verre, m'éloignai de trois ou quatre mètres environ et trempai brusquement mes doi^-ts dans l'eau. Instantanément, le'sujet qui se tenait debout, les yeut clos, tressaillit comme frappé par une décharge électrique. Interrogé, il me répondit que je venais de le frapper sur la main et il indiqua celle des mains qu'il avait posée audessus du verre. Je tordis l'eau entre mes doigts ; aussitôt il se mit à crier que lui faisais mal, que je lui tordais la maÏD et il imitait sur sa main le geste que je venais de faire dans l'eau. Mêmes phénomènes quand je me plaçais à trois ou quaire mètres derrière lui. Depuis, j'ai renouvelé et varié ces expériences avec ce même sujet, avec un second, ouvrier parisien comme lui, enfin avec le montagnard que vous venez de voir ; toujours pendant le sommeil bypnotique. Elles ont donné des résultats qui concordent sur tous les points essentiels et que je publierai peut-être un jour; mais ce soir je voudrais essayer quelque chose de nouvcau-

II n'y a pas, vous le saves peut-être, de différence absolue entre l'état de veille et l'état d'iiypnose. On passe de l'un à l'autre par une série indélinie de degrés, et tous, ou presque tous les phénomènes, attraction, contracture, suggestion, etc., qu'on produit pendant le sommeil peuvent être obtenus ches la plupart des sujets à l'état de veille. Dès lors, il sera permis de supposer qu'on peut extérioriser la sensibilité d'un sujet tout éveillé. Nous allons essayer de vérifier l'hypothèse.

A ces mots, le professeur fit venir Jean dans la salle où nous nous trouvions, et, quand il se lut assis, lui mit entre les mains un verre à demi plein d'eau. J'examinais le sujet avec curiosité : il était évidemment bien éveillé et répondait sans embarras a toutes mes questions ; il paraissait surtout in-

SttTE K 2S7

trigué par ce verre d'eau qu'il échauffait entre ces doigls. Après quelques instants, le professeur lui pinça légèrement le poignet en lui demandant s'il sentnit. Il répondit : pas beaucoup. Le pincement réitéré une ou deux minutes plus tard amena cette réponse : je ne sens plus du tout. Alors commença pour nous la plus étonnante série de phénomènes qu'il soit po.ssible d'observer,

H. X., ayant fait le simulacre de pincer l'air à quelques centimètres au-dessus du poignet, le sujet eut un soubresaut en disant qu'on lui faisait mal. Le verre fut retiré, et nous étudiâmes cette étrange sensibilité ainsi projetée hors di! la peau à une distance d'environ douze centimètres. Je constatai par moi-même que tous les pincements faits sur la peuu laissaient le sujet insensible mais qu'il suffisait de presser ou de tordre l'air au-dessus pour le faire tressaillir et même crier.

Déjà le sujet ne nous regardait plus avec la même conflance, il se mettait sur là défensive. Aussi, quand le professeur prit le verre, il demanda avec appréhension si on allait encore lui faire mal, et il fallut lui promettre qu'on procéderait très doucement. Mais à peine .M. X. eut-il etileuré la surface de l'eau que Jean tressaillit disant qu'il venait d'être frappé, et it indiquait l'éplgastre. C'est encore i. l'épigastrc qu'il ressentit une piqûre faite dans l'eau et qu'il perçut les vibrations d'une montre posée au-dessus du verre. Des mouvements giratoires imprimés au liquide lui faisaient, disaitil, tourner le cœur : accélérés, ils provoquèrent une sorte de danse du ventre qu'il nous pria d'arrêter sur-le-champ. Toutà-coup, M. X. ayant légèrement soufilé dans le verre, je vis le jeune homme fermer les yeux et tomber inerte sur sa chaise comme frappé de la foudre ; ce souflle l'avait endormi. Quelques passes fuites Uiivant le front suffirent pour le réveiller, et il ne parut même pas soupçonner ce qui venait de se passer.

« Je vais maintenant, dit M. X, essayer l'expérience inverse, c'est-à-dire influencer à mon tour le verre et le mettre entre les mains du sujet qui trempera ses doigts dans l'eau, — Quel résultat, pensé-je, peut-il attendre d'une telle expê-

25S l'bxtiiiuor[sation de la sensibilité

riencc ? H ne s'imagine pas sans doute ressentir aussi les rtttouchemenls taits dans l'eau par le sujet ? > Ha curiosité augmente quand je vois l'opérateur jeter an voile sur la tët« de Jean qui tient le verre où plongeaient deux doigts de sa main droite. Nons nous éloignons loua deux à une distance d'enïiron huit mètres et il me présente silencieusement sou poignet droit en me faisant si^ne de le pincer. J'obéis; le sujet reste impassible. « Allons, dit M. X, l'expérience a échoué ; j'espérais la réussir comme les autres à l'état de veille : le sommeil en est sans doate la condition nécessaire. Endormons le sujet*. Quelques passes et c'est fait, nous procédons comme nous venions de le faire ; mais cette fois dès que je pince l'opérateur, le sujet frissonne et se plaint: il indique le poignet droit comme siège de ta sensation qni paraît très vive.

J'interpose un écran entre lui et nous; même sympathie instantanée. M. X. me fait sigse de lui prendre la main et un troisième assistant qui vient d'entrer dans la pièce est invité par signe â me pincer le poignet. Comme si la sensation se transmettait par le corps de H. X., le sujet l'éprouve en même temps que moi mais beaucoup plus fortement. Il semble se débattre contre une intolérable souiïrance. M. X. doit le calmer. « Je vais, dit-il, le réveiller. » Phénomène plus incompréhensible peut-être que tous les autres, il le réveille en faisant des passes non autour de son front mais au-dessus du verre. A mesure que sa- main passe et repasse, les paupières du sujet frémissent, les prunelles roulent, les yeux s'ouvrent. Voilà le sujet revenu à lui, et, cela va sans dire, il n'a gardé aucun souvenir de ce qui vient de se passer.

Si je n'avais vu moi-même ces phénomènes, j'accuserais certainement d'imposture celui qui m'en ferait le récit. Décidément, si cette nouvelle science aboutit dans ses recherches, nos neveux verront d'étranges choses.

Note fournie par M, Bodroux, docteur -es-sciences, â Poitiers.

J'ai eu trois sujets remarquables chei lesquels je provoquais parfaiteiueut l'extérionsation de la seosibilité.

La première était une femme de 30 ans, M™' A. ; le second un élève de mathématiques spéciales, M. B. ; le troisième une jeHDs fille, H'i> C.

Chtt ià"' k. J'ai obtenu facilement trois fois cette expérience ; je u'ai (ait qu'une eipérieuce avec les clieveui des deaj. autres sujets.

Tous trois, ea état de rapport, voyaient les effluves sortant du corps du ma;;aétiseur. bleus à gauche« rouges à droite; aeolement pendant que M°" A. et M"» C. les décrivaient soua 'orme de flamme, H. B. les décrivait comme des rubans.

Chei M°" A. la dislance de la première couehe sensible de 'épiderme était de 50 centimètres environ ; les couches suivantes étaient distantes de i mèlre et nous avons pu consater l'existence de dix de ces couches ; celles-ci traversaient "acilement les Wnrailles.

Chei H. B et M"' C, la distance de la première couche n'é- :alt que d'une trentaine de centimètres et celle des autres de i«,60 (t). Je n'ai déterminé chez ces deux sujets que la posiion de quatre de ces couches.

(i) On remarquera que la loi d'espacement des diverses couches se produit encore ici contormément & la tliéorie que j'ai proposée : mais la distance entre les couctieB est notablement dilfércnte de celles que j'ai observées ordinairement ,J'ai trouvé des distances à peu près semblables chez M''-' Vix au moment où elle relevait de ma. ladiei. D'après ce que j'aisupposé, cet espacement serait toDclion des rythmes de la respiration et du pouls ; il serait bon, h ï vérifier cette hypothèse.

l'bxtiiHiorisation de la sensibilité

Vue expérience de .W. Philippe

Il existe actue11>!nient à l.yon un gnérisseur célèbre nommé Philippe ; une dame qui a eu souvent recours à lui, il y a une qninïaine d'années, m'écrit au sujet d'un fait qui eut lieu â celle époque.

■ Quelquefois il s'amusait à faire toutes sortes d'expériences. Ub jour je me plaignais d'une gène que j'aïais sur le cœuv ; il me dit devant tout le monde (il y avait plus de 200 person- . nés) : « Voalei-vous sentir votre cœur sous la main à une certaine distance.! C'était un peu ridicule, mais j'essayai.

II me fit étendre la main au-dessus d'une table et me dil - H Ne bougez plus, vous allez sentir les battements, u Très surprise de sentir eu effet fortement les battements annoncés, je m'écriai: " Mais c'est vrai, je les sens très bien ». A ce moment une de mes petites Dlles ijui avait 5 ans, intriguée, passe vivement la main sous ma main suspendue dans le vide nu dessus de la table; je jetai des cris horribles; il me semblait que des griffes de fer me broyaient le coeur ; mais, très lestement aussi, ce monsieur avait ari-êté lo bras de ma lllle ; il était tout pâle et dit à l'assemblée que si cela s'clait prolongé une seconde de plus je pouvais en mourir.

"Il avait voulu prouvera toutes les pej-sonnes présentes que, sans endormir, il pouvait amener la sensibilité à une ceriaine distance de la personne. »

Expériences du D' ioire [de Lille)

Dès l'année 1892 le D' Joire avait reconnu que, dans certains cas, un sujet pouvait reconnaître, les yeux fermés, sur' quel point de sa peau se dirigeait la pointe d'un stylet qu'on' promenait i quelque distance de sa peau.

Après la publication de la première édlliori de ce livre en 180;), il reprit ses expériences et confirma les résultits que j'tkvais obteaus, dans un article publié par tes Annales dût nciences psychiques (nov. déc. 1897), doot je reproduis ici les passages principaux.

" Le sujet qui a bien voulu se prêter ù ces expériences est un sujet très hypnotisable. La première fuis que je l'bypno- .tise, j'obtiens d'emblée l'élat léthargique, puis par les procédés habituels, il m'eut facile de le faire passer en catulepsie et, dans cette phase de l'hypnose, j'obtiens la fascination, ce qui indique une suggestionabilité très grande. Ue la catalepsie je le ramène rapidement à la léthargie pour le faire passer ensuite en somnambulisme. Mon sujet aiTive très rapidement au somnambulisme du troisième degré, élat dans lequel il est insensible à toutes les excitations venues du dehors, mais il est en communication directe avec moi, il m'entend et me répondra si je lui en donne l'ordre. Il est essentiellement sug- K<^stîonnable, il exécute inconsciemment, involontairement, les suggestions que je lui fais, il exécutera de même les suggestions posl^hypnotiques : en un mot, su responsabilité a complètement disparu. Enfîn il sera amnésique à son réveil.

« Tel étant l'état du sujet, je constate d'abord son insensibilité absolue en piquant vivement la peau en divers points du corps avec une épingle; je constate qu'il yapartoutanesthéaie complète. Je place alors un verre rempli d'eau entre les mains du sujet, tandis qu'une personne placée derrière lui lient les mains hermétiquement appliquées sur ses yeux. Je pique alors avec une épingle la surface de l'eau contenue dans le verre et aussitôt mon sujet, par l'ex pression de sa physionomie et par un mouvement involontaire, témoigne qu'il ressent une douleur. Je lui demaude alors ce qu'il éprouve et il me répond : Vous me piquei la main gauche. J'appuie alors la pointe de mon épingle sur la paroi extérieure du verre, ne touchant pas l'eau, le sujet n'exprime aucune sensation; j'enfonce de nouveau mon épingle dans l'eau sans toucher le verre en aucune façon, aussitôt le sujet me répète : Vous me piques à la main gauche. L'expérience est répétée à plusieurs reprises, chaque fois que je pique le verre, le sujet ne sent rien.

'262 i.'ëxtébiorisation se la sensibelitë

quand, au contraire je pique I'p au qu'il contient, ilreaseiit instantanément la piqûre el finit par me dire avec une certaine impatience : Kous me faites mat, vous me piquez.

"Je ferai simplementremarquer.au sujet de cette expérience, que, lorsque je pique le verre, jappuie mon épingle asseï fort sur ses parois, le sujet peut donc ressentir dans ses mains un certain ébranlement, une sensation de contact ; s'il y avait là une au to-suggestion, elle se révélerait certainement à ce moment, et pourtant il ne sent rien. Quand je pique la surface de l'eau, au contraire, j'ai soin de ne pas toucher avec les doigts la paroi du verre ; aucun ébranlement mécanique ne peut lui être transmis, et pourtant, c'est alors qu'il ressent nettement la piqûre.

" J'ajouterai encore que, la première fois que j'ai fait cette expérience avec ce sujet, je n'avais prévenu ni le sujet ni les assistants de ce que j'allais faire, et cela pour une bonne raison, c'est queje ne le savais pas moi-même. L'idée de tenter l'extériorisation de la sensibilité ne m'était venue que lorsque j'avais vu le sujet arriver si facilement au plus haut degré de somnambulisme, et je l'avais mise à exécution sans rien dire,

• Dans une antre expérience, après avoir placé le sujet dans le même état de somnambulisme et lui avoir d'abord, comme précédemment, mis entre les mains le verre d'eau dans lequel j'avais extériorisé sa sensibilité, je pris le verre et le tins moi même devant le sujet à nne petite distance, mois sans qu'il y eût aucun contact avec lui ; il ressentit de même la piqûre, mais il me sembla que l'impression était un peu moias forte. Le verre d'eau placé ensuite sur une table devant le sujet, les résultats furent identiques.

• Dans cette même séance, je fis une nouvelle expérience: au lieu de piquer la surface de l'eau avec une épingle, j'enfonçai légèrement dans l'eau l'extrémité du pouce et de l'index et, les doigts ainsi placés, je les serrai vivement l'nn contre l'autre. Le sujet témoigna comme précédemment qu'il ressentait, une douleur, mais avec cette différence que, interrogé sur ce qu'il éprouvait, il me répondit imssitôt : Fous rue pincez, et non pas : Vous me piquez, comme les autres fois.

"A plusieurs reprises, je piquai et je pinçai l'eau altema-

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