DEUXIÈME QUESTION
Par <[ael «rsaae se fut la perception de PeffluTd ?
Tent«s les deacriptitms des s^eés rapporteiit la peeîtisn de l'efQuve à certaines parties hian détertsàDées -àeË ctupe ;
34 l'eXTËRIORISATIO^ I« L\ SENSIBIL[TÉ
lantôt l'effluve enveloppe le corps, tantôt il est localisé aux extrémités de celui-ci. Dans tous les cas, il est absolument solidaire de la forme et de la position du corps. Cela se voit très nettement sur les dessins et peintures exécutés d'après nature par le sujet L. au moment même de la perception. Comme la perception du corps est effectuée i»ar la voie de la rétine, on est amené à conclure que celle de l'etfluve a lieu aussi par la même voie.
D'autre part, les descriptions de ce qui se passe dans le champ du spectroscope et dans celui des deux Niçois démontrent aussi que c'est l'œil, alors le seul organe intéressé, qui reçoit l'impression do l'effluve.
Enfin, les sujets n'ont connaissance de l'ettluve que lorsqu'ils ont les jeux ouverts et regardent attentivement l'objel.
11 nous iMiraît donc établi que la perception de l'effluve se fait par la voie de la rétine.
TROISIËHE QUESTtO\'
Comment les différenlB sujets décrivent-ils reffluve ?
Dans les descriptions de l'effluve laites par différents sujets, il faut distinguer certains caractères communs et gér néraux, qui sont absolument constants ; et d'autres qui, variables suivant les individus, peuvent servir à définir la façon de voir de chacun de ceux-ci.
à) Caractères constants. — Tous les sujets décrivent l'etfluve comme une flamme sortant du corps soit par toute sa surface s'il présente une fonnc arrondie, soit par ses deux extrémités s'il a une forme allongée.
Dans ce dernier cas, chaque sujet attribue aux deux effluves deux colorations distinctes.
Celte fiamnie se comporte de deux façons, qui sont constantes pour tous les individus. Pour certains corps, comme les aimants puissants, qu'ils soient en forme de barreau droit ou de fer à clieval, elle sort dans le prolongement des branches, celles-ci étant horizontales ou verticales ou dans une position quelconque. L'effluve des doigts est aussi toujours dans le prolongement de ceux-ci. Pour d'autres corps, l'effluve est vertical ; son intensité est alors aussi beaucoup plus faible.
On peut encore obtenir un effet intermédiaire, provenant de la combinaison de ces deux-là, ce qui a lieu pour des effluves d'intensité moyenne.
b) Caractères variables. — La longueur et l'intensité de l'effluve varient suivant les sujets ; ces deux qualités dépen dent de la sensibilité de l'individu et peuvent senir à la définir.
La coloration de l'effluve est variable aussi ; on conçoit qu'elle doit être fonction de la perturbation apportée par l'état hypnotique dans le centre de la perception visuelle et dans les organes intermédiaires qui transmettent de l'œil à ce centre l'impression lumineuse ; cette perturbation dépend du tempérament de l'individu. Mais, lorsque nous disons que la coloration est variable d'un sujet à un autre, cela ne signifie pas que cette variation s'étend indifféremment sur toutes les couleurs du spectre, La plupart des sujets perçoivent surtout le bleu et le rouge, plus ou moins purs, et i»ou ou pas les couleurs intermédiaires ; ils voient le plus souvent, dans les coqis allongés, un effluve bleu à l'une des extrémités et un effluve rouge k l'autre extrémité. Pour d'autres sujets, mais beaucoup moins nombreux, le rouge
26 L'EXTËRIOMS-^TION de la gENSlBlLirâ
est remplacé par le jaune ou par le vert, et le bleu par le "violet.
Il laut bien remanfuer que on troig élémeutB : longueur, intensité et coloration d'nn effnve déterminé varient iiuesi di62 un même sujet daos certaines limites, d'après son tempérament, et d'après l'état hv'pnotique où il est aukeué.
Cette impression caractéristique personnelle de chaque Biqet pourra être établie ; 1° pour la longueur et l'inteasUj^ de l'effluve, au moyen d'un effluve coosiant ser\ant d'étalon, comme celui d'un aimant déterminé ; 2° jtour la nature des colorations, au moyen du spectroscopc, qui permet d'analyser une radiation composée et de déterminer la longueur d'onde de diaque radiation simple d'après l'endroit du champ où elle apparaît.
Comme exemple, noue allons indiquer la caratiérisfjqne du sujet L. , amené à l'état (H^inaire d'bypnoBC dans lequel fl a servi à nos expériences.
Il attribue à chacun des deux effluves du gros aimant dont nous avons parlé une longueur de 20 à 30 centimètres ; c'eat uœ sensibilité très modérée, car d'autres sujets vment ces deux effluves se projeter jusqu'à 4 et 5 mètres.
Dans certaines ctHtditions, il voit à leur place normale les eouleurs du spectre (lampe à gaz), par projection sur un écran, ou par vision directe dans le q>ectroscope. Le bleuet lerougepreiDuent pour lui plus d'importance que pour nous, et il voit plus loin que nous dans l'infra- rouge et l'ullxaviolet.
Mais il arrive souvent aussi qu'il inverse les couleurs du spectre, c'est-à-cLre qu'a voit en rouge le bleu et le vîfriel, et ea bleu l'orangé et le rouge, le iuine restant sans modification seusme.
NooB nous sommes assurés d'aiUeurs que ce phàMHBèae
OUBIniVITâ DES EFFLUVES S7
ne tient pas à un renversement de l'image du coips, en faisant dessiner à L., au moment où il inverse ces colorations, des objets de formes très dias^iné triques. L'inversion porte uniquement sur la coloration.
-De même, dans certains cas. il attribue : 1" une coloration ibleue au pâle nord du gros aimant, au pùle positif de la macliine électrique, ù la ^rartion de fil reliée au |>âle positif d'une pile dans un circuit fermé, etc. ; 2° une coloration rouge aux pôles opposés, etc.
Ou bien il invei'se ces colorations; le bleu précédent étant changé en rouge, et le rouge en bleu.
Mais il existe îles impressions lumineuses pour lesquelles l'inversion ne se produit pas dans l'état ordinaire d'hj'pnose, qui nous occupe seul en ce moment ; ce sont celles qui proviennent des couleurs d'aquarelle dont L. se sert pour peindre les représentations des effluves. Cette exception est très remarquable ; car on voit ainsi L., à un moment où il inverse, peindre dans l'ordre inverse des couleurs, comme illejjerçoit, le spectre qui est projeté devant lui sur un écran.
QUATRIÈME çtnssTron
IiesilesoTÎptiDiiS'âd rerfQuveaooi»ent-elt»B'Unein- -ftoenoe partioultère des agent* qui représentent les âiffirentsB tonnes deTânergie?
Limités par le cadre restreint que nous nous sommes .kqpoBé.ict, nous avons borné cette étude aux manifestations id'efQuves les plus nettes et les mieux caraolérisées, c'est-à- 4ine;à celles qui se développent dans les âectro-aimants et 4lans les aimants.
Lee effets des différentes formes .de l'énergie : actions
28 L KXTÉniOBISATrOH DE LA SEMSrBILITË
mécaniques, chaleur, lumière, électricité, magnétisme et aclions chimiques, ont fait l'objet des recheïches de Reichenbach, et, s'il est permis de ne pas admettre les conséquences théoriques qu'il en a tirées, il semble du moins que les descriptions faites par les nombreux sujets dont il s'est servi ne doivent plus être négligées, maintenant que nous croyons avoir démontré l'existence de l'effluve.
Xous ne nous occuperons ici que de nos reclierclies personnelles.
n) Éleetro-aimanls. — Les expériences exposées dans l'étude de la première question ont établi que le passage du courant dans la bobine détermine deux effluves, un à chaque extrémité du noyau de fer doux : ces effluves disparaissent au bout de quelques secondes après la suppression du courant lorsque le noyau est en fer dou.t; si le noyau est en acier, non préalablement aimanté, les effluves déterminés par le i>assage du courant subsistent.
Il y avait à résoudre une question importante : Les colorations de deux effluves dépendent- elles de la nature magnéti({ue des pôles du noyau?
Pour y répondre, nous avons enroulé autour d'un noyau de fer doux une spirale formée d'un fil de cuivre isolé ; puis nous avons fait passer dans ce fil te courant produit par un élément de pile au bichromate, en changeant de temps en t£mps soit le sens du courant, sans toucher à l'enroulement, soit le sens de l'enroulement, dextrorsum ou sinistrorsum, sans changer le sens du courant.
Nous avons ainsi constaté que les colorations des deux effluves dépendent, non pas de la nature magnétique des pôles produits (nord ou sud), mais de la situation de ces pôles par rapport fi l'entrée et à la sortie du courant, quel que soit le sens de l'enroulement (on suppose ici, comme
on l'admet généralement, que la propagation du courant établi & lieu du paie positif au pùle négatif de la source électrique dans le cii-cuit extérieui). Ces colorations sont alors les mêmes que celles des fils conducteurs reliant les deux extrémités de la spirale aux deux pâles de la pile ; c'est-à-dire que l'extrémité du noyau de fer située à l'entrée du courant donne un efduve bleu, et l'exti'émité située à la sortie un effluve rouge, lorsque L. n'inverse pas. (PI. IV, /îg. 3.)
L'intensité et la longueur des deux effluves semblent augmenter et diminuer en même temps que l'intensité du courant. Avec la spirale employée, qui présentait une très faible résistance (environ 2 mètres de fil de cuivre de 1""" de diamètre), il y avait, au moment de la fermeture du circuit après un long repos, un fort coup de fouet, suivi d'une diminution rapide de l'intensité ; ces variations étaient accusées par les |)erceptions plus ou moins intenses du sujet.
S'il s'agit du barreau d'acier, il conserve les colorations d'effluve qui lui sont affectées i«ir le premier passage du courant aimantant.
b] Aimants. — Il résulte de ce qui précède que la coloration de l'effluve de cbacun des pôles d'un aimant obtenu par l'effet d'un courant électrique clrculantdans une bobine dépend essentiellement de la situation qu'occupait ce pùle pendant l'aimantation par rap|>ort au sens de proj^gation du courant; cette coloration est indépendante de la nature magnétique des pôles.
Cela explique comment il se tait que, parmi plusieurs aimants présentés simultanément àun même sujet, les pôles de même nom donnent les uns une coloration bleue, les autres une coloration rouge.
30 l'extériorisation de la SBIfSIBrLITË
Nous avions souvent constata ce fait, dont Te xpli cation nous a été donnée ultérieurement par les expériences exécutées sur l 'électro-aimant.
Pour le sujet L., lorsqu'il n'inverse pas, la coloration bleue correspond à l'effluve du pôle d'aimant sitné le plus près du pôle positif de la soiu-ce électrique (en suivant le circuit) qui produit le courant aimantant ; et la coloration rouge à l'effluve du pôle d'aimant situé le plus près du pôle' négalif de la source.
Mais les aimants ne sont pas toujoui^ obtenus par l'elfet d'un courant électrique ; on se sert encore d'autres procédés d'aimantation, qui reviennent tous au contact d'un ou des deux pôles d'un fort aimant ou électro-aimant, avec la pièce à aimanter.
Il était donc intéressant d'examiner l'effet de ce contact ; voici ce que nous avons obtenu avec le sujet L.
Sur un l>arreau de fer approché d'un fort aimant, il ne voit rien. Au moment du contact, le barreau prend la coloration dup61e voisin. Si la pièce de fer est en contact avec les deux pùles de l'aimant, comme cela a lieu pour l'armature posée sur les extrémités des deux branches d'un aimant en forme de fer à cheval, les deux effluves qui se projetaient dans l'air disparaissent, et chacune des deux moitiés de l'armature voisine des deux pôles de l'aimant prend la même coloration que le pôle correspondant. C'est, en particulier, l'aspect que présente l'armature du gros aimant lorsque celui-ci en est armé.
Donc, la coloration communiquée à une pièce de fer par le contact d'un pôle d'aimant est la même que celle de ce pôle, quelle que soit la nature magnétique de celui-ci ; si la pièce est en contact avec les deux pôles de l'aimant, chacune des deux moitiés prend la coloration du pôle voisin.
OBJECTIVITÉ DES HFFLUVE5 31
Toutefois la question n'est point encore bien élucidée, car le dessin repi-oduit dans la figure 2 de la planche III montre que l'elduve du pôle nord d'un liarreau aimanté peut être complètement repoussé par un barreau de 1er doux placé transversalement au-dessus.
Enfin, comment se comportent les effluves de deux pfiles d'aimants qu'on rapproche?
La figure 1 de la planche III, dessinée d'après nature par Albert L. dans cinq iwsitions différentes des aimants, montre comment ils se repoussent quand les [tôles sont de même nom. La figure i de la même plauclie fait voir comment Us s'attirent et se traversent quand ils proviennent de pôles de noms contraires.
CIKQUIËHE QUESTION
Les différents états de l'hypnose exercent-ils une influence sur la vision de l'efiBuve ?
La vision est certainement modifiée par l'état de protondeur de l'hypnose, puisque le sujet à l'état de veille ne voit pas les effluves qu'il perçoit quand on a agi magnétiquement sur ses yeux, et qu'il cesse de les voir quand le sommeil devient profond. Mais sont-ce ces degrés de profondeur qui entraînent les renversements dans les couleurs des effluves perçus? C'est un point que nous avions l'intention d'élucider lorsque nos expériences ont été brusquement interrompues par des circonstances que connaissent la pluimrt des personnes s'intéressant à nos études.
1,'eXIÊRIORISATIOS m I.A SË^SIBILITË
SJME.VE QUESTIOTi
La perception de Teffluve peut-elle être iDfluencée par la suggestion I
Pour recherclior si la suggestion peut influencer la manière de voir l'elfluve, M. de Rochas a monlré à L., à l'état de veille, un barreau de fer, et lui a expliqué que ce barreau, au lieu d'ètie aimanté comme les auti^ts. qui oui un pôle à chaque extrémité, était aimanté de façon à posséder deux p'iles sur doux faces longitudinales opposées.
Le sujet, amené à l'élat hypnotique, représente sur ce barreau, qui est en réalité aimanté de la manière ordinaiix; avec deux pilles aux cxti-émités, un effluve à chaque exti'émité, avec un léger retour le long des faces, comme s'il y avait en même temps aimantation partielle dans le sens sug~ géré. (Fil/- 3 de la pi. III.) La suggestion avait donc agi partiellement.
Parmi d'autres t«nlatives, laites h l'état de veille ou dans l'état hypnotique, les unes ont réussi, les autres ont échoué. Mais il suffit qu'une seule ait réussi pour que l'existence de la cause d'erreur soit démontrée.
■ II est, par conséquent, absolument indispensable de ne lien maoifosler devant le sujet, en paroles ou en actes, qui Ijuisse l'influencer dans ses descriptions, — et cela quel que soit l'état, de veille on de léthargie apixirentes, dans lequel il se trouve. Si on lui demande nue description verbale de ce qu'il voit, il iaut seulement lui poser la question : « Que voyez-vous f » S'il dessine et iieint, on doit l'abandonner à lui-même dans le plus grand calme. Nous croyons même qu'il est bon de limiter le nombre des pci-sonnes présentes
aux deux seuls opérateui-s, parce qu'un nombre plus grand détermine le plus souvent une agitation préjudiciable à Texpérience, ainsi que nous avons pu le constater plusieurs fois.
SEPTIÈME QUGSTIOK
La production at la peroeption de l'effluve peu- Tent-elles s'expliquer par nos connaisanoas scientifiques actuelles'?
Nous croyons avoir démontré que l'eliluve est un phénomène réel, perçu par la voie de l'œil comme tout autre phénomène lumineux.
On est ainsi amené h penser que l'eflluve doit êti-e. comme toute source lumineuse, le siège de mouvements vibratoires moléculaires envoyant à l'œil des radiations susceptibles de l'impressionner et de donner la sensation de la couleur. Cette surexcitation de l'activité moléculaire de l'atmosphère en contact avec certaines parties du corps observé serait due à des radiations provenant des mouvements vibratoires moléculaires de ce corps. On conçoit que la forme même de celui-ci puisse déterminer un effet plus considérable dans certaines directions sur les molécules de l'atmosphère ambiante ; nous reviendrons plus loin sur cette considération.
Voyons d'abord d'après quelles lois un mouvement vibratoire peut se propager du corps à la portion d'atmosphère qui est le siège de l'effluve, puis de celle-ci à l'œil, et enfin de l'œil au centre de perception .
On sait que les éléments caractéristiques de tout mouvement vibratoire sont : sa forme, son amplitude et le nombre de vibrations par seconde. L'intensité de l'effet produit sur
3i L'E\TËKIOItlSATIOH DE LA S&NSIBILITË
l'œil, OU pluLôt sur le centre de perception, est proportionnelle au carré de l'amplitude : la nature de l'effet produit, c'est- à-dii-e l'espèce de la couleur i>erçne, ne dépend que du nombre de vibrations par socondo de l'ébranlement re^^u.
De ces principes empruntés à la pliysitjue mathématique, nous tirons les conséfpiences suivantes :
Considérons un grouiio moléculaire apirartenant à un corps quelconque, solide, liquide ou gazeux ; à un moment donné, les mouvements vibratoires de ces molécules sont définis par une certaine forme, une certaine amplitude, et un certain nombre <io vibrations par seconde. Ce grou|>e reçoit des radiations des corps voisins, et rayonne lui-môme.
Supposons qu'une railiation additionnelle, provenant de molécules voisines, vienne affecter le groupe considéré. Il en résulte, dons le mouvement vibratoire e.'ïistant antérieurement, une modification qui dépend des éléments de cette radiation additionnelle. La force vive mv^ du mouvement vibratoire aulérieur est augmentée ; comme la masse m des molécules du groupe n'a pas cbangé, il faut que la vitesse du mouvement augmente.
Or, la vitesse d'une vibration ne peut s'accélérer que de deux façons ; par augmentation de l'amplitude, ou par augmentation du nombre de vibrations par seconde. L'augmentation de vitesse portant sur deu.x quantités, l'une d'elles peut rester constante, ou même diminuer, à la condition que l'autre atteigne une valeur suffisante pour que la force vive s'accroisse dans la proportion voulue.
Il y a donc à distinguer les combinaisons suivantes :
a) Augmentation d'amplitude sans que le nombre de vibrations par seconde soit modifié ;
b) Augmentation plus grande d'amplitude et diminution du nombre des vibrations ;
c) Augmentation d'omplilnde et du nombre des vibrations ;
d) Augmentation du nombre des vibrations sans changement de l'amplitude ;
e) Augmentation du nombre des vibrations et diminution de l'amplitude.
Telles sont les modifications (pii |>euvent se produire dans le groupe moléculaire que nous considérons.
Pour la môme raison, la radiation envoyée dans ce groupe au corps voisin est modifiée aussi suivant une de ces combinaisons, et ainsi de suite de proclie en proche, depuis le corps produisant l'effluvç jusfpi'aucentre de la perception colorée.
Perception de l'effluve. — On |>eut expliquer ainsi, eu particulier, comment il se fait que la nature de la coloration perçue varie suivant le sujet, suivant son (-tat et même suivant les caractères do la radiation que l'œil reçoit. Il ne s'agit pas ici de fixer en quels points du trajet, entre l'œil et le centre de la pereeption coloviic, se jjroduisent ces altérations, ni de chercher une explication de l'augmentation extraordinaire de la sensibilité au point de vue de la perception des effluves sous l'influence de 1 hypnose ; cette étude appartient au phsysiologisfe I! nous suffit de montrer que les modifications de la radiation mdiquées par l'expérience, peuvent être considérées comme une lonséquence des principes qui régissent la transmisaion de 1 énergie.
La sensation de la couleur di'peud du nombre de vibrations par seconde de l'ébranlement reçu par le centre de perception, et ce nombre va en augmentant du rouge au violet. Donc à partir du jaune, par exemple, qui correspond à la sensation moyenne, la sensation colorée tendra vers le
Sfl l'iîXTËRIORISATIOK DG la SE.NSIDII.ITË
rou^c 9i 1g nombre des vibrations est diminué, et vers le violet si ce nombre est anginenliS.
Quant à l'intensité de la sensation colorée, elle est proportionnelle au carré de l'amplitude. Mais cela s'applique à une même couleur ; on sait, en effet, que les différentes radiations n'affectent jmis le sens visuel et normal de la mémo façon, et que, dans un mûinc spectre, le maximum a lieu pour le jaune.
Ces considérations montrent comment la manière de voir l'etfluve peut varier d'un sujet à un autre, et chez le même sujetsuivant son état.
Pi'oduclion de l'effluve. — Dans ce qui précède, nous avons considéré d'une façon absolument générale les molécules des milieux successifs traversés par la radiation, sans chercher & distinguer les molécules de l'éthcr des molécules pondérables de ces milieux ; le principe de la transmission de l'énei'f^e s'applique, en effet, aussi bien aux unes qu'aux autres.
Mais cette distinction devient nécessaire en ce qui concerne la portion de milieux gazeux qui est le siège de l'effluve, si l'on cherche à approfondir la nature de celui-ci.
Sous savons, d'après les travaux de Fresnel, vérifies par l'expérience de M. Fizean, sur l'entraînement des ondes lumineuses, que les molécules d'éther d'un milieu gazeux lancé avec la plus grande vitesse qu'on puisse lui imprimer, n'entraînent pas les vibrations lumineuses d'une façon appréciable. Si donc l'observation montre qu'un déplacement de l'air produit une déformation de l'effluve, c'est que les molécules d'éther du milieu où siège l'effluve, ne sont pas seules intéressées, et que les molécules pondérables de ce milieu participent au mouvement vibratoire source do la radiation.
OBJECTlViTÉ DES BFFI.tVES 37
Il en est bien ainsi : une ogitatioa de l'air peut délormcr l'elfluve, qui oscille alors à ia manière d'une flamme (1).
n semble donc que les molécules d'oxygène et d'azote qui constituent l'air, et avec lesqueUes le corps est en coutact, reçoit de celui-ci une surexcitation de mouvement vibratoire, dans certaines directious qui dépendent de la structure, plus ou moins homogène, plus ou moins complexe, et de la forme du corps, ainsi que de la présence de certains centres de rayonnement d'énergie, couime cela a lieu dans les corps organisés. On peut alors expliquer pourquoi, dans un corps homogène et présentant une forme allongée, les effluves se manifestent avec plus d'intensité aux deux ex trê"
(I) Nous avons clierclié à dchis l'endre compte Je la manière dont se comporteraient les effluves dans le vide ; mais nous n'avions pas alors H notre disposilion Albert L. Le sujet était M"> Andrée, ponr qui l'orientation de l'objet eftliivant exerce une action prédominante lians la répartition des colorations rouge et bleue ; elle les voit ilisposées comme les outres sujets quand l'objet forme un angle de 45° avec le méridien magnétique ; mais, pour elle, la couleur bleue tend h envablr |j)ut l'objet quand il est placé suivant ce méiidicn. et c'est la couleur rouge quand il est perpendicul^re au méridien. Reischenbacb avait déjji fait des observations analogues.
Voici le relevé de notre registre d'expériences h la date du 20 janvier 1890:
L'aimant en ter à che^nl est placé »us la cloche d'une macliine pneumatique; le plan de ses branches forme un angle de 45" avec le méridien. Les deux flammes s'élèvent au-dessus de l'aimant, le bleu au-dessus du piilo nord et le rouge au-deasus du pâle sud, mais elles ne sortent i>iis de la cloche et semblent se réunir h la partie supérieure dans la boule de verre qui la surmonte. (Fip- 3 de la pi. IV.i
On fait le vide : & la pression de i'^/o' de mercure, l«ntc la cloche est colorée comme l'aimant, avec une séparation médiane qui est le prolongement de la séparation de l'aimant; les deux parties colorées du verre semblent soudées l'une k l'autre, {^iff. 5 de la pi. IV.)
En faisant l^^nmer l'ensemble de la machine, on amène l'aimant parallèlement au méridien; tout l'aimant et loute la cloche deviîiinent bleus {bleu sale, mêlé de rouge).
En amenant l'aimant perpendiculairement au méridien, kiut l'aimant et toute la cloche deviennent rouges [rouge sale, mêlé de bleu).
38 L'EXTÙVOHISAnOn BR LA SKIIEIBIL[TI%
inités. Dans cette direction, en effet, l'inQuence subie par cliaque molécule de gaz au contact du corps provient de la somme des influences de la longue série de molécules qui aboutit en ce point ; les impuleions élémeiitaiFes de tontes ces moléculeB s'ajoutent en tension et donnent lieu, h la surface du corps, à une résultante qui tend à se pr(q>ager en ligne droite dans l'air dans le prolongement de l'ébranlement donné par cette stVie de molécules.
Mais, d'autre part, il peut se faire que la modification communiquée au groupe de molécules d'air formant i'effluve détermine un écartement plus grand de ces molécules, par exemple par suite d'une augmentation de l'amplitude des vibrations ; la densité ilu groupe diminue alors pïu- rapport à celle du milieu ambiant non influencé, et l'effluve tend h s'élever verticalement.
La direction de l'eflluve i)eut donc varier entre deux limites extrêmes : le prolongement de la plus grande dimension du corps, supiiogé liomogéne, et la verticale. Elle se rapprochera d'autant plus de la première direction que l'impulsion rayonnée par le corps sera plus violente, et d'autant plus de la deuxième que la densité de l'air dans cette région sera plus diminuée.
Effets parliculiert. — Il est intéiessant de chercher comment on peut expliquer, dans cette théorie, le fait expérimental d'après lequel les deux effuves d'un aimant dépendent, non pas de la nature magnétique de ses deux pôles, mais de la situation de ceux-ci par rapport au sens* de propagation du courant ou à l'aimant influençant.
On admet que le magnétisme détermine dans le fer soit des courants particulaires, d'après la théorie d'Ampère, soit des tourbillons, d'après celle de Maxwell, c'est-à-dire.
OBJECTIVITI! DES EFFI.UVFS 39
dans l'une oul'auti'e hy|>otlièse, un entraînement des atmosphères moléculaires autoui- de certaines direction ou lignes de force. Le mouvement vibratoire des molécules de fer reçoit ainsi, par le lait de l'aimentation, en mfime temps une orientation particulière autour de ces lignes de force, et une augmentation de force vive. Celle-ci se traduit d'une des cinii laçons indiquées plus haul.
De ces deux éléments : orientation et augmentation de force vive, le premier a pour effet de déterminer la nature magnétique des pôles d'après le sens delà rotation, tandis que le deuxième agit sur le nombre de vibrations par seconde. Comme c'est ce nombre qui caractérise la coloration de l'effluve, on conçoit que la coloration de l'effluve d'un pôle d'aimant déi>ende plutôt du deuxième élément que du premier.
Il résulte de toutes ces considérations, (jui sont générales et s'appliquent à toutes les iormes de l'énergie, que la production et la perception de l'effluve ne sont nullement incompatibles avec les principes de la science actuelle.
Résumé
En résumé, nous croyons avoir établi les points suivants : 1" L'effluve est un phénomène réel (1).
(1) La Ripisiadi Siudi P>ichici dirigée par les docteurs Ermacomet Fiuzi a rendu compte, en 1S95. d'une comniniiicatioD que venait de faire le professeur Barrell il la Sociei4 des Hev'ierv/ies psychiques de Londres.
ÏJB anjet, enfermé dans une chambre parfaitement obscure disposée pour les expériences de Reichenbach, coinmeuça au buut d'un certain temp!^, à voir l'expérimentateur et pût compter les doigts que celui-ci lui présentait à distance. Le profes^ar BaiTelt pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas ici d'une hallucinatinn transmise têlêpathiquement, tire sa montre de son gousset et éclairant le cadran avte
40 L'EXTÉHIOKISATIO.N de L.V SENSIBILITÉ
2' Sa perception s'eftectue par la voie de la rétine. 3° L'effluve prépente :
a) Certains caractères généraux et coexistants : sa forme qui est celle d'une projection de flamme, et la localisation de ces projections aux extrémités des corps lorsqu'ils ont une forme allongée ;
b] Certains coractÈres variables suivant le* sujets ; sa longueur, son intensité et sa coloration : ces trois éléments constituent la caractéristique de chaque individu .
4" L'aimantation détermine des effluves aux extrémilôs d'une pièce de ter en forme de barreau ou de fer à cheial ; ces effluves sont passagers dans le fer doux et permanents dans l'acier ; la coloration de cliaque pôle dépend du sens de propagation du courant aimantant ; elle est la mSme qi:e celle de l'effluve du pôle aimantant au conctact.
S" La caractéristique de chaque sujet est fonction de l'c ta t de l'hypnose.
6' La suggestion peut altérer dans une cei'taioe mesure la description de l'effluve ; il faut donc employer les plus grandes précautions pour se mettre à l'abri de cette cause d'erreur.
le» propres doigts, iuvita. le sujet il lire l'heure, ce qui tut exécuté facilement. Puis. M. Barrctt fit tourner au liasard les aiguilles de la montre qui était it remontoir, de telle manière qu'elle marquait une Lenre à lui complètement inconnue. Il représenta alors la montre au «niet etl'iUumina de la même maniËre Le sujet ne lût plus t'Iienre primitive, mais la nouvelle indication. Ij» professeur Barrett, sortant aussitôt au jour. p(tt constater que la lecture était exacte.
H se déclara convaincu par ses expériences de l'objectivité des émanations lumineuses que certidns sujets, dans des conditions physiques et iisychiques spéciales, voient sortirdu corps humain et des mmants, et il attira l'al«ntion de la société sur deux lettres relatives à ce sujet écrites par deux savants éminents, le professeur P. Fitzgerald et le D", W. lluggins, lettres qui ont éi« publiées dans les procès-verbaux de la S P.It. vul. 1. p. SSii.
OBJECTIVITâ DES EFFLUVES 41
7° La production et la perception de l'effluve peuvent s'expliquer par nos connaissances scientiliques actuelles.
Toulafois, nous ne saurions trop le répéter, il faut considérer nos expériences comme des indications que nous nous sommes elforcés de rendre aussi exactes que possible, mais qui sont soumises à des causes d'erreur spéciales et indépendantes de nous.
J'ai déjà dit que tous les sujets ne voyaient pas de mi^ine les effluves émis par les mêmes objets. Non seulement ils intervertissent souvent les couleuis, mais ils les indiquent quelquefois comme autrement distribuées dans le délail, surtout pour le corps humdn ; ce qui semblerait prouver qu'ils ne perçoivent pas tous les mêmes radiations dont plusieurs syst&mes polarisés peuvent coexister, un système étant visible pour les uns et un autre pour les autres.
Il était donc nécessaire de ne baser nos conclusions que sur les impressions d'un même individu. Mais ici encore s'est présenté une difficulté : quand nous avons clierclié à coordonner nos différentes expériences, nous avons reconnu qu'il y avait des points douteux que nous aurions voulu éclaircir, des lacunes que nous aurions désiré combler ; malheureusement le sujet sur qui nous avions fait nos premières expériences n'était plus alors à notre disposition et nous ne pouvions nous servir pour ce complément d'cuquète d'un instrument qui n'était point identique au premier.
Enfin il y a certains points pour lesquels nous n'avons encore trouvé aucune explication à peu près satisfaisante, telles sont les colorations rouges indiquées par Albert à la base de toutes les colorations bleues, comme on peut le voir dans les planclies litiiographiées qui reproduisent aussi Qdèlement que possible les dessins originaux faits d'après
42 L'EITâBrORISATIO!' DE LA SEflSItllLITÉ
nature. Nous avons dû prendre le parti de négliger provi- S()irement ce phénomène, ainsi qne le mode anormal de réfraction des effluves (voir p. 65) ; mais nos théories, qui n'expliquent point tous les faits ohservés, sont par cela môme nécessMreraent inexactes ou au moins incomplètes.
ni
Il résulte de ce que nous venons de dire que les cUluves pourraient être uniquement dues aux vibrations coostitu- UonneUesdescorps(l)setransmettantà l'air ambiant ; mais je crois qu'il faut aller plus loin et admettre qu'il y a en outre émission par entraînement d'un certain nombre de l)articules se détâchant des coips eux-mèmes.
Les expériences de M. Raoul Pictet ont en ellet démontré qu'aux plus basses températures, les mét^iux émettent encore des vapeurs formant autour d'eux une sorte d'atmosphère.
(1 1 L'étude (les isomères aconduit lea cliimistes à préciser lo nuxls d'action du corps sur nos sens, en montrant par exemple que les quatre essences île térébenthine, de Heur d'oranger, àe citron et de poivre, dont les noms suffisent à indiquer les actions pliysiolugîquM différentes, avaient une composition cliimique identique: C" H'^.
I Ce n'est donc point, dit H A. Gautier, la matîËre même, en tnnt que substance, qui ^it sur nos sens et nous influence, atsia bien plutùt la forme, la structure de cette matière, ou mieux encore la nature du mouvement qui dérive de cette forme. En un mot, c'est le dispositif des masses ou îles atomes qni vibrent dans cette matière
et qui nous en transmet les imiiressions La puissance et le mode
d'action qn'eierce sur nous telle ou l«lle matière ne résident donc pas seulement dans la quantité de loi'ces vives, mais aussi dons le mode vil>rataire que celte matière transmet à nos organes. La force vive est liée à la nature spécifique de chacun des atomes de cett« matière, mais le mwle vibratoire est à la fois fonction des poidu ati>miqnes et de la structure molécultUi'e qui relie intimement ces atomes. > {Revue scientifique du 3 janvier 1835.)
OBIECTIVITJ': uns KKt''l.r\'KS 43
Un illustre savant du xvit' siècle, Sanclorius, a établi d'une [agon indicu stable, pur des observations sur lui-même pro^ longées pendant une luD^e série d'années (J), rim|K)rtance éuorme de la transpiration insensible dans les corps vivants.
Voici quelques-uns des résultats «ju'il a formuk's en apborismes :
Seclion I
Ai'i[. III. — Celui qui entend bien jusqu'où va la transpiration insensible, quand il la faut eiccitor et lorsqu'il faut réparer ce qu'elle a retranché en tro)) du corps, est seul capable tle travailler à couser\er ou à réparer la santé des hommes.
Aph W. — Le poids de ce qui s'exhale du cori>s d'un homme par la transpiration insensible surpasse te qui en sort par les évacuations sensibles.
Aph. VI. — Bu poids de /mit livres de nourriture qtie
'i) Sanctorius professa In médecioe crabord h Padoue. puis h Venise. Physicien distingui', mécanicien ingénieux, il inventa pour ses recherches un certain nombre d'appareils (ionf le plus connu est la balance qui porte son nom et qui est aujourd'hui conservée au cabinet de physiijue de l'H^ïoif; polytechnique, h qui elle lut envoyée par le général Bonaparle pendant 1h campagne ilc 1793 en Italie. C'est dans cette balance que SanctoriuK se pesait plusieurs fois par jour pour se rendre con»|ile des variations de son i>oids sous Tinfinenee du rayoDuement cntaué.
Boyle, qui appelait le livre de Sauctorius un petit livre lout d'or,. déclare qu'il a eu la curiosité de vérifier sur lui même ces cxpélienoes et il ajoute: «Mes observations jointes à celles d'un grand prince très curieux, qui avait une machine de stnlique luDe:balance) pour taire ses remarques sur la quantité de cette transpiration continuelle. Ics(|uelles il avait la bonté do me coiamunlquer, me font croire que Sancl^rlus n'a rien avancé que de très certain comme chacun peut le vérifier, pourvu que l'on ait égard fi la différence du climat qui peut t^re varier les oliservations. car Sanctorius a écrit en Italie où la transpiration est plus abondante qn'en Angleterre où j'ai fcdt mes expériences. •
44 l'extkbiokisatiok db la sensibilité
/"on prendra en un jour, il s^en perd bien cinq liwes par la transpiration insensible.
Aph. XXI. — En hiver, i! se transpirera J'un homme bien sain plus de '60 onces de tnalicre subtile dans l'espace lie vingt-quatre heures.
Apb. XXIX. — Dans une nuit où l'on aura dormi bien Irauquillement, il se fera une transpiration de plus <le 40 onces.
Section II
Aph. XXIII. — En été on pèse trois livres de moins qu'en hiver.
Aph. XLI. — Depuis l'équiiioxe d'automne jusqu'au solstice d'hiver, on transpire par jour une livre de moins que de coutume ; et au delà jusqu'ù l'équinoxe du printemps, la transpiration devient toujours plus facile et plus abondante.
Section ÎII
Aph. Mil. — La chair du mouton se digère aisément; elle est vaporeuse, <^t dans l'espace d'une nuit, il s'en transpirera au moins 5 onces de plus iiu'une autre viande.
Section I V
Aph. V. — Un sommeil inquiet diuiiuue de plus de S onces la transpiraliou.
Apu. XX. — Un homme ipii dort transpirera en sept heures quelquefois 40 onces, et un homme qui veille,
Enfin les lois relatives à réchauffement des fils traversés par le courant électrique sont inconciliables avec l'hypothtse d'un simple mouvement vibratoire des conducteurs.
OBJECTIVITE DES EFFLUVES 45
de sorte qu'on est forcé de regarder le courant comme un véritable flux de matière dans le lit conducteur. Ce flux n'est pas uniquement composé de matière impondérable, il entraîne a^■ec lui des molécules de matière pesante.
D'un autre côté, dit le D' Fugairon (1), les actions chimiques doivent toujours fltre précédées d'une raréfaction, d'un mouvement, d'un expansion de la matière ; une certaine raréfaction de celle ci est une préparation indispensable aux actions chimiques pour tous les corps. La diffusion ou la sublimation de la matière est faciUtée par l'action chimique, cette dernière écartant, supprimant les parties dont la présence continue arrêterait la diffusion des molécules en formant autour d'elles une espèce d'atmosphère qui empêcherait la désagrégation des molécules restantes.
« Or, dans les corps vivants, les combinaisons et les <Iénompositions chimiques élant incessantes, la diffusion des molécules organiques doit y être très grande et le flux électrique doit transporter avec lui une bien plus forte proirortion de matière pondérable que dans les corps bruts. « On peut donc être certain que le courant électrique qui circule dans les nerfs est composé, en outre du fluide impondérable, d'une certaine quantité de matière organique portée à un haut degré d'atténuation. »
Les émissions de corpuscules ne peuvent avoir lieu que par les pores de la peau, et la photographie ci-jointe (fig. 1), que nous devons à l'obligeance de M. Norkiévics-lodko, en fait sauter aux yeux le mécanisme.
On obtient ce genre d'empreintes de la manière suivante :
Dans une chambre, on installe une bobine de Rumkorff
46 l'extëhiobisation de la sensibilité
actionnée par uuc pile suffisamment puissante. L'un de ses tils est laissé en foiuiniinicîitiou avec l'air ambiant ; l'autre,
beaucoup plus long, se termine par une f prou vet te en verre remplie d'eau ai^idulêe dans lariuellc son extrémité est fixée au moyen d'un bouchon de liège. Une personne placée dans une chambre voisine complètement obscure prend dans une de ses muns cette éprouvplteetapproche un doigt de l'autre main d'une plaque photographique que lui pn^sente, du côté coUodionné, une seconde personne sans communication directe avec la pile ; quand le doist est suffisamment rapproché de la plaqne, il s'en di'-gage un flus électrique
qui s'inscrit de lui-même sur la pellicule sensible et qui ressemble tout à fait aux effluves que les sensitils voient so dégager des doigts d'un individu à l'état normal (1).
J^es savants du xvu* siècle avaient pressenti l'émission de ces corpuscules, et on verra, par la suite de cet ouvrage, qu'ils en avaient fait la base de leur explication de l'extériorisation de la sensiLilité. Quelques rêveurs étaient allés plus loin et avaient osé concevoir que ces corpuscules pourraient bien jouir d'uue vie propre, hypothèse vers laquelle tend la science moderne {Noie D, La vie des atomes et les rêveries scientifiques)et qui expliquerait mieux encore les phénomènes que nous allons exposer.
(1) Beaucoup de gens ptirviennent îi voir îles effluves se ilegsgerde leurs doigts sous forme d'une légère liuée lumineuse blanche qniind. après avoir l'approché la pointe de leurs doigts, ils les écartent ensuilo ienleraent ; il faut que le fond soit obscur et les doigts dans nue demi-obscurilé et c'est un tour de mtùa & attraper.
En ce moulent cm est arrivé &impi'Bsdionnei' des plaques pbotogruphiques en les exposant,dans certaines conditions, aux radiations de doigts humains ; on cherche û s'assui'er que ces impressions sont bien dues aux effluves odiques et non à de^ décompositions chimiques provenant d'autres causes, notamment de la chaleur.
J'ai essayé de démontrer dans le chapiti'e précédent quo le corps humain, ainsi du reste que beaucoup d'autres corps parmi lesquels figurent au premier ran^ ceux dont les molécules présentent une orientation régulière, émettaient des effluves susceptibles d'agir sur les sens liyperestliésîés de certaines personnes qu'on a coutume de désigner sous le nom de sujets.
Que CCS effluves soient simplement des mouvements vibratoires communiqués à l'étlier par les vibralions constitutionnelles du corps ou des émissions de particules matérielles, c'est là une question secondaire ; le pliysicieu ne peut en effet qu'observer des phénomènes et eu déduire des jois sans espérer en découvrir la cause réelle.
Je conserverai doue le nom de fluide, suivant l'usage consacré, à l'effluve spécial qui s'échappe du corps humain, sans rien préjuger sur sa nature (1). Je me bornerai à faire
(Il ( Quelques physiologiste j rejettont l'agent nerveux pour lo remplacer par les oscillations de molécules nerveuses. D'abord ces osuUlutlons sont insaisissables au microscope, et si l'on veut i^ue les
SO L'ESTÉRIORISATIOn DE LA SENSIBILITÉ
observer qne l'hypothèse du mouvement vibratoire de l'éLher, toile qu'on l'expose généralement, ne suffit pas à expliquer tous les phénomènes ; nous ignorons co que peut être la matière à l'état de division extrême, à l'élal radiant les expériences de Crookes et de Tezla nous ont seulement donné quelques indications à cet égard ; personne aussi n'est bien fixé sur la nature des odeurs qui présentent des analogies frappantes avec les effluves humains ; enfin, si nous pouvons admettre que les différents corps ne sont que des condensations diverses de cet éther hypothétique, base de toute matière, s'il est vrai que toutes nos sensations soient dues à des mouvements vibratoires, il est certain aussi que ces vibrations ne se propagent pas indilléremment dans toutes les substances : les unes sont conductrices de la lumière, d'autres de la chaleur, d'autres de l'électricité, d'autres du son. Ce sont précisément ces modifications di-
molécules atomiques des cellules nerveuses qui vibrent soient assez attéauées pour qu'elles échappent h tout examen microscopique, alors OD arrive à cet état de ténuilé de la matière qui la rapprocha considérablement des imponilêrables, car l'agent nerveux comme les tluides impondérables, pour être insaisissables n'en sont pas moins clioie suhstaiitielle. i Mais en dehors de cette considération, comment la sensibilité revient-elle dans les lambeaux de ehair rapportés % Le professeiir Jobert, pour l'expliquer, admet une almoaphÈre nerveuse, car les (ilets nerveux s'ari'èlent à l'endroit de la cicatHce. I.a théorie des vibrations des molécules nerveuses est donc aussi Itypothétique que celle de fluides nerveux, et de plus elle est moins vraisemblable, parce qu'elle est impuissante à explique)' beaucoup de phénomènes physiologiques et morbides » 'D' CiuBrTcsoïc, Eludes sur la médeHne animique-, p. 122,] Dei travaux récents ont établi que le système nerveux, au lieu d'Être composé de nerts continus n'est qu'un agrégat de ncurclnes sans soudures entr'eux et déforraables sons des iniluences psychiques. Ce fait, rapproché de la découverle de Braniy sur les propriétés des conducteurs discontinijs (tubes à limaille) nu point de vue électrique, permettra sans doute d'éditier bientôt une nouvelle théorie de la sensibilité.
EXTËItlOlUSATIO:* DB LA SENSIBILITÉ SI
verses de l'éther primordial, mises en mouvement par tel ou tel genre de vibrations, que les premiers observateurs ont désignées soua le nom de fluide lumineux, flui le calorifique, fluide électrique, etc., quand elles se présentaient sous une forme impalpable ; ils auraient sans doute apj>elé l'air fluide sonore, s'ils ne l'avaient connu que par cette propriété.
Aprôs avoir constaté, par les moyens indiqués pi-écédemment, l'existence du fluide nerveux qui, bleu ou rouge (i), se présente à la fois sous deux états : l'un statique, sous forme de duvet brillant recouvrant la surface de la pcuu,
(1) Dans les phénomènes électriques, les elfloves se présentent toujours Eous ces (ie»x couleurs.
En 6tu(liiint, en 1833, les phénomènes électriques dans des tubes contenant des gaz modérément raréliés. Faraday remarqua le premier qu'une aigrette lumineuse rose s'échappait de l'électroilu positive et qu'une simple perle bleue se formait sur lélectrode négative. Entre ces lueui-Ë rose et bleue, il y avait ane interruption de la lumière qu'il appela l'<:spice obscur.
Crookes a montré récemment que ai 1 on faisait passer un courant d'induction dans un tube rempli rl'hydrogène raréfié on produisait dans l'aigrette qui s'échappe de l'électrode po'^iti^ede* stmtificutions tricolores: bleues, roses et grises séparées par de pelits intervalles obscurs. Près du pôle négatif est une zone lumineuse bleue, puis vient l'espace obscnr de Faraday, cnsuito se trouveiil les strati^cations. In première partie de chacune étant bleue. In suivante rose et la troisième grise. A un certaia dcgra de raréfaction, toutes les parties bleaes des stratifications pas^nt subitement en avant et forment un seul disque trËs brillant laissant entre lui et l'clcclrodi! positive toutes les portions roses et grises.
Tous ces phénomènes ne sont pas plus expliqués que ceux que nous avons décrits dans le chapitre i»' de cet ouvrage. Les couleurs bleu cl rouge se comporlent comme lespùles opposés de la lumière. Saches a montré que la plante s'endort dans la lumière roupe et se réveille dans la lumière bleue; des graines fterment dans la lumiiTi^ bleue tandis que la jaune et la rouge les font périr.
S2 l'bxtëriouisatio» de la sensibilitù
l'autre dynamique soua lorme d'ettluves s'écliappant par les oignes des sens et les pointes du corps humain, j'ai cherché, d'après la inéUiode de Mesmer et des magnétiseurs ses élèves, quelle pouvait être l'influence de mes propres effluves sur d'autres personnes.
J'ai d'abord reconnu (ce à quoi je devais naturellement m'altJudre) que, sur la plupart des individus, je n'ohtenais aucun elfet appréciable dans des séances d'essai de courte durée. Avec ceux qui étaient impressionués et sur lesquels je me décidai à faire des expériences suivies, j'obtins la plupart des phénomènes signalés par les h>'pnotiseurs et Tes inag^iétiseurs ; mais ces phénomènes, que je m'appliquai à produire progressivement en les analysant avec soin, se présentèrent à moi, dans la grande majorité des cas. suivant un ordre très régulier que j'ai exposé avec détmts dans mes ouvrages précédents et que je vais résumer ici en me bornant aux états les moins profonds de l'hypnose.
Dès les premières passes, la sensibilité de la peau et celle de l'odorat disparaissent : on peut pincer, piquer et même brâter le sujet, lui mettre de l'ammoniaque sous le nez sans qu'il perçoive rien, mais il continue à" entendre et à voir. Au bout d'un temps, variable non seulement avec le sujet, mais avec la nature des sensibilités, toutes celles-ci réapparaissent soua une nouvelle forme ; elles sont spécialisées pour le magnétiseur et les personnes ou les choses qu'il charge de son Quide (c'est ce que les anciens magnétiseursappelaient le rapport) ; de plus, le sens du tact, au lieu de s'exercer, comme d'ordinaire, à la surface dç la peau, s'étend en dehors du corps suivant des lois que j'indiquerai tout à l'heure. Enfin la mémoire, après avoir iieu à peu abandonné les faits récents pour se reporter vers de plus anciens, finit par te spécialiser également, pour le magnétiseur, en ce sens
E\TËH[ORISATIO.N UE LA SIi^SIË[LLTL 93
que le sujet oublie tout, [amille et amis, pour ne plus connaître au monde que deux personnes, le magnétiseur et lui ; et, chose extrêmemeut remarquable, le sujet, même arrivé h ce degré d'isolement, a conservé absolument intactes son intelligence et la mémoire de sa langue, de telle sorte qu'il continue à raisonner et à parler exactement comme s'il était éveillé.
Cette progression des [acuités hynoptiques est occupée, à intervalles réguliers, comme par les barreaux d'une échelle, par une série de phases dites léikargiques où, les nerts moteurs étant paralysés, le sujet semble plongé dans le sommeil ordinaire; les membres sont rclâchés,lespaupièresabaissées et la parole abolie (1). Selon la sensibilité magnétique des individus, l'échelle s'avance ou se recule, laissant apparaître entre les barreaux telles ou telles propriétés qui m'ont ser\i, dans mes premières expériences, à dénommer provisoirement ces États de t'hy/mose. Le tableau suivant s'applique'à beaucoup de sujets d'une sensibilité ordinaire :
(1) La sortie (tes phases léthargiques est généralement marquée par une profODde inlialatian et le («lèvement des paupièrcî'. Ctiez quelques sujets, surtout chez ceux qui sont plus ou moins engourdisdans les états de l'hypnose, ces phases léthargiques sont à peine distinctes ; mais elles existent toujours, tandis que les facultés varient suivant tes sujets : il en est beaucoup qui ne voient ni les etlluves extérieurs ni les organes intérieurs.
Ce phénomène si constant des léthai^ies successives, que les hypnotiseurs modernes n'ont pas su reconnaître, avait été obser\'é par les anciens magné liseurs. Voici ce que dit Chanlel dans son Esquiair de la nature kurtiaine expliquée par le magnétisme avinlal. (Paris, 1826, p. Ï76):
« 11 peut arriver qu'en magnétisant avec énergie une personne eo BomnambuUsme. eUe s'endonne de nouveau, ce qui lui sert à passer h un état magnétique supérieur. J'ai souvent observé ce phénoméne ; il augmente la lucidité, et cequi'il m'a offert de plus remarquable, c'est qne les mêmes gradations se renouvellent en retournant à la vie commune, et que les souvenirs de l'état magnétique supérieur s'elfacent en passant à l'état magnétique ordinaire.
L RXTËHIOHISATION DB LA SK.tStDILITÉ
llypnase— l"éUit
(" lélkaryl
1 Hypnose — ï-; tint
[ - 2' Uthat-gic. Hypnose — 31^ étn
3' léthargie
Hypnose — i<' Élat ; 4" téthargit
Hypnose — 5= éta \ j 5" lèlkaryiti
I Hypnose — 6" état
Insensibilité cutanée et sugge^tiiiilité.
MoiA. — J'ai compris ici dans Itk première létliavgie .
l'état culaleptifiuo qui parait n'en Ctre qu'une phase. (V.
de niypn
pp.
Sympathie à disU
■t ! Tous les se
l spécialisés \ mnj;nélifeur'; le sU- < jet voit les elflnves J extérieurs du corps; f la suggestibilité est V presque nulle.
contacta Le sujet perçoit les ^ sensntions du ma- . gnétiseur. quand il r lo touche ; la sug- ^ Kestibilité a disparu.
eure ' Le sujet ne voit plus \ les effluves exté- I rieures ; il voit les 1 organes intérieurs lie son cosps et <lea aiilres, quand il applique la main it la surfaces (le ces
>e sujet pendit les
gué liseur quand il ne le touche plus, pourvu qu'il soit ù petite distance.
t Tout changement dans le mode d'atfectihilité est accompagné d'un instant de sommeil ; il est causé par l'interruption des rapports de la sensibilité avec l'aptabilîté précédente et sert de passage & la formation des rapports avec l'altectibililé nouvelle...
• Quand le mode d'aHectibllité change, il y a interruption dans les sensations, jusqu'à ce que la sensiliilité soit en rapport avec l'aflectibilité nouvelle. Cette interruption sur de passage de l'un & l'autre, elle précède l'état magnétique et le retour à la vie ordinaire, on l'appelle lommeil* ( Id. ~ p. 331).
BItéRIOlUSATION DB U SCNSlBiLITË SSi
Je vais reprendre maintenant l'étude des modilîcatioDS de la sensibilité, en me servant d'ubord des indications d'un
sujet A. dont les yeux ont élé préalablement amenés dans l'élat où ils perçoivent les effluves extérieurs et qui examine ce qui se passe lorsque je magnétise nn sujet B.
HG L'BXTâRI01irSATI0:i DB L\ SENSIBILITÉ
présentant, & l'éltit de viillo, une sensibilitiS cutanée normale-
Dës que, cliez lelui-ci, la sensibilité commence h disparaître, le duvet liiminenx ri'couvrant sa peau à l'état de veille, semble se dissoudre dans l'atmosplifre, puis reparaît au bout de quoique temps sous la forme d'un brouillard léger qui, peu à [leu, se condense en devenant de plus en plus brillant de manière à prendre en définitive l'apparence d'une couche Ms mince, suivani, à 3 ou 4 centimètres eu dehors de la peau. Iol-s les contours du cori)8.
Si, moi magnétiseur, j'agis sur cette couche d'une fa^on quelconque, 1(. éprouve les mêmes sensations que si j'avais agi sur sa peau, et il ne sent rien ou presque rien si j'agis ailleurs que sur cette couche ; il ne sent rien non plus, si c'est une personne non en rapport avec le magnétiseur qui agit.
Si je continue la magnétisation, A. voit se former autour de B. une séiie de couches équidistantes séparées imr un intervalle de à 7 centimètres (le double de la distance do la première couche à la peau), et B. ne sent les attouchements, les piqi'ii-esct les brûlures que sur ces couches qui se succèdent |>artois jusqu'à 2 ou 3 mètres, en se pénétrant et s'entrecroisa ut siuis se modifier, au moins d'une tm^on appréciable, leur sensibilité diminuant proportionnellement à l'éloigné ment du coqts (1).
Au bout d'un tenqis variable, généralement après la troi-
(I) Pour bien ine l'endre compte comment ces couches se disposaient autour ilii cortis, j'ai pris un carton que j'ai entaillé dp, telle façon que le aujrt B. jmt y enfoncer la main perpendiculairement ; j'ai alors marqué sur ce carton les traces des couches sensibles concentriques.
La figure 2 indique firossièrement, d'après un croquis d'Albert L. comment ae disposent les coucties autour de la léte et du corps d'un ' sujet extériorisé.
EllTËniORISATIOn DB LA SENSIDILITË S7
sième ou quatrième phase de léthargie, les couches concentriques présentent deux inaxima d'intensité, l'un sur le côté droit du sujet, l'autre sur son côté gauche, et il s'y lorine comme deux p6Ies de sensibilité (1). C'est là ledéLntd'un autre ordre de manifestations que je laisse aujourd'hui lie côté pour m'en occuper spécialement dans un prochuin livre. Je me bornerai, pour le moment, àmettre en garde le chercheur inexpérimenté contre les dangers très grands qu'elles présentent quand on ignore leurs propriétés.
Le processus de l'extériorisation de la sensibilité étant ainsi connu, il devenait beaucoup plus facile de continuer les obsen'ations sans avoir recours an sujet voyant A. J'ai pu reconnaître alors, par de très nombreux essais, que la première couche sensible extérieure se formait généralement dons le troisième état, que chez quelques sujets elle n'apparaissait jamais et que chez d'autres au contraire, tels que M"" Lux, M'" 0. et M"' T H., elle se produisait sous l'influence de quelques passes, dès l'élat de crédulité qui est une modiRcation presque invisible de l'état de veille, ou
(I) D y ft lieu de remarquer que, même en dehors (te catte qvieation de reuForcement polaire, les ?uje(« ressentent moins une piqûre qQ'oQ lait b une couche iicn»il)lc derrière leur dos, à un endroit qu'ils ne peuvent voir, que celle qu'ils peuvent voir. Ce serait une erreur d'attribuer cette di[féi*enre de scnsllillilé il la suggestion. Un des sujets qui m'aident dans mes recherches est un jeune homme instruit et intelligent, préparant en ce moment sa licence de philosophie; il ùme autant que moi à se rendre compte de ce qu'il éprouve, et il m'a expliqué que le< sensations claicnt soumises aux mêmes lois sur les couches sensibles que sur la peau : il ressent d'autant mieux qu'il lait mieux attention, c'est-à-dire qu'il accumule par la volonté une plus grande quantité du Iluide destiné à transmettre la sensation sur le point où s'exerce l'action à sentir.
Il est probable que c'est par une cause analogue que les mouvements qu'on communique à un pendule dont on louclie la tige dans de cert^nes conditions s'arrCleut quand on ne regarde plus le peu-
58 L'EXTÉRIORISATIOn DE LA SHNSIBILlTâ
même, sans aucune manœuvre hypnotique, à la suite d'une émotion, d'un trouble ner/cux et peut-être d'une simple modification et l'état électrique de l'air (I).
S'il est vrai que la sensibilité se report* sur des couches concentriques extérieures, le sujet de\Ta, en rapprochant
11) il"' T. H., tort bien portante habituellement, a, de temps eo temps, de violentes crises d'hystério iiendatit lesquelles elle s'extévîonse parfois sponlanément ; elle se plaint alors gii'oa la blesse quand on passe trop prËs d'elle.
On a amené, U y a quelques mois, à la consultation de M. le D' Luys à l'hflpital île la Charité, une jeune (ille qui avait la curieuse infirmité de ne pouvoir supporter que des vêtements extrêmement souples comme la mousseline, bien que sa peau fût insenslIAe ; on a reconnu que la sensibililê était naturellement extériorisée chez cette personne qui ressentait tous les ti-oissemenls des étoiles placées à quelques centimètres de sou corps.
V Emile in" d'avril 1892, p. 267) a signalé un cas singulier de somuambulisnie qu'on venait d'observer ti rHùl«l-Dieu de Fréjus. Pendant les oceës du sujet, on ne pouvait ni le toucher, ni toucher un objet placé près de lui sans provoquer cbez lui une crise • d'autant plus violente que le contact venait d'une personne qui lui était plus
<Uo inspecteur qui visitait l'hospice ne voulut pas tenir compta des avertisseuionts qu'on lui donna b. ce sujet, et, par curiosité sans doute, toucha les vêtements de Louis D. Aussitôt celui-ci tomba & la renverse, et, l'inspecteur ayant voulu le prendre dans ses bras pour le retenir, la crise devint terrible et laissa te malade sourd pendant plusic
BXTËftlORISATlOH DE LA SENSIfilLIlé S9
lés paumes de ses mains, percevoir la seosatioD de contact quaoddeux couches sensibles se toucheront. Cestenelletce qui arrive lorsque, comme la îigure 3, les deux couches e et c' dépendant respectivement de la main gauche et de la main droite se touchent. Le même résultat se produirait si la couche c'parexcmple était en contact avec la couche 6; si le magnétiseur pince ou brûle la couche commune, la perception se iait simultanément dans les deux mains.
Faisons maintenant rapprocher les deux paumes de telle façon que les couches sensibles de l'une se trouvent à peu près au milieu des intervalles insensibles de l'autre comme l'indique la figure 4 et passons lentement une flamme de
le sujet sentira la brûlure d'abord à la main gauche, puis à la main droite, puis à la miùn gauche et ainsi de suite alternativement. Cette dernière expérience que j'ai répétée plusieurs fois, sur des personnes qui ne s'y attendaient pas et en manifestaient le plus grand étonnement, me paraît des plus concluantes.
Dans les phénomènes que je viens d'exposer, les choses fie passent comme si la sensibilité, dont le domaine s'étend
60 l'eXTËRIOKISATIOK de la SENSreiLITË
ordinairement du cerveau ù la surlace de la peau, pouvait parfois s'arrêter en deçà (1) ou se prolonger au-delà (2). Cette hypothèse est d'autant plus admissible, au moins provisoirement, que le sens du tact, dont le goût est un cas particulier, est le seul qui nous paraisse nécessairement limité d'ordinaire par la périphérie de notre organisme charnel. Aussi les anciens philosophes, se fondant sur ce que l'on ne voit, l'on n'entend, l'on ne sent, l'on ne goûte, l'on ne ressent bien que lorsque l'on regarde, l'on écoute, l'on Ilaire, l'on déguste et l'on attend, avaient déjà admis que l'un des éléments de nos sensations était la projection d'effluves ma tériels lancés par la volonté, de la surface de notre corps, à la rencontre du rayonnement des objets extérieurs. (Voir Nois F.)
Nous supposerons donc qu'il existe chez tout homme vivant un fluide qui circule le long de ses nerfs comme l'électricité d'un réseau télégraphique circule le long des fils métalliques. Ce fluide vient affleurer la peau par l'extrémité de tous les nerfs et y séjourne à l'état statique ; il s'écliappe, à l'élat dynamique, [lar les pointes du corps (doigts, orteils), pur l'haleine et le souffle qui en sont chargés, enfin par les yeux et les oreilles, organes de la vue et de Touïe.
L'expérience nous apprend que, dans les conditions normales, la sensation n'est perçue que quand l'action s'exerce sur le fluide à Vétat statique; c'est-à-dire là où les sujets voyants constatent sur la peau l'existence d'un
(1) Voir: A. de RotHAS, les États profonds de l'hypnose, pp. 83 el U.
(S) Le D' Ochorowicï propose {De la Suggestion mentale, p. 504 et suiv.), ane longue explicatioJi [lour le phéoomtne, en apparence paradoxal, de la transmission de la sensation au cerveau en debors des nerfs sensitifs.
duvet lumineux. Il semble que le courant centrifuge des effluves (état dynamique) empêche la sensation de remonter au cerveau, à moins que ces effluves ne subissent les modifications que nous indiquerons tout & l'heure.
On a vu que, sous l'influence des passes du magnétiseur, le fluide du sujet ou, en d'autres termes, l'agent transmetteur des sensations au cerveau, s'exlèriorisait en se spécialisant et en formant des couches sennbles parallèles à la surface de la peau.
Nous pouvons donc nous poser trois questions :
1' Quelle est la cause qui provoque l'extériorisation ? 2° Pourquoi la sensibilité est-elle spécialisée ï 3* Pourquoi est-elle disposée par couches au lieu de décroître régulièrement avec la distance qui sépare le corps du point d'ai)plication de l'action mécanique ?
Rèponseà la premih'e question
Si l'on fait traverser certains sujets (1) par un courant électrique de sens convenable (2), en lui faisant prendre iiar l'une de ses mains, soit le p6le positif d'une pile, soit la boule
(i) Toua les sujets ne sont pas aptes à ces expériences parce qu'ils sont pins ou moins fatigués suivant la nature des courants.
(2) Ce sens parait dépendre de la p-^larité des sujet', polarité qui varie suivant qu'ils sont droitiers on gauclierset même suivant leur élat de sauté, ainsi qu'on l'a dit dans le chapitre i". En général, le sommeil est produit en Msant communiquer la main droite du sujet avec le long effluve rouge qui, dans une machine électrique, caractérise l'électricité positive et la main gauche avec l'étincelle bleue formée sur la boule par l'électricité négative ; mais la question n'est pas Bulfisamnient élucidée, h cause de la facilité de r des électiicités dans les machines.
6S l'bit£uob]Sation db la sensibilité
correspondaat à l'électricité positive d'une macbine de Wimshurst, et par l'autre de ses mains la boule ou le pôle négatif, on n'arrivera à déterminer exactement les mêmes elfets, muiandis muCatis, qu'en agissant au moyen de passes, c'est-à-dire que le sujet passera par les mêmes alternatives de léthargies et d'états hypnotiques et qu'hïétatde rapport, il ne sera plus en rapport qu'avec un individu traversé par an courant de même nature et de même sens que celui qui i'a endormi. Le sujet sera réveillé progressivement, en passant par les mêmes phases en sens inverse, quand il sera traversé par un courant de même nature mais de sens contraire.
Il est donc naturel de supposer que les passes agissent surtout comme un courant électrique (1) et que, comme les passes d'un aimant sur un barreau d'acier, elles ont, entre autres effets, celui d'orienter les molécules du corps du sujet de telle façon que le trop plein du fluide vital, au lieu de s'échapper par les e.\trémités des membres, s'échappe normalement h la suriace de la peau et sur toute sa péri-
(1| Cette hypothèse devrait ètro moditiée s'il était vrai que les vapeurs d'éther et de chloroforme produisent îles effets semblables h ceax que j'ai obtenus par le fluide nerveux et par l'électricité ; mais je n'ai pas eu l'occasion de vcrîtier par moi-même ce que raconte à cet égard Rman be la Sagiu {L'Ame, démonstration de sa réalité déduite de faction du chloroforme et da eurare sur l'économie animale— Paris, Germer- BailliÈre, t868j.
Voici les seules choses que j'ai ohservées relativement aai anesthésiqnes,
14 décembre 1831. — En soumettant le bras de deux sniets (Albert et Béatrice) aux vapeurs d'éther, je ne conitate pas d'effet appréciable si le bras n'a |ias été aa préalable magnétisé ; mais, s'il l'a ëlé et al les couches sensibles ont commencé à apparaître, l'éther en augmente immédiatement le nombre.
3 janvier 1892. — Même observation que ci-dessua reladvement ft l'effet de l'étber chcî M"= Vix, avec contracture eu plus.
5 avril 1892, — Mêmes effets chei M™" Lux pour ravgmeiitatioD du nombre des couches sensibles et la contracture.
EITËaiORISATlON DE LA SEKSIBILITÛ 6S
phérie. Il est en outre probable que le fluide émis par le magnétiseur ou la machine électrique chasse en dehors du corps du sujet son propre fluide vital, qui jaillit alors, par tous les pores, avec,une abondance anormale.
Réponse à la deuxième question Pour faire comprendre la spécialisation de la sensibilité, je ne puis guère m'appuycr que sur des analogies en rappelant que les cordes et les tuyaux sonores vibrent seulement sous l'influence des notes fondamentales et des harmoniques pour lesquelles ils sont accordés. (Voir Note G.)
Les électriciens admettent également qu'un conducteur, siège d'une décharge électrique oscillatoire, lance dans l'espace qui l'entoure des ondes ou oscillations électriques animées de la mémo vitesse que la lumière et de même nature qu'elle ; et que, quand ces ondes électriques rencontrent un circuit accordé, par rapport à leur période d'oscillation, de manière à (>tre capable do vibrer synchroniquement a\'ec elles, elles y donnent naissance à des vibrations électriques ayant exactement la mémo nature que celles du circuit excitateur.
Le Iluide nerveux du sujet envahi par un fluide étranger s'accorde avec les vibrations propres à ce fluide ; c'est quand il est accordé ou en rapport, et que les parties à l'état statique ont été portées à l'état dynamique, qu'il peut transmettre les sensations dues à un objet quelconque imprégné de ce fluide étranger (1), et qu'il ne transmet plus que celles-là.
(I) n véaulte des expériences de M. â'Arsonval sur Rlleraatits que les nerfs sensitifs et moteurs sont, coame le nerf Bconstique et le nerf optique, accordés pour des périodes vibratoires déteriuiDëes. Comme eux ils ne répondeuL pas â des ondulalions dont la fréquence est trop basse ou trop élevée.
64 L'EITésiOlUSATIOn DE LX SENSIBILITE
L'expérience montre en effet que pour les sujets très sensibles, il suUit de mettre pendant quelque temps les effluves de ses propres doigts sur le prolongement de ceux des leurs et à petites dîtances, pour rendre ces effluves sensibles ; et cela sur tout leur parcours sans maxima ni minima. C'est ainsi qu'on peut encore, en plaçant l'un de ses pieds dans le prolongement et à 1 décimètre environ du pied du sujet, puis en pressant brusquement avec l'autre pied l'intervalle qui sépare les deux premiers, détenniner chez le patient qui ne s'y attend pas une vive douleur.
Réponse à la troisième question
Les zones régulièrement alternées et fixes dans Fespnee (par rapport au corps) des maxima et des minima de sensibilité doivent, comme dans tous les mouvements vibratoires connus (lumière, chaleur, son, électricité), être produits par des interférences d'ondes (1). Or ici nouspouvons raisonna-
il' Ces maximii et ces minima pourmient ausai s'expliquer en admettant des éiiiiBsions de particules matéi-ielles au lieu do vibmtions de l'étlier. Voici la tliéorie que donne Crockes il propos de la décharge électrique dans les gaz raréliés qu'il compai'e na mouvement des passants dans une rue tris fi-équenlée.
■ Si îi certains moments, quand le courant des atledres se produit également dans les deux direcUnos, nous observi.ns d'une fenêtre les allants et venants, nous pouvons remarquer que la foule n'est pas nniformément répartie sur la ctiaussée. moistorme une série de groupes, ou. pour ainsi dire, de paquets, séparés par des espaces reljatîvement vides. On peut aisément concevoir de quelle manière sont formés ces paquets et ces groupes Les quelques personnes qui marctieut plus lentement que la moyenne retardent le mouvement des autres qui se déplacent dans la m^me diroelion ou dans la direction opposée- far suite, un encombrement temporaire se trouve créé. Les passants qui arrivent par derrière nuguienlent la fouie en ce point, taudis que ceux qui sont devant et conser^'ent la mémo vitesse laissent derrière eux un espace relativement vide. Hi la foule se déplace biut entière dans la même direction, la formation de ces
EXTËBIORISATtON DE LA SENSIBILITÉ 6o
blem(!Qt supposer que les projections des effluves concordent avec les deux grands mouvements rythmiques du corps humain, celui du cœur et celui de la respiration. De plus, comme ces deux mouvements ont des périodes très dittérentes, celle du premier étant environ trois lois plus courte que celle du second, il se produit certainement des interlérences dont on pourrait exactement calculer la distance si l'oa connaissait bien les vitesses de propagation des effluves. On sait déjà approximativement par les observations de Rei-
groupes devient nioias distincte. Dans les n voitures prodaisent le même résultat, comm
• On conçoit donc comment de simples différences de viU' '<e sut lisent h résoudre une multitude de passants en u certcun no nbre de groupes et d'intervalles alternés.
• Au lieu d'examiner dos hommes ou des lemme'' en moavement supposons que nous expérimentions suf de petites particules dune substance, d^ sable par etemple, de dimensions app^0MmatI^ ement égales. Si l'on met ces particules en suspension dans 1 fan lans nn tube horizontal, et qu'on leur imprime un mouvement ntbmique nous obtiendrons encore des résultats semblables la poudre "e dis posant, régulièrement et d'elle-même, en morceaux séparés par dts intervalles libres.
• Passons 'enfin à des substances encore plus ténues et observons la façon dont se comportent les molécules d'un gaz raréfié quand on le soumet il l'action d'un courant d'induction. Les molécules sont ici libres de toute volonté capricieuse, et suivent la loi que je cherche a faire comprendre ; et quoiqu'elles soient tout d'abord dans un désorilre complet, sous l'influence du rythme électrique, elles se rassemblent en stratirications bien définies. Les portions lumineuses indiquent les régions où se produit l'arrêt du mouvement et par suite des frottements, taudis que les intervalles sombres correspondent aux régions de l'espace que les molécules traversent en subissant nn nombre relativement faible de collisions. •
La théorie des ondulations rend facilement compte des maxima et des minima de sensibilité qui correspondent aux ventres et aux nœuds d'une corde vibrante. — On sait en effet qu'on ne change rien il la vibration de la corde si l'on touche une corde vibrante ii l'emplacement de l'un des nœuds, mais qu'on modifie cette vibration quand on touche la corde sur un ventre; or c'est précisément la modification du mouvement vibratoire qui détermine la sensation dans l'extériorisation delà sensibilité.
06 L'EKTÉRiomSAnoN DE LjI sensibilité
chenbach qu'elles sont assez lentes dans l'iitr, de quelques laètres par seconde; les inlervatles que j'ai mesurés, entre deux maxima consécutifs, sont doue de même ordrede grandeur que ceux que donnci-ait l'application des [ormnles matbàmatiques (1).
On remarquera que la surlace de la peau qui est insen- »ble se trouve bien à l'emplacement d'une couche de minimum de sensibilité (fig. 'S et 4).
Des expériences directes ont semblé montrer qu'en faisant varier le rythme de la respiration ou déterminait des variations dans la distance des couches, qui dépendit aassi de l'état de santé du sujet (2); mais pour des matières
(I ) Lps longuears d'onde de» radiations en question sont probablement Intermédiaires entra les radiations IroideH étudiées par M. Langtey et les radiations élei'triqucs étudiées par H< Herz.
On sait que les longueui^ d'onde» perccpUbles par les yeux normaux sont comprises entre l>'"°> .000.4 et Û'"»,0O0 8 constituant ainsi une sorte d'octave dans la série indéfinie qui exisle cartAinament.
La longueur d'onde correspondant au:t radiations émises par la glace tondante serait de 0"'-°,OOI.I.
Le« longueurs d'ondes sonores perceptibles pour l'oreille bnmaîne sont comprises entre S millimËti'cs et 2t mètres.
■ On a appris, dit M. Longluy. par 1rs mesures récentes que j'ai ettectuées. l'existence de longueur d'ondes plus grandes que 0>°''U05 et j'ai lieu d'estimer que j'ai reconnu des radiations dont la longueur d'unde dépasse O""».©. Ainsi j'ai mesuré des longueurs d'onde égaies k près de huit fois celles connues de Newton et j'^ des Indications probables de longueurs d'ondes beaucoup plus grandes.
• L'nblme entre la plus courte vibration sonore et la plus longue vibration de l'éthër que l'on connaisse est donc maintenant comblé dans une certaine mesure. •{Annalei de physique et de okiniie, 1880.)
Depuis cette époque, les beaux travaux de llerz ont permis de mesurer l'onde électrique qui varie de quelques millimètres i. plusieurs mètres; mais toute cette question est encore obscure à cause des différences de forme de la vibration et de nature de l'aient transmetteur. Les données des sciences dites occultes sont souvent plus certaines que celles de la science orncielia auxquelles le public prtt« une impeccabilité que Les vrais saviiots sont loiu de leur attj^buer.
{i) Avec certains sujets d'une nalu» ardente et portant une vivo
BXTÉUORISATIOH DB LA SBASIBILIT^ 67
«ncore a délicates et si pleines d'obscurité, il laut se garder <les conclusions prématurées basées sur des ob9er\ations trop peu nombreuses (1).
Poursuivant dans ses conséquences Ihypotliùsc d'un mouvement vibratoire et ayant constaté que les etOuvcs traversaient les murailles (2), je fis construire un prisme ilroit en plâtre ayant pour base un triangle de O^.SO de cùt^ et je reconnus, aussi bieu par le témoignage du sujet luimùme i[ue par celui d'un autre sujet aux yeux hyiïeresthésiés. que les couchera la hÀa hmùneuaes et sensibles du sujet extériorisé sirï>ie»aîeiit par leor passage dans ce prisme une déviation à peu près constaate, ainsi qu'on peut le voir dans la figure 4 de la planche II, qui reproduit un des nombreux dessine relatifa à ce genre d'expériences ; mais, le phénomène principal se compliquant de pliéuoaiènes secondaires dont je n'ai pu encore trouver la clef, j'abandonnai provisoirement cette voie pour me borner à rechercher quels étaient leaeorpaqutlaiaaaieiitle mieux passer les «tQuves (les meilleurs diadiques suivant l'expression de Reichenbach), et je fus conduit ainsi h la découverte d'uu fait capital dans cet ordre d'études.
J'opérais avec Albert L., dont j'ai parle dans le premier chapitre ; non seulement il percevait les attouchements sur les couches sensibles, mais encore il voyait ces couches sous
aftecUon h leur magnétiseur, les couches s'iiiflécMssenl vers celui-ci comme s'il les attinùt,
fi) voir le § IX de la nota i.
(2) Ce pliénomèue a été conslaté par presque loua les anciens magnétiseurs et an^si par M. P. Janet dans sa célèbre expérience du Havre. ( Voir Lea étaU pi-ofonds de l'hypnoie, pp. 4Ï et 48.)
68 l'eXTI^RIOKISATIO» de la SEnSIBILITË
lonnc de surfaces lumineuses ; je lui laisais étendre la main gauche perpeudiculaireiaent sur une table recouverte de iwkpier blanc, le côté extérieur du i)etit doigt reposant sur la table, et je posais, du côté de la paume de la main, la substance à essayer ; puis j'amenais, à l'aide de passes locales et fonvenablement gradu<^cs, sa main gauche enctatd'extériorisatioR et ses yeux en état d'hypcreslhésic (1), de telle sorte qu'il pouvait décrire et ou besoin dessiner ce qui se passait.
l.'n verre rempli d'eau ayant été ainsi disposé pour rex|>ériencp, voilà co que dessina Albert (fij;. 3). M fi représente
D parlamnln
la main gauche, V le verre d'eau, c, & c", c'" les diverses louclies lumineuses : on voit que ces couches sont interrompues derrière le verre qui projette une sorte d'ombre marquée par l'interruption des couches lumineuses en A et en B. Quant à l'eau du verre, elle s'illumina rapidement
(11 Je rappelle que chez lea sujets bien doués on peut taire passer isolément chaque partie du corps par les divere degrts de rbypnose ; quand on pousse trop loin, l'hypnose se propiige jusqu'au ceneau d'où elle se répand dans tout l'organisme.
dans toutes sa musse ; et, au bout de quelque temps, pro bablement quand elle fut salurée. U s'en dégagea verticalement comme une fumée lumineuse.
Les sensations tactiles confirmaient ces indications ; car, en piquant l'air en A ou en B, le sujet ne sentait rien, tandis qu'il sentait quand je pinçais l'eau en un point quelconque, ou l'une des couches lumineuses.
Bien plus, prenant le verre d'eau et le portant à qneique distance, je constatai qu'a restait sensible, c'est-à-dire qu'Albert ressentait les attouchements que je lui faisais subir, bien qu'à la môme distance il n'y eût plus trace ailleurs de couches sensibles. Si on s'éloignait trop, la communication de sensation ne s'effectuait plus, mais elle reparaissait quand on s'approchait de nouveau à distance convenable. Au bout de quelques instants, l'eau perdait ses propriétés, si elle restait éloignée des couches sensibles.
Nous nous trouvons donc en présence d'un phénomène analogue jusqu'à un certain point à celui que présente un corijs phosphorescent.
L'eau s'est chargée de sensibilité comme le sulfure de calcium se charge de lumière, et elle rayonne jusqu'à ce qu'elle ait renvoyé tout ce qu'elle a re(,:u ou, en d'autres termes, jusqu'à ce que l'énergie qui lui a été communiquée suit épuisée.
Diverses expériences qu'il serait ti-op long de rapporter ici m'ont permis de préciser cette hypothèse et de formuler, en négligeant le phénomène secondaire des ma.xiina et des minima, les propositions suivantes :
l^Les manœuvres propres à extérioriser un sujet déterminent la formation, autour de ce sujet, d'un champ de l'agent propre à transmettre au cerveau les vibrations ordinairement perçues par le sens du tact.
70 L'ESTËRIORISATIOn DE LA SRNSIBILITÉ
2° Ce champ, dont l'élendue augmente avec le degré deinapiétisation du sujet, estauseî, pour un même degré, d'autant plus amsidérablc que l'action mécanique excercée CBt pluB considéralite .
3° Théoriquement, une action d'intensité infinie serait perçue à une distance inlînie.
4° Si ou place, pendant un certain tempe, près d'un sujet extériorisé une suliâtance propre à absorber cet agent, la substance se chargera, jusqu'à la limite de sa capacité propre, de l'agent proportionnellement à ce temps et à l'intensité du rayonnement du sujet au point oîi elle est placée, de telle sorte qu'elle deviendra elle-même le centre d'un champ plus ou moins étendu, propre à transmettre des Bensattons perceptibles par le tact.
5" Si, pour une action mécanique d'intensité », le rayon du champ du snjft est r et celui de la subslanee sensibilisée,
1^, le sujet percevra les actions mécaniques d'intensité égale à iexcercées soit sur la substaoce elle-même, soit sur un point quelconqtie du champ de cette substance (1), tant que la
'<) QiiPluiies SQJels ne perçoivent pas commo lumiÈrc les coaclies
EITËHIOBISATIOK DE LA SENStULlTÛ 71
distance entre le sujet A et la substance B sera intérieure ou ég^e à r -h r' (£ig. 6) ; mais, quand cette distance sera supérieure à >■ -h »', il y aura un espace où l'agent sera en quantité insulfisante pour transmettre les vilirations d'intensité égale ou inférieure à t, et la sensation ne se transmettra plus. La communication se rétablira dès que les - deux eliamps, définis comme ci-dessu», se touclieront de nouvean.
G° La sensation est toujours perdue au point du corps du sujet le plus rapproctié du point de la couche sur laquelle on agit, ou au point dont les etlluvcs ont servi à sensibiliser l'objet si l'on agit sur un objet sensibilisé.
En opérant avec divers sujets, j"ai reconnu que les substances propres à emmagasiner leur sensibilité étaient presque toujours les mêmes que celles qui emmagasinent les odeurs (1) : les liquides, les corps visqueux, surtout ceux
lia. quand on jiincc une de ces couches, ils voient une loenr partir de l'eadroit pincé et se rendre au point oii Us ressentent Ift donleur. Si l'on pince un point du cliamp d'un objet sensiMIisô, dans des conditions Uilles que lu sensation puisse se communiquer, ils voient la lueui' partir du |ioint pincé se rendre d'abord vers l'objet sensibilisé et repartir de là pour, le point du corps oii la sensation est perçue.
(I) L'analogie des c/fluvee humains avec les parfums a été con- .tirmée par nue conférence fuite, en 181)7, l'ar M. Jacques l'assj- sur la Chimie des parfums à l'Association fniuçaisepour ravaucement des scienceE.
M, Passy a rappelé, que depuis loufitenips en effet la meilleure manière d'obtenir les parfums était de placer les fleurs odorantes sur une I égbTB coucbe de graUse qui dissolvait ces parfums et que le« autres procédés tentés avaient pour inconvénient soit de tuer I» fleur et de tarir ainsi la source du |)arfum., soit de dis.'M>udre des matiËres étrangères de toutes espËccs.
« Le problème k résoudre, dit-il, consiste en somme à laisser vivre la fleur et fe recueillir au fur et k mesure le parfum lorroé. Or, il y a un milieu presque aussi indifférent et inoffensif pour lu Heur que Valr, c'est l'eau. J'ai donc pensé qu'en immergeant la fleur dans l'eau, celle-ci sechai^erùt du parfum sans l'abîmer et qu'il suffirait de luienleverlo parfum au moyen de l'éliier ou de tout outre véliicule. Cette idée s'est pavfailrnifnt réalisi'-o.
72 L'E^tTéniORISATlON DS LA SENSIBILITÉ
d'origine animale, comme la gélatine, la cire, l'ouate, les étoffes à structure lèche ou pelucheuse comme le velours (le laine.
Il y a cependant quelques exceptions et il semble même que la nature des substances sensibilisables varie avec l'état moral du sujet. On trouvera dans la note finale I des détails sur cet ordre de phénomène.
J'ai également essayé si l'on ne pourrait pas estt'noriser d'autres sensations (1) que les sensations tactiles : par
Il y a tout* une série d'expériences nouvelles h tenter en s'inspirant de ces rapproetiemenls, et c'esl^ peut être ainsi qu'on arrivera h fonstruire un appareil propre à iléceler et ft mesurer ces effluves.
On sait en effet que les odeurs ont la propriété d'absorber d'une façon notal>le la ehaleur rayonnante et, comme l'a lait oliserver Tindnil [La chaleur considérée comme mode de mouvetnenl Leçon XI'.- la quantité rie matière volatile qu'une pei-sonne de cet auditoire extrairmt d'un flacon d'esprit de corne de cerf par une seule ftspiration du nei exercerait sur la chaleur rayonnante une action plus fort* que la masse totale d'oxygène et d'aiote de cette salle."
11 est bon do se rappeler qu'il suffit de s/10.000 de milIiÈme de raiUigrainme d'anlUne dans un litre d'mr pour qu'on en perçoive \'odeur irsutfit également de déposer 1/100,000 de milliÈme de milligramine de musc artificiel sur un verre de montre pour qu'on en perçoive l'odeur pendant plusieurs minutes.
On concentre les parfums dissous dans la graisse en l'agitiint fortement avec l'alcool. L'alcool dhsoul le parfum et ne dissout pas la graisse,
il) L'n de mes amis, écrivain très connu et sujet très sensible, s'e^ttérïorise pour mol après un simple contact de quelques instants. Ctie^ lui le sens de l'odorat se spécialise en même temps ; il me sent alors, m'attribue une odeur balsamique tout h fait particulière et ne
t'abbé Ribet (Mystique divine , II. 318) rapporte un fwl qui peut recevoir la même explication :
t Sainte Catherine de Gênes, en flairant la main du prètie (|ui illrigeait son àme, ressentait une odeur d'une suavité ineffable (|Ui lui réconfortmt & la fois et Vtaat et le corps, et dont la vertu était ti!lle qu'il lui semblait que les morts, l'elon son expression, dussent en ressusciter. Le confesseur aurait bien voulu jouir de la même faveur ; mais il avait beau Dalrer sa main, pour M l'odeur merveilleuse n'existait pas.i
EXTÉBIORISATIO.V BB LA SESSIBILITÉ 73
exemple en plaçant un verre d'eau sur le trajet des effluves de l'oreille, puis eu parlaut à voix basse contre l'eau emportée à une certaine distance. Je n'ai produit ainsi sur la plupart de mes sujets habituels qu'une légère sensation de chatouillement à l'oreille : de même pour les yeux. M"" Andrée et M"' Vix m'ont donné quelque chose de plus. Voici en effet ce que je lis dans le procés-verbal de mes expériences à la date du 24 février 1892 :
« M"* Andrée est endormie par M, Reybaud et poussée jusqu'à l'état de rapport.
V M. Reybaud me met en rapport avec elle. Je constjite l'insensibilité de la peau et la sensibilité & 2 ou 3 centimètres, pnts des maxima et des minima peu sensibles jusqu'à 30 ou 40 centimètres, puis plus rien.
« En condensant sa sensibilité dans un verre d'eau, elle me sent jusqu'à 3 ou 4 mètres.
« En plaçant dans l'eau sensibilisée de l'essence de laurier cerise, elle commence par se trouver très heurense, puis elle éprouve le besoin de se mettre à genoux ; elle finit par exécuter le mouvement.
H M"' Vix est endormie par un courant de piles, en tenant dans chacune de ses inains l'un des cylindres de cuivre qui terminent les réhopliores.
« Quand elle est arrivée à l'étatde rapport, elle ne perçoit plus que les attouchements des personnes qui tiennent au moins l'un des cylindres de la même main ([u'elle le tenait.
« Elle est extériorisée. Je sensibilise un verre d'eau ; j'y introduis un des cylindres, ce qui lui fait éprouver une sensation très pénible, puis une bouteille renfermant du vaiérianate d'ammoniaque et bien bouchée à l'émeri, en ayant soin de la faire toucher au cylindre ; au bout d'une minute
74 L'BXTéalOBISATION DE LA SENSIBILITÉ
environ, rieo ne se produisant, je passai à d'autroB expériences sans rien dire, quand elle manilesta on grand agacement et le désir de me griffer. t>
Oa sait par les expérieaces des docteurs Bourru, Burot et Dufour, ainsi que par les miennes, que, chez beaucoup de sujets, l'iniiolation de l'essence de laurier-cerise ou de la valériane détermine l'extase religieuse pour la première et les attitudes de cliat pour la seconde.
M. Routin, ingénieur électricien et ancien élève de l'École polytechnique, a été encore plus heureux, car en février 1894, il m'écrivait :
a Je vous ai déjà signalé le fait que j'ai constaté avec le même sujet (Marguerite de P.) et qui consiste en ce que l'extériorisation n'affecte pas cliez elle le seul sens du lact, mais tout aussi bien la vue, l'odorat et l'ouïe. En parlant tout près d'un verre d'eau sensibilisé, je lui téléphonais ce que j'avais à lui dire. Je me suis d'ailleurs assuré qu'il était impossible d'attribuer le phénomène à lasuggestion mentale ; en plongeant des fleurs odorantes dans un verre d'eau sensibilisé placé dans une chambre voisine. M"' M. de P. reconnaît les fleurs. »
Mallieureu sèment, les circonstances n'ont permis ni à M. Houtin ni à moi de répéter ces expériences avec cette jeune personne qui était un sujet neuf et hors ligne : c'est là ce qui arrive trop souvent dans une science où l'objet de l'étude ne s'achète pas chez le marchand de produits chimiques.
Il résulte de ce qui précède qu'un animal placé à côté d'un sujet extériorisé peut se chargerdc sa sensibilité et que les parties détachées du corps de ce sujet, tels que les cheveux (1), le sang, la sueur, les rognures d'ongles, les déjec-
\l] L'auteur des Entreliens sur le ■magnéUstne animal (PariB-18î3j
BXTéSiOVBATlON DB LA SBHSIBILITÉ 7S
tionB doivent se comporter comme desobjets Beasibilisée (i). C'est ea effet ce qui a lieu (2) et plug que poreoune ie magnétieeur jouit de cette propriété, puisqu'il y a inrobablemeat échange de fluide par une sorte d'endosmose.
On peut comprendre maintenant ce qui se passe dans l'état que j'ai appelé la sympathie au contact. Le fluide du sujet trouve dans les nerfs du magnétiseur qui le touche uae substance infiniment plus conductrice que dans l'air ambiant ; aussi s'écoule-t-il par cette voie de préférence à toute autre et les sensations se communiquent-elles le long des deux systèmes de nerfs mis en contact quelque temps avant que l'organisme du magnétiseur ait absorbé assez de sensibiUté pour rayonner à son tour et transmettre ses sensations, même sans contact, comme cela a lieu daus l'état de sympathie à distance (3).
rapporte qu'ayant emporté chez lui des eheveuï coupés Bur la léle de aa somnambule, et tirant alors sur ces clieveux, la somnambule qui étail loin de là éprouvait la mi^me sensation que si on lui avait tiré les cheveux qu'elle avait sur la tèt^^.
Le même eltet avait lieu, même lorsque la somnambule était réveillée.
« Ensuite, ajouta-t-il, sans tenir ses cheveux, je fis agir mes mains de la même manifere que quand je les tenais, et avec l'intenUon de lui produire le même eltet ; elle éprouva lu même sensation. Après cela, je me donnai un lé^er soutllet avec la volonté qu'elle le reçut; elle sentit aussi le soufflet.»
(!) On trouverait dans ce phénomfene une base physique pour expliquer l'elticacilé des reliques.
De même, il ne ser^t pas absurde d'admettre qu'en dehors des causes spirituelles dont nous ne voulons pas nous occuper, les guérisons par immersion dans la pisoiue de Lourdes peuvent être aidées : !• par le saiBissement dû h l'eau froide, qui, chez les sensillts, détermine l'état de crédulité où s'affirment les auto-auggestlons ; 2<> par le cbargement magnétique de la piscine àl'aJde des etllnveB de certains malades puissamment extériorisés sous l'inlluenee de la loi.
(2) Voir la note E sur la persistance de la vitalité.
(3) J'ai donné dans les Etats profonds de l'hypnose 'pp. 44 et 45) quelques exemples du commua ication de maladie d'une personne & nae autre.
76 l'extériorisation db la sensibilité
Quant ail phénomùne do la vue des organes intérieurs, il pourrait s'expliquer en admettant que le sujet perçoit par ses couches sensibles qui pénètrent à travers le corps ; mais cette lucidité, qui est analogue sinon identique à la vue si discutée des somnambules à travers les corps opaques, n'a pas encore été suffisamment étudiée.
Peut-être l'extériorisation de la sensibilité sera-t-elle observée un jour chez certains animaux et reconnaitra-t-on qu'elle se développe ou s'atrophie en raison inverse des autres sens et suivant les conditions des milieux (1). Eston bien sûr qu'elle n'existe pas, à l'état plus ou inoins conscient, chez les aveugles qui nous éloinient souvent par la perception des objets qui les entourent î
Dans les chapitres suivants, je vais montrer comment on a cherché, à diverses époques, à utiliser, soit pour le bien soit pour le mal, les mumies [2), c'est-à-dire les substances chargées de sensibilité humaine.
M. Fbbé (Revue dus deux mondes, mai 1893) a, cité plusieurs exemple» d'agoraphobie transioise aux chiens par des hommes. En voici un autre qui a'est passé eu 1319 et qui a été raconlé par Bendson [Arkcie. fur thierisohfn iiagnetistnus, IX. 1.153,.
• J'ai rais en contaet une personne sujette à des convulsions avec au chien, en lui faisant toucher avec ses pattes les pieds de la malade. Le clùen s'erforçnit de se débarrasser de ce cunlact, mois en vain. Qu'en résulta-t-il ! Tout d'un coup, le cliiea tourna les yeux, l'écume couvrait sa gueule , il pliwt ses [latles d'uue façon convnlsive et taisait en somme les mouvements que faisait la malade durant la crise...»
(i) Od sait que plusieur* espaces d'insectes, clieï lesquels on n'a pu découvrir aucun organe ipeciol de la vue, n'en sont pas moins capables d'éviter les obstacles qui se présentent devant eux.
(2) Le mot mumie qu'ont adopté les disciples de faracelse avec le sens que je lui conseri e, et qui est une autre lorœe du mot momie appartient à la langue arabe et dérive du persan hoch, signifiant cil« on substance bitlsaiitique .