‹ L'extinction du paupérisme réalisée par les enfants, ou La commune telle quChapitre 15 sur 27 · C IC · texte numérisé non relu

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R^eceltes. 1 Dépeises.

Report

Dépenses.

Appointements de quatre sur- TeUlants et nourriture à 500 fr.

l'un

Nourriture et blanchissage de cent élèves à 60 c. par jour. .

Intérêt et amortissement du capital de construction . . ,

jy du capital mobilier ( meubles et outils, 8,000 fr.) . .

Addition au chauffage. . .

Eclairage

Honoraiies du médecin . ,

entretien du linge et vêtements , à 60 fr. par an . . .

Dépenses imprévues et gratifications

Total des dépenses . .

Excédanê de recette». . .

Total des recettes, . ,

Balance annuelle dei^ quatre écoles :

Balance ci-dessus ... .

Excédant de dépense annuelle de la crèche. . . • A reporter. . . . , . |'

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Report

D* de TEcole primaire .

D* de rÉcole secondaire.

Total de Vexcédant de recette.

Excédant de dépense générale à la fin de la 1 ?• année . . .

Total des excédants de dépense.

Becettes

Provenant (jle Vaugtnehtation du cheptel et du bénéfice résultant de 'Ja consommation des produits sans déplacement.

A la crèche ^ . . . . .

A l'Ecole primaire . • . .

A l'Ecole secondaire . . .

A l'Ecole professionnelle.

Total par année . . .

Ainsi la présence et l'éducation de trois cent quarante enfants dans la colonie a pu élever à 10,300 fr: par an le bénéficç de l'elploitation rurale à la fin de la dix-septième année et réduire à 15,410 fr. l'excédant de dépense annuelle de rétablissement tout entier.

On reconnaîtra la modération de cette évaluation, si l'on se souvient qu'en Belgique, dans

Recettes.

Dépeoiei.

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rétablissement de Ruysselede, le pi*oduit net de la terre, dont l'étendue est semblable à la nôtre, figure, d^ns les comptes officiels tendus au gou- Ternement, pour une somme de 36,000 fr. , au bout de six ans d'existence de la colonie.

Pendant ces dix-sept années et en continuant toujours notre supposition d'un fondateur joignant à un,e fortune suffisante , une de ces volontés éclairées que n'affaiblissent aucunes difficultés , plusieurs annelions de territoire ont pu être faitçs à notre domaine au fur et à mesure des additions faites au personnel de la colonie.

La propriété qui , en moyenne , dans les campagnes, change de main quatre à cinq fois par siècle^, a déjà , d'ailleurs , fourni à notre fondateur plus d'une occasion d*acquérir et d'ajouter à son domaine des portions de terre situées dans le ]^rimètre , — environ une lieue carrée , — qii'il a, dès l'origine, assigné au développement de sa nouvelle commune. H en est de même de la population qu'il destine à atteindre le iehiffre d'environ 2,000: tout ce qui, dans la vieille commune > se recoHunande . par la njoralité et Tintelligence , trouvera, tôt ou tard;, son intérêt à faire partie de la nouvelle ; tout le reste disparaîtra successivement par l'émigration dans ce monde ou dans l'autre et, avec ce reste, disparaîtra dé même le spectacle honteux et attristant de toutes les misères qu'enfante le paupérisme.

A cette époque de notre établissement, il est

bôïï de donneîT un aperçu du mouvement profeV sionnel de notre colonie , ne fût-ce que pour répondre aux doutes ou atix inquiétudes des personnes qui , peu disposées à juger par intuition , ont besoin d objets matériels qui puissent frapper leurs sens et leur montrer qu'une communauté , si nombreuse qu'elle soit, dans les limites indiquées ci-dessns , ne manque jamais de travail , quand Torganisation est sagement ordonnée et

conduite.

Aussitôt que la cloche dé la paroisse , a sonné Vanyelus^lsi cloche de nos écoles sonné le réveil. Nous avons déjà dit Tordre des travaux à la crèche, à FÉcole primaire et à l'École secondaire, nous ne nous occuperons ici que de l'École professionnelle.

Aussitôt habillés, nos apprentis commencent leur journée y dans chaque dortoir, par une prière en commun que chacun d'eux , chaque jour à ison tour, prononce à haute voix. Cet acte d'élévation de l'intelligence vers Dieu rappelle incessamment que la vie n'a pas uniquement pour but les travaux nécessaires k son entretien matériel.

Après cet acte, sérieusenient accompli, chacun fait son lit. Ceux qui ont adopté les travaux de la cuisine et de l'entretien des feux se hâtent d'aller préparer le potage. Les autres font le ménage des dortoirs qu'une inspection sévère maintient riches d'orjdre et de prppreté.

L'ordre a pour règle cette formule sacramen-

t^e : « Une place pour chaque objet et cet objet « toujours remis à sa place, »

Le ménage et les ablutions faites dans les dortoirs, on descend au réfec^toiré. Le léger repas du matin , un potage , ést> une habitude hygiénique salutaire à Festomac , qui , lorsqu'il est sasatisfait , laisse T esprit parfaitement libre pour la direction des autres orgçtnes et raccomplissemènt de leurs fonctions. •

Du réfectoire on passe aux ateliers :

Les enfants, aidés (nous l'avons dit), des observations de leurs institutrices et des notes bio-. graphiques que contient, pour chacun, le grand livye du personnel, ont pu faire, avec, connaissance de cause , le choix d'une profession , puis se faire inscrire dans d'autres groupes dont les occupations , attrayantes encore pour eux , tloivent sei'vir de délassement utile à la profession principale.

Plus on sait, plus on vaut. Plus le nombre des choses auxquelles on. peut concourir est grand, moins on est embarrassé , moins on est dépendant , et plus on est utile au milieu des occurrences si diverses de la vie.

C'est par la profession principale que doivent toujours commencer les travaux de la journée. Le repos de la nuit a rendu à tous les organes la précision nécessaire à la justesse de leurs opérations et c'est pour la fonction de prédilection et les parties les plus difBciles de cette fonction

que doit être réservée }a plus grande somme de force dont Tesprit et le corps peuvent disposer.

Le temps le plus lotog, que Tattention puisse fructueusement donner de suite à la même œuvre,, est ordinairement de deux heures. Pendant ce temps, le travail, quand on s'y livre par goût, marche avec un entrain qui faiblit ensuite peu à peu, tant la répétition prolongée des mêmes actes est puissante à produire la lassitude , la satiété et Tennui ; et combien d'heures sont ainsi perdues et de travaux mal faits , faute de délassements sagegement combinés.

Deux heures, sauf dés exceptions qu'il ne faut jamais oublier, sont donc d'abord ol)ligatoires , dès le matin, pour les travaux de la profession principale, qui a été librement choisie.

Les surveillants ont pour mission de s'assurer qu'aucun apprenti ne manque à Tatelier qu'il a choisi et dans lequel un registre reçoit , tous les jours, de la main du chef d'atelier ou du surveillant, des notes relatives à la manière doïit chacun accomplit ses devoirs.

Cette surveillance est nécessairement complétée par les visites du directeur.

Quand les deux premières heures obligatoires sont écoulées , chaque élève a droit de se rendre à d'autres ateliers dont il a fait choix la veille.

Ces choix, auxquels on a procédé après le replis du soir, avant, de quitter la salle à manger et soiis la direction d'un bureau qui a enregistré

]fes detjiandes de cha(jue chef d'atelier et les ôp^ lions de chacun des élèves ,, ces choix , une foi^ iaits, et le travail ne , deTant jamais chômer, sant détenus strictement obligatoires.

Il est vrai que ces choix , ainsi faits librement ^ mais devenus obligatoires, jieuvent dpnner lieu à des mécomjptes, d^ns l'origine; mais comme ils peuvent varier tous les soirs, ils apprennent bien-^ tôt à chaque enfaût à réfléchir sur ses véritables aptitudes, et à ne point se décider légèrement.

Les choix de la profession principale nie sauraient varier aussi facilemeijt. Les demandes à cet égard, quoique toujours admises , ne peuvejit Tfetre qu'après une enquête, dans laquelle le chef d'atelier, les surveillants , rappreùti et ses camarades soBrt entendus et dont le résultat est une décision, qui, soigneusement inscrite au grand livre, peut être l'objet d'une approbation ou d'un blâiiie.

Cette sorte de solennité donnée à ces enquêtes dans lesquelles l'enfanl, quoique soumis au jugement de ses chefs et de ses pairie sur la justesse ou la moralité de ses actes, conserve toute sa; liberté d'action tant que l'intérêt d*autrui n'est point compromis, cette solennité, disons-nous, doit contenir de bonnes leçons de circonspection^ de ptudence et de stabilité et composer un fonds précieux d'expérience et de raison.

La profession principale doit être l'objet de ti^ois séances de deux heures chacune tous les * ^rs^ séparées^ par les repas et par iès séances

des professioas secondaires. Sii heures de travail fait avec plaisir produisent plus que douze ennuyeu^ sèment accomplies.

Les professions secondaires, qui sont des délassements et conséquemment encore des plaisirs, ne donnent pas moins de produits que la principale.

La précision et la perfection dans le travail s'acquièrent peut-être un peu plus lentement ; mais l'adresse générale se développe et la supériorité à laquelle on peut parvenir Sur quelque point, sera d'autant plus réelle et solide qu'elle trouvera plus d*appui dans tous les autres.

Il serait inutile de revenir sur Fénùmération , presque indéfinie, des ^fonctions, avec leurs divisions et subdivisions, qu'il sera possible de mettre sous les yeux et à la dispositiou de nos élèves; mais nous^ devons dire que , pour éveiller et soutenir l'émulation, ce stimulant si nécessaire au travail, il importe de grouper les fonctions de inanière à rencontrer, à côté les unes des autres, celles dont les produits se ressemblent le plus, afin que le désir de faire prévaloir telles méthodes ou tels résultats sur d'autres, fasse tendre incessamment tous les efforts vers la perfection.

Cette question de l'émulation ^ de ses procédés et de ses effets , pourrait fournir matière à de longs et intéressants développements , dont nous devons nous abstenir, ici. Nous dirons seulement que cette passiou , si féconde en bons et nobles résultats ^

devra, aax courtes séances et à la variété daos les travaux, F avantage de né jamais dégéùérer en rivalités individuelles, en haines et en guerres comme celles dont nous avons parlé p. 115 et comme celles des anciennes corporations dont Thistoire nous a <x)nservé le souvenir et dont nous aurons ainsi les avantages sans les graves inconvénients. Les rivaux de tout-à-rheure dans deux groupes opposés , deviendront , l'instant d'après , des associés dans un même groupe , et l'excitation produite par leur rivalité précédente sera tout aussitôt calmée par leur entente actuelle €t par leur ardeur à faire prévaloir une œuvre commune.

Lés travaux de la profession principale seront*, en général, clos avant le dernier repas/ Les heures qui suivront ce repas jusqu'au coucher seront consacrées aux différents cours qui peuvent rendre rinstruction et l'éducation jrfus complètes. Les expérience^ de physique et de chimie, le dessin, la musique , etc. , rempliront agréablement et utilement ces heures; et enfin ces journées, passées sans lacunes pour l'ennui, l'oisiveté et la déviation des bons sentiments, se succèdent en ne laissant que des traces utiles et d'honoi'ables sôuvct nirs.

On pense générj^lement qu'il existe des travaux qui n'ont d'attrait pour personne et que la liberté de choisir qui nous sert de règle pourrait trèsbien laisser continuellement en clràmage. Nous ne discuterons point ici cçtte queMion, mais, en

supposant , ro^jectiou juste , nous dirons qui! suffirait alors de faire appel au dévouement, pour n'avoir que l'embarras du choix piarmi la multitude qui ne manquerait pas de répondre à Tappel.

On ne manque jamais, dans les batailles , dans les incendies , dans les inondations et dans les épidémies, de pobles cœurs pour affronter les dangers les pluç grands et les pliis évidents. Au^ cun de nos travaux ne manquera donc d'ouvriers et chacun voudra , à son tour , prendre sa part de ceux qui, par impossible , seraient un objet de répulsion pour tout le monde.

Le dimanche, après Taccomplissement des devoirs religieux, aura pour plaisirs d'utiles exercices, tels que réquitatipn,. la natation, la gymnastique , le service de la pompe h incendie y tous les jeux d'adresse , et des, concerts.

L'usaf^ge des bannières pour chaque profession ne devra .pas être, seulement un jeu d'enfants. Chacune de nos professions devra pouvoir dresser la sienne et rallier ainsi ses adeptes dans les jours de cérémonies.

En tête de toutes devra s'élever la bannière de la crèche , une copie d'une vierge de Baph^êl avec l'enfant Jésus.

Celle de rÉcole pHmaire montrera le Christ appelant et lui les petits enfants.

Celle dé l'Ecole secondaire représentera Jésus discutant dâus le temple an nMlieu des docteurs.

Celle de l'Ëcole professionnelle le montrera

eticore trayaillant dans l'atelier de saint Joseph»

Chacune d'elles enfin troayera j dans Thistoire , Gfti d'illustres patrons ou d'ingénieux emblèmes, chamip vaste à exploiter par tous les genres de peinture et dont les produits , objets d'une louable émulation entre les diverses communes, décoreront les églises et les salles de réunion.

Dans les fêtes publiques « chaque corporation viendra détacher sa bannière; et les processions, dans lesquelles la population tout entière ^era ainsi groupée et participante, auront assurément gagné beaucoup en ordre et en majesté.

A la fin de la cinquième année passée à l'Ec^^le professionnelle, chaque groupe de vingt apprentis subît, comme à la sortie des écoles précédentes, un examen solennel après lequel, — des réponses satisfaisantes ayant été, données ou des chefsd'œuvre de chaque profession ayant été produits^ — l'apprenti passe au grade de compagnon ou mieùiL encore d'élève en maîtrise et en reçoit le titre.

il reçoit en même temps, comme à son entrée en apprentissage, un extrait de son compte et^ en comparant l'état de sa dette telle que nous l'avons étaiblie p. 124 et 125, avec les résultats de son travail tels iqu'ils sont inscrits au budget des pages 130 et 131 et qu'ils résultent des excédants de t*ecette dés cinq dernières années , il a la satisfaction de voir qu^en s'instruisant il à de nouveau diminué sa dette de 276 fr. 05 ç, et qu'il ne lui reste .plus que 942 fr>^5 e. à acquitter.

Cette situation contient un double enseignement

qui manque complètement à Féducation ordinaire. Dans notre commune nouvelle , Tapprenti de 1 7 ans , en passant à la fonction supérieure , peut étire justement fier de Tidée que ses travaux otit été scrupuleusement comptés et justement appréciés; mais il trouve là aussi une non moins juste occasion de ne pas oublier les obligations morales en méhie temps que pécuniaires qu'il a contractées envers sa communauté. Il sait enfin qu'il doit continuer à les acquitter, jusqu'à ce que, devenu chef de famille à son tour , il puisse prélever encore, sur les produits de son travail , la part de subvention que chacun doit à l'éducation des générations suivantes.

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