Quatre temps^ pigil es jeûneras Et le carême entiéremenK
& Vendredi chair ne mangeras Ni te samedi mêmmnenè^
Si les commandements de Dieu et les préceptes de l'Evan^lè sont si imparfaitement observés, nous devons constater qu'il n'en est pas de même des commaûdenSents de TEglise: on va à la messe, maïs nous en avons (p. 80), exposé le motif le plus général; on se confesse, on communie, et, surtout^ on y manque bien rarement avant de mourir; mais ce n*eSt pas moins rarement aussi qn*on répare les infractions qu'on a pu faire aux commandements de Dieu et bux préceptes de TÉvangfite.
Tout le monde connaît , dans les campagnes,' ces milliers d'infractions de toutes natures, (p. 190) dont le VIP et le X® commandements sont Tobjet; tout le monde sait, — et môme tout le monde avoue en' souriant , — que les droits de César , (p. 193 à 195), ont été partout et toujours frustrés, et, quand on voit mourir saintement (c'est le mot consacré), tous ceux qui ont commis ces infractions et qu'on sait et qu'on voit qu'aucunes réparations, qu'aucunes restitutions ne sont faites, chacun peut devenir juge alors de la valeur réelle' de ces confessions dernières auxquelles l'obligation de restituer ne laisse plus le bénéfice du se* cret.
Mais il existe une foi superstitieuse dans l'efficacité des paroîts j des mots sacramentels dont se compose la formule de l'absolution et ces paroles doivent sufSre à tout.
C'est toujours là, on le voit clairement, le
triomphe du matériel, du temp(»rél sur le spirituel.
Le prêtre qui sait ainsi, — comme tout le monde et qui le déplore bien davantage, — la douteuse efficacité de ces absolutions qu'il ne peut refuser, in extremis^ après des confessions affir-r mées sincères, mais aussi manifestement- incomplètes, — le prêtre gémit, et sa seule consolation est de penser que^ cette obéissance presque géné^ raie aux commandements de TÉglise et dont il a la satisfaction d'envoyer tous les ans, après Pâques^ une statistique exacte à json évêque , que cette ob^issance-là, disons-nous, est pourtant une amélioration ou , du moins , une espérance d'amélioration dans les mœurs.
Cette espérance d'amélioration « préchée ; avec tant de zèle mais si peu de succès depuis dix-huii cents ans 7 ne donne évidemment à personne lé droit de condamner des espérances sembhd>leSf lorsque ceux qui les nourrissent, sans mécon^iaitre l'utilité de l'observance des commandements de TEglise, croient pouvoir amener l'humanité à l'observation des commandements de Dieu par des procédés nouveaux et plus efBcaces.
C'est en vain, — tout le prouve depuis des siècles, — qu'on prêche l'amour de Dieu et du prochain , contre lequel luttent sans cesse , avec les plus tristes succès, des passions et des besoins qui , faute d'organisation , n'ont pu être satisfaits jusqu'ici qu'au bénéfice de l'égoïsme et au détriment de la charité,
. FEglise eUeHméme a compris, dans ces derniers temps, la nécessité d'institutions nonvelles ; elle a béni les crèches , les salles d*asile et adopté les inventions m.odernes de l'enseignement mulad et de renseignement simultané.
Elle admettra et bénira de même , nous ne sau* rions en douter, les cités agricoles et les ass<H eiations de familles. Elle les bénira quand, peuplées d'enfants chrétiennement élevés, elles réaliseront ces associations fraternelles auxquelles le Christ avait convié l'humanité et que les apôtres, pour avoir cru à l'efficacité du communisme, essayé-* r^t sans succès.
Elle les bénira enfin, qnand elles auront produit , pour ce qui est bien , Tintérèt et l'attrait que Dieu, dans sa miséricorde infinie., nous a permis et eonseillé de chercher en vue de l'observation de ses commandements et de ses préceptes.
CBAPITRE Xill.