‹ L'extirpation du cancer du seinChapitre 20 sur 48 · IG · texte numérisé non relu

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tant la peau de cette région, comme le fit Morestin dans un cas où il utilisa la peau d’un gros goitre.

Quelle que soit l’étendue de la plaie à recouvrir, à l’aide d’incisions libératrices suffisantes, et d’un vigoureux pétrissage des régions voisines, pour en amener le glissement, on arrivera à combler sans tension trop considérable les pertes de substance les plus vastes. La coaptation des lèvres cutanées doit être assurée par de nombreux points de suture, multipliés jusqu’à parfait affrontement. Pas de drainage.

En quelques lignes, on peut résumer la technique de M. Cestan de la façon suivante :

1° Large incision elliptique de la peau, à la Watson Clieyne. Dissection des lèvres cutanées, en bas jusqu’au delà du grand dorsal, en liaut jusqu’à la clavicule;

2° Section des deux pectoraux à leurs insertions coraco-humérales ; réclinaison de ces muscles en haut et en dedans pour découvrir Faisselle ;

3° Curage de l’aisselle, en dépouillant d’abord la veine axillaire, avec hémostase préventive de tous les rameaux vasculaires. Cet évidement se poursuit sur les parois externe, postérieure et interne: il comprend la lame celluleuse inter-scapulo-tlioracique ; il ménage les nerfs des grand rond, grand dorsal, sous-scapulaire et grand dentelé ;

4° Section des insertions thoraciques des pectoraux et libération complète de la masse à enlever ;

5° Autoplastie à vaste lambeau pris sur le sein opposé ou sur l’abdomen.

Ce manuel opératoire qui s’inspire, dans son principe,

EXAMEN CRITIQUE DES MÉTHODES OPÉRATOIRES 1 03 de celui de Kocher par la section immédiate des deux pectoraux à leurs attaches humérales et coracoïdiennes, pour bien découvrir l’aisselle, que l’on évidera de dehors en dedans, en diffère cependant par l’incision d’abord, par la dissection de la veine céphalique jusques et y compris sa crosse, où se trouve un ganglion souvent omis dans les autres procédés, parla précision dans la façon de traiter la veine axillaire dont il faut dépouiller la graisse celluleuse jusqu’à la clavicule, et enfin par l’ autoplastie.

J’ai vu pratiquer maintes fois par M. Cestan et MM. Bauby et Oulié, et j’ai pratiqué moi-même ce procédé. et très impartialement, je lui reconnais la supériorité de la moindre durée1, de l’exacte dissection, de l’absence d’hémorragie sérieuse, et de l’exécution facile.

Si cependant il m’était permis de formuler un désir, ce serait de voir M. Cestan franchir la clavicule, et faire 1 évidement du creux sus-claviculaire. Cette région sera en effet, pour la chirurgie, dans un avenir très prochain, le champ clos des décisives luttes contre le cancer du sein.

1 L opération, du premier coup de bistouri au dernier point de suture, dure à peine une heure.

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