‹ L'extirpation du cancer du seinChapitre 22 sur 48 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

D’après le plan que je me suis tracé pour l’étude des suites opératoires, je dois énumérer et comparer les diverses complications qui ont été signalées dans l’ancienne technique et la nouvelle ; or ce serait un trop facile parallèle que celui des deux techniques, au point de vue des accidents d’infection locale. Cela d’ailleurs ne prouverait rien, ni pour ni contre, attendu que ces infections locales sont en dehors du procédé suivi et tiennent a la manière d’opérer, en général. Je ne ferai donc que signaler ces accidents infectieux si fréquents et si terribles jadis, sans en tirer aucun argument, et je n’étudierai que les suites opératoires dépendant de la technique seulement, soit de Verneuil soit de Halsted1.

T Par ordre chronologique, en quelque sorte, c’est par le Shock que je dois commencer.

Boyer, Velpeau, Gosselin, Verneuil, Tillaux, Monod et Jayle sont muets en ce qui concerne cet accident. C’est une lacune car il faut croire qu’il y a eu des opérées déjà anémiées, cachectisées auparavant, et qu’une opéra-

' Je synlhélise ainsi dans un nom l’ensemble des techniques.

lion meme 1res incomplète a dû shocker, plus ou moins gravement.

Les chirurgiens modernes n’omettent pas des détails de cette importance, même pour signaler leur absence. Braquehaye n’a pas constaté le moindre choc pas plus que MM. Jeannel, Cestan, Bauby — pour citer ceux que j’ai vus opérer; — etHalsted, Meyer, Cheyne, etc., sont unanimes à proclamer cette absence.

Le fait est d’autant plus à retenir, que l’opération est très longue entre certaines mains (Halsted, Cheyne) et la plaie de grandes dimensions. Si d’ailleurs l’anesthésie a été bien conduite, le shoek opératoire n’est pas en rapport avec la perte de sang subie par la malade. « S’il n’y a pas de perte de sang, dit Halsted, il n’y a pas de shoek opératoire bien marqué. Ceci est vrai pour toute intervention. Les symptômes qui sont si souvent attribués au shoek sont dus presque invariablement à la perte de sang. »

Aussi le procédé qui mettra le plus sûrement à l’abri de l’hémorragie, en allant lier successivement tous les vaisseaux qui se rendent à la masse qu’on enlève, devra-t-il être préféré. J ’ai même dit que dans la technique suivie par M. Cestan où l’on soulevait les digitations du grand pectoral avant de les couper, au ras des côtes, on pouvait éviter l'hémorragie des branches perforantes des intercostales en pinçant les vaisseaux, avant de les sectionner, parce qu’on les voit grâce à cette traction.

U. Mortalité opératoire. — Relativement à celte question, il y a lieu, comme je 1 ai dit, de laisser de

SUITES OPÉRATOIRES côté les résultats observés avant la période antiseptique. Les statistiques anciennes évaluaient la mortalité nioy enne à 17 p. 100 environ. Aussi, ne prendrais-je en considération que les statistiques datant de l’avènement de 1 antisepsie, et je puis dresser ainsi le tableau suivant, pour l’ancienne technique :

NOMS DES AUTEURS

Barkcr et Simpson

Horner (Krolein)

Snow

Terrillon

Bull. . •

Bennett. May

Cabot

Dietricht

Collins Warren

Konig

Gzerny.

Carlo Fanlinn

IIo mer Gage

Dobson

Le Denlu

W. Cheyne

Jeannelfthèse de Ségonzac, 1895).

Total

NOMBRE do cas.

Page 1