‹ L'Extraction Primitive des Projectiles IntrapulmonairesChapitre 12 sur 20 · AE · texte numérisé non relu

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débris très acérés provoquent des déchirures, des hémorragies, et, ultérieurement, forment des corps étrangers à l’intérieur du parenchyme; ils s’y nécrosent et peuvent, à l'exclusion du projectile lui-même, provoquer des accidents septiques re-

doutables.

La plèvre présente très rapidement (8 à 10 heures) des fausses membranes au niveau des orifices de passage du projectile, point de départ d’adhérences ultérieures. Mais ce qui importe surtout, c’est l’état antérieur de la plèvre, dont les adhérences anciennes empêchent la rétraction du poumon sous l'influence du pneumothorax trauïmatique ou opératoire ; P. Duval et les auteurs anglais (Herringham) insistent particulièrement sur ce point, car dans ces cas

l’hémorragie est toujours plus considérable qu’en plèvre.

saine.

La plèvre contient parfois de l’air et constamment du sang ; nous n’insisterons pas sur les nombreuses discussions ayant trait à la coagulation de ce sang, nous admettrons seulement, à la suite de Tuffier et Milan, de Sacquépée, de Courcoux et Grégoire, de Latarjet et de la plupart des auteurs, que le sang intra-pleural ne se coagule jamais en masse : parfois à la longue, la coagulation se produit en partie, mais elle n'est jamais totale.

Dans de nombreux cas, ou tout au moins, pendant l'acte opératoire, le poumon lésé est affaissé, rétracté au hile. Cette atélectasie n’existe pas quand le poumon est retenu à la paroi, sur une plus ou moins grande étendue, par des adhérences anciennes. L'orifice d'entrée du projectile, variable dans ses dimensions, irrégulier, est parfois prolongé par des fissures pouvant aller, dans certains cas, jusqu’au véritable éclatement, par suite de la grande vitesse du projectile arrivant

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sur le poumon rempli de sang et, par conséquent, incompressible (P, Duvai). 1

Le trajet est, dans presque tous les cas, rectiligne. 1] ne #’y branche pas de diverticules et de fissures secondaires . Comme dans les viscéres pleins (Latarjet).

Outre le projectile, le trajet contient fréquemment des débris vestimentaires, des esquilles costales invisibles à la radioscopie, parfois enfin, des débris de bois ou de pierre entraînés par l'éclatement du projectile.

Macroscopiquement, en somme, la plaie pulmonaire est en tous points analogue aux autres plaies de guerre, A ls coupe, le trajet du projectile montre trois zones (Latarjet).

La premiére, la paroi du trajet, est une zone mortifiée, plus dure sous le doigt que le poumon sain et ne crépitant -pas comme Jui : elle est enduite d’une bouillie de tissu pulmonaire écrasé, adhérent en partie, libre en partie.

La zone moyenne, véritable infarctus, comprend V'ensermnble des alvéoles remplies de sang par le traumatisme. Enfin, la zone la plus éloignée est constamment emphysémateuse, c’est le seul point qui différencie la plaie du poumon des autres plaies de guerre, Il faut cependant reconnaître que le tissu pulmonaire, par ses fibres élastiques, est moins propre à la protéolyse que le tissu musculaire (Policard). La vascularisation intense et V’oxygénation constante le mettent à Vabri de la gangrène gazeuse.

Le poumon du côté opposé présente, assez fréquemment, des lésions, et c’est ce qui aggrave considérablement le pro- nostic des plaies de poitrine, même aprés l'intervention. En effet, le blessé privé momentanément du poumon Jésé, atélectasié, ne peut, par l'autre poumon, si celui-ci n’est pas indemne, faire les frais de sa guérison. On 4 trouvé, dans le poumon du côté opposé, des foyers de broncho-pneu-

monie, de conbtusion hémorragique. Ges lésions sont dues au traumatisme de l'organe par le projectile animé d’une grande vitesse ou très volumineux.

Les foyers de broncho-pneumonie et parfois l’'épanchement pleural se développent avec une rapidité déconcertante dans ce poumon en état d’hyperfonctionnement. H. Martin signale au cours de vingt-sept autopsies de plaies de poitrine ayant rapidement succombé, onze cas où des adhérences pleurales récentes ont été constatées dans Phémithorax non atteint.

C’est ce qui explique l’opinion émise par les chirurgiens anglais que chez les opérés de plaies pulmonaires, le danger réside dans le poumon sain.

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