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LES SUITES OPÉRATOIRES ET LEUR-TRAITEMENT

Les suites opératoires des interventions primitives sur le poumon sont exceptionnellement simples, les complications qui se produisent sont dues, pour une grande part, à la nouveauté de la méthode, et leur fréquence ira certainement en diminuant. C’est ainsi que dans les interventions les plus anciennes en date, parmi celles que nous rapportons dans ce travail, on notera une hémorragie mortelle due à la présence d’un projectile négligé, quand un autre avait été enlevé : dans un autre cas, ce sont des complications septiques dues à la présence de débris vestimentaires dans le trajet

insuffisamment traité. Parfois, enfin, l'infection de la cavité

pleurale semble provenir du trajet musculaire ou costal qui a été insuffisamment excisé.

Les cas favorables sont ceux de projectile unique, peu profond, qui permettent l’épluchage complet de la plaie pulmonaire. Le blessé, une fois opéré, doit être transporté dans une salle bien chauffée à proximité du pavillon opératoire. Avant qu’il quitte la table d'opération il faudra le réchauffer, après avoir épongé les gouttelettes de sueur, en pratiquant une friction rapide de tout le thorax à l’aide d’un tampon imbibé d'essence de térébenthine.On pratiquera des injections sous-cutanées d'huile camphrée (30 à 50 ec. par 24 heures) ; si l’hémorragie a été considérable, on fera une injection intraveineuse de sérum physiologique chaud, voire même une transfusion, par le procédé pratique, non mutilant, de Jeanbrau. Le blessé sera installé dans un lit chauffé en position demiassise, dans une salle où l'air est fréquemment et facilement renouvelé sans que le blessé puisse être exposé à des courants

FAQ

d'air. La température de la salle devra être surveillée surtout la nuit; dans les régions de l’Est en particulier, il n’est pas rare d'observer dans les baraques et les tentes de nos formations sanitaires de l’avant, des différences de 20° de température entre le jour et la nuit (Sergent).

Le lendemain et les jours suivants, l’opéré présente de façon à peu près constante de la dyspnée, un point de côté ; il gémit, s’agite, et expectore quelques crachats sanguinolents,

Si ces phénomènes sont par trop marqués, on pratiquera avec avantage une piqûre de morphine mais il faut s'abstenir d'ausculter le blessé avant trois ou quatre jours afin-d’éviter tout effort, tout mouvement du thorax susceptible de provoquer une hémorragie. s

Fréquemment, 1l existe des symptômes de congestion du côté opposé, celui-ci étant en hyperfonctionnement et ayant parfois été contusionné au moment de la blessure. Cette réaction du côté opposé est un important facteur de pronostic ; dans les cas favorables elle est peu étendue et se résout rapidement.

Dans les formes congestives où les crachats sanglants persistent, on administrera avec avantage de petites doses quotidiennes de chlorhydrate de quinine; s’il se produisait une hémoptysie par trop abondante, on pratiquerait des injections répétées à doses croissantes de chlorhydrate d'émétine à 4 centigrammes par centimètre cube (Maillet).

La réaction pleurale du côté blessé est fréquente, s’accompagnant le plus souvent d’un épanchement séreux ou séro-hémorragique. [1 se résorbe le plus souvent au bout de quelques jours ; s’il persiste au delà du douzième jour ou s’il est trop abondant, une ou des ponctions pourront être nécessaires.

Lie

Si l'aspect macroscopique du liquide, l'examen de Haboratoire, ou la courbe thermique font craindre une transformation purulente de l’épanchement, Nobécourt conseille d'injecter dans la cavité pleurale 10 ce. d’une solution de bleu de méthylène à 5 pour 1.000.

Si la réaction pleurale se traduit par un épanchement purulent, il faudra d'emblée reséquer 4 ou 5 centimètres d’une côte à la partie postérieure et déclive, combler toute l’incision par de gros drains très courts afin de ne pas repousser le poumon loin de la paroi.

Dans ces cas, Barnsby et d’autres chirurgiens ont obtenu rapidement une chute de la température et une disparition de l’épanchement avec cicatrisation rapide par la stérilisation de la cavité pleurale à l’aide de la méthode de Carrel : on continue à injecter du liquide à raison de 10 ce. toutes

Jes deux heures jusqu’à obtention de l’apyrexie.

Il arrive parfois que la présence méconnue dans le trajet pariétal insuffisamment excisé, d’une esquille costale ou d’un débris vestimentaire amène une suppuration musculaire ou osseuse, c’est alors, si l’on n'intervient énergiquement, l'infection certaine de la cavité pleurale.

Il conviendra, dans ce cas, de faire sauter les points de suture de la peau et des muscles, et après avoir donné issue à la sérosité, de stériliser la plaie par l’irrigation continue

au Dakin ou au chlorure de magnésium, qui permettra ulté-

rieurement la suture secondaire.

Les complications, en général consécutives à l’extraction primitive des projectiles intra-pulmonaires, ne sont pas graves quand l'opération a pu être complète. Ceci n’est pas toujours possible en présence d’un état de shock prononcé, d’une hémorragie très abondante ou de la situation profonde de l'éclat. Cependant, dans ces cas graves, l'infection est

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moins à redouter après extraction du projectile et nettoyage même rapide du trajet, que l’hémorragie secondaire ou la lésion importante du poumon du côté opposé.

La guérison du poumon blessé pourra être suivie avec fruit par des radioscopies fréquentes ainsi que l’ont montré Henri Béclère et Vaucher.Les examens pratiqués, s’il est possible, au Hit même du blessé, montreront la résorption de l’épanchement, le retour progressif de la clarté du champ pulmonaire et bientôt la mobilité normale du poumon opéré.

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