‹ L'Extraction Primitive des Projectiles IntrapulmonairesChapitre 15 sur 20 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Les nombreuses extractions primitives de projectiles intra-pulmonaires,augmentées des cas observés par nous lors de la récente offensive de l'Aisne, mais dont le détail ne peut être encore publié, nous permettent de formuler les conclusions suivantes :

L’extraction rapide (dans les six heures environ, période d’asepsie pratique) est suivie de guérison parfaite.

L'observation de Delmas (n°9) par exemple, où le blessé a été opéré après 7 heures et demie,avec extraction et éplu-

-chage complet, a donné une guérison idéale.

L'intervention doit donc être immédiate, mais il faut, avant de la pratiquer, réchauffer le blessé et remonter son état général, surtout quand une hémorragie grave ne met pas sa vie en danger, On se basera alors, comme pour les grands blessés en général, sur l’étude des pressions maxima et minima observées au Pachon.

Les complications survenant vers le deuxième ou troisième jour, c’est avant cette période qu’il faudra pratiquer l’extraction. Ultérieurement il ne faudra la tenter que si elle est commandée par une complication grave (hémorragie, gangrène pulmonaire), ou ne la pratiquer que secondairement,.

Le volume du projectile, comme y ont insisté Ombrédanne, Pierre Duval, entre grandement en ligne de compte pour la décision à prendre. Le projectile minuscule (grain de blé) ne comporte pas d'infection le plus souvent, il ne détermine pas d’hémorragie inquiétante.

Le gros projectile doit être toujours enlevé : les dégâts costaux qu'il provoque, les débris vestimentaires qu'il entraine, l’hémorragie qu'il produit par ses larges délabrements sont des indications indiscutables de l’intervention précoce. Entre ces deux extrêmes,il est plus difficile de se prononcer. Le projectile de dimensions inférieures à une lentille qui n’a pas lésé la côte au passage a été souvent bien toléré par le poumon : s’il a lésé la côte, il faut intervenir puisque linfection pleurale par le foyer costal est à peu près inévitable. Puisqu’il faut intervenir pour le foyer costal, il y aura tout avantage à enlever dans le même temps le projectile intrapulmonaire que l’énumération des différentes complications nous a montré être si fréquemment le point de départ de multiples affections.

Dans ces cas douteux, la décision varie suivant les cigconstances : l'installation, la possibilité en particulier d’une intervention sous écran, l’instrumentation et les différentes conditions favorables au bien-être post-opératoire du blessé feront pencher vers l’une ou l’autre solution.

Pour ces cas moyens, les interventionnistes deviennent de plus en plus nombreux parmi ceux qui, ayant expérimenté la méthode, ont été encouragés par ses résultats.

Parmi les 38 cas que nous publions, traités primitivement par l’épluchage rationnel et l'extraction du projectile, et dans lesquels entrent des cas graves, parfois compliqués de plaies multiples, voire de plaies thoraco-abdominales, il y a sept morts, soit 18,4 % de mortalité. Au moment de mettre sous presse, nous avons Communication de six nouveaux cas (deux de Hertz, un de Fanton, trois de Vielle dont un avec lésion thoraco-abdominale) : il n’y a eu qu’une mort (blessé opéré par Hertz pour thorax ouvert). Le pourcentage est done sensiblement le même que dans nos observations.

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D Enfin, Pierre Duval rapporte dix-sept cas opérés sans autre indication que le traitement rationnel de la plaie et l’extraction de l'éclat au cours des offensives des Flandres D — et de l’Aisne (1917), qui ont donné dix-sept guérisons, dont - douze sans complications.

De ces statistiques, il ressort que la mortalité est nettement inférieure à celle des cas non opérés. Ce qui importe surtout, c’est la qualité de la guérison, semblable à celle des

blessures des autres parties molles traitées de façon analogue, et qui permet de ne plus craindre l’éclosion d’accidents à

plus ou moins longue échéance, et d'espérer le retour prochain du blessé à une existence normale.

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