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L. DE "WECKER

l’iodoforme, nous permettent, dans la très grande majorité des cas, de faire des extractions simples. Grâce à l’anesthésie à laquelle Koller (1) a attaché son nom, nous évitons les contractions si fâcheuses des muscles de l’œil, la projection de l’iris dans la plaie et son pincement dans les angles de la section; enfin nous obtenons, en cas de prolapsus, une réduction aisée. En outre l’iris, en partie par l’action de la cocaïne, reste sous une influence prolongée de l’ésérine, et l’occlusion de la plaie par l’iodoforme nous garantit des écoulements de l’humeur aqueuse, qui sont si préjudiciables au maintien de l’iris laissé intact dans l’œil.

Voici comment nous procédons actuellement pour l’extraction de la cataracte :

Les instruments dont je me sers sont:

1° Un couteau de moitié moins large que celui de de Grctefe (2) (Voy. fig. 1).

après avoir attendu les deux minutes nécessaires pour produire l’anesthésie, simultanément dans les deux yeux un collyre d’ésérine (à 5 cents, pour 10), on v oit i ; sur l’œil préalablement cocaïnisé, apparaître une myopie de 6à8 dioptries, tandis que le spasme ciliaire ne provoque sur l’autre œil qu’une myopie de 1 à 2 dioptries suivant les sujets.

Il nous a paru que le spasme ainsi que lemyosis persistaient plus longtemps sur, l’œil cocaïnisé, mais nous n’avons pas eu un contrôle suffisant à ce sujet. Ce qui nous intéresse le plus ici, c’est que nous trouvons encore chez nos opérés de:; cataracte, 24 heures après une unique instillation d’ésérine, la pupille fortement contractée, et que l’iris, sur des yeux sensiblement détendus par la combinaison des deux médicaments a infiniment moins de tendance à se porter vers la plaie ; i en sorte que la cocaïne assure à l’ésérine une puissance d’action que nous n’avions ; pas pu atteindre par l’emploi seul du myotique, avantage des plus précieux dans une opération aussi importante que celle de la cataracte.

(1) Ueber die Verwendung des Cocaïn zur Anaesthesirung am Auge ( Tl ien.med. Wochensch. n° 43 et 44-1884'.

(2) Lorsqu’il y a dix ans, je fis un retour franc vers le lambeau, je pensais que, pour éviter les rencontres fâcheuses avec l’iris, il était préférable d’élargir le couteau du grand maître et d’en choisir un d’une largeur double, mais je ne reconnu;;

2° Une pince à fixation, dont les extrémités sont garnies de petites plaques de caoutchouc, (fig. 2).

Fig. 2. ^

3° Le simple kystitome ou les pinces-kystitome (1). 4° La spatule en caoutchouc.

que trop tôt que pareils couteaux sont d’un maniement bien plus difficile, tant pour pénétrer verticalement dans la chambre antérieure que pour choisir la contreponction. L’humeur aqueuse bien retenue, on peut manœuvrer à sa guise dans la chambre antérieure avec un couteau étroit, et, en dépit de son étroitesse, il n’y a aucun danger que l’iris se porte au devant de son tranchant. Ainsi qu’on l’a sans doute observé, on recherche de préférence des couteaux usés, très étroits, mais alors ils ont perdu en longueur et en solidité; c’est pour cette raison, qu’en dépit des objections qui m’ont été faites par les couteliers, j’ai fait faire des couteaux qui, à mesure qu’on s’approche du talon, ont une épaisseur égale à leur largeur; c’est-à-dire un millimètre seulement dans les deux sens. Ces couteaux offrent beaucoup de résistance, ne plient pas et retiennent merveilleusement l’humeur aqueuse. L’augmentation de frottement qu’occasionne leur épaisseur est insignifiante et largement compensée par l’aisance de leur maniement pour pénétrer dans l’œil et cheminer dans la chambre antérieure. En réalité, c’est précisément là le couteau que de Graefe désirait posséder, mais qu’on se refusait à lui fabriquer (« parce que cela ne petit pas couper et doit s’user après quelques repassages »). Feu Lvè'r se plaisait à raconter que, lorsque de Graefe était venu lui commander son couteau, il lui avait dit : » ce que je regarderais comme l’idéal d'un couteau, serait que vous puissiez me rendre tranchantun côtéd’un fil d’acier». C’est à vrai dire à un fil d’acier aiguisé par un côté que ressemble notre couteau étroit près de son talon.

(1) Les pinces kystitomes (fig. 3) nous servent dans les cas d’épaississement de la capsule, ou lorsque nous désirons enlever un lambeau de la capsule transparente. Elles sont une modification de notre ancienne pince-kystitome, dont les pointes étaient dirigées en bas, au lieu de s’emboîter, comme dans les nouvelles, sur les côtés internes des pinces.

Fig. 3.

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