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La résidence moderne est bâtie à 4 kilomètres du fleuve

2. Il devait avoir 150 mètres de haut, et l’énorme masse de sa base, à présent descellée, ne semble pas avoir été rassemblée par des mains d’hommes.

L’INDO-CHINE

la conquête anglaise ; aussi le Mauipour fait-il aujourd’hui partie de l’empire angloindien !

Sur la rive gauche de l’Iraouaddy, apparaît Pagau, qui fut aussi capitale. Cette manie de constructions et cet amour du changement chez les souverains sont vraiment effrayants, étant donnée la coutume que nous avons dite de gâcher le premier mortier avec du sang humain. Pagan, dont les ruines occupent plus de treize kilomètres, compte encore près d’un millier de pagodes en bon état sur les 9999 (sic) qu’on y voyait jadis. La légende exagérât-elle de moitié, ce luxe de bâtisse est assez asiatique.

Le certain, c’est qu’aucune ville au monde ne compte autant d’édifices religieux qu’on en voit là aujourd’hui encore. En 1284, raconte Yules, un roi birman qu’assiégeait uue armée chinoise en démolit six mille pour consolider ses remparts !

Plus curieux encore que cette profusion de maçonnerie, est le mélange des styles relevé par Reclus. On y voit un dolmen « élevé peut-être par les immigrants Khasia » et des colonnes rappelant l’architecture romaine. Voilà pour faire rêver le savant après l'artiste et le philosophe.

Des huttes remplacent ces splendeurs anciennes. On y prépare des laques. O'est là enfin qu’en 182G, les Anglais victorieux contraignirent les Birmans à demander la paix. En France, à cette époque, qui donc aurait pu dire la situation exacte de la Birmanie et supputer son avenir ? Nos pères, à cette date, gémissaient sur les peuples

opprimés et rêvaient charte. Décidément, Pagan prête aux plus diverses réflexions!

Toujours sur la rive gauche de l’Iraouaddy, voici Magwe, Yenan-gyong et les mines de pétrole; puis, de l’autre bord, Menlila. Sur la rive gauche, c’est Prome, le cheflieu de toute la partie nord du delta. Le chemin de fer de Rangoon y aboutissait. On le poursuit. Prome, malgré le sifflet des locomotives, est encore une ville légendaire à qui l'on donne 2,300 ans. A Henzada, grand commerce local. A Basseïn, malgré la barre, apparaissent quelques navires chargeant du riz, tandis que, sur le lac proche, dix mille pêcheurs se rassemblent pour la saison.

Nous voici à Rangoon, le port le plus fréquenté du golfe de Bengale, après Calcutta, et centre d’un immense trafic, grâce à son admirable situation au confluent de trois rivières et de nombreux bras navigables le faisant communiquer avec les deltas de l'Iraouaddy et du Sittang.

Rangoon est actuellement un des plus beaux monuments de ce merveilleux génie anglo-saxon qu'on ne saurait trop admirer, mais dont notre pays devrait bien prendre quelques leçons. Depuis la conquête anglaise (1853), sa population a plus que quintuplé, et l’exportation du teck et autres bois de construction ou d’ameublement, des gommes, des épices, du riz surtout, y a pris des proportions énormes 1 . Les marchandises anglaises dont est inondée l’Indo-Chine septentrionale et orientale y sont importées. La grande curiosité est la pagode de Choué-Dagoun, enclavée, comme un gage de la conquête, au beau milieu des constructions militaires. Elle est aussi imposante par sa masse et sa flèche de 118 mètres que somptueuse de décoration. En mars, lors de sa fête, les pèlerins s'y précipitent de tout le pays, du Siam, du Cambodge et même de Corée. Une cloche de 42 tonnes y attire en tout temps les visiteurs. C’est elle que les Anglais, voulant l’emporter à Calcutta comme trophée, laissèrent maladroitement tomber à l’eau, d’où, sans ingénieurs ni machines compliquées, les fidèles parvinrent à la retirer.

Pegou, dont les possessions anglaises portèrent longtemps le nom, est une ville déchue depuis que l’accroissement du tirant d’eau des bâtiments leur interdit de monter à ce port de rivière, bâti sur un affluent du Sittang. Tongou, sur le Sittang même, et plus haut, semble au contraire appelé à quelque avenir par sa situation sur la route de Mandalay. Au nord , nous retrouvons encore les débris d’anciennes cités capitales : Panja, Pinlaï, Mienzaïn.

Le bassin du Salouen est insalubre, peu connu, peu peuplé, rempli d'ailleurs de beautés naturelles. Le delta même du fleuve est peu populeux. Martaban n’y est plus qu'une réunion de cabanes ; mais sa remplaçante, Moulmeïn, qui lui fait face, est un centre marquant d'affaires 2, avec cinquante mille habitants et des chantiers réputés pour la construction des navires.

Une convention commerciale, conclue en janvier 1873, aété signée le 15 janvier 1885

1. Le chiffre des importations dépasse 1(50 millions; celui des exportations, 142. Le port reçoit annuellement plus de 800 navires jaugeant près d’un million de tonnes.

2. 30 millions environ d’importations et 40 d’exportations. Le mouvement annuel du port est d’un millier de navires.

L’INDO-CHINE

entre la France et la Birmanie. Elle renferme les principales danses suivantes 1 :

Article 5. — Le gouvernement birman s’interdit de créer des monopoles et d’en autoriser l’établissement sur des articles de commerce autres que le thé.

Article 6. — En aucun cas, les droits perçus tant à l’entrée qu’à la sortie ne pourront excéder 5 pour 100 ad valorem avant le 1er avril 1885, sauf pour l’opium, qui pourra être frappé d’un droit de 30 pour 100.

Article 7.— Les contestations entre Français seront déférées au consul de France ; les contestations entre Birmans et Français, à un tribunal mixte.

Article 9. — Cet article assure à la France, à toute époque, le bénéfice des réductions de taxes qui seraient concédées à une tierce puissance.

La presse anglaise prit texte de cette convention pour demander à cor et à cri l’extension des possessions anglaises, en affirmant que la France avait obtenu la concession exclusive de tous les chemins de fer à construire dans la haute Birmanie, et que, comme garantie de certains sacrifices qu’elle allait s’imposer, le roi lui concédait un contrôle sur la perception des impôts !

En éveillant la vieille jalousie nationale contre nous, la presse savait ce qu’elle faisait.

Les chauvins anglo-saxons et les colons de Itangoon que tentaient les mines du haut pays se trouvèrent d’accord avec les vieux et nouveaux partisans d’une voie birmane permettant de pénétrer dans le Céleste Empire, cet Eldorado : l’expédition actuelle fut donc décidée.

Le prolétaire en Indo-Chine.

La Chine, on le sait, accapare le numéraire européen, produit beaucoup et achète relativement très peu. Le rêve est donc de lui importer autre chose que de l’opium et pour cela d’ouvrir des portes sur sa frontière terrestre, ses rares ports accessibles aux Occidentaux ne suffisant pas aux concurrences, à l'excès d'offres. Sur 400 millions de Célestes, plus de deux cents enfin, éloignés de ces ports ouverts, ne prennent point part aux transactions avec l’Europe. C’est parmi eux qu’on trouverait de nouveaux consommateurs ; c’est de chez eux qu’on tirerait en même temps de nouveaux

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