‹ L'extrême OrientChapitre 11 sur 132 · Atlas colonial, par H. Mager, notice de E. Raoul · texte numérisé non relu

Atlas colonial, par H. Mager, notice de E. Raoul

L’EXTEÊME ORIENT.

produits à exporter. De là, la nécessité d’une voie d’accès à la Chine méridionale, d’une « voie anglaise traversant exclusivement des territoires anglais » et assurant à ses maîtres le privilège d’un transit et d’un trafic énormes, que, sur les côtes, les Américains, les Allemands et un pen les Français partagent avec elle, pour le plus grand préjudice du marché de Londres.

Quelle sera cette voie ?

Nous avons parlé du projet Colqhoun.il en est dix autres, mais ceux qui nous doivent le plus préoccuper sont ceux qui font traverser à la route future le pays des Shans.

Les princes Shans reconnaissant la suzeraineté du roi de Mandalay, nos voisins devaient naturellement penser à se substituer à celui-ci, à hériter de ses droits, pour empêcher la France de songer à ces États Shans, limitrophes du Laos français, et appelés, par suite, à subir un jour ou l’autre le rayonnement de notre influence. Un consul anglais fut de bonne heure établi chez eux à Xieng-maï, afin de les préparer à l'absorption qu’amènera la campagne actuelle. Lorsque celle-ci sera achevée, la France se trouvera jouée une fois de plus, et, plus éloignée que nous des frontières chinoises, l’Angleterre nous aura enlevé le marché de la Chine méridionale.

Pour parer à ce coup dur, qui, nous le répétons, lions ferait perdre les seuls avantages pratiques et sérieux de la conquête de l’Indo-Cliine orientale et centrale, la nécessité s'impose de rompre avec les traditions routinières et, sans plus attendre, de construire un chemin de fer reliant notre nouvelle couquête au Yun-nam.

Nous reviendrons d’ailleurs à cette inéluctable nécessité, quand nous aborderons la région du fleuve Rouge ; mais, chemin faisant, persuadés que le succès dépend de la vulgarisation de cette idée, nous saisirons toutes les occasions de rappeler que l'Indo- Chine orientale française doit être l’entrepôt principal du commerce européen avec la Chine et qu’au moins une de ses vallées doit devenir la voie de transit adoptée par les producteurs chinois du sud-est.

Pour notre avenir colonial, c’est là une question de vie ou de mort.

De Colombo à Singapore, il y a 1,570 milles. Tandis que le Melbourne les parcourait, ses passagers ont pu, grâce aux cartes et aux livres du bord, étudier l'aspect général de l’Indo-Chine, puis pénétrer par la pensée en Birmanie. Peut-être la parenthèse a-t-elle été trop longue; mais 1,570 milles, c’est à peu près cinq jours de mer!

Maintenant, il faudrait poursuivre cette digression nécessaire à la justification de notre titre général et aborder le Siam avant de débarquer sur les possessions françaises, oïi nous pourrons parler de visu. Cependant, il nous semble logique, puisque l’itL néraire des Messageries maritimes nous conduit à Singapore, de jeter d'abord un coup d’œil sur la presqu’île de Malacca. Aussi bien, l’inspection de la carte nous y invitet-elle au sortir de Rangoon, sans compter encore qu’à Singapore, nous retrouvons notre carnet de voyage et les notes prises à nos quatre passages dans ce port....

Étrange est la configuration de cette presqu’île : on dirait la poignée d'une porte ou d'un commutateur électrique ; la botte italienne elle-même offre un aspect moins bizarre. Son extrémité forme le bras d’un levier, coudé au continent asiatique, bras solidement renflé, mais au coude trop grêle, trop mince, surtout en sa partie centrale : l 'isthme

L'INDO-CHINE

de Km. Il n’est donc pas étonnant que l'on ait, depuis longtemps, proposé de le percer. Nous allons voir d’ailleurs l’immense intérêt que trouverait la France à cette transformation de la péninsule malaise en une île que nos paquebots et croiseurs laisseraient à tribord pour gagner Bangkok et la Cocliincbine.

L’opération est-elle possible? Oui.

Les montagnes de la presqu’île, en effet, ne forment pas une ligne d’obstacles continue, une chaîne unique, coupées qu’elles sont par de larges vallées fluviales, et souvent formées de hauteurs isolées surgissant brusquement de la platitude noyée des terrains. Toutes ces montagnes s’alignent dans la direction du nord au sud, ou du nord-ouest au sud-est, et quelquefois se groupent en crêtes parallèles.

Des forêts drues et noires couvrent le pays, en font avec leur sombre velours un paradis apparent pour les marin s venus de l’Inde.

Du pont des navires, dès que le détroit de Malacca se rétrécit, ce sont des cris d’admiration que se partagent la côte de la péninsule et les verdoyants îlots dépendant de Sumatra. Ceux-ci sont gracieux,

celle-là souvent grandiose,

Une Hindoue.

avec ses cimes parfois assez élevées pour qu’on les découvre du golfe du Bengale et du golfe de Siam. Cependant la péninsule malaise n’est pas une région géographiquement bien tranchée. Son orographie continue celle des bassins birmans orientaux; quant à sa faune et à sa flore, elles sont sensiblement indo-chinoises, bien qu’influencées par la proximité de l’équateur; mais ses races, par contre, sont différentes des populations voisines, et la situation de ses ports lui donne une énorme importance sur la route des navires, entre l'Europe, l’Inde et l’extrême Orient. Elle est, cette importance, à la fois politique et commerciale. N’est-ce pas dire qu’après les Portugais et les Hollandais, les Anglais l’ont utilisée?

Ils ont rattaché à leur Birmanie le littoral qui va de l’istlnne de Kra à l’embou-

chure du Salouen, se sont emparés, au sud, de trois honnêtes lambeaux du territoire de Malacca ; ils ont enfin mis la main sur deux îles : Poulo-Pinang et Singapore — celle-ci à l’extrémité de la presqu’île, — et, de là, comme d’habitude, ils font la tache d’huile par une intelligente conquête agricole et commerciale de la contrée. Celle-ci cependant n'est pas encore entièrement explorée; mais les petits radjahs de l’intérieur sont, en fait, des vassaux déjà de l’Angleterre et se montrent respectueux du protectorat qu’elle a établi sur toute la côte de l’ouest en donnant à ses possessions le nom significatif de Straits Settlements : établissements des Détroits.

La superficie des possessions anglaises est de 78,093 kilomètres carrés (les provinces siamoises de la péninsule en ayant 100,000 et les États dits indépendants 82,099) ; seulement, la population est, bien entendu, beaucoup plus nombreuse sur le «sol devenu anglais. De récentes évaluations donnent à celui-ci 825,000 habitants, les provinces siamoises en ayant 400,000 et les États indépendants 300,000. Si ces chiffres ronds sont contestables en eux-mêmes, on peut du moins tenir pour exacte la proportion qu’ils indiquent.

Quoique proches de la mer, les cours d’eau coulant entre les arêtes parallèles de la Malaisie continentale sont assez importants : l’Attaran, la rivière du golfe de Tavoï, celle de Tenasserim, curieusement composée de trois segments coulant en sens opposés, et qui, née à 30 kilomètres de la mer, ne s’y jette qu’après un cours circulaire de 500 kilomètres !

A citer ensuite : le Laïnya et le Kra, limite sud de la Birmanie anglaise. La plupart de ces cours d’eau sont coupés de rapides souvent périlleux ; mais plusieurs, tels (pie le Perak, le Bernan, le Selangor, le Klang, le Moar, le Paliang et l’Indaou, sont accessibles aux vapeurs jusqu’au point où se font sentir les marées.

Les montagnes séparant le littoral anglo-birman et les possessions siamoises sont riches en étain1 et fournissent aussi de l’or. Les Siamois les appellent les « Trois cents Pics », un nom valant une longue description. La chaîne qui s’en détache atteint l’extrémité de la presqu’île, mais en se coupant encore de brèches, dont l'une, au sud de la frontière anglaise, est formée par les rivières de Kra ou Packchan et de Tchounpong.

C’est là, avons-nous dit, qu’on songe à couper l’isthme. Cependant il est d’autres brèches encore. Au point oii la péninsule se coude brusquement vers le sud-est, et plus bas encore, dans le Ligcr, l’isthme se rétrécit. Ce dernier point était autrefois choisi par les Asiatiques voyageant entre l’Inde et le Cambodge ; mais l’isthme de Kra l’a depuis longtemps emporté, et c’est lui que les Siamois suivirent pour aller guerroyer avec les Birmans du Tenasserim. On ne compte, en effet, que 45 kilomètres de l’embouchure du Tchounpong, dans le golfe de Siam, à celle du Kra, dans le golfe du Bengale, et le projet du Français François Deloncle — projet patronné par M. de Lesseps et par le roi de Siam, qui a promis la concession nécessaire — consiste à creuser sur ce point, un canal de grande navigation.

Pour comprendre l’immense avantage de cette entreprise, il suffit d’un simple coup d’œil aux cartes. Lorsqu’elle sera menée à bonne fin, on gagnera deux jours pour

L Production annuelle de la presqu’île : 8 millions de francs. Elle pourrait être doublée.

L’INDO-CHINE

aller de Calcutta à Hong-Kong, et trois jours pour aller à Bangkok. Alors, la Cochinchine française, le Cambodge, se trouveront placés sur la route des bâtiments se rendant de l'Europe et de l’Inde en extrême Orient. Que si l’on créait d’ici là un vrai port à Saigon 1, au cap Saint-Jacques, ou sur tout autre point de notre colonie, notre possession atteindrait en dix ans la plus haute prospérité. Singapore en serait en partie tué. Du moins, faudrait-il imiter ce qu’ont fait nos voisins en ce même Singapore, c’est-à-dire proclamer la liberté du commerce et dispenser les navires de tous droits, quelle que soit la couleur de leur pavillon.

La péninsule malaise est riche avec ses précieuses forêts, ses terres où se touchent

Charrette à buffles indo-chinoise.

flore tropicale et flore tempérée2, brillantes l'une et l’autre, grâce au climat et à l’aboudance des eaux. Les fauves y reculent un peu plus chaque jour devant les travailleurs malais ou chinois ; la population enfin y vaut mieux que sa réputation.

Les statistiques de 1881 accusaient pour les Straits Settlements les chiffres suivants: malais, 174,328; Chinois, 174,327; race hindoustani, 68,606; race européenne, 1,656; divers, 7,420.

Mais depuis 1881, le nombre des Européens et celui surtout des Chinois ont dû augmenter. Les Célestes ne sout pas loin d’être les maîtres, ce dont le gouvernement anglais s’effraye, encore que beaucoup d’immigrants épousent des Malaises. Aussi la politique anglaise achète-t-elle, par des places dans l'administration, les Chinois riches, afin de surveiller et de diviser entre elles les congrégations chinoises ou congsies. Là, en effet, comme partout, les Chinois, ces Auvergnats de l’Asie, aptes à tous les métiers, travailleurs économes et travailleurs peu coûteux, se syndiquent entre eux et ne reconnaissent guère que l'autorité des chefs de leurs congrégations, qui sout des associations d'abord uniquement commerciales, mais qui deviennent moins mercantiles que politiques lorsque la prospérité leur est assurée.

1. Saigon, nous le verrons plus loin, n’a pas même de quais auxquels puissent accoster les navire".

2. Riz, mais, tabac, manioc, thé, caféiers, poivriers, chinchonas, palmiers divers, etc.

Les Malais, naturellement, détestent les fils du Céleste Empire. Eux sont mahométans. Toutefois, dans leurs mœurs, dans leurs croyances, plus d’un détail rappelle qu’ils ont partagé les cultes de l’Inde. La péninsule aussi bien n’est pas leur patrie. On ignore à vrai dire l’origine de leur race, les uns tenant pour l’Asie, les autres pour Sumatra. Dans la presqu’île de Malacca , en tout cas , ils ressemblent à leurs frères de Bornéo, par la taille, par les yeux petits et un peu bridés, par la face large et la saillie des pommettes, par le cbeveu gros et noir, par la barbe rare, la physionomie intelligente, le regard fier. Ils sont paisibles, agriculteurs par goût, mais paresseux, inaptes au commerce, et les Anglais qui les ont représentés comme des 1 >andits semblent avoir simplement voulu excuser la barbarie de leur conduite envers eux, à chacune de leurs nouvelles annexions. Quant à la fureur du Malais, ivre d’opium, courant Y amok, le kriss à la main, et tuant tout sur son passage, ce n’est pas tout à fait une légende ; seulement, ces actes de folie homicide sont assez rares pour qu’on n'en puisse tirer prétexte à condamner en bloc toute la race. Brave et courtois, le Malais est le plus sociable comme le plus gentilhomme des Asiatiques, et s’il hait ou méprise l’Européen, c’est parce qu’il a souvent souffert de la morgue de ses maîtres.

Voisins des Birmans, les Karen et d’autres tribus à peu près entièrement sauvages, les Silongs, pêcheurs farouches, n’ont guère été étudiés. Les ethnographes ne sont pas renseignés davantage sur les innombrables clans des sauvages de l'intérieur. Les tribus des Orangs divers : Orangs-outangs, Orangs-boulds, Orangs-oubous l, etc., ont de confuses origines et se confondent fréquemment dans les fables ayant cours parmi les Malais du littoral. La plupart semblent parents des Papous de la Nouvelle-Guinée, les Samangs et les Sakaïs surtout. Leur langue confirme cette parenté. Comme partout du reste, sur ce pauvre, globe, ces malheureux sauvages diminuent en nombre chaque jour. Les croisements aidant, il n'en restera plus, le jour où la science sera fixée de façon certaine sur leur compte.

Les Hindous des Straits Settlements et des Etats malais sont des Bengalais et des Malabars. D’autres, des coolies, sont, comme tous les coolies, des esclaves déguisés employés sur les plantations.

En attendant que Tavoï et Mergui soient complètement reliés par des routes avec les côtes du golfe de Siam, les concessions de terrains augmentent chaque jour le trafic des ports de l’ouest, en couvrant le pays de plantations de thé, caféiers, chiuchonas, etc.; mais Tenasserim 2 en profite peu, n’étant pas accessible, même aux bâtiments de moyen tirant d’eau.

Le littoral est exploité par de remarquables pêcheurs qui ont domestiqué le... serpent boa! Un de ces reptiles vit toujours au fond de leur barque où, lové comme un câbleau, il dort, bien repu de riz et d’œufs. Dès que le temps menace, le boa sort de son apathie, dresse la tête, puis file par-dessus le bord et regagne la terre à la nage. Les pêcheurs aussitôt rentrent leurs filets et réintègrent le port. — Voilà un baro-

1. Hommes des bois, Hommes des montagnes, Hommes des rivières, etc. Orang, en malais, signifie : homme.

2. Tenasserim a donné son nom à l’une des trois divisions de la Birmanie anglaise.

L’INDO-CHINE

mètre original, mais qui répugnerait à tout autre homme qu’un indigène de Tavoï !

Au sud de la rivière Packchan, le territoire appartient au Siam ou à des radjahs tributaires. A remarquer, en passant, l’île de Jonk-salang et ses ports entre les îlots et les récifs. A l’est, au nord du golfe de Siam, il n’y a pas de villes importantes, malgré les mines d’étain et de houille. La population manquera là jusqu’au percement de l’isthme par un canal dont les extrémités verront évidemment surgir deux cités nou-

Marchand ambulant chinois.

velles. En attendant, Singapore et Pinang ont ruiné Ligor et Patani, jadis villes commerçantes, surtout lorsque les Hollandais et les Anglais étaient établis à Patani.

Poulo-Pinang signifie : île des Aréquiers. Son histoire est romanesque, l'île ayant été donnée il y a un siècle à un marin anglais qui venait d'épouser la fille d’un radjah de Quédah. Le capitaine Liglit en prit possession au nom de l’Angleterre en 1 786. C’est lui qui, pour faire défricher les jungles où s’élève aujourd’hui Georgetown, ordonna de charger ses canons avec de la monnaie d’argent et de mitrailler le plus épais des brousses, afin que les Malais débarrassassent le sol en recherchant les piastres !

La légère altitude des hauteurs boisées du sud de l’île suffisant pour que l'abais-

sentent normal de la température et la pureté de l’atmosphère constamment renouvelée par les brises constituent un climat reposant, Poulo-Pinang fut de bonne heure un sanitarium pour les colons de Calcutta et de Madras. Son port de Georgetown est accessible aux steamers de grand tonnage et exporte force étain, poivre, huile de coco et rotins. La valeur annuelle du commerce extérieur de Poulo-Pinang dépasse d’ailleurs 160 millions de francs.

En face de l’île, la province anglaise de Wellesley est presque entièrement couverte de rizières, de plantations de canne à sucre, de tapioca, de thé, qu’exploitent des travailleurs malais, chinois et hindous 1. Au sud et à l’est de ce paradis agricole, nous trouvons l’Etat de Perack, Etat protégé, dont la capitale est Kouala-Kansa, sur le Péraclc. Le port de Larout, avec un résident anglais, a une grande exportation d’étain. Taïping, qu’un railway unit à la mer, est un grand marché. Entre Larout et la bouche du fleuve, l’ile de Dinding et un vaste territoire ont été annexés par l’Angleterre.

A l’embouchure du Selangor, apparaît Selangor, qui fut capitale de l’Etat avant Klang, port auquel peuvent arriver d’assez grands navires. Les petits vapeurs, eux, vont charger leur minerai plus haut, à Damasara. A Ivouala-Lampour, réside le surveillant du protectorat anglais. Tout autour, des concessions de cultures tropicales enrichissent leurs exploiteurs.

L’Etat de Soungeï-Oudjong est également protégé : il est riche en café comme en mines d’étain.

A l'est, existe un groupe, celui des Negri-sembilan, ou des Neuf-Etats, que les Anglais n’ont pu encore annexer, les indigènes fermant prudemment leur territoire aux squatters, en vertu d’un de leurs proverbes : là où passe l' aiguille, le jil sait.

L’Etat de Paliang, de même, est à peu près indépendant. Son sultan réside à Pakan et semble être un matois personnage connaissant l’apologue de la chauve-souris. Il reconnaît en effet la suzeraineté du Siam et celle de l’Angleterre à la fois. « Je suis Siamois, dit-il : voyez plutôt le vase d’or et la rose d’argent du tribut que, tous les ans, j’envoie à mon souverain à l’exemple de mes confrères les princes du nord!... Je suis sujet anglais : voyez plutôt avec quelle humble déférence je réponds aux communications des agents de Sa gracieuse Majesté Victoria, impératrice et reine ! »

Pauvre radjah ! Cette comédie ne le sauvera point des dents de l’ogre, et le pavillon de la Grande-Bretagne flottera quelque jour sur les murs de Pakan, comme il flotte sur ceux de Malacca, la paisible marraine de la péninsule malaise !

Cette antique cité de Malacca, si elle n’est plus aujourd’hui que le chef-lieu d’une enclave directement gouvernée par l’Angleterre, connut du moins de glorieux jours, car elle fut la capitale d’un puissant empire malais qui imposa ses lois maritimes aux navigateurs des mers orientales : la coutume de Malacca, promulguée eu 1276, règle encore les rapports et les droits des marins dans les eaux malaises.

Vieille, vieille Asie ! De combien de coutumes européennes pourrait-on en dire autant?...

Les Portugais, qui prirent Malacca en l’an 1511, la gardèrent plus de cent ans ;

Page 1