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2. Leur contrat les déliant en cas de guerre de la Chine avec une autre puissance européenne, ils quittèrent leur service dès qu’ils apprirent la rupture de la paix.
L’EMPIRE CHINOIS
et inspiraient une aveugle confiance à ses équipages et à ses officiers, ceux-ci sachant qu'il n’abandonnait rien au hasard clans l’opération la plus hasardeuse en apparence, ceux-là constatant simplement qu’avec un tel chef « tout leur réussissait ». L’amiral voulait, avant cpie l’ennemi se fût reconnu et garé, l;attaquer sur plusieurs points, dont Fou-tcheou et Port-Arthur, ses deux principaux arsenaux.
Ces diverses actions, il les prépara avec un soin méticuleux, une entente des
Formose. — Taï-wau-fou.
moindres détails qu'on a pu admirer, hélas! à sa mort, en lisant ses papiers. Ces travaux ne servirent que pour l’opération de Fou-tcheou, mais celle-ci suffit à sa gloire.
C’est alors qu'il se rendit à l’entrée de la rivière Min afin d’ouvrir le feu sur les ouvrages de Fou-tcheou, le 19 juillet, à l’expiration de X ultimatum. Mais celui-ci fut prorogé jusqu’au 31, puis jusqu’au 2 août et même, en fait, jusqu’au 22. Durant ces atermoiements, les résidents européens et les journaux étrangers ne nous épargnaient pas leurs railleries, les Chinois accumulaient les approvisionnements de guerre, leurs navires entouraient les nôtres, leurs équipages aux postes de combat criaient à nos
marins des menaces de mort, et, par ordre, Courbet devait renoncer à opérer dans le Petcliili ainsi que contre les croiseurs réunis à AVousong. Il se borna donc à concentrer ses navires à Centrée du Min, n’en laissant que deux à l’ embouchure du Yang-tsé. Enfin, le 2 août, las d’être joué par les diplomates chinois, le ministère se décida à donner l’ordre d’agir. Seulement, ajournant Fou-tclieou, il imposa comme objectif Formose et les charbonnages de Kelung.
Il nous faut dire ici quelques mots de cette île. Nous pourrons raconter ensuite et la campagne dont elle fut l’objet et le combat de Fou-tcheou, grâce à de nombreux emprunts au plus remarquable volume paru sur la dernière guerre de Chine : V Escadre de V amiral Courbet, œuvre d’un témoin oculaire, M. le lieutenant de vaisseau Maurice Loir1.
Formose, le Taïwan des Chinois, a 38 et quelque mille kilomètres carrés. On lui attribue une population de 3 à 4 millions d’habitants. Un détroit qui a 130 kilomètres de largeur dans sa partie la plus étroite la sépare du continent. Politiquement, nous l’avons vu, cette île dépend de la province de Fo-kien, de laquelle elle a été détachée aux temps préhistoriques et à laquelle la rattache un groupe d'îlots : les Pescadores.
Très montagneuse, volcanique encore par places, elle se montre très pittoresque du côté de l’est, d’où ce nom de Formosa : la Belle, que lui donnèrent, au xvie siècle, les premiers navigateurs européens. Ses bambous, les plus beaux de l’empire, atteignent des trente mètres de hauteur et des soixante centimètres de tour; ses forêts de camphriers, aujourd’hui dévastées, étaient justement célèbres; enfin, sa faune ne paraît pas moins curieuse que sa flore, méridionale un peu comme elle et d’origine malaise, semble-t-il.
Malheureusement, sa situation au milieu de la route suivie par les deux moussons annuelles rend souvent mauvaise la, mer baignant ses rivages. Des pluies l’inondent, à Kelung surtout, durant la mousson de nord-est.
C’est au xve siècle seulement que Formose a été colonisée par les Chinois qui n’osaient jusque-là s’y aventurer, par peur des aborigènes.
Au xviie siècle, ils en expulsèrent les trafiquants hollandais, mais ne s’emparèrent du pays qu’avec peine, les sauvages leur ayant opposé une résistance acharnée qui, dans certains cantons, dure encore.
Les Hollandais s’étaient installés dans l’ile dès 1022 et possédaient la ville de Taïwan-fou dont le pirate Ivoxinga, Chinois par son père, Japonais par sa mère, devint maître au bout d'un siège de neuf mois. Les débris du fort Zelaudia témoignent seuls aujourd’hui de la domination hollandaise. Ivoxinga gouverna sa conquête, qu’il avait offert au dictateur japonais Yéyas d’opérer pour le compte du Nippon et à laquelle l’avaient aidé, par haine des étrangers européens, les premiers colons chinois. Dès lors, les Anglais furent seuls à commercer avec Formose; mais l’établissement définitif de la