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Construites chez sir W. Armstrong, en

L’EMPIRE CHINOIS

n’envoie que quelques olms. Elle craint la riposte de nos navires, qui ne sont qu’à 400 mètres d’elle. Mais tout autre est le tir des pièces qui dominent l’arsenal et qui se trouvent moins à portée de nos coups. Des trois canons Krupp un feu des plus nourris est dirigé sans discontinuité sur le Volta. Les obus pleuvent autour de lui. Il est manifeste que les Chinois font à l’amiral l’honneur de viser obstinément son navire. L’amiral se pique au jeu et il veut réduire au silence cette batterie chinoise. Toujours au pied du mât d’artimon, d’où il a mené tout le combat, il surveille le pointage, encourage les

Une jonque chinoise de commerce.

canonniers, les félicite de leurs coups heureux et les anime de sa grande et juvénile ardeur. Il faut plus d’une heure pour frire taire le feu de ces trois canons. Il en coûte au Volta plusieurs tués et de nombreux blessés, parmi lesquels le lieutenant de vaisseau Ravel, aide de camp de l’amiral.

« A quatre heures cinquante-cinq, ordre est donné de prendre un mouillage pour la nuit, en dehors de la portée des forts. Peu après, les embarcations sont armées en guerre. Sous le commandement de M. le lieutenant de vaisseau Peyronnet, elles ont mission de détruire les canots-torpille chinois qui, dès le début du combat, se sont réfugiés dans l’arroyo de la Douane. Trois canots sont trouvés échoués et abandonnés par leurs équipages. Il n’y a donc qu’à crever leurs chaudières et leurs coques à coups de hotchkiss pour les mettre hors d’état de servir.

« La nuit arrive et un nouveau danger nous menace. Les Chinois font dériver sur nous nue série de brûlots de toutes les tailles et de toutes les dimensions. Dans l’obscurité, c’est un spectacle émouvant et grandiose que celui de ces jonques en feu, glissant lentement au fil de l’eau. Tous les navires passent leur temps à changer de mouillage pour ne pas se trouver sur la route d’un de ces énormes brasiers flottants.

« ... La nuit du 23 au 24, dit l’amiral, fut un qui-vive continuel. La plupart des « bâtiments durent appareiller trois ou quatre fois. Vers neuf heures, à la fin du jusant, « le Tschen-Hang, mis en feu par nos obus, était poussé vers notre mouillage par « deux grandes jonques que montaient une trentaine de matelots ; quelques coups « de canon du d’Estaing , mouillé en vedette, coulèrent les jonques et leurs équipages; <t mais le transport continua à dériver au courant et menaça successivement plusieurs « bâtiments. » D'autres moins grands lui succédant, il fallut les couler à coups d’obus pour s’en débarrasser.

« Le soir du 23, l’amiral faisait parvenir aux navires l’ordre du jour suivant :

« Il y a aujourd’hui deux mois, nos soldats étaient victimes à Lang-Son d’une infâme trahison. Cet attentat est déjà vengé par la bravoure de vos camarades de Ivelung et par la vôtre. Mais la France demande une réparation plus éclatante encore. Avec de vaillants marins comme vous, elle peut tout obtenir.

« Signé: Courbet. »

« En même temps, il adressait au gouvernement une dépêche commençant par ces quatre mots : « Bonne journée de début ! » Cette journée avait vu se consommer pour les Chinois la perte de 22 navires ou jonques, et la mort de 5 commandants, de 39 officiers et de 2,000 soldats ou marins, tandis que nos pertes étaient seulement de G tués, 27 blessés, sans une seule avarie grave à nos bâtiments. C’est là ce que le commandant en chef appelait simplement une bonne journée. La modestie sied bien aux héros 1 ! »

Le lendemain 24, ne pouvant lancer les 5 ou 600 marins de ses compagnies de débarquement contre les milliers de fantassins chinois qui défendent l’arsenal d’ailleurs miné, l’amiral, après avoir détruit ce qui reste de jonques et de brûlots, le bombarde ; mais ses grands navires ne peuvent s’avancer faute d’eau et il ne peut utiliser leurs canons de 19 et de 24. Ses petits navires sont seuls chargés de l’opération. Leurs petits obus de 28 kilogrammes, lancés par des canons de 14 centimètres, démolirent les ateliers, fonderies et chantiers, détruisirent plus de la moitié de l’arsenal.

La nuit suivante, nos faisceaux de lumière électrique permirent de déjouer les attaques de deux bateaux torpilleurs que nos hotchkiss coulèrent; le lendemain matin, les compagnies de débarquement du Duguag-Trouin et de la Triomphante , protégées contre l’infanterie chinoise par le feu de leur bord, allèrent chercher comme trophée les canons Krupp de la batterie de la Pagode ; puis, à midi, Courbet, mettant son pavillon sur le Duguag-Trouin, donna l’ordre d'appareiller. Le brillant combat

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