‹ L'extrême OrientChapitre 108 sur 132 · M. Loir, op. cit · texte numérisé non relu

M. Loir, op. cit

4. « Les existences de matelots et de soldats, qui vraiment, depuis deux années, semblaient ne plus assez coûter h la France lointaine, il les jugeait très précieuses; il se montrait très avare de ce sang français. Ses batailles étaient combinées, travaillées d’avance avec une si rare précision que le résultat,

Le télégraphe — le câble touchait près de l’entrée du Min à l’île de Matsou ; mais la Compagnie danoise du North Eastern Telegraph , abandonnant par crainte d'une agression chinoise son établissement à terre, l’avait fait aboutir sur une jonque battant pavillon danois et mouillée près de Sharp-peak — le télégraphe, disons-nous, ne devait pas permettre à Courbet de continuer son œuvre. Il lui apporta, en effet, avec les enthousiastes félicitations du pays, l’ordre de recommencer les opérations contre Formose.

Ici commence une longue histoire, évoquant le souvenir de nos inutiles sacrifices, qu’il nous faut abréger.

Shei-Shan. — Le Shen-Mu T’an.

Le 2 septembre, l’amiral commandant les deux divisions, réunies par décret sous le nom d 'escadre d’extrême Orient , arrivait devant Ivelung (pie n’avaient pas cessé de surveiller tour à tour quelques-uns de nos navires. Il quitta là la Triomphante (pii l'avait amené pour remonter sur son bâtiment le Bayard, oii il devait mourir.

souvent foudroyant, s’obtenait toujours en perdant très peu des nôtres ; et ensuite, après l’action, qu’il avait durement menée avec son absolutisme sans réplique, il redevenait un autre homme, très doux, s’en allant faire la tournée des ambulances avec un bon sourire triste, il voulait voir tous les blessés, même les plus humbles, leur serrer la main, — et eux mouraient plus contents, réconfortés par sa visite. » (Julien Viaud, Pierre Loti, le lieutenant de vaisseau, Revue des Deux Mondes .)

Aussi ces hommes ne sentaient-ils avec lui ni fatigues ni privations : « La Triomphante , pour ne citer qu’elle, a fait pendant ces 7 journées 26 appareillages ou changements de mouillages : et pendant cette semaine entière tous les navires ont été constamment en branle-bas de combat, les chaudières sous pression ! Le jour, il fallait à tout moment, par une chaleur extrême, armer des canots, envoyer à terre torpilleurs ou fusiliers, hisser des canots, virer au cabestan. La nuit, cela se renouvelait : quatre ou cinq heures de sommeil étaient un repos extraordinaire. Les hommes prenaient leurs repas quand et

Rejoint par le Parseval qui, resté à Sliangliaï à la demande de notre chargé d’affaires, se vit refuser un pilote et sortit seul, par nuit noire, avec une audace toute française et une étonnante habileté, en échappant aux canons de Woosung, Courbet étudia sans tarder les défenses de Kelung et reconnut qu’on n’en pouvait venir à bout sans troupes.

Lorsque la Nive, le Tarn et le Drac lui eurent apporté les hommes d’infanterie et d'artillerie de marine (colonel Bertaux-Levillain, chef du corps expéditionnaire). il revint devant Kelung, le 30 septembre, et, le 2 octobre, après un combat où nos petits marsouins se signalèrent comme toujours, nous occupions le morne Saint-Clément et les crêtes de l'ouest, ce qui nous fit maîtres de la ville. Par malheur, une fois de plus, on ne pouvait avec aussi peu de monde enlever les autres lignes de hauteurs et atteindre les charbonnages. Depuis trois mois, les Chinois profitant de ce que, la guerre n’étant pas déclarée, nous ne pouvions arrêter les navires, avaient jeté une armée dans l’île. Il fallut installer nos soldats condamnés à l’inaction dans de mauvaises cases, où des pluies diluviennes et continues développèrent la fièvre des bois à forme typhique spéciale au nord-est de Formose.

De son côté, le 2 octobre, le contre-amiral Lespès opérait sur Tamsui qu’on n’avait pas jusqu’à la fin de septembre permis à Courbet de bloquer. Aussi les Chinois y avaient-ils à leur aise reçu et accumulé soldats et matériel. La Vipère, arrivée le 26 septembre, n’avait d’ailleurs pu qu’empêcher les renforts chinois, souvent dissimulés sous l’étiquette d’émigrants coolies, de descendre à Tamsui même. Ils s’en allaient débarquer plus loin. Désormais, et toujours grâce à la non-déclaration officielle de la guerre, nous allons donc jiasser des mois à nous escrimer avec une poignée d’hommes contre un ennemi constamment renforcé à notre barbe.

Le contre-amiral Lespès, ainsi qu’à Kelung au mois d’août, mena remarquablement bien la seule partie de l’opération qui fût possible. Avec la canonnière Vipère, les cuirassés de croisière Triomphante et La Galissonnière (celui-ci portant son pavillon), et le croiseur cTEstaing, il mouilla devant Tamsui le 1er octobre, et, le 2, réduisit non sans peine au silence les forts Blanc et Rouge dont les hrupp avaient ouvert le feu sur nous.

comme ils pouvaient. Malgré les rigueurs d’un pareil régime, jamais l’ardeur n’avait paru se ralentir. On était véritablement emballé. Le mot n’est pas rigoureusement académique : il dit mieux que tout autre l’état d’esprit où l’on se trouvait. » (Maurice Loir.) — Cette même Triomphante (commandant Baux), du 12 au 29 août, tira 710 coups de canon. Pour qui connaît les canons de marine, ce chiffre a de singulières éloquences ! « Du pont du Duguay-Trouin, comme naguère du pont du Volta, Courbet avait suivi toutes les péripéties des quatre dernières journées, transmettant les ordres les plus clairs, les plus nets, les plus précis, questionnant chacun sur les résultats obtenus, poursuivant sa tâche avec autant de méthode et de science que d’énergie et d’intrépidité. Précieuse conséquence de son grand savoir et de sa surprenante lucidité d’esprit : avec lui, jamais de contre-ordre, jamais de tâtonnements. S’il entreprenait quelque opération, c’est qu’elle pouvait réussir : et comme il la conduisait lui-même, elle réussissait en effet. Combat, bombardement, fusillade, il dirigeait tout. Quelle que fût l’heure ou l’occasion, on voyait à l’arrière du navire portant son pavillon sa silhouette se dessiner, et auprès d’elle le timonier télégraphiant a bras ses instructions et ses ordres. Sans doute il était secondé par des capitaines manœuvrant d’une façon hors ligne des navires comme la 'Triomphante, dans une rivière rapide, étroite et dangereuse; sans doute, il trouvait autour de lui l’enthousiasme le plus soutenu ; mais ses habiles et prévoyantes dispositions avaient fait tout le succès : grâce ïi elles, la victoire n’était pas trop chèrement achetée. » (Maurice Loir.)

L’EMPIRE CHINOIS

Restait à démolir le barrage de la rivière et anéantir les torpilles défendant la passe. M. Lespès demanda à Courbet des soldats pour aller à terre déloger l’infanterie chinoise défendant le poste d’inflammation de ces torpilles que nos matelots feraient alors sauter pour ouvrir la rivière à nos bâtiments. Mais Courbet, nous l’avons vu, manquait luimême de soldats et avait assez de peine à se maintenir à Kelung. A son grand regret, il ne put confier à son lieutenant que sa propre compagnie de débarquement du Bayard que le transport le Tarn amena de Kelung à Tamsui et les croiseurs Duguay-Trouin et Château-Renault. Les renforts de ces trois bâtiments portèrent au chiffre ridicule de 600 hommes l’effectif des compagnies de débarquement. Celui-ci, vu l’état de cette mer terrible qui sur les côtes de Formose allait si durement mettre à l’épreuve, pendant des mois, la résignation de nos équipages, la solidité de nos navires et l’habileté de leurs commandants, ne put avoir lieu que le 8, sous la protection du feu de l’escadrille. L’infanterie chinoise, invisible, bien à l’abri, occupait les environs des forts, dont nous avions démonté les pièces, et des camps retranchés. Elle était si nombreuse qu’en vain, nos obus tentèrent de l’arrêter.

Cependant, nos matelots (commandant Boulineau) l’eussent évitée peut-être et auraient réussi à accomplir leur mission, c’est-à-dire à s’emparer du poste des torpilleurs, s’ils avaient obéi à leurs instructions précises et suivi l’itinéraire fixé. Mais leur ardeur les entraîna ; ces braves mathurins n’étaient pas des troupiers1, et ils tombèrent sur un gros de réguliers chinois tandis que d’autres Le supplice de la cage en Chine,

essayaient de les tourner. Comme à

Kelung encore, au mois d’août, ils se trouvaient 600 contre des milliers d’ennemis ayant l’avantage de la position. Il fallut battre en retraite, se réembarquer par une mer grosse, abandonner 17 morts dont les Célestes, suivant leur habitude, coupèrent la tête. Nous avions 49 blessés. Les Chinois, d’après les douaniers de Tamsui, en comptaient 200 avec 80 morts.

1. « Les marins à leur bord, les soldats à terre », avons-nous écrit à propos du Tonkin. Au surplus, voici ce que dit à propos de l’échec de Tamsui, un officier de marine, témoin impartial, M. Maurice Loir : « S’il était permis d’en rechercher les causes, n’en trouverait-on pas une au moins dans l’insuffisance des compagnies de débarquement pour une opération sérieuse à terre? Il manque à ces troupes inexpérimentées la solidité et la discipline du feü. Et malheureusement l’absence de ces qualités ne saurait être compensée ni par la haute valeur des officiers, ni par l’ardeur des aspirants, ni par le dévouement des sous-officiers. Rien ne s’improvise ici-bas. Il ne suffit pas d’armer de kropatsclieks ces

Cet échec désola Courbet et toute l’escadre ; mais la leçon devait être encore perdue, le système des renforts insuffisants, par « petits paquets» suivi comme devant, et l’amiral, contraint à poursuivre la stérile campagne qu'il avait condamnée. Une mer presque toujours démontée, la mousson furieuse, les pluies diluviennes, les épidémies allaient se liguer contre la flotte et le petit corps expéditionnaire. L’insuccès du 8 octobre, d'autre part, rompait les pourparlers avec la Chine que Fou-tcheou commençait à amener à résipiscence. Nous dûmes renoncer, du reste, faute de monde, à une revanche et nous borner à bloquer le port et la rivière de Tamsui jusqu'à la paix.

Le 30 octobre, Courbet, ayant enfin reçu l’autorisation nécessaire, proclamait le blocus de l’île, blocus pacifique, la guerre n’étant toujours pas officiellement déclarée, et moins destiné à empêcher les Chinois de Formose de recevoir de la contrebande de guerre qu’à saisir des bâtiments de commerce chinois. Encore un coup, il était trop tard ; la China merchants Company avait fictivement vendu à une maison américaine ses vapeurs, inviolables à présent sous leur pavillon étoilé.

Ce blocus s’exerça donc contre des jonques seulement, devant Kelung, Tamsui et Taï-wan. L’escadre se renforça successivement de plusieurs croiseurs : Rigault de Genouilly, Æelly , Champlain et Éclaireur. Le croiseur Villars remplaçait le Parseval. A Matsou restait V Atalante ; le Volta et le Lynx faisaient le service des dépêches, d’autres bâtiments étaient à se réparer à Saigon et Hong-Kong, ou envoyés à la rencontre des renforts pour convoyer les transports. On ne pouvait donc faire grand’chose. Ajoutons que la mer était intenable; que Ivelung, le seul port ouvert à nos croiseurs, était ouvert à la mousson et plus dangereux que le large, enfin, que nos bâtiments étaient en perdition un jour sur deux, à tel point que les Anglais de Hong-Kong ouvraient des paris sur leur perte. Pendant six mois dura ce supplice infligé à nos officiers et à leurs équipages ; pendant six mois la France risqua de perdre dix ou douze navires d’un coup.

braves gens qui font à bord le métier de soutiers, de matelots de pont ou de gabiers supplémentaires pour en faire des fantassins. Les fusiliers, élèves du bataillon de Lorient, ont seuls quelque consistance ; mais ils ne forment pas la moitié des effectifs des compagnies. Dans ce malheureux débarquement de Tamsui, chaque homme avait 120 cartouches. Comment admettre que cet énorme approvisionnement ait été consommé en un peu moins d’une heure, sans un gaspillage insensé, résultat d’une insuffisante éducation militaire?

« La guerre de 1870 a créé la légende du marin-fantassin. Cette légende ne pourrait se maintenir que si les compagnies de débarquement étaient fréquemment exercées à terre avec une préoccupation constante, avec un soin absolu. Si toutefois on juge excessive une pareille importance donnée à un exercice dont l’application peut être rare, il faut alors laisser au matelot armé du fusil son unique destination pendant le combat, qui est de tirailler des hunes et du pont sur les ponts et passerelles de l’ennemi. Mais qu’on ne le débarque jamais que pour des opérations de courte haleine, faites sous la protection des canons des navires et dans certains pays à peine civilisés, où n’existe aucun simulacre d’armée organisée. Les Chinois qui manœuvrent à l’européenne, au son du clairon, qui se déploient, se rallient et s’embusquent pour faire feu, sont déjà trop forts pour lui.

« Il y a longtemps que La Fontaine l’a écrit :

Ne forçons point notre talent...

« L’amiral Lcspès avait peu de confiance dans les compagnies de débarquement. « Jamais de matelots à terre !» s’était-il écrié le soir du 2 octobre. La nécessité d’en envoyer, et une inexorable fatalité voulurent que son opinion, si nettement exprimée, reçut sous ses yeux la plus navrante confirmation. »

L’EMPIRE CHINOIS

Au bout tle près de quatre mois, le blocus qui n’avait servi jusque-là qu’à des prises insignifiantes1 dut diminuer encore de sévérité, l’amiral s’étant vu forcé de concentrer un peu ses navires éparpillés en vue de l’attaque bruyamment annoncée de la flotte chinoise. En même temps, organisateur incomparable, constamment sur la brèche, il faisait à Kelung tout ce qui était humainement possible, pour y rendre la vie de ses troupes moins pénible et moins menacée, prodiguant son dévouement aux malades, et à tous ses encouragements.

Chine. — Forçats chinois à la cangue.

G jBovro a i rj

Les têtes des nôtres étaient mises à prix. Sortaient-ils, poussés par la faim, pour tâcher d’acheter quelques vivres frais dans la ville chinoise? ils tombaient dans des embuscades et nous retrouvions leurs corps décapités. Les Célestes s'ingéniaient à leur communiquer des maladies contagieuses et à empoisonner les survivants de cette poignée de Français. La nuit, ils violaient le cimetière, ouvraient les tombes pour couper les têtes des cadavres ; on dut mettre des explosifs dans les cercueils, garder en armes le champ de repos ! Grâce à Courbet pourtant, à la confiance qu'il inspirait, le moral restait bon, au milieu de toutes ces horreurs ; mais les soldats et leur chef, le colonel Bertaux-Levillain, enrageaient de leur inaction et de leur petit nombre en voyant

1. Il nous eût fallu quatre fois plus de croiseurs. Par des feux allumés sur les montagnes, les Chinois de Formose indiquaient aux bâtiments leur apportant du matériel, des renforts et des munitions, les points trop espacés où se trouvaient nos navires, et entre ceux-ci les bateaux passaient comme les

l’ennemi grossir, nos croiseurs n’arrivant pas à empêcher tous les débarquements sur cette vaste étendue de côtes, ceux des neutres surtout, et les marins de leur côté se désespéraient de ne pouvoir faire la chasse aux innombrables jonques chinoises dont la capture nous aurait rapporté des millions. En quinze jours, on en prit trente dont le chargement valait 1,800,000 francs ; mais on n’avait aucun port d’abri et il fallut les couler. Pour comble de bonheur, le 22 janvier 1885, les Anglais de Hong-Kong et de Singapore refusèrent de réparer nos navires et de les ravitailler en combustible, en vertu du Foreign Enlistment act, dont, jusque-là, ils n’avaient proclamé que l’article interdisant l’enrôlement de matelots, ce qni ne nous gênait en rien, comme on pense.

Courbet riposta en visitant les bâtiments neutres et en les arrêtant, s’ils étaient chargés de troupes ou de munitions. Il insistait aussi derechef pour être autorisé à établir le blocus du riz pour affamer la Chine du Nord. Une fois de plus, il recevait trop tard carte blanche : les garnisons chinoises de l’île, fortes de 5,000 soldats en septembre, s’étaient en trois mois et demi augmentées de 25,000 hommes de troupes impériales venues du continent.

A la fin de ce même mois de janvier, 2,000 hommes de renforts arrivaient avec le colonel Duchesne, qui prit le commandement du petit corps expéditionnaire. Les opérations recommencèrent, le 26, brillamment ; mais des déluges de pluie les arrêtèrent au moment où l’on allait tourner les Chinois investissant de loin Kelung. Du moins, la vie devint dès lors possible dans la ville cette fois entièrement occupée ; nos •soldats purent, les marchands chinois reparus, manger à leur faim, puis assainir et même embellir leur résidence que ne menaçait plus l’ennemi, rejeté loin des hauteurs du deuxième plan. La sécurité revenue diminuait enfin la fatigue du service après tant d’alertes et de veilles.

Le 4 mars, le temps le permettant enfin, le colonel Duchesne reprenait son mouvement enveloppant et après quatre jours de glorieux combats rejetait les Célestes sur la route de Tamsui, après avoir pris leurs positions et leur avoir infligé de grandes pertes. Nous étions enfin maîtres des mines de charbon, ou plutôt nous en commandions

poissons dans les trous d’un filet. Courbet recevait un à un les bâtiments réclamés et c’est à la fin de la campagne, à la veille de la paix, qu’il disposa des forces dont il avait besoin au début! A ce moment, les premiers navires de son escadre, trop surmenés, se trouvaient dans un état déplorable. Voici, du reste, la liste complète des bâtiments qu’il eut sous ses ordres :

1° Cinq cuirassés de croisière : Bayarcl (pavillon du vice-amiral commandant en chef) ; — La Galissonnière (pavillon du contre-amiral Lespès) ; — Turenne (pavillon du contre-amiral Rieunier);

• — Triomphante ; — Atalante.

2° Huit croiseurs de lro classe : Duguuy-Trouin, Villars, D'Estaing, Lapérouse, Nielly, Magon, Primauguet, Roland.

3° Quatre croiseurs de 2I! classe : Champlain, Château-Renault, Eclaireur, Rigaut de Genouilly.

4° Trois croiseurs de 3e classe : Kerguelen, Volta, Ducliaffault.

5° U n aviso de transport : Saône.

6" Sept canonnières : Lutin, Vipère, Lynx, Comète, Sagittaire, Aspic, Jaguar.

7" Deux transports de lr° classe : Annamite, Tonlcin.

8° Un mauvais paquebot dénommé croiseur auxiliaire : Château- Yquem,

9" Quatre torpilleurs de 2e classe : 44, 45, 46, 50.

Donc, en tout, 35 navires, sans compter ceux qui, comme le Tarn, la Nive, l'Hamelin, le Parseval , etc., ne firent que passagèrement partie de l’escadre.

L’EMPIRE CHINOIS

l’accès. Seulement, à peine étions-nous assez nombreux pour garder les points conquis. Le manque de monde nous empêchait de poursuivre la campagne, et malgré nos succès, malgré le sang répandu, l’occupation définitive ne se réalisait pas et l’efficacité du gage demeurait hypothétique.

Que pouvait faire à la Chine notre occupation de Kelling ? Pour la contraindre à capituler, il eût fallu frapper l’empire au cœur, c’est-à-dire dans le Petchili, puis, si l’ennemi ne traitait pas, permettre à l’escadre d’opérer le long de la côte, de Shanghaï à Canton.

Un dolmen près Ning-Po.

Du moins aurait-on dû se rendre sans hésitation aux instantes demandés de Courbet réclamant la permission d’établir le blocus du riz pour affamer la Chine du Nord.

Soit en riz du tribut en nature payé par les provinces centrales, soit en riz de négoce, le seul Petchili reçoit, en février et mars, plus de 800,000 picttls1 du précieux aliment que lui portent plus de 150 steamers venus de Shanghaï. Fin février seulement, la France se décidait à déclarer ce grain contrebande de guerre; mais nous eûmes la faiblesse de faire une exception pour Canton et les antres ports du Sud. Frappée non plus au cœur, mais à l’estomac, la Chine allait mettre d’autant plus facilement les pouces que nous diminuions nos exigences à mesure qu’augmentaient nos sacrifices.

Quelques jours auparavant, Courbet s’était, décidé à aller au-devant des croiseurs

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