NTKRIEUR D’UN RICHE MARCHAND CHINOIS
tend au double but u'une morale pratique et d’une connaissance plus ou moins approfondie des lettres nationales.
Un jeune Céleste est mis, vers l’âge de six ans, dans une école; si ses parents sont riches, un précepteur lui donne à la maison les premiers principes de la linguistique. On sait que les caractères de la langue sont idéographiques , qu’on les trace au pinceau avec un souci artistique et un soin du fini d’autant plus nécessaires que la modification de forme la plus insignifiante en apparence correspond à une modification importante de l’idée. On conçoit, par suite, de quelle difficulté est l’étude de l’écriture ou de la lec-
Bords de la rivière de Shanghaï.
tare, et l’on comprend que beaucoup de Chinois se contentent des rudiments de cet art compliqué.
Le maître chargé de l’éducation des enfants leur fait répéter en chœur et à liante voix, les versets du « trimètre classique », rudiment qui comprend mille soixante-huit mots élémentaires, et cinq cent trente-quatre caractères rangés de droite à gauche en soixante-dix-huit lignes doubles. Ajouter que la langue est monosyllabique, c’est-à-dire uniquement constituée de racines dont la disposition seule fait varier le sens, montrera suffisamment quelle difficulté doit avoir l’élève à approfondir l’étude de sa langue. Ces versets qu’on lui enseigne ont tous une signification de morale pratique, lui apprennent ses devoirs vis-à-vis de ses parents et vis-à-vis de l’Etat; les murs en sont couverts au point de constituer de véritables bibliothèques publiques.
Anx principes élémentaires de la langue succède le « Livre des noms », quf familiarise l’enfant avec les noms des principaux clans ou familles de l’empire. Il en arrive enfin au « Livre des mille mots », ou <c millénaire classique », qui l’initie à la science
L’EMPIRE CHINOIS
de mille caractères ayant tous une signification spéciale : les exemples dont fourmillent
Palais d’Été. — Plinthe de Pagode.
ces livres tendent à inspirer l’amour du travail, en montrant le lettré comme seul digne d’être honoré et élevé aux dignités humaines. Parfois des dessins, rehaussés de vives