L’introduction d’un esclave était taxée à G francs
JAMBODGE.
millier d’âmes environ, se compose surtout d’ Annamites venus de Cocliinchine et de métis portugais.
« Parmi les centres les plus importants, on peut citer, après la capitale, Kampot, Kampong-Luong et Oudong.
« Kampot (19° 35' latitude N., et 105° 55' longitude E.), est à trois milles du rivage, sur le Stung-prey-Sroc, ou rivière de Kampot qui atteint la largeur de 200 à 300 mètres. Le fleuve se jette dans le golfe de Siam par trois embouchures. La barre empêche l’accès des bateaux ayant un tirant d’eau supérieur à deux mètres. Kampot est relié à Hatien, une fois par semaine, à l’aller et au retour, par un tram (courrier à pied) qui franchit la distance en trente-quatre heures1. »
Pour mieux surveiller le littoral, et surtout pour prendre un gage contre les velléités possibles du roi d'avoir de nouveau recours à son voisin du Siam, nous nous sommes fait céder l'île de Ivatry, à l’embouchure de la rivière de Kampot. Cette île a 15 kilomètres carrés de superficie et nous y exerçons le pouvoir en vertu d’une délégation du souverain. (C’est une conséquence du traité du 15 juillet 1867, par lequel la France s’est engagée à ne pas incorporer le Cambodge à la Cocliinchine.)
Kampot était un port beaucoup plus important avant que Saigon et Cholen eussent accaparé presque tout le commerce du Cambodge.
c< Kampong-Luong , à quelque distance de Pnom-Penh, sur la rive droite du bras du Grand-Lac, est un marché important.
« Près de Kampong-Luong se trouve, dans une île formée par un bras du Mékong, Oudong, qui pendant plus de deux cents ans fut la capitale du Cambodge. Sous le règne du roi Ang-Duong, sa population s’élevait à 12,000 habitants, et sa principale rue était longue d’un kilomètre. La ville avait, pour ainsi dire, comme faubourg Kampong-Luong et l'important village catholique de Pinhalu. De belles chaussées, construites par Ang-Duong, réunissaient Oudong, Kampong-Luong et Pnom-Penh d’une part, et Oudong, Kampot et Kampong-Srela d’autre part. Elles résistent en partie à l’action du temps et montrent ce qu'on peut attendre des Cambodgiens bien dirigés. On rencontre à Oudong des monuments religieux, des forts à demi ruinés.... Les bonzes y sont nombreux et peuvent se réunir au nombre de 400 dans la pagode royale. La population totale n’atteint pas 4,000 âmes2. »
La reine-mère habite Oudong. Elle a près de soixante-dix ans et s’appelle en cambodgien « la belle et puissante mère du roi du Cambodge ». Nous la ménageons, car elle est très influente sur Norodom, qui a pour elle le respect qu'avait le roi annamite Ïu-Duc pour la sienne. On sait que celui-ci cacha toujours à la reine-mère notre installation en Cocliinchine, afin de ne pas désoler ses dernières années. Ce pieux mensonge filial peint bien toutes les races indo-cliinoises, où l’amour de la famille, le culte des morts et le goût des libertés communales forment, à de rares exceptions près, les trois bases de l’ordre politique et social.
On n’est guère fixé sur le chiffre de la population du Cambodge qu’on évalue de 1,000,000 à 1,500,000 habitants, mais un peu an hasard, faute de documents indi-