‹ L'extrême OrientChapitre 24 sur 132 · octobre 1 G · texte numérisé non relu

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L’INDO-CHINE

Eli 1749, commence une période relativement pins active. Un intendant, Pierre Poivre, que son nom vouait à l’importation des épices, aborde en Cochincliine et signe avec le roi Yo-Yuong un traité nous concédant le droit de fonder à Tourane un comptoir. Même, le prince annamite fait écrire à Louis XY une lettre sollicitant son alliance.

Puis le sileuce se refait sur l’Indo-Chine, et l’on s’en tient à de rares explorations dont les auteurs écrivent des mémoires, qu’on enfouit dans des archives où les fureteurs de ce temps-ci, des savants comme Louis Pauliat, les retrouvent.

Eu 1750, D’Après de Manneville, et, en 1786, de Rosily-Méros, reconnaissent quelques points des côtes de Cochincliine et les bouches du Mékong.

Le nom de Dupleix rayonne enfin sur ce long mémento. Nous sommes eu 1752. L’abbé de Saint-Phalles, sur son ordre, lui rédige une description du Tonkin, et le grand homme fait aussitôt offrir des présents au roi d’Annam par l’évêque Bennetat. Mais on le rappelle en France. L’Anglais l’emporte. Nous sommes en pleine guerre de sept ans : l’Indo-Chine est encore oubliée, bien qu’en 1755 on reparle d’occuper Poulo-Condore, et le traité de Paris (1703) vient, là-dessus, nous dépouiller de nos autres possessions coloniales. En 1775, il faut noter cependant une tentative excessivement remarquable en ce sens qu'elle est due à l’initiative privée. Quelques commerçants s’unissent pour opérer en lndo-Chine et le gouverneur de Chandernagor expédie un navire au Tonkin.

Nous voici arrivés à l'époque dont nous parlions plus haut, celle où des querelles de palais à la cour des Lê détermineront notre intervention plus ou moins officielle.

Les circonstances nous servent. Cela commence par la basse Cochincliine, qui était alors un débris du royaume khmer ou cambodgien annexé, vers 1658, à l'Aunam.

Le prince Ngnyen-Ahn — plus connu sous le nom de Gia-Long, qu’il prit après son couronnement — se débattait mal contre ses compétiteurs1. Réduit finalement à s’enfuir, il est accueilli par l’évêque d’Adran, Mgr Pigneau de Béhaine2, qui, depuis 1771, était vicaire apostolique de Cochincliine. Celui-ci, dit V Indo-Cliine française contemporaine, « dissuada Gia-Long de recourir à la protection des Hollandais de Batavia ou des Anglais de Calcutta, et, l’engagea à demander notre appui pour remonter sur le trône : il espérait ainsi attacher l’Aunam à la France par les liens de la reconnaissance.

« Gia-Long accepta, et le prélat partit pour la France avec le jeune fils du prince. Louis XYI régnait alors. Notre marine, relevée par les soins de Choiseul et de Macliault, venait de lutter glorieusement dans la guerre de l’indépendance américaine ; le roi, qui s’occupait avec passion de géographie et rédigeait des instructions pour l’infortuné La Pérouse, comprit l’importance d’un établissement en Cochincliine. Un traité fut signé à Yersailles, le 28 novembre 1787, entre les plénipotentiaires français, le

1. Depuis l’expulsion des Ciampas (1G00) il existait, avons-nous dit, deux vice-royautés, celle du Tonkin et celle de Cochincliine, réunies sous la dynastie des Lê. En Cochincliine, l’autorité des Lê était respectée; mais dans le Nord (soumis comme vice-royauté à la dynastie des Trinh), les montagnards venaient de se révolter. Ils chassèrent les Trinh et soutinrent Nguyen contre les Lê.

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