‹ L'extrême OrientChapitre 25 sur 132 · Né à Origny, près Laon, en 1741, mort, en · texte numérisé non relu

Né à Origny, près Laon, en 1741, mort, en

comte de Vergennes et le comte de Montmorin, d’une part, et les négociateurs annamites, le prince royal Canh-Dzué et Pigneau de Béliaine, d’autre part. Une alliance offensive et défensive fut ainsi conclue entre les deux liautes puissances contractantes. Le roi de France devait envoyer au secours de Gia-Long une escadre de vingt bâtiments de guerre, cinq régiments européens et deux régiments de troupes coloniales. Il devait fournir un subside de 500,000 piastres en espèces et de 500,000 piastres en matériel de guerre. En retour, Gria-Long cédait à la France, en toute souveraineté, la ville et la baie de Tourane et le groupe de Poulo-Condore ; il accordait la liberté du commerce à tous les sujets français, le droit de résidence à des consuls dans les ports désignés par Louis XVI, et celui de faire du bois dans toutes les forêts annamites pour la construction et la réparation des navires. La liberté du catholicisme était proclamée dans l’Annam. Enfin, dans le cas d’une guerre dans l’Inde, Gia-Long promettait de lever un corps de 14,000 hommes dans ses Etats et s’engageait à fournir une armée de 00,000 hommes si les possessions françaises de Cochinchine étaient attaquées. »

L’évêqvre d’Adran quitta Versailles, une fois les signatures échangées. Par malheur, il devait se heurter au mauvais vouloir de M. de Conway, le gouverneur de l’Inde, qui était chargé de l’exécution de ce traité.

Combien de fois, dans notre histoire coloniale, ne retrouve-t-on pas cette phrase quasiment stéréotypée, sur le mauvais vouloir des fonctionnaires dont dépendait la consécration des succès de nos diplomates, officiels ou in partibus ! ...

La Révolution allait d’ailleurs entraver les efforts de Ms1 2' de Béhaine : les Anglais respirèrent, qui déjà s’inquiétaient de nos progrès en Indo-Chine.

« Sans la Révolution française, dit un de leurs historiens, on ne saurait trop quelles conséquences un pareil traité aurait pu avoir pour nos possessions dans l’Inde et pour le commerce de notre Compagnie avec la Chine. »

Msr Pigneau avait frété à Pondichéry deux navires de commerce que la Méduse, frégate de guerre, convoya jusqu’en Cochinchine. Ils portaient les braves officiers français qui organisèrent l’armée et la marine annamites, fortifièrent Saigon, Mytho, Hué, dix autres places et firent les premiers travaux d’hydrographie.

Gia-Long, grâce à leur concours, put chasser les rebelles et se maintenir sur son trône reconquis. Me1' de Béhaine était son principal conseiller. Aussi le souverain fut-il sensible à sa perte. Lui-même prononça l'oraison funèbre de l’évêque, qu’il fit enterrer en grande pompe, près de Saigon. Le tombeau du prélat existe encore et a .toujours été entretenu aux frais du gouvernement annamite. Depuis notre conquête, le monument a été déclaré propriété nationale. « La France devait bien ce témoignage de reconnaissance posthume à celui de ses fils qui avait essayé d’ouvrir la Cochinchine à son influence et à la civilisation1. »

C’est à Gia-Long que l’Annam dut ses principaux canaux, une grande route royale reliant la Chine au G’ambodge1, son nouveau code, et une administration longtemps

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