Moura, le Royaume du Cambodge
?>. Il n’y a pas 100,000 Anglais aux Indes et 35,000 Hollandais dans les îles de la Sonde.
L’INDO-CHINE
de notre jeune possession une des plus belles colonies du monde. Mais ils n’en disposent malheureusement pas.
En effet, comme l’a fort bien dit M. Panl Leroy-Beaulieu, si la France consacrait la moitié, voire le quart, des 25 à 30 milliards de capitaux qu’elle a disséminés anx quatre .coins du monde, à ses propres entreprises coloniales, nous n’aurions pas plus de rivaux en Asie qu’en Afrique. Hélas ! nos modernes Law préfèrent jeter notre épargne sur le marché des emprunts européens et nons faire entretenir les finances turques ou
Marchandes annamites.
hispano-américaines! Quant à nos colons, ils arrivent en Cochinchine, comme ailleurs, sans un son, neuf fois sur dix, et leur pacotille se compose d’alcools plus ou moins frelatés. Heureuse encore la colonie, quand le passé des nouveaux venus est honorable ! D’aucuns pourtant sont intelligents, ingénieux, actifs; mais l’école ne leur a appris de notre possession que son insalubrité prétendue1, et souvent leur ignorance n'a d’égale que leur obstination routinière. Ajoutons que, dans le cas contraire, ils se heurteront fréquemment à une mauvaise volonté absolue ou qu’ils se verront refuser le crédit et l’appui qu’on accorde à des étrangers.
1. L’homme fait le climat. La Cochinchine, malsaine au début, est devenue habitable même pour nos femmes et nos enfants, dans les villes surtout. La mortalité n’a pas cessé d’y décroître. Avec de l’hygiène et un congé de six mois en France tous les deux ou trois ans, on y peut lutter sans peine contre l’anémie tropicale et la dysenterie. Le choléra et les autres épidémies n’y frappent que les indigènes. Certains points de notre possession sont d’ailleurs aussi salubres que la France et l’on peut s’v refaire.
D’où cette conclusion : nos rêves d’un empire d’Indo-Chine, étant donnée l’impossibilité de modifier les mœurs, resteront chimériques et notre Cocliincliine, comme aussi le Tonkin, comme aussi le Cambodge, végétera en continuant simplement à couvrir ses frais, s’il ne se crée pas une nouvelle Compagnie des Indes assez puissamment outillée en capitaux pour que ses efforts impersonnels suppléent à ceux des colons et survivent aux querelles comme aux lassitudes des particuliers.
Indo-Chiné. — Un campement de tirailleurs annamites.
Rue annamite.