En tout ln pièces
à l’apparition de notre pavillon sur le fort principal. Dans l’après-midi, la Vipère et le Lynx, grâce à leur faible tirant d’eau, franchissaient la barre de la rivière et, aidés de loin par l’artillerie du Bayard et du Cliâteau-Rcnault, achevaient la résistance1. Dans la soirée, nous occupions les principaux forts et, à trois heures du matin, le ministre des affaires étrangères de Hué venait demander une suspension d’armes. MM. Harmand et de Champeaux se rendaient aussitôt à Hué, et, cinq jours après, le 25 août 1883, était signé le traité reconnaissant notre protectorat sur l’Annam et le Tonkin2. Malheureusement, l’amiral Courbet, manquant de monde, n’avait pu faire occuper Hué, où l’arrivée et l’installation de nos soldats victorieux auraient été d’un effet énorme en nous rendant maîtres de la situation tant en Annam qu’au Tonkin et en rendant impossibles les complications dont nous souffrîmes les années suivantes.
De tous les nombreux traités que nous avons conclus avec l’Annam, le traité Harmand, certes, est le meilleur et fait le plus grand honneur à notre commissaire civil. Il nous donnait les forts de Thuan-An, que nous devions occuper d’une façon permanente et cédait à la Cockinchine la province annamite du sud, le Biuh-Tlman (noyau de l’ancien royaume de Ciampa), que le traité Patenôtre a, depuis, si malheureusement restituée à la cour de Hué par le traité du 6 juin 1884.
C’est à Thuan-An qu’atterrit le câble télégraphique de Haïphong à Saigon. On compte 12 milles de Hué à la mer.
Après le cap Lay commence géographiquement le golfe du Tonkin. Politiquement, le Tonkin commence un peu plus haut après les provinces de Nglié-An et du Thanh-Hoa, dont les côtes basses et généralement sans ports n’offrent rien de remarquable.
« Mais il faut observer, dit V Indo- Chine française contemporaine, que cette dernière partie du golfe du Tonkin3 est la plus rapprochée du Mékong. A vol d’oiseau, ce deuve n’est qu’à 45 lieues de distance de la côte, bien que le voyage, pour parvenir sur ses rives, demande au moins douze jours de marche. Elle s’impose donc, la nécessité d’explorations scientifiques et commerciales se dirigeant vers l'Annani-nord et du Tonkin-sud vers le haut Mékong, pour préparer la création d’une route abrégeant le trajet. »
Parallèlement au littoral, et séparant les bassins annamites du bassin du Mékong, court une chaîne de montagnes, petite épine du rameau qui, détaché du rameau central de l’Asie, sépare les bassins du Yang-tsé-Kiang et des grands fleuves indo-chinois.
Dans la partie sud de cette chaîne, nous trouvons les Mois, ces demi-sauvages que nous avons cités en faisant le recensement des races diverses de Cochincliine. D’autres tribus, plus ou moins vassales de l’Annam, d’aucunes même absolument indépendantes, apparaissent plus au nord et habitent plateaux et forêts. Citons, parmi elles, les Chams, ces descendants des Ciampas, dont nous avons également déjà vu quelques individus en Cochincliine.
De ces montagnes, différents contreforts s’écartent. Ce sont, à l’est, des hauteurs plutôt, d’une altitude variant entre 400 et 600 mètres, à l’exception du massif de