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Nous eûmes, en tout, six blessés

2. Voir Livre jaune (Affaires du Tonkin), 2e partie, p. 168, 169, 207, pour la préparation de cette expédition par M. Harmand.

?>. De Tourane aux frontières du Tonkin.

L’INDO-CHINE

Niatrang, dans la baie de ce nom. Le sommet de l’île Tlirê, que la mer en a séj>aré, a 1,000 mètres. A mesure que nous montons vers le nord, les hauteurs s’élèvent un peu et se boisent. Nous sommes en pays de tigres, dans la pittoresque presqu’île séparant les baies de Binli-Cang et de Hone-Cohe. En arrière, un faîte atteint 2,200 mètres, d’autres atteignent 1,500 et 1,100 mètres. Ceux-là se voient de Xuan-day. A partir du cap Yarela (750 m.), les monts s’écartent de la mer jusqu’à 70 kilomètres, et l'on n’a plus que des mornes ou collines perdus ne dépassant pas 400 mètres, mais suffisants, à Xuan-day, pour embellir la baie. Les hauteurs des environs de Quinhon ne sont pas

Baie de Phan-thit.

plus élevées. L’alpiniste qui m’y accompagnait en 1885 s'en consolait en me montrant les traces des tigres qui pullulent, paraît-il, au pied du Nui-Ba-Hoa.

A la pointe de Nuot-Not, et toujours en remontant vers le nord, nous retrouvons des rameaux de la chaîne maîtresse. Près du cap Sa-hoï ils atteignent 800 mètres. L altitude augmente encore dans les embranchements qui partent de la baie de Tourane (1,200 a 1,350 mètres). Dominant la plaine de Hué, puis à l’ouest, des sommets s’étagent, dont le plus élevé, le Double-Pic, a 1,810 mètres.

Il serait fastidieux de nommer les autres montagnes. Quelques-unes cependant auraient une importance stratégique pour ou contre nous, si nous n’avions pas pris à la fois le Tonkin et l’Aunam. Citons le Nui-Ba-reng, ancienne frontière militaire des deux pays, où Gia-long battit les Tonkinois et Diuli-Goï, également sur la baie du Cua-Hoï. Citons enfin le massif du Dong-Hoanh, dont la possession par un bataillon peut séparer complètement l’Annam du Tonkin.

En rés mué, l’orographie de l’Annam est constituée par une chaîne de montagnes, dite chaîne des Moï, qui sépare le pays du bassin du Mékong. Elle lance vers la mer quelques contreforts de peu de hauteur, dans le sud surtout, qui forment les bassins des cours annamites et dont ont dû se dessouder les quelques sommets isolés, dont le système n’est pas bien reconnu. La chaîne mère n’étant jamais bien éloignée du littoral, tous ces cours d’eau ne sauraient être étendus. Alluvionnaires comme dans toute l’Indo-Chine, ils ont formé, en comblant les baies, des plaines à riz et, çà et là, des bancs de sable, aujourd’hui coupés de lagunes et inutilisés par la culture.

Si les montagnes ne sont pas élevées, les rivières ne sont pas profondes, inégales de fond, peu navigables. Bien des missionnaires ont signalé cependant la possibilité d’atteindre, grâce à elles, le bassin du Mékong. Le Soug-Mo, affluent du fleuve C’a, d’après le père Monzouriès 1, coulerait fort près du Hin-Bun, qui, navigable comme lui, se jette dans le Mékong à Houten, de l’autre côté de la ligne de partage des eaux formée sur ce point par des collines basses, ce qui permettrait peut-être de réunir les deux rivières à l'aide d’un canal. Le Song-Mo, par malheur, est coupé par des roches condamnant les bateaux à des transbordements. Pourrait-on faire sauter ces roches?

Nommons cependant les principaux de ces cours d’eau, plus pareils à des torrents qu'à des fleuves, vu le peu de distance de leur parcours de la source à la mer, et prodigues d’inondations. La plupart sont peu connus, comme la rivière de Plm-Yaï. Celle de Phan-thit arrose Han-Thuan. La Phanry passe à Bin-Tlman, chef-lieu de la province du Sud, limitant l’Annam et la Cochinchine. La Nia-trang passe à Niatrang, chef-lieu du Khang-Hoa. La Phu-yen tombe dans la baie de Quinhon qui reçoit d’autres rivières sans importance, ainsi que la plupart des baies creusant la côte. Rivières de Nuoc-not, de Tam-quam, de Quang-noy, de Thé-eau, d’An-lioa, on en pourrait faire une longue liste. Une exception pour la rivière de Faï-Fo ou Cua-Doï, qui baigne Quang-Nam et, assez profonde, communique avec la baie de Tourane. Celle-ci donne son nom, comme la plupart des baies, à son fleuve que l’ Indo- Chine française dit sans importance, ce qui est exact, mais qui nous a peiné dans notre gratitude de chasseur. Elle n’est accessible qu’aux sampans; on s’y échoue; nous en savons quelque chose; mais on y tue force gibier d’eau.

La rivière de Hué est assez profonde ; sa barre, par malheur, n’offre à marée basse que trois mètres, et que quatre, au maximum, à la haute mer. Elle est impraticable enfin, la nuit, et en mousson de nord-est. La rivière de Hué se jette dans la lagune de Thuan-An par plusieurs bras. Aussi le port de Tourane reste-t-il le vrai port de la capitale, auquel nos officiers finiront par l’unir en créant une route plus facile que celle du col des Nuages.

A citer ensuite, au nord de Thuan-An, les rivières des Palmiers, de Cua-Lon-Hoy, de Cua-Ly-Hoa, de Cua-Giang. Celle-ci sort de grottes magnifiques sous les voûtes desquelles on peut se promener en bateau pour voir sur les parois des inscriptions non encore déchiffrées et dont la traduction apporterait sans doute de curieuses révélations sur l’histoire des peuples disparus de l’Indo-Chine. La Cua-Giang, ou Son-Giang, ou

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