‹ L'extrême OrientChapitre 56 sur 132 · Doudart de Lagrée (de Villemereuil · texte numérisé non relu

Doudart de Lagrée (de Villemereuil

« Lorsque, de l'un des plateaux élevés du Yun-nam, la commission vit sa route inopinément barrée par une forte dépression encaissant un beau fleuve, le Ho-ti-kiang, elle resta saisie du peu d’altitude relative des eaux de ce fleuve — quatre cents mètres environ. Vu l'étendue du parcours estimée jusqu’à la mer, c’était peu comme pente ; par suite, les conditions devaient être favorables à la navigation.

« Une atmosphère chaude entretenait, sur les berges de ce cours d’eau, une végétation tropicale.

« A ce moment, en novembre, les bananiers en fleurs faisaient contraste avec la

Tour de la citadelle d’Hanoï surmontée du poste de télégraphie optique.

flore et la température des hauts plateaux. Ce contraste frappa virement les explorateurs quand ils arrivèrent au bord de la crête d’oii ils plongeaient sur la vallée profonde.

« Tous, à ce spectacle, voyant à leurs pieds se dérouler les sinuosités d’un large fleuve, au milieu de la vaste et luxuriante plaine de Youen-kiang, tous furent instantanément saisis de la pensée que ce fleuve, dans de telles conditions, devait être navigable : C'était la voie cherchée l! Ils l’atteignirent le 20 novembre.

« On le descendit en pirogues, jusqu’aux premiers rapides. De Lagrée le salua de sa mousqueterie, fit arborer les couleurs françaises ; c était une conquête, une 'prise de possession pacifique. Il dirigea ensuite sa route sur Lin-ngau, pendant que son lieutenant Garnier continuait encore pendant quelques jours à explorer le fleuve et à s’assurer de son état de navigabilité. Quand il rejoignit le chef de l’expédition à Linngan, il ne restait aucun doute sur ce point »

1. Le docteur Thorel dit que ce fut le cri unanime de l’expédition.

Page 1