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Nous étions alors au Tonkin

devait logiquement croire la partie plus que compromise. On parlait en effet de 80,000 Chinois, on les lui représentait comme vainqueurs : il devait donc se demander ce qu'il ferait à leur place. C’était simple :

A Phu-Long-Tliuong, Bac-Ninh et Dap-Cau, il restait de très faibles garnisons. Toute la 2e brigade, sauf un bataillon qui avait gagné Kep par la route mandarine, se concentrait à Chu, tandis que la lre brigade était encore sur la rivière Claire C Par conséquent, les Chinois - — un enfant de troupe Veut fait — n’avaient qu’à ne pas s’ar-

Pagode sur la route de Dap-Cau à Bac-Ninh.

rêter, qu’à masquer Kep, qu’à tourner à l’ouest de ce point sans s’occuper de Thaï- Nguyen, pour passer le fleuve en amont de Dap-Cau, à Gram, investir Bac-Ninh et rejoindre par le Song-Cau la seconde armée chinoise. Hanoï n’aurait pu dès lors leur résister.

Dès que le général connut la vérité, il avisa le ministère; mais les ennemis du Tonkin (et ils étaient nombreux, l’expédition n’ayant jamais été populaire) se refusèrent à l’évidence, et nous continuâmes, à tort, à passer aux yeux de l’Europe amusée et de la Chine à la fois surprise et joyeuse, pour désastreusement vaincus à Lang-Son.

1. Elle avait quitté Lang-Son en hâte pour aller délivrer Tuyen-Quan. Le général Brière devait se battre au nord et à l’est à la fois. S’il avait eu le nombre d’hommes nécessaire, s’il n’avait pas été victime du système d’envoi de renforts par petits paquets, cette déplorable affaire n’aurait pas eu lieu.

L’INDO-CHINE

Aussi M. Herbinger trouva-t-il des défenseurs, jusqu’au jour où la publication du rapport du colonel Borgnis-Desbordes, au conseil d’enquête chargé d’examiner au Tonkin sa conduite militaire, la condamna.- Encore fallut-il pour amener ce revirement une succession de faits que nous n’avons pas à rappeler ici.

MS1' Puginier, le doyen des missionnaires français au Tonkin.

Le 4 avril, les préliminaires de la paix, à laquelle M. Jules Ferry travaillait depuis nos succès de février, avaient été signés. Le 25 mars — trois jours avant la retraite Herbinger — Pékin les avait acceptés. Si le cabinet l’avait su aussitôt, l’affaire de Lang-Son n’aurait pas eu lieu !...

Le protocole du 4 avril et le traité qui suivit (9 juin 1885) nous accordaient les avantages de la convention Fournier — rien de plus.

Le 12 avril, M. le général de Courcy avait été nommé commandant en chef dn corps expéditionnaire qui — trop tard — atteignait le chiffre de 35,000 hommes. De cette date au 1er janvier 1887, l'histoire du Tonkin est trop récente, et, par suite, trop connue, ou plutôt, faute de documents complets, trop mal connue encore, pour que nous la disions ici.

Porte est de Son-tay. Pièce chinoise.

Haï-phong.

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