‹ L'extrême OrientChapitre 7 sur 132 · En y comprenant la Birmanie anglaise · texte numérisé non relu

En y comprenant la Birmanie anglaise

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L’INDO-CHINE

Supérieure à l’Iude par sou climat, sa fertilité, ses mines, les ressources qu’elle offre au commerce avec ses ports naturels et la plupart de ses côtes aisément accessibles ; supérieure, enfin, par sa situation entre la mer des Indes et le Pacifique, aux portes de l’empire chinois, — portes relativement peu closes de son côté, — l'Indo- Chine aurait donc dû, semble-t-il, conquérir plus lôt, dans l’histoire de l’expansion européenne, le rôle qu’elle commence à y jouer. L’Hindoustan a seul été favorisé. Pourquoi ?

L’histoire et l’ethnographie ne suffisent pas à expliquer les causes de ce long abandon de la secoude péninsule. La moindre importance de l’Indo-Chine, comme population et civilisation, relativement à sa voisine, se justifie, en effet, par des raisons exclusivement géographiques, qu’Elisée Reclus a déduites avec autant de science que de sagacité1. Il s’agit des bassins fluviaux, si différemment disposés dans les deux régions. Dans l’Inde cisgangétique, les fleuves (sauf l’Indus) coulent de l’ouest à l’est, parallèlement aux arêtes montagneuses, et dans le sens de la largeur. Au contraire, dans l’Inde trausgangétique, l’Iraouaddy, le Sittang, le Salouen, le Ménam, le Mékong « coulent du nord au sud, dans le sens du méridien, et les saillies intermédiaires des monts et des collines s’alignent suivant la même direction ». En outre, fait capital, tout le nord de l’Hindoustan se nivelle en une plaine ayant 2,500 kilomètres de l’ouest à V est.

Or c’est le pays, nous aurons à le redire à propos de la Chine, qui fait l’homme et sa civilisation. Avec cette immense plaine, l’Inde gangétique est une, ses indigènes s’y pouvant déplacer sans dépaysement, sans changements de vie, sans luttes contre la nature. En Indo-Chine, la pente du sol, inclinée du nord au sud, « aggrave les oppositions des climats en rapprochant les courbes isothermiques ». De là, plusieurs faunes, plusieurs flores, — plusieurs races. Des obstacles naturels, des cieux brusquement différents arrêtent la descente des tribus septentrionales vers la mer. Plus de plaine comme dans l’Inde, sauf la petite région du Cambodge ; et la plaine, c’est la cohésion des habitants, l’invite physique aux nationalités compactes. Les vallées indochinoises devaient donc abriter et abritent des civilisations étroites comme elles, des groupements partiels cantonnés dans leurs aquatiques sillons, des tribus plutôt que des peuples.

Ces raisons géographiques, si elles interdisaient, lors des premières évolutions, la descente vers le sud des nations et des civilisations septentrionales, devaient évidemment, lors des premiers contacts européens, barrer la route aux nouveaux venus, tentés, à leur débarquement, de monter vers le nord. Elles favorisaient, en outre, la réunion de clans isolés, de hordes sauvages dont la résistance, à l’occasion, doublerait la difficulté des obstacles naturels.

Voilà pourquoi l’Indo-Chiue s’est trouvée historiquement eu retard sur la péninsule occidentale. Tout se tient : Reclus fait remarquer que ses nations policées eu sont encore à une évolution religieuse dépassée depuis dix siècles par les Hindous.

Voilà pourquoi enfin il a fallu pour l’éveiller à une vie nouvelle — et quel réveil

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