Thanh-Hoa, Nghé-An et Ha-tirili
Le Delta se compose de sept provinces : Bach-nink, Son-tav, Hanoï, Haï-Dzuong, Hong-yen, Nam-Di nli et Ninh-Binh ; la région des plateaux comprend les provinces de Qnang-yen, Lang-Son, Cao-bang, Tuyen-Quan, Hong-Hoa et une partie du Tliaïnguyen ; la région des forêts enfin, qui touche à la précédente par le haut bassin de la rivière Noire, renferme la province de Ninh-Binh et se continue dans les bassins du Song-Ma et du Song-Ca, en Annam.
Le Delta a la forme d’un trapèze, avec une base de 120 kilomètres de côtes. On évalue sa superficie à 11,000 kilomètres carrés. C’est un pays plat tout récent et qui s’agrandit chaque jour sur la mer, par les dépôts de terre qu’entraînent ses fleuves. Hanoï jadis fut un port maritime. Actuellement, le golfe du Tonkin perd 48 mètres par an! C’est ce qui condamne l’établissement de notre principal port à Haï-phong. Depuis 1831, un canton, celui de Kim-Som, dans la province de Nam-Dink, s’est formé, conquis sur les flots. Il y avait 20,000 chrétiens en 1853 sur ce point, où l’on pêchait vingt ans auparavant ! Il y a là maintenant 50,000 habitants. Le littoral du Day s’est accru de la sorte de trois cantons en quelques années. Hong-yen est à cinq ou six lieues du rivage au bord duquel il était bâti, i! y a deux siècles.
« Le centre du colmatage se trouve entre le Cua-Ba- Lai-Nam et le Daï. Le flenve Bouge, qui a plus d’étendue et de puissance que le Thaï-biuh, agit aussi avec plus d’activité. Les ail avions du Delta revêtent en peu de temps les trois formes du courant sousmarin, de l’émergence et de la solidification de croûte ; la végétation y connaît les trois étapes du roseau, de la plante aquatique et de la végétation continentale. Le limon charrié par les deux fleuves se compose de débris granitiques, porpliyritiques, de sables, de calcaires, de détritus organiques de toute nature qui constituent une riche terre végétale. Nous pouvons affirmer dès lors que si les Tonkinois ont en souvent à souffrir de la famine, la faute en est non à la nature, qui les a comblés de ses dons, mais à l’incurie, aux rapines et à la déplorable administration des mandarins.
« Toutes les terres exondées appartenaient au roi qui les concédait en toute propriété, moyennant une somme modique, aux gens qui s’engageaient à les cultiver et à payer l’impôt foncier. Nous aurons à suivre ces errements que nous appliquons d’ailleurs dans la basse Cocliinchine 1. »
Les défenseurs du maintien du port à Haï-phong font remarquer, à ce propos, que les branches du Thaï-biuh entraînent et déposent moins d’alluvions que celles du Song-Ivoï ; mais si, de ce fait, quelques-unes de leurs entrées sont restées pénétrables, il n’en est pas moins vrai que leurs barres sont de jour en jour plus difficiles. Cependant, le tirant d’eau des bâtiments augmente, lui aussi, à mesure que se transforme la marine commerciale. La première barre du Cua-Cam a son plus grand fond coté sur les cartes marines d’il y a quelques années, à 3m,20 au-dessous des basses mers. Or nous ne l’avons trouvé en 1885 qu’à 3 mètres. Avant un siècle, cette barre sera donc infranchissable, la mer n’y marnant que 3m,20 à la grande marée mensuelle, et 2m,20 à la marée quotidienne. La seconde barre, dite barre intérieure, est de vase molle et les quilles de bâtiments s’y engagent d’un demi-mètre sans danger; mais, par ce