Notices coloniales, 1885 (Parreau
mine près de Quang-yen par un massif d’une altitude de 1,400 mètres. Au nord, leurs deux versants sont politiquement tonkinois. Cao-bang et Lang-Son sont en effet sur le versant géographiquement chinois.
Une autre chaîne se détache du plateau du Yun-nam. Celle-là sépare le bassin du Mékong du bassin du fleuve Rouge. Il s’en détache des contreforts dont le plus élevé a 700 mètres. C’est le Tong-Tien, près du deuxième rapide de la rivière Noire.
On n’est pas encore fixé sur la situation exacte des coupures de cette chaîne et sur la praticabilité des routes du Song-Koï au Mékong.
« Les principaux fleuves du Tonkin sont le Ngan-Nam-Kiaug, le Song-Tam, le Thaï-binh, le Song-Koï, le Song-Ma, le Song-Mo, le Ngan-Nai, le Ngan-Nam et le Ngan-Son h »
Nous ne continuerons à parler que des deux plus importants : Thaï-binh et Song-Koï, les seuls, du reste, sur lesquels nous possédions des documents, car, nous le répétons, la géographie du Tonkin est encore sinon à faire, grâce aux travaux de nos officiers, du moins à publier. Ainsi nous ne savons pas si le Ngan-Nam-Kiang qui, né dans la province chinoise du Quang-si, se jette à la mer près du cap Packlung, a pour affluent de droite le Song-Ki-Kung, qui coule près de Lang-Son, ou n’est pas la continuation du même Song-Ki-Kung.
Le fleuve Rouge ou Song-Koï descend du plateau du Yun-nam et coule du nordouest au sud-est. Il passe à Mang-hao, la dernière ville du Yun-nam, et à Lao-kay où il devient français. Au-dessous de Hong-Hoa, il reçoit la rivière Noire 2 et la rivière Claire 3, filles comme lui des montagnes du Yun-nam.
« Au-dessous de Son-tay, le fleuve Rouge se divise en trois branches principales. La branche septentrionale, que l’on considère, à cause de son importance, comme constituant le prolongement du fleuve et à laquelle on conserve le nom de fleuve Rouge, passe à Hanoï, à Hong-yeu, près de Nam-Dinli, et va se jeter dans le golfe du Tonkin en se divisant en trois bras.
La branche méridionale du Song-Koï porte le nom de Lach-Daï ; elle passe à Phutan-hoa, à Phu-Ly et à Nin-Binh, où elle se divise en deux branches qui vont se déverser dans le golfe du Tonkin en se divisant encore. Le Lach-Daï est relié au fleuve Rouge par le canal de Nam-Dinh, qui arrose la ville de ce nom.
La branche septentrionale du fleuve Rouge est reliée au delta du fleuve Thaï-binh par deux cours d’eau : le Siug-Gian ou rivière des Mûriers, et le canal de Bac-Ninh, ou canal des Rapides, ce dernier en parti creusé de main d’homme.
Le fleuve Rouge n’est pas navigable, même pour de légers canots, en amont de Mang-hao, c’est-à-dire dans toute la partie de son cours située dans le Yun-nam. Entre Mang-hao et Lao-kay le fleuve est très encaissé entre des rochers qui se dressent à pic sur ses bords et qui rendent les débarquements et déchargements très difficiles ; il est cependant praticable pour des jonques effilées pouvant porter quatre ou cinq tonnes de marchandises. Entre Lao-kay et Tuan-Quan le fleuve est obstrué par des bancs de
î. Boninais et Paulus, op. oit.