‹ L'extrême OrientChapitre 79 sur 132 · ISI PORT AVIONS · texte numérisé non relu

ISI PORT AVIONS

Opium. — 95 pour 100 des Annamites ou des Chinois fument l’opium. Les importations se font en caisses de 40 boules ; chaque boule pèse 48 taëls et vaut de 19 à 22 piastres, suivant le cours : la qualité la plus estimée et la plus demandée reste celle de Bénarès.

Annuellement, il arrive 700 à 800 caisses représentant une valeur de 600,000 piastres.

Sous l’administration de M. Bonnal, résident supérieur par intérim, M. ILarmand, consul général de France à Calcutta, envoya au Tonkin, sous la conduite d’un employé du consulat, trois Indiens et des graines de pavot. Les essais de culture ont eu lieu à la citadelle d’Hanoï et ont donné les résultats les plus satisfaisants. L’opium récolté est de première qualité, richement dosé. Quand nous le voudrons, cette culture enrichira le Tonkin et nous permettra de faire à l’Angleterre une énorme concurrence.

Cotons. — La consommation locale est assez considérable, 20 à 25,000 balles. 80 pour 100, avonsnous dit, viennent de Bombay, et le reste de Manchester. Les premiers se vendent 80 piastres la balle, les seconds 115.

La production locale est cependant importante et revient à 12 ou 14 piastres le picul. Une filature serait absolument sûre de réussir.

Cuivre. — Le cuivre du Japon ou sumitono vient de Kobé; il se vend en plaquettes de nuance groseille de 7 à 9 kilos, et sur la place d’Hanoï vaut de 16 à 20 piastres le picul.

Les bols en faïence viennent de Paklioï, Macao et Canton.

Eu parlant des exportations, nous aurions pu dire un mot de la canne à sucre. Les cassonades produites actuellement valent de 5 à 8 piastres le picul, suivant la qualité. Théoriquement la canne doit donner de 17 û 22 pour 100. Au Tonkin, elle devrait donner un rendement de 14 ;ï 17 pour 100; mais, en réalité, elle ne dépasse pas 9, 10 et 12 pour 100. Une usine et une plantation coûteraient 80,000 piastres d’installation, mais on serait assuré d’un bénéfice de 30 pour 100.

Mines. — En laissant de côté les expériences faites à Hone-Gay, il n’y a d’exploité encore que quelques gisements de houille en Annam, près de Tourane ; un Chinois en a la concession pour trente ans. En 1 885, il a été extrait 5,000 tonnes.

Le charbon de IIone-Gay paraît bon ; il brûle bien, mais le combustible des couches supérieures doit être mélangé avec du charbon d’Australie.

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L’INDO-CHINE

bouches du Mékong. Les lettrés sont censés pratiquer les préceptes de Confucius et le peuple uu bouddhisme vague. Le véritable culte, c’est la religion des ancêtres. Les pagodes, seuls monuments du pays, valent qu’on en parle.

«Des dragons, convulsivement crispés et plus hérissés de barbes, d’arêtes, d’aiguillons et de piquants qu’un monstre marin, tordant sur le faîte et sur les bords recourbés leurs corps écaillés de tessons de faïence bleue ou rehaussés de couleurs vives, donnent de loin à leurs grands toits de tuile des aspects décoratifs d’une agréable baroquerie. Il n’est point de village qui n’en ait plusieurs, et souvent de meilleure mine que nos églises de campagne. Les visiteurs qui se contentent d’indications sommaires les croient toutes dédiées à Bouddha; en réalité, la plupart le sont au souverain, à des personnages illustres, au génie dont est pourvu chaque lieu, de même que chaque cité antique avait son dieu particulier, à d’autres génies d’une importance plus générale. Les plus belles sont entourées d’un mur percé d’une porte monumentale accompagnée de deux, de quatre et même de six colonnes portant en guise de chapiteaux des espèces de lanternes aux profils broussailleux comme le dos des dragons. Des bas-reliefs en stuc, presque de grandeur naturelle, représentent tantôt d’un côté un cheval harnaché et de l’autre un éléphant chargé de son palanquin, tantôt des guerriers d’une physionomie assez rébarbative pour intimider les âmes qui s’approchent point avec des desseins pieux.

« Après une grande cour s’élèvent des espèces de vastes hangars fort propres à servir soit d’entrepôt, soit de lieux de réunion, et derrière ces hangars la pagode propremênt dite. Les dorures et la laque rouge brillent dans celles qui sont bien entretenues. La partie des poutres qui soutiennent l’avant-toit est toujours fouillée en plein bois d’après ces motifs chinois où les animaux chimériques et les plantes s’entremêlent dans

On a tant parlé du transit par le Song-Ivoï, que nous croyons devoir donner la liste des exportations et importations s’opérant sur le Yun-nam par le fleuve Rouge :

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