Paul Bourde, De Paris au Tonlcin
L’INDO-CHINE
parfumé, des figures en vannerie recouvertes de papier doré ou argenté, ou des simulacres de barres d’or et d’argent. Ces autels sont dédiés à Bonddali ou aux mânes des ancêtres.
On compte au Tonkin plusieurs milliers de chrétiens répartis en quatre évêchés. Il y en a beaucoup dans les provinces rendues à l’Annam par le traité Patenôtre. Les
M. Raoul Bonnal.
vingt et un missionnaires espagnols, étant nos adversaires, devront être remplacés par des prêtres français. Ceux-ci ont deux des quatre évêchés.
Les villes principales du Tonkin (Delta) sont Hanoï, la capitale, — Haï-phong, le port (?) de la colonie, — Nam-Dinh, Sou-tay, Bac-Ninh, etc. Nous ne les décrirons pas, nos lecteurs devant trouver dans le chapitre suivant nos premières impressions tonkinoises, et nos gravures enfin suppléant assez à l'insuffisance d’un texte que l’étendue de notre cadre extrême oriental nous contraint à écourter ici.
Rappelons toutefois, à propos de Haï-phong, que cette ville témoigne des efforts dont nous sommes capables comme colonisateurs. En 1875, c’était un misérable village de pêcheurs. Il a suffi pour le transformer en cité européenne de l'initiative intelligente d’un de nos résidents, M. Raoul Bonnal. Grâce à son activité et à son
énergie, les marais iufects, que nous y avons vus à notre premier voyage, ont fait place à des rues, squares et boulevards qui commencent à rappeler ceux de Saïgon. Ce tour de force à l’américaine a été réalisé en une année et à un prix incroyablement bas, grâce à un emploi intelligent de la prestation en nature indigène. Aussi les habitants de Haï-phong, désireux de montrer leur reconnaissance envers M. Bonnal, ont-ils donné son nom au canal de ceinture, son œuvre principale, qui perpétuera le souvenir de cet administrateur de talent.
Maisons flottantes à Hao-nko.
Groupe d’enfants annamites.