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L’attaque contre les troupes du général de Courcy

Moi. — Je pense qu’il y avait mieux à faire, car, licenciée, chacune de ses fractions, je le crains, formera une bande de pirates.

Li. — (27 paraît très intéresse.) Alors vous savez que vous n’en aurez pas fini de sitôt en Indo-Chine ? (Sourire.)

Moi. — J’en suis même certain. Votre Excellence peut-elle me dire à son tour si elle croit à la possibilité du maintien de la paix ?

Li. — Nous voulons la paix, et la paix durera si vous respectez les traités.

Moi. — Vous savez bien que nous, nous les respectons; mais ladite paix que désire le pouvoir central peut être troublée par les autorités provinciales. Je n’ignore pas qu’entre autres, le vice-roi du Ivouang-tong pousse violemment à la guerre, et qu’avant peu, il pourrait bien faire naître un conflit...

Li. — Ab !... D'où vous viennent ces soupçons ?

Moi. — De ce que m’écrivent vos propres compatriotes, négociants chinois établis au Tonlcin.

Li (rompant les chiens). — Etes-vous content du dernier traité ?

Moi. — Heu! heu!... J’aurais préféré qu’on ne vous accordât la paix que plus

tard.

Li. — Après avoir pris Formose ?

Moi. — Non, Formose étant une faute, mais après avoir envoyé l’amiral Courbet et notre escadre opérer contre Port-Arthur et dans le Petchili.

Li (en riant). — Je préfère vous recevoir comme ami que comme adversaire 1 .

Moi. — .. .Pour des raisons politiques d’abord, puis, parce que le Toulon, entre des mains européennes, peut donner ce qu’aux vôtres il refusait ; seulement, il faut pour cela que nous soyons non seulement en paix, mais bons amis. Or vous envoyez des Allemands fortifier vos frontières là-bas !...

Li. — - Votre campagne n’a pas été nationale. Pourquoi tant de gens chez vous la désapprouvaient-ils ?

Moi. — Parce qu’en France, M. Détring peut vous le dire, on n’a qu’une seule préoccupation comme politique extérieure : la revanche de 1870-1871, et parce qu’on craignait qu’une complication européenne surgît tandis que nous nous battrions en extrême Orient.

Li. — Alors pourquoi ne pas reculer quand vous avez vu la campagne du Tonkin prendre cette importance et cette gravité ?

Moi. — Parce qu’en France on ne recule jamais. Le vin tiré, on le boit. Si le drapeau est en question, l’orgueil national l’emporte.

Li. — Oui, je sais. Nos deux diplomaties sont essentiellement différentes : vous

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