CHATEAU BYZANTIN
(Manuscrit de la Genèse — vi= siècle, à Vi( Dessin rectifié
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que de soigner leurs troupeaux et de se battre. Ils transformèrent en mosquées les églises chrétiennes, suivant leurs besoins, ou en firent construire de nouvelles sur le modèle des anciennes, par des architectes du pays envahi. Les Coptes, amateurs de plates-bandes, construisi- ^ rent, de préférence, toutes les r mosquées célèbres de l'Egypte comme leurs édifices religieux, sans voûtes et avec des portiques ogivaux; les Bj'zantins de Syrie, au contraire, fidèles adeptes de la voûte et des portiques à arcades, construisirent les palais, les mosquées, les hôpitaux et les caravansérails d'après le système qui leur était cher. Mais il est à remarquer que dans ces deux pays l'influence persane est beaucoup plus sensible qu'à Byzance même. Le style arabe mit deux siècles à se former et fut le résultat de la fusion de deux styles. Mais nous sommes convaincu que, jusqu'au ix' siècle, il n'y eut pas un seul architecte réellement Arabe ; il n'}' eut que des architectes Byzantins emplojés par des Arabes. La célèbre mosquée d'Omar, à Jérusalem, au dire de Cattaneo, serait elle-même b5'zantine, sauf la partie extérieure qui a été remaniée ultérieurement.
Un curieux exemple de château de la même époque nous est donné par le manuscrit de la Genèse (vi'' siècle) conservé à la bibliothèque de Vienne. Cette miniature offre de curieuses analogies avec un ivoire occidental du ix' siècle, le bénitier portatif de Charlemagne.
Fermes, hôtelleries et châteaux nous conduisent à un autre groupe qui a joué un rôle capital dans la vie b3'zantine : ce sont les monastères. Ils nous donnent, en effet, une idée exacte de ce qu'étaient les maisons ordinaires, les ateliers, les casernes et les grandes exploitations rurales de l'époque, Sculpture du b;
car il y avait un peu de tout dans ces im- (ivoire du
menses agglomérations de bâtisses : des hôtels particuliers, des couvents, des églises, des ateliers, des groupes ruraux, etc.
On remarquera encore ici la forme préférée, en carré, les bâtiments s'alignant sur les quatre faces intérieures de l'enceinte, ainsi que dans les maisons égyptiennes.
La presqu'île du mont Athos constitue une sorte de république s'administrant elle-même sous la haute juridiction de la Porte. Le gouvernement turc entretient à Karyès un représentant chargé de contrôler les actes du conseil élu de cette confédération de couvents.
La presqu'île contient vingt couvents et un nombre considérable d'ermitages isolés. Le tout est habité par environ six mille moines de religion orthodoxe où l'élément russe tend à dominer. Les couvents les plus anciens remonteraient, suivant la tradition, au temps de Constantin ou de Théodose, mais les documents historiques ne sont guère antérieurs au x" siècle.
Les empereurs de Byzance, les souverains de Bulgarie et d'Arménie ont fondé de nombreux couvents, lesquels ont maintes fois été remaniés depuis. En réalité, les incendies fréquents n'ont laissé subsister que peu de bâtiments d'habitation pouvant dater de plus de quatre siècles. Il est donc difficile de faire une critique sérieuse au point de vue archéologique de ces divers monastères, mais on peut cependant admettre que leur forme est restée sensiblement la même qu'à l'époque des empereurs de Byzance.
Les règles suivies par les moines pour peindre ou bâtir ont peu varié depuis mille ans et nous avons la conviction que les cadres, c'est-à-dire les murs d'enceinte, certaines églises, les réfectoires et les salles officielles de réunion n'ont pas changé.
Les monastères ont été fortifiés pour pouvoir résister aux incursions des pirates turcs. Aujourd'hui que la police de la mer Méditerranée est mieux faite, des fenêtres ont été percées dans beaucoup de murs d'enceinte, mais toujours à plusieurs mètres au-dessus du sol. Une agression subie récem-
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ment par le monastère de Vatopédi prouve que cette précaution n'est pas superflue. Une gravure grecque du xviii° siècle, que nous avons [remarquée dans la collection des Hautes Études, figure les défenses de Vatopédi. Des canons, placés dans des embrasures à arcs outrepassés, tirent des salves en l'honneur d'un patriarche ou d'un abbé mitre qui entre dans le monastère. Ce personnage ne figure pas sur l'extrait de la gravure que nous en avons fait. Nous donnons ce croquis à titre de simple curiosité et pour indiquer le caractère guerrier de ces monastères.
On trouvera dans ce chapitre un grand nombre de gravures empruntées au vo3'ageur Barsky (1728- 1744). L'ouvrage a été édité dans ces dernières années par la Société Palestinienne de Saint-Pétersbourg, qui a bien voulu, par l'intermédiaire de son secrétaire, M. Khitrovo , nous autoriser à reproduire les planches dont nous aurions besoin. Ces anciens dessins présentent un grand intérêt^ parce qu'ils nous donnent l'état des monastères à une époque où les pa3-s d'Orient n'avaient encore subi que de très rares transformations.
On pourra remarquer que les bâtiments d'habitation sont tous à plusieurs étages, dans le genre de certains monastères ou de certaines hôtelleries de S)' rie et particulièrement de Deir'-Sema'n. Les chambres débouchent sur des galeries en bois ou en maçonnerie servant de dégagement à toutes les pièces d'un même étage. Les galeries en bois sont souvent en encorbellement au-dessus des murs d'enceinte.
Dans les couvents grecs, le réfectoire est toujoursuneconstruction importante et le plus
. . ' Vatopédi, dessin du .iviii' siècle
possible isolée. Nous (ColUaion des Hautes Études)