BAS-RELIEF DU PIÉDESTAL
DU Vl' AU XV= SIÈCLE
dans la tribune du Cathisma; au-dessous de lui et probablement sur la plate-forme du Pi, le grand silentiaire donnant le signal des jeux. Le dessin
ne descend pas au-dessous de la plateforme du Pi. Il diffère des bas-reliefs de l'obélisque; mais nous savons que les tribunes ont été plusieurs fois remaniées du iv" au xif siècle et qu'elles ont même été entièrement refaites et embellies sous Justinien ; b) l'empereur dans la loge du petit hippodrome; c) les carceres; d) l'impératrice dans la loge du petit hippodrome du palais, sorte de carrousel dont nous ne connaissons pas l'emplacement ; 4° diverses miniatures de Skylitzès.
Quelques-unes ont été données au cours de notre exposé. On peut en citer d'autres :
Un Sarrazin prisonnier montre son adresse à Théophile pendant les
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(Fresque de Kiev)
PARCOURT LA PISTE DE l'hIPPODROME DEVANT l'eMPEREUR ET l'iMPÉRATRICE
(Manuscrit de Skylitzès)
. l'hippodrome, devant Nicéphore Phocas (Manuscrit de Skylitzès)
Nicéphore Phocas triomphe dans l'hippodrome (Manuscrit de Skylitzès)
JÈNE DE l'hippodrome (Gradins dans le fond)
SCÈNE DE l'hippodrome: uh Cavalier sarrazin est rcnversé par Un Cavalier byzantin /^OSTQ^v
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RE DU irbT\MEMT DE THÉOPHILE, A l'ihppodrOme (Exemple de pignons à redans)
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fêtes d'un triomphe. Mais un Bj-zantin entre en lice et le renverse de son cheval. Plus tard, sous Romain II, un personnage appelé Philoraios, debout sur un cheval très rapide et tenant une épée à la main, parcourt l'Euripe de l'hippodrome en en faisant le tour. On remarquera que dans les miniatures de Skj-litzès et dans les fresques de Kiev la forme des tribunes supérieures est semblable.
Au centre du cirque et suivant le grand axe se trouvait la Spina sur laquelle se dressaient : a) deux obélisques, l'un en maçonnerie et recouvert de bronze, l'autre de granit et portant sur un piédestal les fameux basreliefs dont nous avons parlé ; b) une colonne de bronze formée de trois serpents entrelacés qui supportaient autrefois le célèbre trépied de Delphes (elle subsiste encore en partie) ; c) une colonnade ; d) un bassin pour laver les blessures ; e) aux deux extrémités, enfin, des bornes. Nous donnons le dessin de la place At-Meïdan d'après une photographie. On voit encore en place les deux obélisques et la colonne serpentine.
11 n'existait pas, comme dans le cirque Maxime, à Rome, un canal au pied des gradins pour empêcher les bêtes féroces d'atteindre les spectateurs. Les combats de bêtes étaient rapidement tombés en désuétude pour être remplacés uniquement par des courses de chars ; le canal du début et qui portait le nom d'Euripe fut jugé plus nuisible qu'utile et par suite supprimé. Du même coup disparut le seul obstacle qui s'opposait aux batailles entre les factions bleues et vertes, lesquelles occupaient chacune un des côtés des gradins de l'hippodrome et l'on vit bien dans la suite que les agents de police ne valaient pas le canal.
Nous avons suivi pas à pas dans cette description les indications de Labarte, mais il pourrait fort bien se faire, ainsi que le pensent les savants russes et quelques savants français, dont M. Millet, que la tribune de l'empereur se trouvât non au centre, mais sur le côté du Cathisma et à son extrémité orientale. Cela semble résulter d'un passage de Malalas (1. 14, p. 351) que nous traduisons ainsi : « Théodose II, en arrivant au pou- « voir, favorisa les verts. Auparavant ils siégeaient à sa droite ; il les fit « installer à sa gauche ; il fit déplacer des soldats qui regardaient les jeux « en face de l'empereur et donna leurs sièges aux verts qui eurent ainsi six (( entrecolonnements. Des verts se crurent lésés. L'empereur leur fit dire : « C'est par honneur que je vous ai fait placer à la gauche du Cathisma, <( à l'endroit où j'assiste aux jeux. » Il semble, du reste, assez logique que la tribune impériale fût contiguë au grand palais, de façon à ne pas être placée immédiatement au-dessus des écuries.
La fresque de Kiev (loge de l'empereur à l'hippodrome, p. 108) et les
miniatures de Skylitzès (p. i lo) sont conformes à cette dernière hypothèse. Dans les miniatures, la tribune impériale correspond à l'une des extrémités du demi-cercle au-devant duquel siège iVlichel. L'emplacement du trône de Michel au milieu de ce même demi-cercle est, sans doute, purement conventionnel. Il est probable, toutefois, qu'il y avait en ce point, pour la symétrie de la décoration, un fronton en saillie.
M. Morard, architecte, a bien voulu, en se basant sur les travaux de Labarte, le plan de Banduri et les restes du cirque Maxime à Rome, dessiner pour notre ouvrage une restitution de l'Hippodrome de Byzance du temps de Justinien. La variante de Malalas ne modifie pas l'ensemble de la restitution, puisqu'elle n'introduit qu'un simple changement dans l'affectation de l'un des pavillons des ailes, surtout si l'on admet l'e.xistence d'un fronton central que la miniature paraît indiquer.
La modification en question aurait été effectuée dans le milieu du v" siècle.
L'intérieur de l'hippodrome était revêtu de marbre, mais la masse de la construction était en briques et l'extérieur n'avait pas de revêtement, ainsi que l'indiquent les substructions encore existantes.
Chalcé. — Le groupe de bâtiments connus sous le nom de Chalcé a été construit par Constantin. Il comprenait trois salles de garde, en enfilade, une salle de justice, une grande salle de réception, une salle à manger d'apparat et plusieurs édifices religieux, mais ne comportait aucun appartement particulier. Ces bâtiments étaient précédés, du côté du forum de l'Augustéon, par un vestibule couvert de tuiles en bronze doré appelé vestibule de Chalcé, lequel donna son nom à tout l'ensemble des bâtiments auxquels il ouvrait accès. C'était la seule entrée du palais impérial du côté de l'Augustéon ; elle était fermée par une porte de fer.
Ce vestibule se composait d'une cour à hémicycle surmontée d'une voûte en cul-de-four faisant face à l'entrée, enfin d'un bâtiment carré, à coupole centrale, terminé par une abside. Nous nous trouvons donc immédiatement en présence d'un édifice purement civil, construit sur le plan d'un édifice religieux. Ce fait se reproduira fréquemment dans la description qui va suivre. Cette coupole aurait été élevée en 532, après la sédition de Nika, par Justinien, qui refit â cette époque le palais de Chalcé. Elle était ornée de mosaïques représentant les victoires de Justinien et de Bélisaire. Justinien etThéodora y étaient représentés au milieu des sénateurs célébrant leurs hauts faits.
Les autres salles que nous avons mentionnées ont toutes la forme des
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(Essai de reconstitution par M. Morard, architecte)
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basiliques à abside et sont généralement accompagnées d'oratoires et ornées d'emblèmes religieux.
Nous donnons la reproduction d'une des faces d'une cliâsse byzantine en ivoire conservée dans la cathédrale de Trêves. Le sujet représente une translation de reliques d'une église dans une basilique en construction. Pendant longtemps cette châsse a été l'objet des discussions les plus vives entre archéologues, tant au point de vue du style qu'au point de vue du
Façade du palais de Chalcé
sujet. Il semble, toutefois, que M. Strzygowski' a trouvé le mot de l'énigme et que la scène du petit bas-relief n'est autre qu'une translation de reliques qui fut faite, en 552, de l'église de Sainte-Sophie à l'église de Sainte-Irène Èv S^jy-aï;.- Ce fait est signalé par Théophane. Le savant autrichien pense que le palais du fond d'où part le cortège est précisément le palais impénal qui avoisinait Sainte-Sophie. L'attribution de M. Strzygowski est très acceptable.
Skylitzès décrit et figure quelques scènes plus dramatiques qui ont eu l'Augustéon pour théâtre : 1° Zoé sortant de Sainte-Sophie et entrant au palais pour remercier les rebelles qui lui ont rendu le pouvoir (p. 114); 2° Michel le Calfat défendant le palais contre le peuple (p. 1 14); 3° le peuple, hostile à la favorite de Constantin Monomaque, Scléraina, réclamant les Porphyrogénètes, qui paraissent devant le palais de Chalcé et calment les manifestants (p. 106).
1 Orient oder Roiu, p. 35.
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Zoé sort de Sainte-Sophie et entre dans le palaes pour remercier le peuple (Manuscrit de Skylitzès)
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Michel le Calfat défend le palais (Manuscrit de Skylitzès)
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Triclinium des dix-neuf lits. — Ce bâtiment ne faisait partie ni de Chalcé ni de Daphné, mais il mérite d'être décrit tout spécialement. Il était précédé d'une cour en atrium, puis d'un portique formant porche. La salle, magnifiquement décorée, était divisée en deux. La première partie était destinée aux fonctionnaires et aux invités; la deuxième partie, surélevée, était réservée à l'empereur. On y accédait par un escalier au sommet
(Manuscrit de Skylitzès)
duquel se dressaient deux grandes colonnes d'argent soutenant une draperie que l'on baissait lorsque l'empereur, avant les réceptions, revêtait son costume impérial ; le trône était établi en cet endroit. La salle était éclairée par le haut, probablement par des vitrages*, et le plafond voûté était divisé en panneaux octogones dorés, enrichis de branches d'arbustes et de feuillages de vigne, merveilleusement sculptés le long de toutes les nervures.
La salle servait tantôt aux cérémonies officielles, tantôt aux repas d'apparat. Elle aurait aussi bien pu servir à une cérémonie religieuse. Elle pouvait contenir dix-neuf tables entourées de lits, pour trois cents convives environ. Luitprand, chargé, en 843, par Bérenger, marquis d'Ivrée, d'une mission auprès de l'empereur, eut l'honneur de manger dans cette salle à
• Sainte-Sophie était éclairée par des vitraux au vi= siècle. Les verreries de Byzance étaient célèbres.
ii6 l'habitation byzantine
la table du Basileus, le jour de Noël. Pour ce cas spécial, les convives mangèrent couchés à la mode antique : « Le service de la table fut fait, dit- « il, uniquement en vaisselle d'or. Après le repas, on servit des fruits dans « trois vases d'or qui, à cause de leur poids, ne furent point apportés à « mains d'hommes, mais sur des chariots couverts de pourpre. Deu.x de (( ces vases furent mis sur la table de cette manière : trois cordes enve- « loppées de peaux dorées descendaient du plafond par des trous qui y « étaient pratiqués. On engagea les anneaux d'or dont elles étaient munies « dans les anses des vases, puis à l'aide de quatre hommes ou plus peut- (( être, placés en bas, on les enleva par le moj'en d'une poulie établie au- « dessus du plafond et on les déposa sur la table. »
On ajoutait à cet appareil des jeux et des tours de bateleurs ; la chère était, du reste, détestable : tout était assaisonné à l'huile et à l'ail, dit Luitprand, et le vin sentait le bouc et le goudron.
Daphné. — Le palais de Daphné comprenait une grande galerie couverte, précédée d'un porche à arcades, lequel conduisait à une salle octogone suivie d'une pièce dans laquelle l'empereur revêtait son costume d'apparat. Ce palais avait un étage au-dessus du rez-de-chaussée. Dans les dépendances se trouvait le manège couvert du palais qui devint ensuite salle
Constantin, frère de Basile II, sous une i (Manuscrit de Skylitzès)
d'attente pour les fonctionnaires ; ceux-ci y laissaient leurs chevaux ou leurs chaises à porteurs avant d'entrer au grand palais.
Nous ne parlerons ici ni des cours ni des portiques couverts qui avoisinaient le grand palais et qui se trouvent longuement décrits dans Labarte.
DU Vr AU W SIECLE I I y
Palais Sacré. — Ce palais est la seule partie vraiment intéressante de l'ensemble des palais impériaux de Byzance '.
En venant du palais de Daphné on entrait dans une grande cour appelée la Phiale m3'stérieuse du Sigma, ayant, au centre, un bassin en bronze dont les bords étaient d'argent ; au milieu du bassin s'élevait un vase
Constantin Monomaque arrive au palais (Manuscrit de Skylitzès)
d'or en forme de coquille. A certaines fêtes anniversaires, ce bassin était rempli de fruits et toutes les personnes de passage au palais pouvaient en prendre.
Le palais situé au fond de cette cour avait un étage au-dessus du rezde-chaussée. Il avait été construit par l'empereur Théophile, au milieu du ix" siècle, sur le modèle du palais du calife de Bagdad, dont il s'était procuré tous les plans. Cette constatation est fort importante, car elle explique comment, dans les miniatures de Skylitzès, on voit apparaître des moucharabies et des minarets. N'oublions pas que, dès le vni" siècle, la pénétration des deux peuples arabe et bj^zantin fut constante. Un quartier entier de Constantinople était habité par des Arabes et des Sarrazins, lesquels 3' possédaient une mosquée. Une partie des troupes auxiliaires des empereurs était sarrazine. Enfin, les malheureuses populations de Syrie, à quelques lieues de Bj'zance, servaient de monnaie d'échange aux uns et aux autres à la fin de chaque guerre.
' Labarte a surtout utilisé le Traité de Constantin Porphyrogénéte (gii-gjg) sur les cérémonies de la cour de Byzance.
lia L HABITATION BYZANTINE
La première salle du palais sacré portait le nom de Sigma, parce qu'elle avait la forme de cette lettre de l'alphabet grec. On y montait par deux grands escaliers circulaires qui aboutissaient à une terrasse sur portique formant tribune avancée, sur laquelle, dans les grandes circonstances, on portait le trône de l'empereur. Celui-ci assistait de ce point à la distribution des fruits déposés dans la grande vasque de la cour. L'empereur prenait plaisir à ce spectacle, sur un trône brillant d'or et de pierreries, etc.. Au-dessous de son trône étaient assis les officiers de sa garde, les magistrats, les chefs de faction du cirque. Le reste des degrés servait de sièges au peuple. Les places au-dessous étaient, au dire de Lebeau, couvertes de danseurs, de pantomimes, de baladins de toute espèce.
Le plafond de la salle du Sigma était soutenu par quinze colonnes de marbre et les murs étaient revêtus de marbres précieux sur lesquels, à l'instar de ce qui se faisait dans les palais musulmans, on avait gravé des vers en belles lettres d'or. Au milieu du Sigma s'élevait un édicule à quatre colonnes. Il importe de signaler une autre analogie de ce palais avec les palais arabes : dans cette même salle, sur un des côtés et contre le mur, se trouvait un bassin d'eau vive qui était alimenté par des têtes de lions en bronze.
Du Sigma on passait dans la salle du Triconque par trois portes. Celle du milieu était en argent ou plus exactement revêtue de plaques d'argent, les deux autres étaient en bronze.
La salle du Triconque était hémisphérique et, ainsi que l'indique son nom, comprenait trois absides. Quatre colonnes de marbre, disposées deux par deux, recevaient la retombée de l'arc de l'abside du milieu; cette abside était garnie de gradins.
Les murs étaient couverts de marbre de couleur et les voûtes étaient entièrement dorées.
Le jour, suivant toutes probabilités, venait d'ouvertures ménagées dans la voûte, ainsi que cela se pratiquait dans nombre d'églises à coupoles. L'usage des vitres rendait cette disposition très commode.
Cette salle servait de salle du conseil à Théophile et à ses ministres. Le rez-de-chaussée du Sigma et du Triconque offrait à peu près la même distribution que le premier étage.
On pourra se faire une idée de l'abside de la salle du Triconque d'après celle de la cathédrale de Torcello (xi'^ siècle) dont nous donnons ici une reproduction photographique.
Le « Synthronon », à plusieurs degrés, se retrouve au xiv" siècle dans une église de Melnic, dessinée par M. Chesnay (p. 1 19).