‹ L'habitation byzantineChapitre 32 sur 58 · ACCOURU A SON · texte numérisé non relu

ACCOURU A SON

XIII' siècle. Voici les deux faits que l'on peut citer à l'appui de cette thèse : 1° dans l'angle nord-ouest de la cour se dresse une autre résidence dont la façade occidentale, percée de larges fenêtres, surmonte le mur extérieur. Audessus de la seconde fenêtre, à partir du sud, sont les armes des Paléologues.

Paspatis regarde cet édifice comme un monastère, mais le monastère qu'il cite n'existait pas à Constantinople. Ce devait être une annexe du palais. 2° Un commentateur de Ducas mentionne dans le palais du Porphyrogénète l'aigle à double tête, la fleur de lis et le monogramme des Paléologue, ce qui indique, tout au moins, une réparation. M. Chois}' estime également que ce palais a été construit postérieurement à l'entrée des croisés à Constantinople.

Le palais a deux étages au-dessus du rez-de-chaussée. Les murs sont en briques alternant sur les faces extérieures avec des blocs de marbre blanc et jaune de manière à former des dessins géométriques. Les lignes de séparations et de couronnement, les encadrements des portes et des fenêtres sont aussi en marbre. Sur le pignon Est règne, au-dessous d'une rangée de trois fenêtres en plein cintre, un balcon porté sur des arceaux et des pierres en saillie. Le balcon se termine à l'angle sud par une sorte de tour d'angle qui pouvait bien contenir un escalier tournant pour descendre à l'étage inférieur. Sur le milieu de la face sud on trouve aussi un petit balcon couvert ou échauguette qui constituait à l'intérieur une sorte d'abside se prêtant à l'emplacement d'un trône.

Les escaliers tournants, en pierre ou en bois, étaient fort en usage à Bj^zance. Il en existe de très beaux à Sainte-Sophie et à Saint-Vital de Ravenne. Ce dernier est un escalier à pente assez douce qui conduit aux galeries du premier étage et fait une révolution complète autour d'un pilier central.

L'étage inférieur du palais de Constantin est constitué par une seule salle voûtée longue de 17 mètres, prenant jour au nord. Le premier étage forme une grande salle rectangulaire sans divisions intérieures et n'ayant vue que du côté nord. Le second étage se compose d'une salle de 23 m. 25 de long sur 10 m, 50 de large et 6 m. 30 de hauteur, ayant des ouvertures sur les quatre faces et un balcon sur la face sud-ouest. Les fenêtres sont munies de niches à l'intérieur.

Le palais se continuait au nord le long du rempart, mais les vestiges qui existent encore n'offrent pas grand intérêt au point de vue de l'habitation proprement dite. Nous savons, toutefois, qu'il était précédé d'une cour formant atrium, ornée d'un propylée soutenu par dix grandes colonnes. Au milieu de la cour se trouvait un puits. Le propylée et le puits existaient encore au xvii'' siècle et ont été vus, en 1688, par Tafferner, chapelain d'une ambassade autrichienne. A cette époque, le toit existait en partie et reposait sur une corniche en marbre sculpté. Nous rappelons que la façade principale de l'édifice se trouvait au nord, du côté de la cour.

DU VI'' AU XV'= SIÈCLE I 39

Palais des Blachernes. — Le palais des Blachernes se développait en une série de tricliniums dans une sorte d'acropole voisine de la fameuse

s DE PORPHYROGÈNÈTE

(D'après Van Millingen :

B>'^a7i/ine ConslantinopleJ

église des Blachernes, construite par Pulchérie, à l'extrémité nord de la ville, près de la Corne d'Or. Le plus ancien tricJinium connu est celui d'Anastase (491-518). '■ -^ .

Prisons d'Anémi (D'après Van Millingen:

Byzantine Constantinoplej

Tibère (578-582), d'après Codin, construisit l'ouvrage fortifié appelé le Castélion, mais le palais avait dû être fortifié avant lui. En tous les cas, M. Van Milligen a fort bien montré que les murs qui se développent en face de l'emplacement du palais sont un élargissement de Manuel Comnène et que le mur d'Héraclius n'était destiné à protéger que les églises, tout en reliant les fortifications du palais à la Corne d'Or.

M. Van Millingen a reconnu, dans les ruines des fameuses prisons d'Anéma (p. 1 39), la Bastille des Comnènes et des Paléologues, les substructions du palais des Blachernes. Il a signalé un premier mur traversé dans son épaisseur par une galerie à deux étages et percée de meurtrières qu'on retrouve dans le palais du Porphyrogénète et celui de Boucoléon. Il incline à attribuer le mur au règne d'Anastase.

A ce mur fut adossée, plus tard, une longue pièce rectangulaire coupée par treize murs de refend formant trois étages de pièces communiquant entre elles et prenant jour à l'extérieur par de nouvelles meurtrières, et qui font penser aux substructions du palais de Septime Sévère sur le Palatin.

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