‹ L'habitation byzantineChapitre 33 sur 58 · ER DEUX PERSONNAGES QU IL AVAIT INVITES AU PAL · texte numérisé non relu

ER DEUX PERSONNAGES QU IL AVAIT INVITES AU PAL

(Manuscrit de Skylitzès)

Cette addition eut pour objet l'agrandissement du palais. Ces pièces pouvaient servir de magasin ou d'habitation pour les gardes et les serviteurs. Enfin, des tours vinrent masquer quelques-unes de ces chambres et c'est là que les prisonniers étaient enfermés. Elles reçurent leur nom de Michel Anéma, fîls du roi de Candie, qui }'■ fut enfermé sous Alexis Comnène.

Skylitzès figure Siméon, tzar des Bulgares, dînant avec l'empereur dans le palais des Blachernes. La même image, reprise quelques lignes plus loin, dans le manuscrit, représente Constantin Porphyrogénète faisant arrêter deux personnages qu'il avait invités au palais.

Palais de Mistra. — Une de nos planches représente la vue, à vol d'oiseau, des ruines du palais du despote de Mistra. Le bâtiment principal a 60 mètres de long. Au rez-de-chaussée se trouvaient une série de chambres ayant toutes une porte et une unique fenêtre. La même disposition se montrait sur l'autre face du bâtiment. Au premier étage se trouvait une grande

DU Vl° AU XV" SIÈCLE I .| I

salle de réception occupant toute la longueur de l'édifice et a yant une hauteur double du rez-de-chaussée ; une petite abside en cul-de-four avait été ménagée au milieu pour le trône du despote. Nous avons vu une disposition semblable dans la grande salle du premier étage du palais de Porph3'rogénète, à Constantinople. Le mur est en maçonnerie avec de petites pierres irrégulières; il était revêtu de stuc.

Cet édifice occupe le fond de la cour d'honneur. Tous les bâtiments du palais avaient deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, sauf le bâtiment de la salle de réception qui se composait, ainsi que nous l'avons dit, d'un rezde-chaussée et d'une salle ayant la hauteur de deux étages. Celle-ci ne paraît pas avoir été voûtée.

Palais des Comnène, à Trébizonde. — H reste peu de choses du palais des Comnène et les photographies que nous possédons de ses ruines ofifrent trop peu d'intérêt pour trouver place dans cet ouvrage. Voici ce qu'en dit Texier dans son Architecture byzantine :

(( Le château intérieur, bâti sur la plate-forme, était autant dominé par l'acropole supérieure, qu'il dominait lui-même le quartier de la marine.

(( Le palais impérial remplissait une grande partie de cette esplanade ; il renfermait, outre l'habitation royale, les appartements pour les hôtes de la cour, les chambres du Trésor, les archives et les autres offices du gouvernement; il était entouré de fossés larges et profonds et l'entrée était défendue par des portes de fer. Un magnifique escalier conduisait au palais d'or des Comnène ; des salles aérées, des galeries et des balcons entouraient cet ensemble et permettaient de jouir en même temps du tableau qui se déroulait aux regards et de l'air salubre de la mer et des montagnes qui arrivait sans obstacle.

« Le sol de la grande salle était pavé de marbre blanc ; les voûtes resplendissaient d'or et d'arabesques artistement peintes ou étaient ornées d'étoiles d'or sur un fond d'azur, qui imitaient la voûte céleste. Autour des murs de la grande salle étaient peints les portraits de tous les grands Comnène, rangés selon l'ordre de leur parenté, et de courtes inscriptions faisaient connaître les hauts faits qui les avaient illustrés.

(( Au-dessus de cette salle, il y avait la grande chambre du Conseil, où l'on traitait les affaires du gouvernement et où l'on donnait audience aux ambassadeurs. La couverture de ce splendide bâtiment s'élevait en forme de pj^ramide soutenue par quatre colonnes d'une seule pièce de marbre blanc.

« La salle des lestins, autrement dit le grand Triclinium, était attenante;

plus loin, s'élevait le bâtiment de la Bibliothèque, renfermant les diplômes, les manuscrits et les livres. Le grec Panaretos, qui a écrit la Chronique du Palais, parle longuement de cette bibliothèque. Elle tomba entre les mains des Turcs, en 1462, et parait être restée longtemps abandonnée. Ensuite,, selon l'opinion commune, elle fut transportée à Constantinople, où elle serait restée enfouie dans la bibliothèque du séraï.

Nous devons ajouter que des recherches récentes faites dans cette bibliothèque n'ont donné aucun résultat satisfaisant à ce sujet. On voit, d'après la disposition de ce palais, qu'il y avait une grande ressemblance avec le palais de Manganon, à Constantinople. Les usages des deux cours étaient les mêmes et les grands officiers portaient des titres semblables. »

Nous donnons, en terminant cet exposé, et à titre de curiosité, la vue de l'église d'Arta, xiii" siècle, dont la façade, purement profane, présente très sensiblement l'aspect d'un palais.

Jardins. — Avant de quitter les palais de Constantinople et de la Grèce, nous dirons quelques mots des jardins, mais très sobrement, car là, comme en beaucoup d'autres choses, nous en sommes réduit aux conjectures. Nous savons que Basile fit construire « un jardin près de la nouvelle église, planté à l'Orient et embelli par des arbres et des fleurs de toute espèce et arrosé de sources abondantes ». Nous savons aussi que l'empereur Théophile fit tracer, dans le voisinage du Sigma et du Triconque, cinq jardins conçus dans le style de ce palais, c'est-à-dire probablement dans le style arabe. Au point de vue documentaire, c'est peu.

Ces jardins, qui descendaient en pente assez raide et probablement par une suite de terrasses vers la mer, devaient tenir le milieu entre le jardin romain et le jardin arabe. Aux jardins purement romains de Constantin, aux plates-bandes géométriques de fleurs, aux allées droites d'ifs et de buis bizarrement taillés, aux salons de verdure ornés de statues, de grottes artificielles et de jets d'eau, se joignirent les bosquets plus intimes de l'art arabe, les petits massifs réguliers et discrets d'orangers, de grenadiers, de lauriers-roses, les haies de cactus et d'aloès, les cyprès, comme il en existe encore à Séville et à Grenade. Les terrasses étaient pourvues

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