‹ L'habitation ouvrière à NancyChapitre 45 sur 56 · ŒUVRES PRIVÉES · texte numérisé non relu

ŒUVRES PRIVÉES

$ 1. — Œuvres privées s'adressant à l’ouvrier locataire.

À Nancy il est un nom qui se trouve sur toutes les bou ches quand on parle d’œuvres de bienfaisance sociale, c’est celui de M. Déglin qui fut avocat à Nancy et mourut, pro-

(4) D' Remy-CozuiN. — Les chefs d'industrie en présence de la question des Habitations à bon marché. (Chronique sociale, nov. 1909.)

(2) D' Remy-Cozuin. — Les chefs d'industrie en présence de la question des Habitations à bon marché. (Chronique sociale, nov. 1909.)

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fondément regretté de tous, en 1906. Son activité inlassable et son dévouement bien connu pour les classes pauvres lui ont permis de fonder un certain nombre d'œuvres dont quelques-unes ont acquis une prospérité digne de louanges : ce sont, entre autres, l'Office central des œuvres de bienfaisance (1898) dont le président est M. Collesson, l'Æuvre des Patronages de l’enfance présidée par M° Xardel, avocat. Nous retiendrons ici, celle qui nous intéresse tout particulièrement, parce qu'œuvre d’assistance par l'habitation : c’est la Société ammobilière nancéienne. Fondée vers 1880 sous les auspices de M. Déglin, elle se trouve, ainsi, être la première tentative faite à Nancy, pour venir au secours de l’ouvrier qui cherche en vain à se loger en vilie, lui et sa nombreuse famille. Société montée par actions, elle a comme président M. Frühinsholz. L’œuvre, au début, s’est occupée de la construction de maisons individuelles, puis elle æ renoncé à ses projets et adopté les maisons collectives. Les différents immeubles qu’elle a fait construire com- - portent pour la plupart 3 étages, avec cour intérieure, buanderie. Les logements varient quant au nombre des pièces. Quelques-uns n’en possèdent qu’une, d’autres sont de trois ou quatre: cette disposition est particulièrement. appréciable. Chacun d’eux possède son W. C. sur le palier. Les loyers d’un prix assez modique ne dépassent pas 28 fr. Les maisons construites sont les suivantes.

Rue des Jardiniers, 710 — 15 locataires Rue des Jardiniers, 12 -— 17 locataires Rue de Mulhouse, 9 — 19 locataires Rue de Mulhouse, 11 — 21 locataires Rue Marie Leckzinska, 5 — 6 locataires, (plus

une aile dont la consirution est inachevée).

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Rue du Bastion, 40 —— 16 locataires Rue du Bastion, 42 — 10 locataires R.d. Fg des 3-Maisons 97 — 18 locataires, (maisons en planches à rez-de-chaussée seulement. R. du Fg St-Georges, 110 — 19 lucataires.

Depuis quelques années, la Société immobilière se contente de gérer ses immeubles qui comprennent un total de 141 locataires.

Nous verrons plus loin qu’une autre société s’est inspirée de l’œuvre de M. Déglin : la Société anonyme des habitahons à bon marché.

L'œuvre nancéienne d'assistance par l'habitation a été fondée par le bureau de bienfaisance de Nancy en 1904; elle est administrée par M. Léopold Lallement. Elle consiste à procurer, moyennant un loyer modique, une habitation salubre aux familles qui sont dans l'impossibilité de vivre du produit de leur travail, aussi longtemps que dure cette impossibilité. La loi Siegfried autorise les bureaux de bienfaisance (20 novembre 1894) à employer une partie. de leur patrimoine à la construction d’habitations à bon marché.

Le bureau de bienfaisance de Nancy s’est d’abord rendu acquéreur d’une propriété d’une contenance de 3 hectares, 62 ares, sise à Nancy, au lieu dit « la Teulotte » dans la partie supérieure de la vallée de Boudonville, exposée au midi et à l’abri du vent du nord. Le premier groupe construit se compose de dix habitations indépendantes avec les services communs à l’ensemble du groupe. Chaque logement comprend, au rez-de-chaussée, une cuisine et une chambre, deux pièces au 1e" étage, le tout représentant une surface utilisable de 65 mq 45 et un cube d’air

de 186 mc, non compris cave et grenier. Les plans sont de M. Weissemburger. Le prix de location est de 240 fr. par an et par logement de quatre pièces. Chacun à un W. C. spécial. La buanderie (eau de Moselle) est commune. Une fontaine d’eau de source se trouve auprès de chaque groupe d'habitations. Chaque ménage a un jardin d’une contenance de 2 à 4 ares moyennant une rétribution supplémentaire de 6 à 12 fr. Le loyer est payable par mois et recouvré par le bureau de bienfaisance ou prélevé par compensation sur les secours alloués aux indigents. La propreté des logements est très surveillée; dans chacun d’eux est atliché un avis contre l'alcoolisme et un avis sur la tuberculose et sa prophylaxie et les principales règles de l'hygiène. En 1906-07, ces maisons de la Teulotte abritaient 10 familles composées au total de 84 personnes. Le capital engagé a été de 54.000 fr. soit environ 5.400 fr. par logement ; il rapporte, tous frais déduits, un revenu de 3 °}.

Grâce à une libéralité de Mme Finance, l’œuvre a construit, chemin des Sables, sur le modèle de la « Teu— lotte », une nouvelle maison comportant quatre logements, abritant quatre familles formant un total de 36 personnes. Le coût de cette maison a été de 20.000 francs.

Dans un rapport présenté en 1907, M. le Dr Garnier, sous-directeur à l'Institut sérothérapique, considère comme très encourageants les résultats obtenus au point de vue sanitaire dans les familles logées dans ces habitations. Les enfants s’y trouvent dans les meilleures conditions de croissance et de santé; les parents continuent à trouver qu’ils ont un appétit dévorant qui fait une brèche sensible

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