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CHAPITRE IV

Clauffage, Confort et Aération

Nous avons donc, dès à présent, trouvé le moyen d'assurer à chaque alvéole qui compose le logement unitaire, une large provision d'air et de lumière.

Partout, ces deux sources d'énergie et d'assainissement, largement réparties, iront atteindre chaque fenêtre, procurant ainsi à l'immeuble tout entier, un p>ouvoir de régénération de première importance..

Voilà pour l'extérieur. Pendant la belle saison, le but est complètement atteint. Les fenêtres largement ouvertes, laissent partout pénétrer à pleins flots les deux sources de vie. En hiver, il en va tout autrement. Le ménage obligé de se garantir contre les froids du dehors, et pour des raisons d'économie fort déplacées, mais en sojmme, excusables, tient obturées, toutes les baies du logement et cela pendant des journées, des semaines et souvent des mois entiers. Comment veut-on que durant ce temps, s'opère une ventilation [énergique des locaux, surchauffés et parfois surpeuplés ? Evidemment à cet ordre de fait, il n'y a pas de remède, si ce n'est par l'obligation de faire entrer l'air de force dans chaque local, et cela sans l'assentiment du locataire. Encore faut-il que cet air se trouve dans des conditions spéciales et soit suffisamment chaud pour ne pas constituer, p>our l'habitant, une gêne absolue!

C'est qu'en effet, les expériences entreprises sur la nocivité de Toxyde de carbone montrent combien ce gaz, toxique pour l'homme à la dose de 1/233, ^st générateur de malaise, dans les agglomérations

•urbaines; à telle enseigne que, d'une enquête faite par la commission des logements insalubres, il résulte que dans certains locaux surpeuplés où les locataires se plaignent de nausées, de vertiges, <ie troubles incompréhensibles, l'analyse a révélé la présence de quelques cent millièmes à peine d'oxyde de carbone, (i)

Ces malaises proviennent sans conteste de l'oxyde de carbone •qui agit en absorbant les globules rouges, alors que l'acide carbonique lui, agit simplement en empêchant le dégagement de l'a- -cide carbonique contenu dans le sang.

On voit quelles précautions il y a lieu de prendre pour l'élimination rapide de ce gaz qui nous environne, en espace clos, et qui :se produit chaque fois que du charbon brûle en présence d'une quantité insuffisante d'oxygène. Comme d'autre part il est incolore et insipide et que sa faible densité le rend plus léger que l'air, il est impossible de s'apercevoir de sa présence du moins, sans appareils spéciaux.

.' Nous savons en outre, et ceci est un résultat d'expérience de / tous les jours: que l'air expiré et repris par les poumons, est le pire \ des poisons. «Ce poison pulmonaire», comme l'appelle le professeur d'Arsonval, suffit à lui seul à provoquer la tuberculose chez les ^sujets en état de réceptivité par terrain favorable. Or, un homme moyen introduit chaque jour dans ses poumons, lo mètres cubes d'air, contenant 2 kil. 500 d'oxygène. L'air rejeté par les poumons, n'en contient plus que i kil. 750 non absorbés, et les 750 gr. restant sont remplacés par 850 gr. d'acide carbonique. Aussitôt que l'air perd i 0/0 de son oxygène, la respiration devient pénible. A 6 0/0 de j>erte, c'est la mort.

Ajoutons à cela, les émanations de toute sorte, dues, i^ à l'éclairage par les moyens courants, 2° aux menus travaux du ménage (nous avons visité de nombreux logements, où la femme travaillant en chambre à différents ouvrages, articles de modes, de couture, etc.. l'atmosphère intérieure est rendue irrespirable par l'emploi de pots à colle, de couleur d'aniline, de fers chauds, etc.), 30 aux carbures d'hydrogène résultant de la décomposition des matières organiques, à la tempérjature ordinaire,... etc.

(i) M. Alb. Lévy, de l'Observatoire de Montsouris, a construit un appareil simple «et portatif ne nécessitant pas de manipulations chimiques, se mettant immédiatement cil marche par l'ouverture d'un robinet et l'allumage d'une petite veilleuse et donnant <ies résultats précis en opérant sur 35 litres d'air. Cet appareil permet de constater sur place, non seulement la présence, mais encore la proportion d'oxyde de carbone à I ou a cent-millièmes près.

Tous ces arguments puissants, militent suffisamment en faveur d'une prompte et hardie solution pour que nous osions l'aborder en cette étude et montrer comment l'immeuble construit suivant les dernières données scientifiques, c'est-à-dire, réunissant la double condition d'ensoleillement et de ventilation peut être encore imparfait si l'on n'y joint aussitôt une aération vigoureuse, et sL par un moyen mécanique énergique, on n'arrive pas à chasser au dehors, l'air saturé de miasmes et de gaz malsains, et à le remplacer par de l'air chimiquement pur, constamment renouvelé. Il faut donc et c'est un p>oint capital sur lequel nous ne saurions trop insister, attirer l'attention du constructeur sur ce triple problème: l'ensoleillement, la ventilation externe, l'aération mécanique de l'intérieur, problèmes qui se posent chaque fois qu'il s'agit d'immeubles collectifs, et pour lesquels une solution s'impose définitivement dans la lutte entreprise contre la tuberculose et les cachexiesdiverses qu'engendre le logement malsain.

Afin d'atteindre cette salubrité indiscutaWe dans le logement, deux éléments sont à considérer: V éclairage et le chauffage.

L'Eclairage. — Si par un moyen économique on pK)Uvait réaliser l'éclairage électrique, cela serait un progrès évident ; du même coup, on supprimerait le pétrole mal odorant, le gaz malsain, bien que commode et avantageux comme prix; deux sources productrices, d'acide carbonique, également préjudiciables puisqu'elles empruntent et consomment sur place une bonne partie de l'oxygène de l'air de la pièce où elles se trouvent. De là le problème urgent et nécessaire à résoudre : « L'éclairage ». L'électricité nous donne sous ce rapport entière satisfaction. Nous verrons plus loin, qu'avec des usines centrales, répartissant à im lot considérable, ou à un syndicat de propriétaires occupant tout un côté d'une rue, la force et l'éclairage suffisants, une rémunération normale des capitaux de premier établissement peut s'effectuer.

Le chauffage. — Un chauffage rationnel et hygiénique n'est pas moins intéressant. Bien que très saines, les cheminées avec ventouses,, telles qu'elles sont construites actuellement, consomment une grande quantité de combustible sans grand profit pour la pièce, car, de deux choses l'une: Ou le tirage de la cheminée est excellent, ce qui suscite sous toutes les fenêtres, portes, etc., de véritables trombes d'air, si nécessaires au bon fonctionnement de la cheminée, et alors les deux tiers des calories s'échappent par le conduit de fumée ne laissant au foyer qu'une puissance radiante directe infime; ou bien pour des causes multiples, la cheminée tire mal et c'est un danger continuel pour les habitants de l'appartement.

^n cette occurrence, le volume d'air constitué par les produits de la combustion étant plus lourd que la colonne d'air enfermée dans le tuyau de fumée, il s'ensuit un refoulement des gaz malsains, dans la pièce, gaz acide carbonique et oxyde de carbone des plus nuisibles, pouvant produire dans l'organisme humain, les désordres les plus jgraves.

Les problèmes du chauffage et de l'aération des pièces sont donc intimement liés entre eux. Vouloir étudier séparément chacun de ces éléments, serait s'exposer à une incompréhension manifeste des règles qui régissent l'un et l'autre.

Le simple fait d'allumer du feu dans une cheminée constitue un phénomène d'ordre physique, très simple en soi, qui suppose cependant deux facteurs indispensables. Une importante arrivée d'air, au-dessous du foyer, chargé de suroxyder le combustible et l'évacuation immédiate des produits gazeux de la combustion, à l'aide d'un tuyau vertical aménagé au-dessus du foyer et dans l'épaisseur du mur. Le bon fonctionnement d'une cheminée, c'est-à-dire, son tirage, dépend -donc d'une part de la quantité d'air admise au foyer, d'autre part de la longueur du tuyau d'évacuation. Plus ce tuyau est long, mieux s'effectue le tirage.

Ce phénomène très simple ne s'accomplit guère sans une gêne très grande pour les habitants d'une pièce où ce foyer est constitué, car cet air provenant dé tous les interstices laissés libres par une mauvaise obturation des fenêtres, portes, etc., forme sur son passage un véritable cône de froid, d'autant plus réfrigérant que la température extérieure est basse.

Dans ces conditions, la radiation directe d'un foyer tel qu'il est aonénagé dans nos cheminées usuelles, est presque nulle, et on admet, en général, une déperdition de 60 0/0 des calories émises par ce foyer, qui s'échappent par le tuyau de ^umée, avec les produits de la combustion.

C'est là, on en conviendra, un désavantage marqué, aussi nous suffit-il de signaler ce défaut, pour aussitôt rechercher un remède à une solution aussi précaire.

Dans les immeubles d'appartement de prix élevés, les frais généraux devant se réduire au strict minimum, il était impossible que les propriétaires consentissent à chercher des solutions qui ne pouvaient que grever le revenu brut, avec des appareils de centralisation dans lesquels se consommaient de grandes quantités de charbon, sans compter les frais d'amortissement afférents à l'établissement de l'appareil. Aussi, dans ces sortes d'immeubles, pour obvier à l'inconvénient des cheminées usuelles, les locataires cherchèrent-ils dans l'emploi des appareils à combustion lente et à feu visi-

ble, une solution à ce problème. Nous n'avons pas besoin de montrer les défauts inhérents à ces cheminées mobiles, tout le monde les connaît, attendu que les accidents graves, sinon mortels qu'ils ont occasionnés par l'échappement subit de gaz subtils, aussi toxiques que l'acide carbonique et l'oxyde de carbone, sont suffisamment nombreux pour qu'il soit inutile d'y insister. Ici cependant, la radiation directe est portée à son maximum, puisque le foyer entièrement distinct de la cheminée auquel il ne tient que par le tuyau d'échappement des gaz, radie daïis toutes les directions et sur toute sa surface, les calories de sa combustion.

Dans les immeubles à grands appartements, des appareils de centralisation ont été depuis longtemps étudiés, et peuvent se classer en deux catégories bien distinctes; l'une empruntant à une source de combustion la chaleur suffisante pour chauffer un cube d'air déterminé et l'envoyer dans différentes pièces de l'appartement à' l'aide de conduits verticaux: Ce qui constitue le calorifère à air chaud. L'autre, empruntant à une source génératrice, la vapeur suffisante circulant en des canalisations de faible diamètre en distribuant par radiation directe, les calories abandonnées par la vapeur en se condensant, dans les éléments tubulaires groupés en radiateur: Ce qui constitue le chauffage à vapeur à haute ou à basse pression.

Le premier mode de chauffage, le calorifère à air chaud, était de beaucoup le plus logique, puisqu'il comportait sous une forme rationnelle, l'adduction et l'envoi dans les pièces, d'un cube d'air pris à l'extérieur et constamment renouvelé: il n'en a pas moins été abandonné définitivement par suite de défectuosités inhérentes à l'appareil, entr'autres, l'échappement, lorsque l'enveloppe du foyer était portée au rouge, des gaz toxiques qui se répandaient dans les gaines d'adduction, sans comf)ter les poussières nombreuses qui se collectaient à la trémie d'aspiration, habituellement placée au rezde-chaussée; poussières nocives ou simplement malsaines.

Le second mode, actuellement en usage et le plus répandu, constituait sur le premier un avantage appréciable. Ici l'appareil é[netteur de calories, absolument étanche, en communication directe avec la source génératrice ne procédant que par radiation directe, comportait une innovation intéressante. Cependant il est permis d'affirmer que la solution ainsi trouvée n'est pas encore à l'abri de

tout reproche. Voici pour quelles raisons I Le radiateur en pleine marche dans une pièce, émet, par radiation, des calories. Il se forme donc à son contact une zone d'air chaud, qui s'étend à mesure que le radiateur s'échauffe. Au bout d'un certain temps, un tourbillonnement s'opère autour des éléments, comme l'indique la figure cijointe, formant ime colonne verticale ascendante, en vertu de la moindre densité de l'air chaud, emportant dans son mouvement giratoire, les poussières, les gaz, produits de la respiration et autres,, ce qui n'est pas le comble de l'hygiène (fig. 8). La démonstration de ce mouvement giratoire est facile à faire: Au-dessus des radiateurs et au bout d'un certain temps de fonctionnement, on ne tarde pas à voir le mur se couvrir de particules, agglomérées de poussières qui forment suivant une projection conique, une longue traînée noirâtre détériorant les objets placés dans son champ d'action. Voici donc, un premier inconvé nient notable. Un autre, plus appréciable, c'est que par ce procédé, jamais l'air de la pièce ne se renouvelle. C'est toujours le même air qui est brassé et chauffé par contact des molécules plus chaudes, à celles moins chaudes qui les remplacent. Après un temps déterminé, et si plusieurs personnes se tiennent dans la pièce ainsi chauffée il se produit une surproduction de calories, et l'air surchauffé devient irrespirable. Si, à ce moment on ouvre une fenêtre pour renouveler l'air, on perd ainsi tout le bénéfice d'une longue attente, par la projection soudaine d'un cube d'air froid.

Ainsi donc et en conclusion, le chauffage par radiation directeest à condamner définitivement, ne présentant pas, théoriquement et pratiquement, les rigoureux avantages hygiéniques qu'on est ea droit d'attendre; car il ne faut pas perdre de vue qu'un mode de^ chauffage, exempt de reproches immédiats, qui ne comporte pas. en même temps et mécaniquement un mode parallèle et adéquat d'aération, est à rejeter. Ces deux modes sont à notre avis, complémentaires, l'un de l'autre, et invariablement unis. Pour obtenir un chauffage parfait et une aération irréprochable, il suffira donc de combiner les deux systèmes précités en un troisième qui totalisera, les avantages des deux premiers, sans les inconvénients que nous ve-^ non s de décrire.

Figure 8.

Pour rendre le problème plus accessible à tous et bien que les appareils soient actuellement trouvés et fonctionnent en toute garantie, . nous allons exposer théoriquement en quoi consistera un bon chauffage et \me bonne aération, ensuite viendra la description des appareils destinés à réaliser ces deux desiderata. Voyons donc, comment

normalement doit ttre effectué

ce

chauffage.

Vcici une pièce d'un cube déterminé et à une température donnée dont il s'agit d'élever ou d'abaisser la température. ( Il serait désirable que l'élévation de température en hiver, pût être modifiée en abaissement de température pen dant les fortes chaleurs de l'été, ce double problème étant facile à résoudre ). Pour l'instant ne nous occupant que de l'élévation de température, l'opéra-^ tiou s'effectuera de la façon suivante: l'air aussi pur que possible, chauffé à une température reconnue saine, sera introduite sous pression, dans la pièce. Cet air sous pression, au lieu d'être amené en plinthe, surgira aussi près que possible du plafond, et cela pour trois raisons : La premièile, c'est qu'il faut que ce mouvement d'adduction ne soit pas ressenti directement par les personnes, c'est-à-dire qu'issu au minimum à 2"i8o au-dessus du plancher, le courant ne puisse pas. incommoder ime personne debout (fig. 9). La deuxième raison aussi nécessaire que la première, c'est que l'air, s'il était envoyé en plinthe formant à sa sortie et en vertu de sa pression, un refoulement de- Tair déjà contenu dans la pièce, provoquerait un mouvement général dans les couches inférieures, brasserait les poussières, les gaz, pro-

Figure 9.

Figure 10.

duits de la respiration humaine, gaz plus lourds que l'air, et serait ainsi très impropre, sinon dangereux à son assimilation par les êtres qui auraient à le respirer.

Enfin, la troisième raison qui milite en faveur de cette introduction d'air par la partie supérieure, c'est que la couche d'air ainsi amenée, en raison même de sa densité et abandonnée à son propre poids, tend à mesure qu'elle se refroidit, à tomber, — il ne faut pas oubUer, et nous y insistons, que cet air est envoyé sous pression, c'est-à-dire que la première couche (fig. lo) d'air A remplace immédiatement celle qui s'est refroidie, et ainsi de suite, appuie sur la couche B qui appuie ellecmême sur C et enfin sur D où se trouve la plus grande quantité de particules de poussières ainsi que les gaz plus lourds que l'air. — C'est donc cette couche dernière qu'il s'agit d'expulser. Dans ce but, des ouvertures établies en plinthe, de sections calculées, permettront l'éviction complète et absolue de cette dernière couche. Il faut se rendre compte en outre que cette opération de remplacement total de l'air exigeant un temps très minime, une différence peu sensible se produira entre le point d'accès et celui d'éviction; une. fraction de degré. Tout ceci n'est qu'une affaire de mise au point, et si la température de l'air est de 15*^ à sa sortie de la gaine d'amenée, elle peut tomber à 14° au ras du plancher, sans que l'habitant y trouve un inconvénient puisque cette différence ne s'opérera que très lentement et sur une hauteur assez grande. Comme dernier avantage attaché à ce mode très spécial et très logique, l'air en pression opposera une résistance appréciable aux nombreuses petites entrées d'air qui s'effectuent aux joints des portes et des fenêtres, si tant est que ces ouvertures ne puissent être entièrement aveuglées par des procédés de construction mécaniquement étudiés et résolus plus tard.

En manière de conclusion à cet essai théorique, nous préconiserons donc et en dernière analyse, l'arrivée d'air pur, élevé à un degré donné de température, dans chacune des alvéoles constitutives de l'appartement type, à l'aide de gaines verticales, avec bouches d'échappement près du plafond; la diffusion de cet air dans chacune des pièces à chauffer et à aérer, et l'expulsion automatiquement réalisée de l'air vicié, par un dispositif spécial.

En somme, on pourrait assimiler l'appartement ainsi aménagé à la cage thoracique humaine et le système d'adduction et d'éviction d'air, au jeu des poumons; avec cette seule différence, qu'ici le débit est continu et uniforme, assuré mécaniquement et sous pression légère. ^ l

A titre d'exemple, prenons un immeuble de six étages, composé de petits appartements, avec des boutiques au rez-de-chaussée, sui-

vant le développement de façade. Comme nous le verrons plus loin, l'ipinieuble serait construit en pans de ciment armé, avec double -cloisonnement d'obturation, c'est-à-dire que toutes les façades, ainsi que le mur de refend qui divise l'immeuble en deux parties, seraient -constituées pour les parties de résistance par des poteaux de ciment armé, et pour l'obturation, par une double cloison, interceptant ■entre ses deux parois un matelas d'air.

Que faudrait-il pour assurer à chacune des alvéoles ainsi formées tout le confort désirable? Il suffirait, tout d'abord, de l'envelopper d'mie couche d'air chaud isolatrice, de façon à ce que les murs constitués par ce double cloisonnement fussent des émetteurs de chaleur, au lieu d'être des surfaces de refroidissement. Ce premier problème serait relativement facile à résoudre, s'il comportait en soi la solution la plus complète et la plus rationnelle. Mais cela n'est pas suffisant; il faut encore renouveler mécaniquement l'air des alvéoles. La figure ii ci-contre nous donne l'explication du procédé cl du dispositif à employer.

Voyons, maintenant, comment pratiquement on peut résoudre ce double problème de chauffage et de ventilation en décrivant les appareils qui nous aideront à le réaliser.

Quand le nombre des immeubles accolés (il s'agit, ici, de plusieurs Vnmeubles rassemblés sur un terrain dont la superficie ne serait pas inférieure à 4.000 mq.), est suffisamment grand ou bien quand "différents immeubles appartenant à des propriétaires différents peuvent devenir tributaires d'un groupement de même surface, sans toutefois qu'il y ait de rues à franchir, il y a un gros intérêt à installer une usine centrale.

Isolée, autant que faire se peut, de toute construction par trop proche, cette usine peut apporter une économie notable, en fournissant: 1° l'électricité des services généraux (cours, escaliers, concierges, et même des appartements avec un mode de répartition 4 fixer administrativement) ; 20 la force motrice; 3^ la vapeur nécessaire au chauffage des immeubles par appartement et enfin, 40 l'eau chaude nécessaire aux salles de bains, buanderie, etc., groupées autour de cette source génératrice.

Les études techniques et financières que nous avons entreprises ^ a ce sujet de conserve avec des ingénieurs notoires, nous permet-

tent d'affirmer que cette solution est parfaitement possible et écono-

mique, si on la compare à tout autre organisation projetée et in^ dépendante. Elle a de plus, l'immense avantage de réduire au minimum la main-d'œuvre, et de rendre la surveillance facile par suite

ô«l<ul

Figure 11.

de cette centralisation! En outre, elle met le propriétaire à Fabri de toute revendication collective ultérieure, attendu qu'ici une grève est impossible à cause du petit nombre d'ouvriers employés à la marche de l'usine.

Quant à croire que l'électricité, la divine magicienne, puisse arriver à concurrencer en tant que chauffage un tel procédé, nous ne le pensons pas, pour l'instant du moins. Encore qu'il soit impossible de démontrer que l'économie réalisée par ce mode, soit appréciable, du moins en admettant le prix de l'h. w. réduit à son strict

minimum, il n'en reste pas moins vrai que ce procédé sera encore basé sur un système de radiation. Or, nous avons vu, précédemment, pourquoi ce procédé de radiation directe doit être à jamais pros- •crit de tout immeuble collectif.

Supposons donc que le terrain sur lequel nous allons opérer soit «d'une superficie assez grande, 4.000 mq., ou bien, qu'une série ■d'inuneubles accolés, représentent cette surface et voyons comment nous constituerons notre usine centrale.

Pour produire l'éclairage électrique et le chauffage, nous cons* tituerons, au centre des immeubles, une usine de dimensions proportionnées à la force en chevaux vapeur nécessaires à alimenter lès différents services de l'immeuble et qui peuvent ainsi se résumer: Tin moteur actionnant les dynamos productrices de courant, et la Técupération de la vapeur au mpteur générateur d'électricité, soit •en eau chaude, soit en vapeur. Cette disponibilité de vapeur est très appréciable puisqu'elle s'élève à 85 0/0 de la vapeur récupérée au moteur. Envoyée à l'aide de canalisations, dans des appareils spéciaux appelés aéro-condenseurs, cette vapeur abandonne sa chaleur -de condensation à l'air pris à une certaine altitude et à une distance assez grande des immeubles, afin d'éviter les poussières de l'atmosphère. Cet air pur est lancé ensuite dans l'appareil réchauffeur au moyen d'un ventilateur mu par un électro-moteur. Porté à une température déterminée à l'aide de vanne d'accès, qui mitigent son •degré d'élévation par l'arrivée d'air frais amené à cet effet au bas de la boîte de distribution, l'air chaud ainsi obtenu est enfin -envoyé dans des conduits verticaux, et de là se répand dans les pièces à chauffer.

En dehors de la solution vraiment intéressante qui consiste à -envoyer un cube d'air considérable constamment renouvelé et à une température déterminée, pour le chauffage pendant l'hiver, cet appareil offre encore l'avantage suivant: c'est de pouvoir envoyer, «n été, et par le même dispositif, de l'air rafraîchi. Dans ce cas, l'aéro-condenseur devient l'aéro-réfrigérant, le nom seul change, mais l'appareil reste le même. C'est-à-dire qu'au lieu d'envoyer de la vapeur, on y fait passer un courant d'eau froide ou bien encore, l'eau froide étant difficile à trouver pendant les fortes chaleurs, et d'un prix élevé, on y introduit un réfrigérant quelconque obtenu chimiquement et l'air de l'extérieur, lancé dans l'appareil ainsi constitué, se refroidit et se distribue dans les pièces, de la même manière que l'air chaud, comme nous venons de le voir précédemment. Même sans entrer dans une combinaison qui peut, à la rigueur, paraître onéreuse, on peut se contenter d'envoyer par l'entremise ^u ventilateur un volun^e d'air considérable, ce n'est là qu'une

augmentation de tours à faire exécuter par le ventilateur; et envoyer cet air ainsi brassé, dans les différentes pièces, à l'aide des conduits de ventilation. Cette opération suffirait à atténuer Télévation de température de certaines pièces plus particulièrement exposées au soleil, et rendraient très propres à l'habitation des chambres situées parfois au sud, que la température torride de l'été rend souvent intenables, et inhabitables.

L'exposé que nous venons de faire peut paraître utopique aux esprits peu avertis des progrès mécaniques obtenus actuellement. Il serait relativement facile d'exécuter ce programme à la lettre,, en unissant tous les efforts des constructeurs à sa prochaine réalisation. Faut-il ajouter que les Américains, si entreprenants et si audacieux, ont déjà établi par grand lotissement ces usines partielles qui donnent un très bon résultat, comme productrices de chaleur et d'électricité.

Les moyens de renouvellement d'air que nous préconisons ici„ sont de notre invention et nous avons voulu simplement attirer l'attention des chercheurs vers cette solution logique, absolument rationnelle, qui apporterait, résolue, une amélioration des plus grandes dans l'habitabilité des maisons collectives à destination de petits logements.

Et si nous n'entreprenons pas en cette étude la description détaillée de cette usine centrale, très variable en dimensions, puisqu'elle répond en somme à des besoins eux-mêmes, très différents et bien qu'elle existe, c'est que les bornes de cette étude s'ea trouveraient de ce chef par trop reculées.

Nous rétudierons donc en son temps, avec toute la rigueur mathématique nécessaire, laissant pour le moment l'idée, faire son chemin, assuré que là est la voie de l'avenir toute tracée et que seule celte solution libérera définitivement le problème si compliqué du chauffage et de la ventilation, de tous les avatars qu'on veut luil substituer.

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