‹ L'habitude et l'instinct [electronic resource]Chapitre 14 sur 62 · DÉFINITION DE L INSTINCT · texte numérisé non relu

DÉFINITION DE L INSTINCT

narchiqueou l'instinct républicain? L'homme est artiste, peintre, musicien, poëte : on expliquera tout cela par un instinct du beau, que l'on, dédoublera, que l'on multipliera, que l'on décomposera en autant de menus instincts qu'il sera besoin. Il cherche la vérité, il a inventé les sciences : c'est qu'il a l'instinct du vrai, aussi facile à diviser et àtréduire en fragments que celui du beau. Il est égoïste, charitable, vertueux, vicieux : c'est qu'il a l'instinct du bien être, celui de la conservation, celui du bien, celui du mal, ceux du dévouement, de la bienfaisance, du vol, du meurtre, de la guerre, de la paix, de la domination, de l'esclavage. Il croit en Dieu et l'adore : c'est qu'il a l'instinct religieux, voire même, suivant les. races, l'instinct monothéiste ou polythéiste. A' ce compte, pourquoi la raison elle-même ne serait-elle pas un instinct, et la volonté un autre

Même après avoir prouvé que l'instinct est bien un principe d'action que l'on ne peut ramener à aucun autre, il n'en faudra pas moins rendre cette justice à ceux qui ont tenté une telle réduction, que, si leurs théories sont en définitive erronées, elles renferment une certaine part de vérité, et que, s'ils ont péché par excès, leur témérité est pourtant plus profitable à la science que la timidité de ceux qui, étendant indéfiniment l'obscur domaine de l'instinct, en arrivent à interdire toute explication des actions humaines ou animales, et condamnent la psychologie à n'être plus qu'un catalogue de faits mystérieux.

Quand on se refuse à reconnaître tout d'abord dans l'instinct un principe d'action spécial et primitif, il n'y a que deux façons possibles d'expliquer les actes qui lui seraient à tort, mais généralement, attribués :

1° Ou bien l'instinct n'est rien, ni chez l'homme, ni chez la bête. Ce n'est pas même un principe d'action secondaire et dérivé; ce n'est qu'un mot. Les actes que nous appelons instinctifs sont de tous point; semblables à beaucoup d'autres que nous n'attribuons pas à un instinct imaginaire, mais que nous rapportons à une cause réelle et bien connue. C'est l'intelligence, c'est la raison

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2° Ou bien l'instinct s'acquiert; de quelque façon e forme, c'est un résultat de la vie, qV^soîtle fru?t de 1 expérience ou l'œuvre du hasard c'est une habitude contractée par l'individu, ou c'est un héritage de g né

«ïim^r ^r^11? U * S-° oon^ai«o*e qu'il est impossible d'exphquer tous les faits communément appelés instinctifs

hérédité kmeCamqUe' ^rience, l'habitude ou I heiedite, séparées ou reunies, il faudra bien reconnaître que 1 mstinct est quelque chose de spécial et de primitif dût-on restreindre considérablement l'étendue de son domaine, et même admettre sa variabilité. C'est seuleœqu'iîest8 aV°ir établ1 qU'H est> ^ P°«™ chercher

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