CHAPITRE I
L'INSTINCT ET LES AUTRES PRINCIPES D'ACTION. — EXAMEN DES HYPOTHÈSES DE MONTAIGNE, DE DESCARTES ET DE CONDILLAC.
MONTAIGNE : L'INSTINCT RAMENÉ A i/lNTELLIGENCE.
Confondre l'instinct des bêtes avec la raison, ce n'est pas une doctrine sérieuse; ce n'est pas même, le plus souvent, une opinion sincère.
^ Ou bien ce n'est qu'une exagération poétique, permise a Virgile, qui semble encore en atténuer la portée et en repousser la responsabilité, puisqu'il ne nous la donne que comme l'echo d'une fable populaire :
Esse apibus partem divine mentis et hauslus Aetkereos dixere.
Ou bien c'est la boutade d'un pur pyrrhonien qui se complaît a froisser la superbe raison par ses propres armes et a précipiter Vhomme dans la nature des bêles 1 U.st-ce en effet bien sérieusement que parle Montaigne