TI1K0RIE DE MONTAIGNE
nous, pour l'honneur d'une si certaine maistresse d'eschole H »
Pour rainer cette thèse de combat et tempérer l'enthousiasme de certains disciples de Réaumur enclins à accorder aux insectes, à défaut de la raison humaine, une trop grande part d'intelligence il suffit, sans accepter la conséquencè qu'il en tire, d'opposer à ces excèsl'observation et le raisonnement si pleins de sens de Descartes : « C'est une chose fort remarquable que, bien qu'il y ait plusieurs animaux qui témoignent plus d'industrie que nous en quelques-unes de leurs actions, on voit toutefois que les mêmes n'en témoignent point du tout en beaucoup d'autres; de façon que ce qu'ils font mieux que nous ne prouve pas qu'ils ont de l'esprit, car à ce compte ils- en auraient plus qu'aucun de nous et feraient mieux en toute autre chose, mais plutôt qu'ilsn'en ont point et que c'est la nature qui agit en eux 2. »
Il ne s'agit pas de refuser aux bêtes l'intelligence; que l'on accorde même aux plus humbles des animaux tout l'esprit que l'on voudra : telle n'est pas la question présente; il s'agit de reconnaître en même temps que les animaux, et les hommes eux-mêmes, ne font pas par intelligence tout ce qu'ils font, et qu'un certain nombre de leurs actes proviennent d'un autre principe, appelé instinct, dont la nature, quelle qu'elle soit, est du moins différente en quelque façon de l'intelligence et surtout de. la raison.
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C'est une autre façon de nier l'instinct que de ramener tous les actes de l'animal à des mouvements mécaniques. Si la thèse de Montaigne n'est qu'un argument de scep-